Le secteur de l’éducation de la Guinée reçoit une aide supplémentaire de 10 millions de dollars de la part de la Banque mondiale

Des efforts portent actuellement sur une refonte du registre de paie des enseignants pour y incorporer des contrôles efficaces et des mécanismes de responsabilité sociale.

Contacts
À Washington : Nathalie Lahire
E-mail :
nlahire@worldbank.org

En Guinée : Siaka Bakayoko
E-mail :
sbakayoko@worldbank.org

WASHINGTON, le 30 octobre 2008 – Le Conseil d’administration de la Banque mondiale a approuvé un don de 10 millions de dollars visant à soutenir le secteur de l’éducation en Guinée alors que le pays entame une réforme en profondeur pour améliorer l’accès de la population à l’éducation, la gestion du système scolaire et les conditions d’apprentissage et d’enseignement au sein de celui-ci. Ces actions sont essentielles pour atteindre l’objectif d’Education Pour Tous ainsi que les Objectifs de Développement pour le Millénaire.

En raison des perturbations économiques auxquelles est actuellement confrontée la Guinée, il est difficile pour ce pays de trouver l’argent nécessaire pour payer les salaires de ses enseignants. Le soutien de la Banque permettra à ces derniers d’être payés à temps en 2008 et garantit donc que la rentrée scolaire ne sera pas compromise. Le projet de la Banque comportera également des incitations pour encourager les enseignants à aller travailler dans des endroits éloignés ou difficiles.

C’est la deuxième fois, depuis 2001, que le Conseil d’administration de la Banque approuve l’octroi de fonds pour le secteur de l’éducation en Guinée. Un premier prêt de 70 millions de dollars avait été approuvé le 24 juillet 2001. Plus récemment, le secteur de l’éducation de ce pays a bénéficié d’une subvention de 118 millions de dollars du Fonds de l’Initiative pour l’Accélération de l’Education Pour Tous qui devrait être disponible au début de janvier 2009.
 
Un des principaux objectifs de ce projet porte sur la refonte du registre de paie dans le secteur de l’éducation. Plus de 20 % des enseignants sur le registre de paie étaient absents lors du recensement physique réalisé en avril 2007. Les salaires de tous les enseignants absents ont été suspendus en septembre 2008 en attendant une vérification de leur statut. Le ministère de l’Éducation, le ministère des Finances, le ministère de la Fonction publique et les représentants des syndicats des enseignants ont travaillé tous ensemble pour détecter les enseignants absents lorsque l’école a repris en octobre 2008. Les enseignants identifiés comme « travailleurs fictifs » ont été radiés du registre de paie.

Le projet vise également à rendre durable ces améliorations en mettant en place des mécanismes pour accroître la responsabilité civile au sein de l’appareil public et de la société civile. Aucun nouvel enseignant ne sera ajouté au registre de paie sans une autorisation préalable du ministère des Finances. Un organisme de contrôle indépendant réalisera des vérifications ponctuelles pour s’assurer que les enseignants qui figurent au registre de paie enseignent vraiment et qu’ils sont payés à temps. L’information relative au registre de paie sera affichée chaque mois dans les écoles et les organisations de la société civile, y compris les associations parents-enseignants et les syndicats, seront encouragés à signaler à des bureaux spécialement ouverts à cet effet les membres du personnel rémunéré qui ne viennent pas au travail. De plus, les salaires des enseignants travaillant dans des villages éloignés seront augmentés de manière à accroître leur présence dans les régions les plus pauvres du pays.

Selon Ishac Diwan, directeur des opérations de la Banque mondiale pour la Guinée, « il n’y a rien de plus important que de veiller à ce que la jeunesse guinéenne reçoive une bonne éducation ; c’est la meilleure façon de s’assurer que leur avenir sera plus brillant que celui de leurs parents. Même s’il y a des problèmes de gouvernance et de gestion économique en Guinée, nous croyons qu’il est important de redoubler nos efforts dans le domaine de l’éducation. » « Nous finançons ce secteur après avoir été assurés que sa gouvernance sera grandement améliorée. Notre intervention est basée sur les mesures prises par le gouvernement pour rayer les travailleurs fictifs de son registre de paie, payer les enseignants à temps et verser une prime aux enseignants qui acceptent d’aller travailler dans les zones les plus pauvres du pays », a-t-il ajouté.




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