Une nouvelle étude montre que la mise à niveau des infrastructures en Afrique exigera un apport supplémentaire de 31 milliards de dollars et d'énormes gains d'efficacité

Disponible en: Español, Ű§Ù„ŰčŰ±ŰšÙŠŰ©, äž­æ–‡, PortuguĂȘs, English
No du communiqué de presse:2009/AFR/138

Contacts:

ICA: Nick Sheppard
tél.: +44 1908 337938 ou + 44 7724 241214
e-mail : n.sheppard@afdb.org

Banque mondiale, Washington
François Gouahinga

tél. : +1 202 473 0696
e-mail :
 fgouahinga@worldbank.org

Banque mondiale, Afrique du Sud
Sarwat Hussain

tél.  +27 73 888 1778
e-mail : shussain@worldbank.org

 

MIDRAND, Afrique du Sud – Une Ă©tude rĂ©cente rĂ©alisĂ©e dans 24 pays africains rĂ©vĂšle que l’état dĂ©plorable des infrastructures dans l’Afrique subsaharienne – ses infrastructures d’électricitĂ©, d’eau, ses routes et sa technologie de l'information et des communications (TIC) – freine la croissance Ă©conomique des pays de 2 % chaque annĂ©e et limite la productivitĂ© des entreprises jusqu’à 40 %.

 

L’étude intitulĂ©e « Infrastructures africaines : une transformation impĂ©rative » constate que l’Afrique possĂšde l’infrastructure la plus faible au monde et pourtant, ironiquement, les Africains paient dans certains pays deux fois plus pour les services de base que les habitants d'autres rĂ©gions du monde. Selon elle, un fonctionnement correct des infrastructures est essentiel pour la performance Ă©conomique de l’Afrique. De plus, le redressement des inefficacitĂ©s  et la rĂ©duction des dĂ©penses inutiles pourraient donner lieu Ă  des amĂ©liorations substantielles dans la vie des Africains.

 

Le rapport estime les besoins annuels pour la prochaine décennie à 93 milliards de dollars EU, soit plus du double des estimations initiales. Environ la moitié de cette somme est nécessaire pour résoudre la crise d'approvisionnement en électricité qui frappe actuellement le continent africain et entrave sa croissance. Ce montant représente environ 15 % du produit intérieur brut   (PIB) africain, et est comparable aux investissements de la Chine en infrastructure au cours de la derniÚre décennie. 

 

L’étude rĂ©vĂšle que la dĂ©pense actuelle en infrastructures en Afrique, soit 45 milliards de dollars par an, est largement supĂ©rieure Ă  ce que l’on pensait jusqu’ici. Elle constate Ă©galement, non sans surprise, que la plus grande partie de cette dĂ©pense est financĂ©e par les contribuables et les consommateurs des pays africains eux-mĂȘmes. Elle souligne la nĂ©cessitĂ© de s’attaquer au volume considĂ©rable de dĂ©penses superflues et met en Ă©vidence plusieurs amĂ©liorations d’efficacitĂ© qui pourraient ajouter jusqu’à 17 milliards de dollars aux ressources disponibles.

 

Toutefois, mĂȘme la rĂ©alisation d’importants gains d’efficacitĂ© laisserait encore un Ă©cart de financement annuel de 31 milliards de dollars, dont une grande partie est requise par les infrastructures d’électricitĂ© et d’eau dans les États fragiles. Relativement Ă  la taille des Ă©conomies, un tel Ă©cart de financement reprĂ©sente une menace particuliĂšrement alarmante pour les pays Ă  faible revenu de la rĂ©gion (qui devraient consacrer aux infrastructures 9 % supplĂ©mentaires de leur PIB) et, en particulier, pour les États fragiles de la rĂ©gion (qui devraient consacrer aux infrastructures 25 % supplĂ©mentaires de leur PIB). Les pays riches en ressources naturelles comme le Nigeria et la Zambie affichent un Ă©cart de financement plus gĂ©rable, Ă©quivalent à  4 % de leur PIB. La crise financiĂšre internationale rend l’investissement dans les infrastructures africaines encore plus impĂ©ratif pour l’avenir du continent.

           

Selon Obiageli Ezekwesili, le Vice-prĂ©sident de la Banque mondiale pour l'Afrique, « une infrastructure moderne est la colonne vertĂ©brale d’une Ă©conomie et le manque d’infrastructures entrave la croissance Ă©conomique. Mais ce rapport dĂ©montre qu’investir des fonds supplĂ©mentaires sans rĂ©soudre les inefficacitĂ©s reviendrait Ă  verser de l’eau dans un seau percĂ©. L’Afrique peut colmater ces fuites au moyen de rĂ©formes et de meilleures politiques. Ce faisant, elle enverra un signal aux investisseurs qu’elle est prĂȘte pour les affaires. »

 

Le rapport recommande de remĂ©dier au dĂ©ficit d’efficacitĂ© annuel de 17 milliards de dollars et de combler  le dĂ©ficit de financement annuel restant de 31 milliards de dollars pour l’infrastructure en Afrique. RemĂ©dier au dĂ©ficit d’efficacitĂ© exige d’amĂ©liorer la gestion des services, d’assurer le niveau de maintenance requis, d’encourager l’intĂ©gration rĂ©gionale, de recouvrer les coĂ»ts tout en rĂ©formant les subventions afin d’élargir l’accĂšs, et d’amĂ©liorer l’affectation et la dĂ©pense des fonds publics. Pour combler le dĂ©ficit de financement, il faudra recourir Ă  une vaste gamme de sources, notamment les budgets publics, les bĂ©nĂ©fices tirĂ©s des ressources, les marchĂ©s de capitaux locaux, le secteur privĂ© et les financements provenant de pays non OCDE, sans oublier l’aide traditionnelle des bailleurs de fonds.

 

Les pays ayant les besoins en infrastructure les plus importants sont souvent ceux qui revĂȘtent le moins d’intĂ©rĂȘt pour les investisseurs. Pour bon nombre des pays africains, il faudra probablement plus d’une dĂ©cennie pour rattraper leur retard en infrastructures, en recourant vraisemblablement Ă  des technologies de moindre coĂ»t. Mais selon le rapport, il est impĂ©rieux de prendre des mesures sans attendre et la crise financiĂšre internationale souligne le besoin d’un effort considĂ©rable pour rĂ©former l'infrastructure en Afrique.

 

L’étude “Infrastructures africaines : une transformation impĂ©rative” examine les diffĂ©rents aspects de quatre secteurs – l’énergie, l’eau, les transports et les TIC – tous soutiens essentiels des Ă©conomies nationales et de la lutte contre la pauvretĂ© en Afrique. En Ă©tablissant les prioritĂ©s entre ces secteurs, en augmentant les investissements et en renforçant l’efficacitĂ©, les pays africains seront Ă  mĂȘme d’éviter les effets aggravants de la crise financiĂšre et de crĂ©er les fondations de la croissance future lors de la reprise de l’économie mondiale.

·         Électricité : l’accĂšs insuffisant Ă  l’énergie est l’obstacle le plus important Ă  la croissance Ă©conomique. Aucun pays dans le monde n’a dĂ©veloppĂ© son Ă©conomie sans  un approvisionnement abondant en Ă©nergie. Des coupures d’électricitĂ© chroniques affectent 30 pays d’Afrique; la capacitĂ© de gĂ©nĂ©ration installĂ©e de 48 pays de l’Afrique subsaharienne atteint un total de 68 gigawatts, soit une capacitĂ© qui comparable Ă  celle de l'Espagne et dont un quart n’est pas disponible en raison de la vĂ©tustĂ© des centrales et du manque de maintenance. Avec un coĂ»t moyen de production de  0,18 dollar EU par kWh, l’électricitĂ© africaine est chĂšre comparĂ©e au reste du monde, mais les Ă©changes Ă©nergĂ©tiques rĂ©gionaux pourraient rĂ©duire substantiellement les coĂ»ts.

·         Eau : Le secteur de l’eau africain souffre de la variabilitĂ© hydro-climatique, d’un stockage inappropriĂ©, d’une demande croissante et d’un manque de coopĂ©ration transfrontaliĂšre. Moins de 60 % de la population africaine Ă  accĂšs Ă  l’eau potable et seuls quelques pays sont en passe d’atteindre leurs Objectifs du MillĂ©naire pour le dĂ©veloppement. Avec plus de 60 cours d’eau transfrontaliers en Afrique, le dĂ©veloppement d’infrastructures de grande Ă©chelle destinĂ©es Ă  gĂ©rer l’utilisation de l’eau et Ă  Ă©viter les conflits est un dĂ©fi gigantesque. Au cours de ces 40 derniĂšres annĂ©es, le dĂ©veloppement de nouvelles terres irriguĂ©es s’est limitĂ© Ă  4 millions d'hectares, contre 25 et 32 millions d’hectares pour la Chine et l’Inde respectivement.

·         Transports : des liaisons inefficaces entre les diffĂ©rents modes de transport (aĂ©rien, routier et ferroviaire), une connectivitĂ© aĂ©rienne en dĂ©clin, des ports mal Ă©quipĂ©s, des rĂ©seaux ferroviaires obsolĂštes et un accĂšs insuffisant aux routes utilisables en toutes saisons constituent les problĂšmes fondamentaux auxquels est confrontĂ© le systĂšme des transports en Afrique. Á peine 40 % des Africains vivant dans les zones rurales habitent dans un rayon de deux kilomĂštres d’une route utilisable en toutes saisons, contre environ 65 % dans les autres rĂ©gions en dĂ©veloppement.  Une meilleure accessibilitĂ© routiĂšre dans les zones rurales est essentielle pour augmenter la productivitĂ© agricole Ă  travers tout le continent.  Un manque de concurrence dans le secteur du transport routier maintient les tarifs de transport Ă  des niveaux inutilement Ă©levĂ©s, tandis que les lourdeurs bureaucratiques limitent la vitesse du trafic de marchandises Ă  moins de 12 kilomĂštres par heure dans les corridors internationaux – la vitesse d’une charrette tirĂ©e par un cheval – alors que les camions peuvent atteindre des vitesses de 60 km/heure.

·         TIC : Le nombre d'utilisateurs de tĂ©lĂ©phones mobiles en Afrique est passĂ© de 10 millions en 2000 Ă  plus de 180 millions en 2007. Entre 1992 et 2005, l’investissement du secteur privĂ© dans les infrastructures TIC a atteint 20 milliards de dollars, mais les prix des services restent trop Ă©levĂ©s. En 2007, le prix moyen des services mobiles prĂ©payĂ©s s’élevait Ă  12,58 dollars par mois en Afrique, soit six fois plus que les 2 dollars payĂ©s au Bangladesh, en Inde et au Pakistan.

 

Cette Ă©tude est le produit d’un travail conjoint de plusieurs institutions dont la Commission de l’Union africaine, la Banque africaine de dĂ©veloppement, la Banque de dĂ©veloppement de l’Afrique australe, le Consortium pour les infrastructures en Afrique, le Nouveau partenariat pour le dĂ©veloppement de l'Afrique et la Banque mondiale. Elle est l’une des Ă©tudes les plus dĂ©taillĂ©es jamais entreprises sur le continent africain. Les enquĂȘtes qui la sous-tendent ont Ă©tĂ© menĂ©es auprĂšs de 16 opĂ©rateurs ferroviaires, 20 compagnies routiĂšres, 30 compagnies de distribution d’électricitĂ©, 30 ports, 60 aĂ©roports, 80 services de distribution d’eau et plus de 100 opĂ©rateurs TIC, ainsi qu’auprĂšs des ministĂšres correspondants dans 24 pays.  Les rĂ©sultats ont Ă©tĂ© obtenus Ă  partir de l’analyse dĂ©taillĂ©e des besoins de dĂ©pense (sur la base des modĂšles microĂ©conomiques nationaux), des coĂ»ts budgĂ©taires (ce qui a requis la collecte et l’analyse de nouvelles donnĂ©es) et de benchmarks sectoriels (couvrant les aspects opĂ©rationnels et financiers, ainsi que le cadre institutionnel des pays).

 

# # #

 

 

Â