Fiche-pays

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Burkina Faso: Fiche-pays

 

Situation et performance économiques

Le Burkina Faso est un pays enclavé d’Afrique subsaharienne à faible revenu qui compte environ 14 millions d’habitants. Pauvre en ressources naturelles, l’économie du pays était fortement tributaire des exportations de coton et vulnérable aux chocs exogènes, mais ces deux dernières années le secteur minier a pris de l’ampleur sur le plan des exportations du Burkina Faso.

Entre 2000 et 2010, le Burkina Faso a enregistré des taux de croissance annuels moyens de 5,2 %. Selon le FMI, le taux de croissance annuel a chuté de 5,2% en 2008 à 3, 2% en 2009 du fait d'une série de chocs exogènes: choc climatique, crise énergétique, la fluctuation des prix des matières premières et la crise financière mondiale.

L'économie s'est redressée en 2010 (taux de croissance de 7%) en raison d'une augmentation substantielle des exportations d'or (l'exploitation de six mines d'or a été lancée au cours des trois dernières années) combinée à une hausse des prix du métal sur les marchés internationaux. Le taux de pauvreté au Burkina Faso est estimé à 43,9% et le pays occupe le 161è rang sur 169 pays selon l’indice du développement humain (IDH) 2010 publié par le PNUD.

Situation politique

Le Burkina Faso jouit d’une stabilité politique depuis 1987, avec la « Rectification » de la révolution, qui a marqué son orientation vers des politiques économiques davantage axées sur le marché et sa réintégration au sein de la communauté internationale. Depuis 1991, des élections présidentielles, législatives et municipales sont régulièrement organisées. En novembre 2005, le président Blaise Compaoré a été réélu. En novembre 2010, le président Blaise Compaoré a été réélu pour un mandat de 5 ans.

Les défis en matière de développement

Si des efforts importants sont consentis à la libéralisation de l’économie, au soutien au secteur privé et l’accès aux services de base, les défis de développement demeurent encore très importants. La vulnérabilité et l’absence de diversification.

L’économie du Burkina Faso est trop fortement tributaire des performances du secteur cotonnier – qui représentait 23% des exportations en 2009 contre 32% en 2008. Ceci rend l’économie particulièrement vulnérable aux fluctuations des prix du coton et aux effets des variations climatiques sur les campagnes agricoles.

Malgré une augmentation des exportations de l’or (42% en 2009 et 53% en 2010), le Burkina Faso a besoin de surmonter sa vulnérabilité économique et de développer une base de ressource plus large et plus durable par l'intensification et la diversification de l'économie.

La Stratégie de Croissance Accélérée et du Développement Durable qui a été récemment adoptée vise à atteindre une croissance de 10% par an au cours des 5 prochaines années afin de tacler la pauvreté. Le défi dans ce cadre consiste à développer des secteurs-clés de croissance et ayant un potentiel d'exportation et aussi de percevoir des revenus dans les zones rurales. Dans cette optique, des pôles de croissance tournés vers le secteur privé ont été élaborés en vue de renforcer les actions entreprises dans le cadre de la SCADD.

Le développement humain. Des efforts soutenus et des investissements ont résulté dans des tendances positives en matière de développement humain: le taux de mortalité infantile est tombé de 107 décès pour 1000 naissances vivantes en 1995 à 81 en 2008, le taux de mortalité maternelle est passé de 484 pour 100.000 à 307,3 pour 100000, et le taux de prévalence contraceptive a augmenté de 13% à 26,7%.

Néanmoins, ces chiffres demeurent très élevés. Le taux brut de scolarisation au niveau primaire a enregistré des progrès rapides, passant de 57 % en 2005 à 72,4 % en 2008, et 74,8% en 2010. Le taux d’alphabétisation des jeunes est de 28,7 % en 2010 et l’espérance de vie à la naissance s’établissait à 57 ans en 2007, contre 50 ans pour l’ensemble de l’Afrique subsaharienne.

Avec une possibilité de manœuvre fiscale limitée, une croissance démographique importante et le processus de décentralisation des prestations de services en cours, la promotion de la bonne gouvernance et le soutien à l’efficacité et à la qualité des services sont essentielles pour réaliser des progrès dans le développement humain.

La démographie. Le recensement de 2006 a révélé un taux de croissance démographique de 3.1% (pour comparaison, ce taux était de 2.3% en 1996). Ce taux de croissance démographique effréné engendre le doublement de la population à chaque génération et minimise l’impact des initiatives (notamment dans l’éducation et la santé) pour la réduction de la pauvreté et le développement humain. La démographie galopante du Burkina Faso accroit l’insécurité alimentaire, accélère la dégradation de l’environnement et, à terme, exercera de pressions fortes sur le marché de l’emploi.

Conscient de ces faits et perspectives, l’Etat opère une révision de sa politique en matière de démographie afin de mettre en application des mesures efficaces pour contrôler la croissance démographique.

Après une évaluation poussée des succès et des échecs rencontrés dans la mise en œuvre des DSRP, les autorités burkinabè ont récemment élaboré une stratégie de développement (troisième génération du DSRP), visant une croissance économique accélérée et la réduction de la pauvreté. Ce processus participatif impliquant les principales parties prenantes (administration centrale et locale, la société civile, les donateurs, le parlement, entre autres), a conduit à la formulation de la Stratégie de Croissance Accélérée et du Développement Durable (SCADD).

La SCADD traduit l’ambition d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement, grâce à un taux de croissance soutenu de 10% par an afin de réduire la pauvreté à 35% entre 2011 et 2015.

La SCADD repose sur quatre piliers stratégiques:
- Le 1er Pilier se repose les piliers clés pour atteindre une croissance accélérée ;
- Le 2e Pilier présente le cadre politique pour le développement du capital humain, y compris la promotion de la protection sociale ;
- Le 3e Pilier cherche à renforcer la bonne gouvernance ;
- Le 4e Pilier traite des priorités intersectorielles et des thèmes émergents dans toutes les politiques et programmes de développement.

À cet égard, l'intensification des investissements du secteur privé, le recours aux partenariats public-privé et aux pôles de croissance sont des éléments clés dans la mise en œuvre de la SCADD. Un nouveau cadre de suivi et évaluation a été conçu pour aider à évaluer l'impact de l'accélération de la croissance sur SCADD et la réduction de la pauvreté et de mesurer le degré de mise en œuvre.

La Stratégie d’Aide-Pays (CAS) pour la période 2010-2012 a été endossée par le Conseil d’administration de la Banque mondiale en septembre 2009.

Elle est bien alignée sur le CSLP ainsi que sur la note conceptuelle de la Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable que le Gouvernement Burkinabé est en train de préparer.

La SAP est portée par des principes directeurs, que sont la priorité de transformation de l’économie Burkinabé, l’adaptabilité au contexte global marqué par la récente récession, la sélectivité de l’intervention de la Banque ainsi qu’une meilleure coordination de l’action dans les différents secteurs, enfin la constante recherche d’efficacité.

La SAP 2010-2012 prévoit un engagement indicatif annuel de 161 millions de dollars visant, conformément à ses deux piliers, à i) Minimiser la vulnérabilité économique et promouvoir la croissance à travers la transformation économique et ii) Promouvoir une croissance partagée à travers une fourniture améliorée de services sociaux.

Elle contient également trois thématiques transversales : le renforcement des capacités ; la démographie ; la gouvernance et la lutte contre la corruption.

Le portefeuille actuel de la Banque au Burkina comprend 14 projets nationaux en cours, pour un engagement total de 676 millions de dollars US.

A cela il faut ajouter 5 projets régionaux qui représentent un engagement de 385 millions de dollars. Dans l’ensemble, la qualité et les résultats obtenus par les projets du portefeuille sont globalement satisfaisants. La durée moyenne des projets est de 4,6 ans.

L’appui de la Banque mondiale a contribué à obtenir des résultats de développement tangibles au Burkina Faso :

Développement rural. L’appui du Programme National de Gestion des Terroirs 2 (PNGT2) aux 302 communes rurales du pays a pris plusieurs formes : i) les communes ont reçu un appui technique et financier pour élaborer un plan de développement communal participatif ; ii) les membres des conseils communaux ont reçu des formations sur –entre autres- le plan de développement local, les passations de marchés, le suivi/évaluation participatif, la communication, la gestion des infrastructures, l’alphabétisation etc. iii) en 2009 plus de 15 millions USD ont été déboursés pour l’exécution de micro projets dans les communes.

Secteur privé. Le Projet d’Appui à la Compétitivité et au Développement de l’Entreprise (PACDE), d’un budget de USD 30.7 millions, a pour objectif d’appuyer le Burkina Faso à créer les conditions d’une meilleure compétitivité et d’un développement plus dynamique des entreprises.

Le projet a notamment soutenu la réforme du secteur des télécoms qui a permis d’accroitre la télédensité (nombre de lignes de téléphone pour 100 habitants de 1.5 en 2003 à 27.6 en 2009).

Le PACDE apporte un appui pour le développement des Entreprises, notamment par la création de la Maison de l’Entreprise du Burkina Faso (MEBF) ainsi que la mise en place du guichet unique pour la délivrance des permis de construction.Ces actions ont permis notamment la création de 3600 entreprises, la création de plus de 2500 emplois formels, la réduction du nombre de jours pour créer une entreprise de 47 jours en 2004 à 7 jours actuellement, la réduction du délai moyen d’obtention d’un acte de construire de 226 jours en 2004 à 30 jours actuellement et une amélioration constante du classement du Burkina dans le rapport Doing Business Better in Burkina Faso. Enfin, l’appui à l’adhésion du pays à l’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives a contribué au développement de l’exploitation minière au Burkina Faso au cours de ces dernières années.

Eau et Assainissement. Le Projet d’Approvisionnement en Eau Potable de Ouagadougou à partir de Ziga (Projet AEP), cofinancé par la Banque mondiale, a permis, en six ans, de restructurer profondément l’Office National de l’Eau et de l’Assainissement et ainsi de développer l’accès a l’eau potable, la fiabilité de la fourniture d’eau potable et la qualité de la gestion opérationnelle dans le secteur de l’eau. Grace au Projet AEP, 1 millions de personnes ont accès au réseau d’eau potable (contre 300 000 au lancement du projet); 94% de la population de la capitale est approvisionnée en eau potable en continu ; enfin, le règlement des factures de consommation d’eau et les indices de productivité des équipes commerciales ont fortement progresse, alors que l’ONEA a retrouvé son équilibre financier.

Réponse aux crises. La Banque mondiale a fourni un appui au Gouvernement Burkinabé pour faire face aux impacts des inondations de 2009. Au lendemain du sinistre, la Banque mondiale a assisté le gouvernement pour mener une étude des dommages, pertes et besoins subséquents. La banque a restructuré son portefeuille pour faire face aux urgences et participer au financement de la reconstruction des infrastructures sociales et économiques endommagées.

En 2010, la Banque mondiale mobilise des ressources à travers le Fond de Réponse au Crises et le Fond de Vulnérabilité pour assister le gouvernement dans la mise en œuvre du Plan de relance de l’économie.

La SFI au Burkina Faso. La SFI a approuvé un prêt d’un montant équivalent à 7,5 millions d’euros à Onatel S.A. pour permettre à l’opérateur de télécommunications d’accroître ses activités au Burkina. Un Accord de cession de 3% du capital de l’ONATEL à la SFI a été signé avec le Gouvernement en Avril 2009. La SFI a accordé une garantie de financement des activités du commerce extérieur de $ 5 millions à Ecobank Burkina (EBF) dans le cadre d’une entente avec la société mère d’EBF, Ecobank Transnational Inc. (ETI).

Dans le domaine minier, la SFI a pris en juin 2009 une participation dans le capital de la société Gryphon Minerals à hauteur de 3 millions de dollars US. Cette participation permettra à Gryphon de financer son programme d’exploration en cours dans le Sud Ouest du pays. En mars 2010, la SFI s’est engagé à prendre une participation de 8 millions de dollars US dans le capital d’une seconde société minière, à savoir Volta Resources. Ceci permettra à cette dernière société de financer ses opérations d’explorations dans le pays. Il convient de préciser que les activités de la SFI avec ces deux compagnies minières incluent l’assistance à la gestion des questions environnementale et sociale.

En collaboration avec le Département pour l’amélioration du climat des affaires du Groupe de la Banque mondiale, la SFI a créé le programme « Doing Business Better in Burkina Faso » pour travailler à améliorer des aspects spécifiques du climat d’investissement. Ce programme a déjà produit des résultats significatifs, en apportant une assistance technique au gouvernement qui a pris des mesures visant à faciliter la création d’entreprise, la délivrance des permis de construire, celle des titres fonciers, le commerce transfrontalier ainsi que le règlement des litiges commerciaux. Un nouveau code du travail destiné à favoriser la création d’emplois a également été adopté en mai 2008.

Le gouvernement joue d’ores et déjà un rôle actif dans le processus d’harmonisation des bailleurs de fonds : une plateforme de gestion de l’aide basée sur la technologie Internet aidera le gouvernement à surveiller systématiquement les flux d’aide et soutiendra son Plan d’Action National de l’Efficacité de l’Aide (PANEA).

De plus, cette plateforme facilitera l’alignement de l’aide sur les priorités du pays, améliorera la prévisibilité des flux d’aide et renforcera la coordination de l’aide. Un groupe conjoint Gouvernement, Partenaires Techniques et Financiers, Organisations de la Société civile et Secteur Privé a révisé le PANEA conformément aux recommandations du Forum de Haut niveau d’Accra et à la Note de Cadrage du Gouvernement du Burkina Faso sur l’Efficacité de l’Aide.

Par ailleurs – et dans l’esprit de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide au développement - les partenaires au développement du Burkina ont procédé à un recentrage du dialogue en leur sein afin de rationaliser leurs interventions et surtout d’éviter d’avoir des voix discordantes dans leurs vis-à-vis avec le Gouvernement.

Jusqu’en 2009, une Troïka Banque mondiale- PNUD-Coopération Suisse a été mise sur pied, qui répond au nom des Partenaires Techniques et Financiers et prend en charge l’ensemble des questions intéressant les ces derniers et le Gouvernement dans leur partenariat.

 

Dernière mise à jour: avril 2011




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