L’Afrique face à la crise financière

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L'urgence de tirer parti des ressources naturelles de l'Afrique pour lutter contre la pauvreté

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Comment juguler les effets de la crise financière en Afrique ? Quelles mesures votre pays a-t-il adopté dans ce sens ?
Donnez votre avis sur le blog de Shanta Devarajan, Économiste en chef de la Banque mondiale pour l'Afrique.

La crise financière mondiale n’a pas encore fait sentir tous ses effets sur les économies africaines, mais les premières évaluations laissent penser qu’elle pourrait compromettre les progrès accomplis depuis des dizaines d’années par celles-ci en termes de croissance économique et d’investissement.

La crise financière mondiale représente un nouveau défi pour les pays en développement. Le Groupe de la Banque mondiale apporte son soutien financier mais reste convaincu que la priorité doit toujours consister à venir en aide aux millions de personnes qui sont le plus durement touchées. La récente crise des prix alimentaires et des combustibles a déjà fait retomber des millions d’individus dans la pauvreté et la faim. Le brusque resserrement du crédit et le tassement de la croissance auront probablement pour effet de réduire les recettes des gouvernements et leur capacité à investir pour atteindre les objectifs d’éducation, de santé et de parité homme-femme. Ils entraîneront aussi une baisse des dépenses en matière d’infrastructures, qui sont nécessaires au maintien de la croissance. À présent, la crise financière compromet l’accès des marchés émergents au commerce et à l’investissement, et chaque diminution de 1 % des taux de croissance risque de faire basculer 20 millions de personnes de plus dans la pauvreté. Les gouvernements doivent tenir leurs engagements concernant l’augmentation de l’aide aux populations les plus vulnérables.

Financements

  • Le Groupe de la Banque mondiale pourrait augmenter de manière importante son soutien financier aux pays en développement
  • La BIRD pourrait prendre de nouveaux engagements pouvant atteindre 100 milliards de dollars pour les trois prochaines années. Cette année, le volume des prêts pourrait pratiquement tripler pour dépasser 35 milliards de dollars, contre 13,5 milliards de dollars l’année dernière, afin de répondre aux besoins accrus des pays en développement partenaires.
  • Par le biais de l’IDA15, qui permettra de récolter 42 milliards de dollars au cours des trois prochaines années grâce aux contributions des différents donateurs, nous travaillons avec les pays les plus pauvres pour accélérer ce soutien en fonction des besoins, notamment dans les pays qui se préparaient à accéder aux marchés de capitaux, ou aux pays lésés par la baisse des prix des produits de base, le ralentissement de la demande de produits exportés ou la diminution des envois de fonds de l’étranger.
  • Par le biais du lancement ou de l’expansion de quatre initiatives de l’IFC, nous renforçons notre soutien au secteur privé. Ces initiatives devraient réunir environ 30 milliards de dollars au cours des trois prochaines années.
    • Le Programme élargi de financement du commerce : l’IFC prévoit de doubler le montant de son Programme de financement du commerce mondial pour le porter de 1,5 milliard de dollars à 3 milliards de dollars.
    • Le Fonds de recapitalisation des banques : l’IFC a l’intention de lancer un fonds de participation mondiale pour recapitaliser les banques en difficulté. L’IFC compte investir un milliard de dollars sur trois ans, montant auquel devraient s’ajouter au moins 2 milliards de dollars fournis par d’autres investisseurs. Le Japon s’engage à fournir 2 milliards de dollars.
    • Le Mécanisme d’appui à l’infrastructure en situation de crise : ce nouveau mécanisme de l’IFC fournirait des financements reconductibles et contribuerait à la recapitalisation de projets d’infrastructure existants, viables et financés par des capitaux privés qui se heurtent à de graves difficultés financières. L’IFC compte investir au moins 300 millions de dollars sur trois ans et mobiliser entre 1,5 et 10 milliards de dollars auprès d’autres sources.
    • Les Services-conseil de l’IFC : l’IFC a entrepris de réorienter ses programmes de services-conseil actuels pour leur permettre de mieux aider ses clients à traverser la crise actuelle. Selon les estimations de l’IFC, le besoin de financement pour les trois prochaines années est d’au moins 40 millions de dollars.
    • L’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), propose des garanties aux banques étrangères pour injecter sur ces marchés les liquidités dont ils ont tant besoin. L’appui que la MIGA prévoit de fournir pour des projets de ce type en Ukraine et en Russie devrait conforter la confiance dans le système financier de ces pays. Des garanties similaires devraient être accordées en Europe de l’Est et en Afrique.

Conseils

  • Nous mettons à la disposition des pays partenaires des services d’analyse technique et de conseils. Nous leur fournissons par exemple des outils diagnostiques pour leur permettre de réagir rapidement au cas où leurs systèmes bancaires rencontrent des difficultés.
  • Nous mettons en œuvre des plans de préparation destinés aux responsables pour les aider à surmonter les turbulences financières susceptibles d’affecter les marchés émergents.
  • Nous continuons d’aider les pays les plus en difficulté par le biais du Programme d’intervention en réponse à la crise alimentaire mondiale et développons actuellement une Initiative « Energie pour les pauvres ».

Partenariats

  • En collaboration avec le FMI et d’autres entités, nous appuyons les pouvoirs publics ainsi que le secteur privé en consentant des prêts, en procédant à des investissements sous forme de participations, en mettant à leur disposition de nouveaux instruments novateurs et en élaborant des programmes pour assurer des filets de sécurité. Nous préparons une série de directives destinées à la Hongrie, à laquelle nous nous apprêtons à fournir une aide d’un milliard d’euros, dans le cadre d’un programme financé par l’Union européenne et le FMI.
  • Nous préconisons le passage du G7 à un groupe de dirigeants élargi, davantage en mesure de faire face aux défis économiques majeurs.
  • Nous veillons aussi à renforcer la collaboration entre les institutions multilatérales d’aide au développement afin de promouvoir une croissance économique à long terme et compatible avec les objectifs de développement pour le Millénaire.




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