ALORS QUE L’ÉCONOMIE MONDIALE SE REDRESSE, LA BANQUE MONDIALE ANTICIPE UNE FAIBLE CROISSANCE

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No du communiqué de presse:2009/DEC/235

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Bangkok, le 21 janvier – Selon une nouvelle étude de la Banque mondiale, l’investissement étranger direct (IED) en Afrique subsaharienne a reculé de 19 % en 2009 – soit moins que dans les autres régions à l’exception de l’Asie du Sud – et le continent devrait enregistrer une faible croissance, avec un tassement de la croissance de la production, à 3,8 % en 2010 et 4,6 % en 2011, par rapport aux tendances passées.

Selon le rapport de la Banque mondiale sur les perspectives économiques mondiale (Global Economic Prospects - GEP), les perspectives de la région restent incertaines et la vigueur de la reprise dépendra dans une large mesure de la demande des principaux marchés d’exportation. Le PIB régional n’aurait augmenté que de 1,1 % l’an dernier – mais ce chiffre masque d’importants écarts entre pays. Les pays exportateurs de pétrole et les pays à revenu intermédiaire ont été plus durement touchés – du moins au départ - que les pays à faible revenu, les États fragiles et les pays dont l’économie est moins intégrée. Les États fragiles ont remarquablement bien supporté la crise mondiale, tirant parti dans certains cas des dividendes de la paix.

La croissance sera nettement inférieure au taux de 6 % affiché durant les années de haute conjoncture, en raison de la baisse de prix des produits de base en termes réels et du ralentissement de la croissance mondiale. L’économie progressera de 4,2 % environ dans les États fragiles et de 4,8 % environ dans les pays à faible revenu. L’Afrique du Sud devrait enregistrer une croissance de 2 % cette année, après une contraction estimée à 1,8 % en 2009, tandis que la croissance s’accélérera à 3,5 % dans les pays à revenu intermédiaire.

L’Afrique subsaharienne a été durement touchée par la crise, mais l’impact a été moins lourd que dans d’autres régions et comparativement aux chocs extérieurs précédents, les bases macroéconomiques s’étant améliorées dans bon nombre de pays. Le commerce, l’investissement étranger direct, le tourisme, les envois de fonds et l’aide publique au développement ont été les premiers secteurs ébranlés par la crise.

Bien que les prix des produits agricoles aient baissé de 22 % par rapport aux sommets atteints en juin 2008, ils restent néanmoins près de deux fois plus élevés que les niveaux les plus bas atteints au début de la décennie. Il y a donc tout lieu de penser que de nombreux ménages de la région consacrent une plus grande part de leur revenu à l’alimentation qu’il y a dix ans ou ont réduit leur consommation alimentaire. En outre, sans une accélération des gains de productivité au cours des prochaines années, plusieurs pays pauvres risquent d’accroître leur dépendance à l’égard des importations alimentaires pour répondre à leurs besoins essentiels.

Sur la base des dernières prévisions des déficits courants et du calendrier de remboursement de la dette extérieure privée, le montant total des besoins de financement extérieur des pays d’Afrique subsaharienne restera élevé en 2011, à hauteur de 11,7 % du PIB, la dette exigible représentant 6,5 % du PIB. Les pays IDA, dont la plupart se trouvent en Afrique subsaharienne, pourraient avoir besoin de 35 à 50 milliards de dollars de ressources supplémentaires pour maintenir les programmes existants, en plus du complément de financement nécessaire pour répondre aux besoins des nouveaux pauvres.

Impact de la crise sur les populations les plus démunies. La crise financière a remis en question la réalisation des objectifs de développement pour le Millénaire (ODM) à l’horizon 2015. Selon les estimations, le PIB par habitant a diminué pour la première fois en dix ans, de 0,8 % en 2009, et la croissance restera inférieure au taux moyen atteint au cours des cinq dernières années à l’horizon des projections. La pauvreté devrait sensiblement reculer d’ici à 2015, lorsque 38 % de la population de l’Afrique subsaharienne, soit 366 millions de personnes, vivront avec moins de 1,25 dollar par jour, mais en dépit de ces progrès l’objectif de réduction de la pauvreté ne sera pas atteint d’ici à 2020. Qui plus est, la crise financière ne manquera pas d’avoir des conséquences à long terme sur les pays de la région, acculant à la pauvreté des millions de personnes supplémentaires à l’horizon 2020.




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