« Un siècle de croissance et d’opportunités en perspective pour l’Afrique », selon le Président de la Banque mondiale

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  • La Banque s’est fixé l’objectif ambitieux d’aider la RDC à bénéficier de l’allègement de sa dette dans le cadre de l’initiative PPTE d’ici à la fin du mois de mars 2010
  • Robert Zoellick appelle les gouvernements à concevoir des « projets d’infrastructures finançables » propres à générer des partenariats public-privé
  • La relance de la production agricole comme gage de la prospérité future sur le continent africain

KAMPALA, 20 août 2009 – Le Président du Groupe de la Banque mondiale, Robert Zoellick, a clôturé la semaine dernière sa tournée africaine en affirmant que, malgré les difficultés engendrées par la crise financière, l’Afrique pouvait connaître un siècle de croissance et d’opportunités.

« Il nous faut de multiples pôles de croissance, de manière à mieux équilibrer l’économie internationale, et il n’y aucune raison pour que l’Afrique ne devienne pas l’un des ces pôles », a déclaré M. Zoellick à des journalistes à Entebbe, en Ouganda, à l’issue de son voyage.

Le voyage de six jours qu’a effectué M. Zoellick en République démocratique du Congo (RDC), au Rwanda et en Ouganda a été l’occasion, de prime abord, de constater l’impact de la crise financière sur l’Afrique, de jauger les progrès réalisés dans les domaines de la réconciliation et de la reconstruction en situation d’après-conflit et de réfléchir aux moyens de stimuler l’investissement et l’appui des donateurs afin d’aider le continent à surmonter la crise en anticipation de la réunion du Groupe des Vingt (G20) le mois prochain à Pittsburgh.

Le Président Zoellick a également souhaité évaluer les besoins de la région en termes d’infrastructures, mettre en exergue l’importance de l’intégration régionale et mieux comprendre les possibilités d’amélioration de la productivité  agricole et de la sécurité alimentaire qui ont été récemment classés prioritaires dans le programme du Groupe des Huit (G8).

En RDC, zoom sur les infrastructures

M. Zoellick a confirmé que la RDC et la Banque mondiale continuent d’œuvrer ensemble pour que le pays remplisse les critères qui lui permettront de bénéficier d’un allègement de sa dette dans le cadre de l’Initiative en faveur des Pays pauvres très endettés (PPTE). « C’est peut-être ambitieux, mais nous avons dit que nous essaierions de le faire d’ici à la fin du mois de mars de l’année prochaine, pour que la population en profite », a fait savoir M. Zoellick à la presse après sa rencontre avec le Président de la RDC, M. Joseph Kabila.

En visite à la centrale hydraulique d’Inga, aux abords du fleuve Congo, le deuxième plus grand fleuve au monde, M. Zoellick a déclaré que le site était la plaque tournante des promesses de la RDC en matière de production d’énergie hydraulique, estimée à 100 000 MW, ce qui représente 13 % du potentiel mondial.

Il a encouragé les gouvernements africains à concevoir des projets d’infrastructures davantage « finançables » afin de combler les considérables lacunes infrastructurelles et a souligné l’importance des réformes visant à améliorer les milieux d’affaires.

« Vous devez songer à développer vos capacités de production, mais aussi à optimiser l’efficacité des transmissions, entretenir et restaurer les mécanismes, ainsi que les systèmes de paiement », a ajouté M. Zoellick. « Les investisseurs veulent avoir la certitude que toutes les phases du projet ont été mûrement réfléchies », a-t-il ajouté.

À propos de l’un des principaux objets de sa visite, M. Zoellick a fait la remarque suivante : « Fort des voyages que j’ai entrepris à travers le monde, je puis vous affirmer que s’il y a bien une chose qui change radicalement la vie des gens, c’est l’acheminement de l’électricité jusqu’aux communautés rurales ». Et d’ajouter : « Cela change surtout la vie des femmes, car elles peuvent ainsi mécaniser une partie de leur travail, elles ont de la lumière pour étudier le soir et leurs enfants ont plus de facilités pour aller à l’école ».

Le Président du Groupe de la Banque mondiale a été frappé par l’immense biodiversité  qu’il a découverte lors d’une présentation sur le Parc national des Virunga, le plus ancien et le plus diversifié d’Afrique, situé dans l’est du pays, non loin de la ville de Goma. Il a rendu hommage aux courageux gardes forestiers qui luttent sans relâche contre les braconniers, les trafiquants de charbon de bois et les milices embusquées dans la forêt et qui sont parvenus à protéger les rares gorilles du parc, et même à en augmenter le nombre pendant les années de conflits qui ont ravagé la région.

Le Rwanda, un pays en marche

Au Rwanda, M. Zoellick a fait une brève excursion sur le superbe lac Kivu, bordé de collines ondoyantes au pied du volcan actif Nyiragongo, jusqu’à une centrale flottante qui produit 2,5 MW d’électricité à partir de méthane extrait du lac.

« Voici simplement un exemple fascinant de toutes les innovations que nous avons vues à tous les échelons du Gouvernement rwandais et un bon exemple de coopération régionale », a salué M. Zoellick.

Le projet pilote, financé  par le Gouvernement, a démontré la viabilité du processus et intéresse déjà un investisseur privé qui produira 25 MW d’électricité avant de quadrupler cette production lors de la seconde phase. Le Rwanda négocie actuellement des contrats de production commerciale sous forme de partenariats public-privé avec d’autres investisseurs afin d’exploiter pleinement le potentiel du lac en termes de production d’énergie, qui est estimée à 500 MW en continu sur 50 ans.

À chaque étape de son voyage, le Président a rencontré des représentants du secteur privé et d’organisations de la société civile (OSC), ainsi que  d’anciens membres du Gouvernement. Le secteur privé s’est dit soucieux de constater que la croissance est entravée par une offre inadaptée d’énergie, des  infrastructures médiocres, un secteur des transports vacillant, des impôts élevés et un accès limité aux sources de financement.

Lors d’une réunion, le Président a salué quelques initiatives menées par le Groupe de la Banque mondiale pour satisfaire ces besoins. Il a ainsi cité le mécanisme de la gestion d’actifs de la Société financière internationale, l’indice des marchés obligataires en monnaie locale et la facilité de financement du commerce extérieur. L’idée d’exploiter 1 % des fonds souverains d’investissement, a indiqué M. Zoellick, « peut rapporter 30 milliards de dollars. »

À l’issue d’une rencontre à Kigali avec des OSC, où a il été question du rythme rapide des réformes entreprises par le Gouvernement, M. Zoellick a ainsi plaisanté : « C’est la première fois que j’entends des OSC dire qu’elles doivent faire la course pour rattraper le Gouvernement. »

Clairement impressionné  par les progrès de la réforme, M. Zoellick a déclaré, lors de la conférence de presse organisée après sa rencontre avec le Président Paul Kagame : « Le Rwanda est en marche ; il résout les problèmes auxquels il est confronté les uns après les autres et donne le rythme, il admet la nécessité de faire avancer l’intégration régionale et possède un président et une équipe qui ont su gagner le respect de tous ».

M. Zoellick a dit aux ministres de la Communauté de l’Afrique de l’Est à Kigali de s’apprêter à profiter de la manne que leur offriront les nations riches pour les sources d’énergie à faible émission carbonique.

L’une des étapes les plus émouvantes de la tournée de M. Zoellick a été la visite rendue aux responsables d’un programme parrainé par la Banque mondiale visant à fournir des logements et à dispenser une formation professionnelle à des ex-combattants gravement handicapés et à leur famille dans la banlieue de la capitale, Kigali.

« Chacun de vous fournit un précieux service ; vous êtes des personnes fortes et courageuses et, pour peu que l’on vous aide, nous savons que vous pouvez aider les autres », a-t-il déclaré à des handicapés assis dans leurs fauteuils roulants et à leurs familles, sous des tentes éclairées par des lanternes alimentées par batterie à la nuit tombante.

Interrogé sur ce qu’il voudrait que la Banque fasse pour lui, John Ndekezi, porte-parole du groupe et ancien soldat, a répondu : « Ce que nous voulons, c’est votre assistance pour nous aider à travailler… nous avons la capacité de travailler, comme n’importe quel autre personne ».

« Ma conclusion, après avoir quitté le Rwanda, est que c’est un pays très ambitieux », a déclaré M. Zoellick. « À la Banque mondiale, ainsi qu’à la SFI, nous devons agir avec la même ambition que le Rwanda ».

Agriculture : combler les lacunes dans la chaîne de valeur

Lors de la visite d’un poste frontière à guichet unique soutenu par l’Association internationale de développement (IDA) à Malaba, à la frontière entre l’Ouganda et le Kenya, M. Zoellick a pu se rendre compte que les agents des douanes des deux pays, travaillant côte à côte, sont parvenus à réduire les temps de transit à cet important point-frontière qui gère 53 % du fret ougandais. Il a recommandé l’emploi de « matériels informatiques, de logiciels et de processus commerciaux » pour optimiser l’efficacité et la rapidité des transits.

En Ouganda, M. Zoellick a également visité l’usine de riz de Tilda, à l’est du pays. Il a été ravi d’apprendre que l’usine, qui produit un cinquième du volume de riz du pays, achetait la moitié de ses récoltes auprès d’agriculteurs locaux. « Cela apporte une sécurité alimentaire et financière », a-t-il observé.

« Avec l’agriculture, il est question de combler toutes les lacunes de la chaîne de valeur, depuis les graines et les engrais jusqu’à l’entreposage et la mise sur les marchés », a-t-il ajouté. L’Ouganda possède la moitié de la terre arable d’Afrique orientale et a tout pour devenir le grenier de la région.

La Président a indiqué  que la Banque pouvait améliorer l’accès des produits agricoles africains aux marchés des nations développées en instituant sur le continent des centres de recherche en vue de renforcer les capacités dans les domaines sanitaire et phytosanitaire.

À l’occasion d’une conférence de presse commune à sa résidence d’Entebbe, sur les berges du lac Victoria, le Président ougandais Yoweri Museveni a déclaré son intention d’utiliser le fonds de 20 milliards de dollars constitué par le G8 pour relancer la production agricole africaine.

« Nous voulons promouvoir la sécurité alimentaire et la sécurité financière », a-t-il observé, précisant que l’argent serait utilisé pour l’irrigation, les engrais et la recherche.

M. Zoellick a invité les pays africains à se réunir autour du Programme intégré pour le développement de l’agriculture en Afrique du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), qui vise à augmenter la productivité agricole du continent de 6 % par an. « L’un des points de départ pour l’Afrique devra être ce programme, pour voir comment nous pouvons y corréler nos propres marchés », a ajouté M. Zoellick. « S’il peut bénéficier d’un imprimatur africain, cela aidera le processus du G20 ».

M. Museveni a déclaré  que la Banque était un précieux partenaire qui aidait l’Ouganda à progresser sur les voies de la croissance, de l’éducation et de la santé. « Dans tous ces domaines, la Banque mondiale est à nos côtés », a-t-il conclu.

M. Zoellick était accompagné  durant ce voyage par Mme Obiageli Ezekwesili, Vice-présidente de la Banque mondiale pour l’Afrique, et par Colin Bruce, Directeur régional des stratégies et des opérations.




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