- La Banque mondiale exhorte les organisations de la société civile à contribuer à la mise en œuvre du programme de développement dans les pays africains
- Un nouveau programme pilote de responsabilité sociale vise à promouvoir la transparence dans les projets de la Banque mondiale
- Le renforcement des capacités techniques et l’établissement de coalitions entre les OSC profiteront en fin de compte aux pauvres en Afrique
WASHINGTON, le 22 avril 2009 – La Banque mondiale exhorte les organisations de la société civile (OSC) en Afrique à constituer les solides coalitions et partenariats qui sont nécessaires pour amener les gouvernements, les partenaires de développement et les bailleurs de fonds à tenir les promesses en matière de développement. Ce défi a été lancé lundi lors d’une vidéoconférence, qui a permis à plus de 200 dirigeants d’OSC de 18 pays subsahariens d’établir la liaison entre eux et avec le siège de la Banque mondiale à Washington. La conférence était la dernière session de séminaires d’une journée tenus dans chacun des pays. Les séminaires ont essentiellement permis de présenter aux OSC les méthodes de travail de la Banque mondiale et de les encourager à s’impliquer davantage dans le suivi de la mise en œuvre des programmes financés par la Banque mondiale, pour permettre aux programmes d’obtenir les résultats escomptés au profit des Africains. Promotion de la transparence et de la responsabilité Les séminaires visaient aussi à faire participer davantage de pays à une nouvelle Initiative de responsabilité sociale, lancée début avril 2009 au Ghana par Obiageli Ezekwesili, Vice-présidente de la Banque mondiale pour la Région Afrique. L’Initiative, a expliqué Mme Ezekwesili, devrait consister, dans un premier temps, à suivre les projets financés par la Banque mondiale ; à contribuer à renforcer la transparence, la voix et la participation à la conception, l’exécution et l’évaluation rétrospective de ces projets, dans le but d’améliorer l’efficacité de l’aide. L’Initiative devrait être perçue, a-t-elle indiqué, comme une autre indication de la volonté de la Banque de promouvoir le rôle joué par les OSC pour renforcer les résultats en matière de développement. Elle doit constituer « un mécanisme qui vous aide à améliorer la demande de bonne gouvernance » en suivant efficacement la bonne gestion de vos gouvernements et de leurs partenaires de développement, a-t-elle déclaré aux dirigeants des OSC. Mme Ezekwesili a souligné qu’il est nécessaire que la Banque et les OSC procèdent à des recentrages pour que cette initiative soit couronnée de succès. Elle a engagé les OSC à se départir des relations conflictuelles du passé ; à adhérer à ce qu’elle a qualifié de « méthode de résolution de problèmes concrets » pour faire face aux nombreux enjeux du développement de l’Afrique. « Nous n’avons pas toujours été sur la même longueur d’onde dans le passé et nous ne serons pas toujours du même avis à l’avenir, » a-t-elle poursuivi. Abordant le sujet des critiques formulées par les OSC à l’égard du rôle joué par la Banque dans le cadre des programmes de privatisation à travers l’Afrique, Mme Ezekwesili a expliqué qu’aucune des solutions préconisées par la Banque avait un caractère idéologique. Elles ont toujours été des solutions pratiques pour relever les défis du développement, a-t-elle déclaré. Elle a relevé les avantages considérables que les pauvres en Afrique ont tirés des partenariats privé-public dans le secteur des télécommunications. Elle a reconnu que la Banque doit recentrer son action en veillant à ce que ses projets soient conçus de manière à intégrer les OSC, aux phases de consultation, d’identification et d’évaluation des projets, mais aussi à titre de partenaires clés dans le processus d’exécution (le cas échéant) ainsi que de suivi et d’évaluation rétrospective. Renforcement des capacités des OSC, établissement de coalitions, facteurs déterminants de la réussite en matière de développement Les dirigeants des OSC à travers la région se sont empressés de signaler les aménagements qu’ils seront amenés à effectuer. Ils ont notamment mentionné que les OSC devront poursuivre les activités de sensibilisation ; renforcer leurs moyens techniques et leurs capacités de conception, de suivi et d’analyse de projets ; et améliorer leur crédibilité et leurs relations aussi bien avec les citoyens, qu’avec les gouvernements et les bailleurs de fonds. La Banque mondiale n’a pas d’autre programme que la réalisation de l’objectif commun de promotion du développement en Afrique, a déclaré Mme Ezekwesili. À cet effet, elle encourage les OSC à s’organiser de la manière qu’elles jugent la plus appropriée, à déterminer leurs domaines d’intérêt (thèmes et secteurs d’intervention) et à structurer, comme elles l’estiment indiqué, la coalition qu’elles aimeraient mettre en place pour promouvoir le développement dans leurs pays. Les travaux d’organisation des OSC sont bien engagés au Nigeria, a expliqué Virginia Ifeadiro, coordinatrice du groupe consultatif de la société civile (CCG), l’organisation faîtière de 418 OSC à travers le pays. Les OSC sont handicapées par le fait qu’elles n’ont pas la capacité nécessaire pour devenir un interlocuteur valable au plan technique de la Banque mondiale et des autorités nigérianes ; et elles connaissent mal les opérations et le cycle de projet de la Banque. Mme Ezekwesili a rassuré les participants que le processus d’apprentissage – permettant à la Banque de mieux connaître les OSC et vice-versa – n’en était qu’à ses débuts. « Cet échange de vues ne sera pas le dernier, » a-t-elle affirmé aux participants. Elle les a invités à un prochain cycle de consultations dans trois mois. La vidéoconférence a aussi offert aux OSCE la possibilité d’échanger les données d’expérience entre les pays et de tirer des enseignements des résultats obtenus par les uns et les autres. La critique de Mme Ezekwesili, qui donne à réfléchir, selon laquelle certaines ONG africaines ont tendance à être des « individus » non gouvernementaux plutôt que des « organisations » non gouvernementales, a trouvé un écho parmi les participants et servi de cadre aux débats qui ont suivi. Le défi à relever par la Banque mondiale : appui permanent des OSC Les dirigeants des OSC ont accueilli avec enthousiasme les manifestations de la journée, en promettant de s’organiser en coalitions pour faire progresser le programme de développement dans leurs pays respectifs. Le Secrétaire général adjoint de l’Union nationale des travailleurs du Mali, Tibou Telly, a déclaré que le séminaire organisé à la mission résidente de la Banque à Bamako était un signe que la Banque – souvent accusée à tors d’être à l’origine de certaines difficultés que connaît l’Afrique, a-t-il dit, – est résolue à suivre plus attentivement l’évolution de la société et à mieux aligner ses programmes sur les aspirations des Africains les plus démunis. Selon M. Moussa Diarra, représentant de la Banque mondiale à Bamako, les participants du forum au Mali, représentant 18 OSC, ont apprécié l’occasion qui leur a été donnée d’en savoir plus sur les questions de soutien budgétaire, de gouvernance et de lutte contre la corruption dans le cadre des projets financés par la Banque, ainsi que celle liée aux mesures de sauvegarde environnementale et sociale. Au Rwanda, les dirigeants des OSC ont « renouvelé leur détermination et leur volonté de renforcer le rôle qu’ils tiennent à jouer en vue d’assurer la réussite des projets financés par la Banque dans lesquels ils sont impliqués, » a déclaré M. Rogers Kayihura, représentant de la Banque à Kigali. Le groupe a par ailleurs lancé un appel à la Banque afin qu’elle renforce la participation des OSC aux stades tant de la conception que de l’exécution des projets. Les représentants des OSC de tous les 18 pays ont déploré l’absence d’appui direct de la Banque à leurs organisations et demandé que la Banque les aide à renforcer leur capacité de suivi de projets et plaide en faveur de leur participation aux échanges de vues sur les problèmes de développement. |