La Banque mondiale intensifie la lutte contre le paludisme et double le volume de ses financements au Nigéria

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Communiqué de presse n°:2009/276A/AFR

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WASHINGTON, 24 avril 2009— La Banque mondiale accordera un financement supplémentaire de 300 millions de dollars par l’intermédiaire de l’Association internationale de développement (IDA) pour étendre la portée des efforts déployés par le Nigéria pour lutter contre le paludisme. Mme Ngozi N. Okonjo-Iweala, directrice générale de la Banque, a annoncé cette décision aujourd’hui à l’occasion du Sommet organisé à Washington sur le thème d’un monde solidaire face au paludisme, intitulé « One World against Malaria ». Ce nouveau financement est accordé à la suite de la demande présentée par le Gouvernement nigérian qui s’efforce d’accélérer les progrès en direction de l’objectif ambitieux fixé l’an dernier par le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon. Cet objectif résolu, défini l’année dernière à l’occasion de la Journée mondiale contre le paludisme, consiste à assurer à tous ceux qui en ont besoin une protection contre le paludisme d’ici fin 2010.

L’octroi de 100 millions de dollars sur le montant de 300 millions de dollars sollicité doit être examiné suivant une procédure accélérée par le Conseil des administrateurs de la Banque en juin 2009. Ce nouvel appui contribuera à réduire les besoins non satisfaits aux niveaux de la distribution de moustiquaires, du traitement du paludisme, des diagnostics, de la sensibilisation des populations, des informations sur la modification des comportements et de la participation des organisations communautaires à la lutte contre le paludisme .

Cette année, la Journée mondiale contre le paludisme marque une étape déterminante. Les pays et la communauté mondiale participant à la lutte contre le paludisme ont moins de deux ans pour atteindre l’objectif pour 2010 qui consiste à assurer une protection et un traitement efficaces et d’un coût abordable à toutes les personnes susceptibles de contracter le paludisme .

Ainsi que l’a noté Mme Okonjo-Iweala : « la lutte s’est intensifiée en s’appuyant sur les progrès considérables réalisés au cours des trois dernières années. Nous devons prendre les mesures requises pour que les trois prochaines années affichent des succès encore plus importants. Il sera essentiel de mobiliser toutes les parties prenantes, y compris les organisations confessionnelles, pour gagner cette lutte ».

Cette intensification de la lutte contre le paludisme s’effectue avec en toile de fond une crise économique mondiale qui devrait avoir de graves conséquences pour l’Afrique. Il est plus important que jamais de réduire l’effet de frein qu’exerce le paludisme sur la croissance. Selon les dernières estimations pour 2009, le ralentissement de la croissance économique fera basculer dans l’extrême pauvreté (définie par un PIB par habitant inférieur à 1,25 dollar par jour) 46 millions de personnes de plus que prévu avant la crise .

Il existe un lien inextricable entre la pauvreté et l’état de santé. Résoudre le problème que pose le paludisme en Afrique contribuera à empêcher des millions d’Africains de s’enfoncer encore plus dans la pauvreté. En ces temps difficiles, il sera essentiel d’assurer des financements prévisibles et d’un niveau adéquat. À moins que les pays n’accroissent massivement la portée de leurs programmes de lutte contre le paludisme, ils ne seront pas en mesure de nettement réduire le nombre de décès et de cas de maladies associés au paludisme qui affligent, chaque année, leurs communautés.

Comme l’avait souligné lors d’une réunion antérieure Mme Obiageli Ezekwesili, Vice-présidente de la Banque mondiale pour la Région Afrique: « une occasion extraordinaire nous est donnée d’améliorer les perspectives d’avenir de millions de personnes en Afrique. Il est possible qu’une telle occasion ne se représente jamais. Nous sommes dans l’obligation de donner une suite concrète à l’élan imprimé pour aider l’Afrique à vaincre le paludisme ».

La Banque collabore étroitement avec les pays, les partenaires et les organisations sur le terrain pour s’assurer que les ressources et les efforts déployés sont suffisants et coordonnés, que des mécanismes de responsabilisation ont été mis en place et qu’ils sont appliqués .

Mme Okonjo-Iweala a conclu la déclaration qu’elle a faite aujourd’hui à l’occasion du Sommet par ces mots : « les enjeux sont importants, et chaque minute compte. Le chemin que nous devons parcourir pour passer d’une situation dans laquelle deux enfants meurent du paludisme chaque minute à un monde où plus personne ne meurt de cette maladie sera long, mais il faudra le suivre sans relâcher nos efforts et surveiller attentivement les progrès accomplis pour pouvoir atteindre le but ultime qui est d’éliminer le paludisme en tant qu’obstacle au développement humain et à la prospérité nationale. La Banque mondiale fera le chemin aux côtés de l’Afrique — et de vous tous ».

Note d’information :

Compte tenu du montage financier initial de 180 millions de dollars (approuvé en 2006) initialement accordé au Nigéria dans le cadre du Projet renforcé de lutte contre le paludisme (Malaria Plus Package), l’appui de la Banque mondiale au Nigéria sera proche de 500 millions de dollars, soit l’investissement dans la lutte contre le paludisme le plus élevé jamais réalisé dans un seul pays depuis la création de la Banque. Ces fonds contribueront à alléger le fardeau écrasant que constitue le paludisme pour les familles et le système de santé du pays.

Le Nigéria collabore de longue date avec la société civile et le secteur privé pour lutter contre le paludisme. Un effort plus intense visant à coordonner la participation de la communauté confessionnelle, qui contribue déjà aux efforts déployés jusqu’ici, a été lancé aujourd’hui à l’occasion du sommet. Le Sultan de Sokoto, Sa’adu Abubakar, et l’Archevêque d’Abuja, John Onaiyekan, sont venus à Washington participer au lancement de cette initiative, auquel ont également participé le ministre nigérian de la Santé, Babatunde Osotimehin, et la Coordinatrice du Programme national de lutte contre le paludisme, T.O. Sofola. Cette manifestation a été organisée par le bureau de l’Envoyé spécial des Nations Unies et le Centre interconfessionnel d’action contre la pauvreté dans le monde ( Center for Interfaith Action on Global Poverty).

Le Programme renforcé de lutte contre le paludisme en Afrique a été lancé en 2005 pour une période de 10 ans dans le but de réaffirmer l’engagement pris par la Banque de lutter contre le paludisme et d’aider l’Afrique à atteindre ses objectifs de développement. Durant la première phase du Programme renforcé, la Banque a engagé un montant de 468,7 millions de dollars financés par l’IDA et des fonds fiduciaires. En septembre 2008, le Président de la Banque mondiale, M. Robert B. Zoellick, a annoncé un nouvel engagement à hauteur de 1,1 milliard de dollars, selon les besoins des pays, au titre de la deuxième phase du Programme renforcé. Le Nigéria sera le premier pays à profiter de cette forte expansion du programme .

La Banque mondiale accorde également un financement de 250 millions de dollars à l’Inde au titre d’un projet sur cinq ans de lutte contre le paludisme et d’éradication du kala-azar.

Des résultats encourageants

Le Programme renforcé a contribué à certains des plus grands succès remportés au niveau des pays grâce aux mesures résolues prises par les dirigeants nationaux et à l’efficacité de la collaboration de partenaires comme le Fonds mondial, l’Initiative du Président des États-Unis pour la lutte contre le paludisme, l’OMS, l’UNICEF, la Fondation Bill et Melinda Gates, des organismes bilatéraux, des entités confessionnelles et des organisations non-gouvernementales, des instituts de recherche et le secteur privé.

  • En Zambie, 62 % des mĂ©nages possèdent maintenant au moins une moustiquaire imprĂ©gnĂ©e d’insecticides (contre moins de 5 % en 2004), 66 % des femmes enceintes reçoivent un traitement prĂ©ventif (soit trois fois plus qu’en 2004), et des pulvĂ©risations d’insecticide Ă  effet rĂ©manent (IRS) sont effectuĂ©s dans les logements de 87 % des mĂ©nages admissibles vivant dans les districts visĂ©s.
  • En É thiopie, 68 % des mĂ©nages vivant dans des zones oĂą sĂ©vit le paludisme bĂ©nĂ©ficient de la protection confĂ©rĂ©e par au moins une moustiquaire imprĂ©gnĂ©e d’insecticides ou par la pulvĂ©risation d’insecticides rĂ©manents (contre moins de 5 % en 2003), et selon des donnĂ©es rĂ©centes, le nombre de cas de paludisme aurait chutĂ© .
  • Au BĂ©nin, le Programme renforcĂ© a appuyĂ© l’achat et la distribution de 1,4 million de moustiquaires imprĂ©gnĂ©es d’insecticides Ă  effet de longue durĂ©e, Ă  l’occasion d’une campagne nationale pour la santĂ© des enfants menĂ©e en octobre 2007, Ă  l’occasion de laquelle de la vitamine A et un traitement de dĂ©parasitage ont Ă©tĂ© administrĂ© aux enfants. Cette campagne a permis de distribuer au total 1,7 million de moustiquaires, soit la plus importante distribution jamais enregistrĂ©e au BĂ©nin .
  • D’autres campagnes de distribution massive de moustiquaires ont Ă©tĂ© menĂ©es en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo, en ÉrythrĂ©e, au NigĂ©ria et au Soudan. Des moustiquaires sont Ă©galement distribuĂ©es dans le cadre des services de santĂ© courants au NigĂ©ria, au SĂ©nĂ©gal et dans d’autres pays. Plus de 77 000 logements ont Ă©tĂ© traitĂ©s par pulvĂ©risation d’insecticides Ă  effet rĂ©manent en ÉrythrĂ©e .
  • Au total, le financement de la première phase du Programme renforcĂ© devrait appuyer l’achat et la distribution de plus de 21 millions de moustiquaires imprĂ©gnĂ©es d’insecticides Ă  effet de longue durĂ©e et de plus de 42 millions de doses d’ACT.

 

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Pour plus d’information, consulter www.worldbank.org/afr/malaria




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