Lutte contre le paludisme au Burkina Faso : la Banque mondiale appuie les efforts du gouvernement

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Le 24 avril 2008 - Le paludisme sévit dans le monde et près de 60% de la population mondiale y est exposée.  Plus de 500 millions de personnes sont touchées chaque année et environ deux millions succombent. C’est l’Afrique subsaharienne qui paie le plus lourd tribut au paludisme, plus particulièrement les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes.

 

Au Burkina, le paludisme est la première cause de décès, et la première cause d’hospitalisation. Les enfants et les femmes sont les plus touchés. Le paludisme est transmis par la piqûre des moustiques du genre Anophèles et Plasmodium falciparum, dont le germe redoutable est fréquent à environ 98% des infections au Burkina.

 

En 2007, selon le Programme national de lutte contre le paludisme du Burkina (PNLP), 5 438 787 cas de paludisme ont été enregistrés dans l’ensemble des formations sanitaires du pays, avec 11 955 cas de décès, soit un taux de létalité de  2, 014 %.

Chez les enfants de 0 à 5 ans, 2 613 514 cas de paludisme ont été enregistrés. En moyenne chaque enfant de cette tranche d’âge a consulté un médecin ou un agent de santé au moins une fois pour paludisme. Le total des décès chez les enfants de 0 à 5 ans est de 303 906, soit un taux de létalité de 2, 988 % (48,05% des décès alors que les enfants de cette tranche d’âge ne constituent que 18,78 % de la population).

 

Le total des cas de paludisme enregistrés chez les femmes enceintes est de 154 123 ; et 94 en sont décédées. 

 

Il faut noter que plus de la moitié des cas et des décès par paludisme sont survenus entre le mois d’août et de novembre (correspondant à la saison de forte transmission de la maladie).

 

La relance mondiale de la lutte contre le paludisme

 

Le paludisme, au-delà de ses aspects nocifs de morbidité et de mortalité constitue un véritable frein au développement des pays africains. 

 

Depuis quelques années, une mobilisation particulière de la communauté internationale pour lutter efficacement contre le paludisme dans le monde a été observée. Plusieurs initiatives et programmes ont ainsi vu le jour.

 

Les plus importants sont l’Initiative Roll Back Malaria (Faire reculer le paludisme), l’Engagement des Chefs d’État africains contre le paludisme, le Multilateral Initiative on Malaria, le Programme de la Fondation Bill and Melinda Gates, et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

 

À côté de ces initiatives et programmes, les partenaires classiques intervenant dans la santé et le développement comme la Banque mondiale, l’OMS, l’UNICEF et le PNUD ont accentué leur contribution à la lutte antipaludique.

 

La Banque mondiale a particulièrement mis en place un programme spécial, le Booster Program pour relancer et renforcer la lutte antipaludique dans les pays africains. Le Burkina Faso fait partie des pays ayant bénéficié du Booster Program.

 

Photo credit: Arne HoelLa lutte antipaludique au Burkina

 

Le contrôle du paludisme passe par une prise en charge rapide des cas avec des médicaments efficaces, par la réduction du contact hommes moustiques et par l’assainissement du milieu.

 

Les principales stratégies de lutte antipaludiques sont :

 

  • le traitement des malades avec des médicaments à base de dérivés d’artémisinine ;
  • l’utilisation à large échelle de moustiquaires imprégnées d’insecticides ;
  • la sensibilisation des populations pour un recours rapide aux services de santé,  l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide et des autres moyens de lutte ;
  • l’assainissement de l’environnement.

Le gouvernement a mesuré l’ampleur du paludisme comme étant la première maladie provoquant le plus de consultations, d’hospitalisations et de décès. Le PNLP au sein du ministère de la Santé est chargé d’appliquer la politique nationale de lutte contre le paludisme à l’échelle du pays.

 

Le programme bénéficie d’un partenariat local (services de santé, services techniques du ministère, centres de recherche et universités, ONG et associations), et d’un partenariat international bilatéral et multilatéral (OMS, Banque mondiale, UNICEF, PNUD). Cependant, le PNLP a encore des insuffisances structurelles et budgétaires ne lui permettant pas d’être aussi efficace que prévu.

 

Contribution de la Banque mondiale

 

La Banque mondiale s’est résolument engagée auprès du Burkina pour lutter efficacement contre le paludisme. Dans le cadre du Booster Program, le Burkina a bénéficié d’un prêt de 12 millions de dollars couvrant la période 2006-2009.

 

Ce prêt permet au Burkina d’acquérir près de 4 millions de doses de médicaments efficaces pour le traitement des enfants de 0 à 5 ans et de 1 200 000 moustiquaires imprégnées. Une partie du prêt a permis d’appuyer le fonctionnement du PNLP. Cette aide est toujours en cours. La Banque mondiale intervient aussi en fournissant des appuis techniques à travers les experts et consultants.

 

Elle reste en contact permanent avec le gouvernement du Burkina pour apporter son soutien.

 

 

Par Lionel Yaro, Chargé du Centre d’information   




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