Fiche-pays

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Burkina Faso: Fiche-pays

Le Burkina Faso est un pays sub-saharien enclavé, à faible revenu, avec peu de ressources naturelles et une population estimée à 16 millions d'habitants en 2010. L'économie du pays dépend des exportations cotonnières et est vulnérable aux chocs exogènes, même si au cours des deux dernières années, l'extraction minière y occupe une place de plus en plus importante. Entre 2000 et 2010, le Burkina Faso a maintenu un taux de croissance moyen de plus de 5 % par an. Selon le FMI, le taux de croissance annuel de 2012 serait de 7% après une contraction en 2011 où la croissance était de 4,2%. La relance économique de 2012 est tributaire de la relative bonne pluviométrie de la campagne 2012-2013 avec pour conséquence une augmentation de la production agricole de près de 25% et celle du coton dont la production serait de 470.000 tonnes soit une hausse de 13% par rapport à la campagne précédente. En outre, l’économie bénéficie de l’embellie de la production d’or (32tonnes) dont les cours mondiaux sont toujours favorables. En revanche, l’économie Burkinabé subit les conséquences néfastes de la mauvaise campagne agricole de l’année précédente et de la crise malienne avec des réfugiés estimés à près de 100.000 à nos jours.

Le taux de pauvreté au Burkina est estimé à 46% en 2009 et le pays a été classé 181ème sur 187 pays selon l’Indice de Développement Humain du PNUD en 2011.

Contexte politique

Le Burkina Faso a connu une période de protestations et de troubles politiques en 2011, mais la situation s’est depuis normalisée

Après la nomination par le Président du Faso d’un nouveau Premier Ministre et la formation d’un nouveau gouvernement en avril 2011, de larges consultations ont été entreprises avec les différentes parties prenantes pour traiter de la demande de plus en plus forte d’un meilleur partage des fruits de la croissance économique et d’une meilleure gouvernance. Le gouvernement s’est engagé dans une série d’importantes reformes institutionnelles et politiques.

La situation politique au Burkina Faso pourrait être mise à rude épreuve dans les prochains mois avec (i) la tenue le 2 décembre 2012 des élections législatives et municipales couplées, initialement prévues pour avril 2011 et (ii) l’évolution du conflit au Mali voisin et l'arrivée massive de plus de 100 000 réfugiés.

Défis au développement

En dépit d’importantes reformes pour la libéralisation de l'économie, l’appui au secteur privé et l'accès aux services de base demeurent des préoccupations importantes.

Vulnérabilité et manque de diversification

L'économie du Burkina Faso repose essentiellement sur la performance du secteur cotonnier. Ceci rend le pays particulièrement vulnérable à la fluctuation des cours du coton. La campagne agricole 2011-2012 enregistre des poches de sécheresse dans 11 des 13 régions   que compte le pays. Malgré l’accroissement constaté dans les exportations d'or (32 tonnes métriques en 2011 contre 23 tonnes métriques en 2010), le Burkina Faso doit résoudre le problème de sa vulnérabilité économique et développer une base de ressources plus large et plus durable à travers l'intensification et la diversification de son économie. La Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable (SCADD) nouvellement adoptée a été conçue avec l’objectif ambitieux d'une croissance économique à deux chiffres par an au cours des cinq prochaines années, afin de résoudre la question de la pauvreté.

Le défi en la matière consistera à élargir les pôles de croissance dans les secteurs clés qui offrent un potentiel pour les exportations et accroissent les recettes dans les zones rurales en vue de créer les conditions favorables d’une croissance économique pérenne et soutenable. À cet effet, des pôles de croissance dans le secteur minier fondés sur le secteur privé comme acteur principal seraient d’un grand atout  pour l’atteinte des objectifs de  la SCADD.

Développement humain

Les efforts et investissements soutenus ont créé des évolutions positives dans le domaine du développement humain : (i) la mortalité infantile a baissé de 107 à 81 décès pour 1000 naissances d’enfants vivants (EDS, 2003), et continue de baisser à 65 décès pour 1000 naissances d’enfants vivants (EDS 2010) ; (ii) le ratio de la mortalité maternelle a baissé de 484 pour 100 000 naissances d’enfants vivants (EDS 1995) à 341(EDS 2010).  Le taux brut de scolarisation au primaire s’accroit rapidement, passant de 57% en 2005 à 72,4 % en 2009, 74,8% en 2010 et 77,6% en 2011.

Malgré le nombre croissant d’enfants scolarisés, le taux d'alphabétisation parmi les jeunes était de 28,7% pour le Burkina Faso en 2010, comparativement à un taux de 70% pour la région de l'Afrique Subsaharienne, et l'espérance de vie à la naissance était de 57 ans (INSD, 2009), légèrement supérieure à la moyenne régionale qui est de 50 ans. L'accès à l'enseignement secondaire s'est également amélioré, passant d’un taux de 20% en 2005 à 32% en 2011 pour le premier cycle. Au cours de la même période, le taux du second cycle s’est accru de 5,6% à 10,7%. La qualité est toujours un sujet de préoccupation pour l’ensemble de l'enseignement secondaire.

Le gouvernement est en train de préparer un nouveau programme décennal qui met l’accent sur l’amélioration des produits d’apprentissage et sur la réduction des inégalités. En ce qui concerne le système de développement des compétences, y compris les systèmes TVET (Enseignement technique et formation professionnelle)  et de l’enseignement supérieur, le Gouvernement et la Banque ont convenu de préparer et de mettre en œuvre une réforme ambitieuse pour améliorer la qualité du système de formation. La réforme mettra à la disposition de l’économie Burkinabè, des employés hautement qualifiés dont les compétences sont étroitement en rapport avec les besoins du secteur privé, ce qui permettra  de booster l'emploi des jeunes.

Démographie

Le recensement de 2006 a révélé un taux de croissance démographique à 3,1% (contre 2,3% en 1996).  Ce taux est dû à une combinaison de plusieurs facteurs négatifs: (i) une divergence croissante entre les taux de natalité et de mortalité, (ii); une stagnation du taux de fertilité à des niveaux très élevés; (iii) une évolution très lente dans l’adoption des méthodes modernes de contraception (le taux de prévalence des méthodes modernes a augmenté de 2 points en 7 ans - de 13% à 15% (Source : EDS 2010). Cette démographie galopante aboutit au doublement de la population à chaque génération et entrave sérieusement l'impact des initiatives (notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé) pour réduire la pauvreté et promouvoir le développement humain.

Le pays est en train de réviser sa politique et de développer des mesures fortes pour maîtriser la croissance démographique.

Genre

Suite à l'adoption de la Politique Nationale pour la Promotion du Genre de 2009, un Plan d'Action Opérationnel (PAO-20) triennal connexe a été adopté en décembre 2010. Conséquemment à  la crise sociopolitique du début de l’année 2011, le Président du Faso a nommé un nouveau Ministre de la Promotion de la Femme (MPF) comme membre de son nouveau Gouvernement. La nouvelle équipe du MPF a revisité ses orientations pour mieux prendre en compte les inégalités de genre, démarginaliser les questions de genre, et accélérer la mise en œuvre du PAO en dépit du budget national extrêmement faible alloué au Ministère (0,01%). Le MPF a demandé aux donateurs d’envisager d’attribuer au moins 15% de leur appui sectoriel au budget à la promotion du genre au Burkina.

Les femmes représentent environ 52% de la population au Burkina. Pour une meilleure implication des femmes dans la sphère de prise de décisions, le Burkina a adopté une loi introduisant un quota de 30% de candidatures féminines sur les listes électorales des prochaines élections législatives et municipales couplées prévues pour décembre 2012.

En septembre 2012, le Gouvernement a organisé le 3ème Forum National des Femmes sous le thème de la « Prise en compte du genre dans la  mise en œuvre de la SCADD ». La rencontre, effectuée sous le haut patronage du Président du Faso, a été l’occasion de faire le point sur les enjeux et les défis de la transversalité du genre dans la SCADD ; la nécessité de valoriser le capital humain pour le développement durable du Burkina ;  le besoin de faciliter l’accès des femmes au financement pour soutenir l’entreprenariat féminin ; et d’adresser, au Président du Faso, des requêtes spécifiques en vue de réduire les inégalités liées au genre d’ici 2015.

Mise en Œuvre de la nouvelle Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable (SCADD)

Le gouvernement a défini dans la SCADD de 2011 à 2015 des objectifs ambitieux de croissance et de développement. A cet effet, le gouvernement a tenu une réunion de Groupe Consultatif (GC) avec l’appui de la Banque mondiale en début février 2012 à Paris. Cet événement a réussi à mobiliser à la fois les donateurs traditionnels et le secteur privé. Les travaux du GC ont conduit à l’engagement de 5,3 milliards de dollars US représentant 96% des besoins de financement estimés à 5,5 milliards de dollars US. Les 4% restants seront financés par des donateurs qui n'ont pas pris part à la réunion du GC. A la lumière du nombre et de la qualité des participations parmi les donateurs et le secteur privé, ce GC témoigne du retour à la normale et de la confiance des donateurs après les troubles sociaux de 2011.

Après la mise en œuvre  de la stratégie d’Appui-Pays 2010-2012 qui a été approuvée par le Conseil d'Administration en septembre 2009, la Banque s’est engagée dans la préparation d'une nouvelle stratégie conjointement  avec la Banque Africaine de Développement (BAD). Elle sera alignée sur la nouvelle Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable (SCADD).

 Le  portefeuille actuel de la Banque au Burkina Faso est composé de 17 projets nationaux représentant un engagement de 997 millions de dollars US y compris le dernier DPO dans la nouvelle série des Crédits d’Appui à la Croissance et la compétitivité (CCC-1), et de 6 projets régionaux représentant un engagement de 140 millions de dollars US. La performance globale de l’exécution du portefeuille est satisfaisante par rapport à la durée actuelle de mise en œuvre de  4,5 ans.

Ci-dessous sont présentés quelques domaines sélectionnés où la Banque mondiale a contribué aux résultats de développement du Burkina:

Agriculture et développement rural

L'agriculture, y compris l’élevage et les secteurs de la transformation agro-alimentaire, représente environ 40% du PIB et emploie plus de 80% de la population. L'économie du Burkina Faso repose essentiellement sur la performance du secteur cotonnier - qui représente 32% des exportations. Ceci rend le pays particulièrement vulnérable à la fluctuation des cours du coton et aux effets des changements climatiques. Le Burkina doit résoudre le problème de sa vulnérabilité économique et développer une base de ressources plus large et plus durable à travers l'intensification et la diversification de son économie.

Développement rural

Au cours des 30 dernières années, le gouvernement du Burkina Faso a fait montre d’un engagement fort pour la protection de l'environnement et la gestion durable de ses terres et ressources forestières. Il a préparé un Plan décennal global d’Investissement (2008-2018) et  des stratégies sectorielles pour l'environnement, la foresterie, l'adaptation aux changements climatiques. De plus, le Burkina Faso a également développé plusieurs projets pilotes réussis dans le domaine de la conservation forestière et de l'agroforesterie.

Secteur de l’énergie

Le Burkina Faso n'a aucun gisement de combustible fossile connu. La consommation de produits pétroliers dépend entièrement des importations très coûteuses par la route à partir des ports distants de plus de 1 000 kilomètres. Le potentiel hydro-électrique du pays est faible, avec moins de 100 MW de capacité maximale dans cinq sites identifiés. La capacité hydroélectrique totale des usines installées n’est que de 35,9 MW et est fortement vulnérable aux conditions pluviométriques aléatoires. Les autres sources d'énergies renouvelable (telle que l’énergie solaire) ne sont pas entièrement exploitées. La combinaison de ces différents facteurs a entravé la capacité du Burkina Faso à accroitre l'accès à l'électricité. Pour faire face à ces principaux défis, il est nécessaire que le pays : (i) dispose d’une capacité additionnelle pour satisfaire une demande de plus en plus croissante en services d'énergie; (ii) améliore l'efficience et l’équité dans la fourniture des services d'énergie en reformant la politique des tarifs et des subventions.; (iii) accroisse l’accès aux services d'énergie des populations rurales et périurbaines ; (iv) obtienne l’approvisionnement durable en électricité à moindre coût à partir des pays voisins ; et (v) accroisse la part des énergies renouvelables dans les sources d’énergie.

Ces préoccupations sont traitées dans le cadre plus large du développement du Pool d’Energie Ouest Africain (WAPP), conçu pour générer des avantages économiques à travers le renforcement du réseau de transmission et d'autres actions pour faciliter la commercialisation de l'électricité entre les Etats membres. De ce fait, l’extension de la ligne de transmission actuelle Côte d’Ivoire-Bobo-Dioulasso à Ouagadougou, financée dans le cadre du Projet de Développement du Secteur de l'Energie, sert de point de départ vers une meilleure intégration de la région. En vue de diversifier et d’améliorer la fiabilité de l'approvisionnement pour la région de Ouagadougou, il est prévu que l'interconnexion avec le Ghana à travers l’interconnexion ci-dessus mentionnée entre Bolgatanga (Ghana) et Ouagadougou, soit opérationnelle en 2014. Pour accroître l'accès et l'utilisation des services énergétiques et  améliorer les conditions de vie dans les zones rurales, périurbaines et urbaines sélectionnées, l’actuel Projet d’Accès à l’Energie en cours d’exécution soutient les efforts du Burkina Faso. D'autres donateurs comme la Banque Africaine de Développement, la Banque Ouest Africaine de Développement, et le Gouvernement Indien à travers EXIM Bank et l’Agence Française de Développement (AFD) aident également le Gouvernement du Burkina Faso à atteindre un meilleur taux d'électrification.

Secteur des transports:

Le portefeuille du secteur des transports comprend quatre projets :

  • Le Projet du Secteur des Transports (PST)  a aidé le pays à entreprendre plusieurs investissements,  études et reformes.  Au titre des reformes nous pouvons citer le fonds d’entretien routier, la sécurité routière. Le Projet a amélioré l'indice d’accès des zones rurales et a augmenté la durée de l’année scolaire dans les zones affectées par le projet de 8 à 9 mois pendant que le pourcentage des routes en bon état et des routes praticables  s’est accru de 53 % en 2003 à 70% en 2010. Le Projet a également réhabilité 3336 kilomètres de routes en terre et financé la mise à jour de la stratégie du secteur des transports.

  • Le Projet de Sécurité et de Sureté du Transport aérien a accompagné le pays à se conformer aux normes ICAO en termes de sureté et de sécurité du transport aérien. Dans cette lancée, le projet a appuyé le pays à créer une agence d'aviation autonome (ANAC) et a renforcé les capacités de 365 experts.

  •  Le Projet Régional de Facilitation du Transport et du Transit a contribué à améliorer les connaissances des parties prenantes du secteur des transports dans le domaine des principes des règlementations du transit et du transport.

Le Projet d'Infrastructure de Transport de Donsin est prévu pour être approuvé en mars 2013.

Secteur privé

L’appui du Groupe de la Banque mondiale au secteur privé se manifeste à travers le dialogue pour le renforcement du rôle du secteur privé et sa contribution à l’économie et l’appui aux diverses reformes initiées par le gouvernement pour un secteur privé dynamique et compétitif.

Le Burkina a réalisé trois réformes importantes dans le Rapport « Doing Business » 2012 concernant la création d’entreprise, le traitement des permis de construire et l’obtention de crédit.

Le portefeuille du Département Développement du Secteur Privé et Financier est composé essentiellement de deux projets :

  • Le projet d’Appui à la Compétitivité et au Développement de l’Entreprise (PACDE) de 30,7 millions de dollars US a contribué au développement du secteur privé dans le pays en créant les conditions pour une meilleure compétitivité, un développement amélioré de l’entreprise et la promotion de l’investissement. Ce projet est en cours avec un financement additionnel de 20 millions de dollars US approuvé en 2010. Les principaux résultats obtenus sont :
    • i) la réduction de l’implication de l’État dans les activités commerciales à travers la restructuration et la privatisation des entreprises publiques  et le renforcement du rôle du secteur privé ; (ii) l’amélioration de l’accès aux services de télécommunications ; (iii) l’accélération de la création d’entreprises résultant de la simplification des procédures et des services de démarrage ; (iv) l’amélioration de l’exécution des marchés grâce à l’appui fourni au Ministère de la Justice et aux services  d’ arbitrage et de médiation ; (v) le renforcement du dynamisme et de la compétitivité des entreprises soutenues à travers le fonds à coûts partagés ; (vi) le renforcement des institutions d’appui au secteur privé, notamment la Chambre du Commerce du Burkina Faso qui abrite le Centre d’Arbitrage et de Médiation et la Maison de l’Entreprise du Burkina Faso (MEBF). Ce projet appuie également la promotion de l’investissement privé et un accès plus élargi aux services financiers.
  • La réforme dans le secteur des télécommunications a conduit à une plus grande télé-densité (nombre de lignes téléphoniques par 100 habitants) de 1,5 en 2003 à 27,6 en 2009).
  • La Maison de l'Entreprise du Burkina Faso (MEBF) a contribué au développement des entreprises et a créé un guichet unique abritant le Centre de Formalités des Entreprises (CEFORE) pour faciliter la création d'entreprises, le Centre de Facilitation des Actes de Construire (CEFAC) pour la délivrance des permis de construire.  Le projet a ainsi aidé à la réduction du nombre de jours nécessaires pour créer une entreprise de 45 en 2007 à 7 en 2011 , environ 22.500 nouvelles entreprises ont été enregistrées par l’intermédiaire du guichet unique, et près de 8000 nouveaux emplois ont été créés par des entreprises soutenues par le projet à la date de juin 2012.

Le Projet Pôle de Croissance de Bagré (PPCB)

Le gouvernement du Burkina Faso a bénéficié d’un financement sous forme de don, de la Banque mondiale à hauteur de 115 millions de dollars US, pour la mise en œuvre du Projet Pôle de Croissance de Bagré (PPCB).

Le Projet Pôle de Croissance de Bagré s’inscrit dans la stratégie de la Banque mondiale pour l’Afrique et plus spécifiquement, la stratégie de la Banque mondiale pour le Burkina 2010-2012. Cette stratégie identifie les pôles de croissance comme des atouts pour améliorer notamment la compétitivité des économies et favoriser la création d’emplois.

Le projet a pour objectif principal de contribuer à l’accroissement de l’activité économique dans le pôle de croissance, avec comme incidence une augmentation de l’investissement privé, de la création d’emplois et de la production agricole. La première Conférence des investisseurs du PPCB se tiendra du 19 au 21 septembre 2012.

Secteur Mineur

La Banque a conseillé aux autorités de postuler à l'Initiative de Transparence des Industries Extractives (ITIE) afin de renforcer la gouvernance et la transparence de la chaîne d'approvisionnement de l'exploitation minière. Le Burkina bénéficie d’un fonds fiduciaire pour la mise en œuvre de l’ITIE, et a dans ce cadre réalisé des rapports, renforcer les capacités et la communication à l’intention des acteurs intéressés et des parties prenantes. Le pays est maintenant à l'étape de pays candidat.

Le portefeuille du Département Développement du Secteur Minier

  • Le Projet d’Appui au Développement du Secteur Minier (PADSEM)

Le gouvernement du Burkina Faso a bénéficié d’un financement sous forme de don, de la Banque mondiale à hauteur de 33 millions de dollars US, pour la mise en œuvre du PADSEM qui ambitionne de renforcer les capacités de gestion des principales institutions du Burkina Faso impliquées dans le secteur minier.
Le Projet est aligné à la stratégie de la Banque mondiale pour l’Afrique, à celle pour le Burkina 2010-2012, et aux quatre piliers de la SCADD. La mise en œuvre du projet s’effectue déjà à travers les activités de renforcement des capacités des ministères chargés des mines, des finances et de l’environnement. 
Il faut souligner qu’une  grande activité de promotion minière est prévue  du  6 au  8 décembre 2012 à Ouagadougou.

Eau et Assainissement

Dans le but de permettre une continuité stratégique de l’appui de la Banque au secteur de l’approvisionnement l’eau potable, un projet d'un montant de 80 millions de dollars US  a été approuvé par le Conseil d’Administration en mai 2009. Cette nouvelle opération a pour objectifs de : (i) soutenir les efforts du gouvernement vers l’atteinte des OMD en matière d’eau et d’assainissement urbain, et (ii) consolider les résultats positifs de la réforme du secteur. L'objectif spécifique du projet est de fournir l'accès à : (i) l'eau potable pour 527 000 personnes, et (ii) des services d'assainissement de meilleure qualité à 246 000 personnes et à 120 000 élèves d’ici à décembre 2015. Le projet enregistre des progrès satisfaisants et aucun problème particulier n’a été soulevé jusque là.

Il existe un important Programme Eau et Assainissement (PEA) au Burkina Faso. En 2006, le Burkina a été sélectionné comme pays de référence disposant de personnel PEA sur place. Depuis lors, le PEA a efficacement soutenu le Gouvernement du Burkina Faso dans : (i) la préparation/adoption d'une stratégie de l’OMD en matière d’Eau et d’Assainissement, d’une feuille de route et d’un plan d’action, (ii) le développement de stratégies en faveur des pauvres, la coordination sectorielle et le dialogue politique, (iii) l’assainissement sur site, le financement et le suivi du secteur, (iv) la décentralisation, le développement des outils de gestion locale pour la planification, la budgétisation, le S&E et la gestion déléguée pour l'accès des pauvres aux services d’Eau et d’Assainissement.

Réponse de la Banque mondiale  à la crise alimentaire

Les mauvais rendements de la campagne agricole 2011-12, suite aux poches de sécheresse dans le pays, viennent rappeler que le Burkina a besoin d’actions vigoureuses pour renforcer la résilience de son économie aux chocs exogènes. La production alimentaire a été très faible comparativement à celle de 2010-11, avec une baisse de la production céréalière de 20 %  et une baisse de 21 % de la production des autres cultures vivrières (igname, patate douce, niébé, etc.). La situation a amené  le gouvernement à déclarer 170 communes sur les  351 (48%) que compte le pays,  communes en déficit alimentaire. On estimait à environ 400 000 à 500 000 enfants âgés de moins de cinq années exposés à la malnutrition chronique. En réponse aux requêtes du Gouvernement face à cette crise, la Banque mondiale a proposé l’utilisation des instruments déjà opérationnels que sont les projets et programmes dont les objectifs ne subiront pas de modifications. Ainsi, à travers le Programme National de Gestion des Terroirs phase II, ce sont 5021 tonnes de maïs qui seront distribuées dans 166 communes et 140 tonnes de riz dans les 6 sites de refugiés maliens. En outre, la Banque a procédé à l’augmentation de son appui budgétaire de 70 millions de dollars US à 90 millions de dollars US pour permettre au pays de faire face à la crise alimentaire en cours et à la prise en charge alimentaire des réfugiés maliens estimés de nos jours à plus de 100. 000. 

Un don japonais d’un montant de 3 millions de dollars US pour soutenir l'initiative du gouvernement est en cours de préparation.

IFC au Burkina Faso

IFC est présente au Burkina Faso depuis 2006 à travers son programme « Doing Business Better in Burkina Faso ». La première phase d’appui-conseil s’est achevée en mars 2010 et a contribué de manière significative  à l’amélioration des indicateurs ainsi que le classement du pays dans le rapport Doing Business.

Le 14 février 2012, le Premier Ministre a officiellement lancé un  nouveau programme qui vise à renforcer les acquis du précédent et à élargir le chantier des réformes. Le nouveau Programme d’amélioration du climat des Affaires du Burkina Faso se focalise sur les volets  suivants :

  • Réformes sur les licences d’affaires : l’objectif de ce volet est d’identifier et d’analyser l’ensemble des licences d’affaires existantes  et de fournir une assistance technique en vue de la simplification des procédures d’obtention desdites  licences. 
  • Amélioration des procédures du commerce : ce volet vise à simplifier les procédures  d'importation et d'exportation, à introduire la gestion du risque dans les opérations d‘inspections et de contrôles à la frontière et à mettre en place un Guichet Unique électronique de collecte de documents de pré-dédouanement (SYLVIE) ;
  • Mise en œuvre de l’OHADA au niveau national : Il s’agit, dans cette composante, d’assister le Gouvernement dans le cadre de la mise en œuvre des actes uniformes révisés de l'OHADA au niveau du pays pour un meilleur impact de ces textes sur l’activité économique. L’assistance technique consistera également à appuyer les activités de formation et de sensibilisation sur ces textes révisés ; et
  • Promotion du secteur de la santé : Cette composante sera exécutée à travers le programme Initiative Santé en Afrique et vise à améliorer le cadre politique et règlementaire dans lequel opèrent les professionnels privés de la santé et à renforcer leurs capacités. Dans ce cadre, il est prévu un appui à la révision des textes législatifs et réglementaires dans le secteur de la santé, notamment ceux régissant la pratique privée de la santé. Ce chantier devra débuter en Octobre 2012. En outre, l’initiative a pour objectif, d’ici fin 2012, d’appuyer le Ministère de la Santé à élaborer une Stratégie Nationale pour le Développement du Secteur Privé de la Santé. Il est prévu, en début 2013, les deux activités structurantes suivantes :

1) La création d’un Registraire Electronique pour les établissements de soins ;

2) La formulation d’une Stratégie Nationale pour le Partenariat Public Privé dans le Secteur de la Santé.

A partir de 2009, IFC a débuté au Burkina Faso des opérations d’investissement direct tournées initialem

Ainsi, en avril 2009, IFC a souscrit au  capital de l'Onatel avec l’acquisition de 3% des parts de la société assorti d’un prêt de 8,7 millions de dollars à cette dernière pour le développement de son réseau à travers le pays.

Dans le domaine de l'exploitation minière, IFC a investi dans 2 sociétés en phase d’exploration afin notamment de les appuyer dans la mise en place de leurs programmes environnementaux et sociaux :

  • IFC est ainsi présente dans Gryphon Minerals depuis décembre 2009, pour un montant total d’investissement de 6,6 millions de dollars US à ce jour ;

  • En mars 2010, IFC a pris une participation de 6,8 millions de dollars US dans le capital de Volta Resources.

Des opérations d’IFC au niveau régional ont également eu des retombées sur des entreprises ou filiales de groupes au Burkina Faso. Ainsi, en application d’un financement octroyé à Transnational Inc (“ETI”), société mère d’Ecobank, Ecobank-Burkina Faso a signé, en juillet 2008, une convention de financement commercial qui fournit une garantie allant jusqu'à 5 millions de dollars US.
De même IFC est intervenue en 2008 dans le financement des groupes Marina Market et Hôtel Indépendance dans le but de soutenir leurs investissements dans les pays de la sous-région 
En 2011, IFC a mis en place au Burkina une stratégie Faso en matière d’investissements visant à concentrer ses interventions sur les secteurs de l’agrobusiness, des infrastructures, de l’intermédiation financière et du tourisme dans le cadre de la SCADD. 

Suivant cette stratégie, une première opération a été signée entre la Banque de l’Habitat du Burkina Faso et IFC permettant l’acquisition de 3% de cette dernière. La BHBF, première banque au Burkina Faso réservée à l’habitat, contribue à renforcer le secteur financier du pays tout en démontrant la viabilité commerciale du système de prêts hypothécaires. IFC a complété son investissement par un programme d’assistance, d’un montant de 600.000 dollars US, visant à renforcer les opérations de la banque pendant sa phase critique de croissance.
De façon globale, depuis 2008, l’engagement d’IFC en termes d’investissements au Burkina Faso s’élève à 30,1 millions de dollars.

Le gouvernement est en train de prendre activement la tête dans la coordination et l’harmonisation des activités des donateurs : une plateforme de gestion de l’aide soutenue par l’internet a été mise en place  pour aider le gouvernement à suivre systématiquement les fonds en provenance des donateurs et sauvegarder les données du Plan d’Action National pour l’Efficacité de l’Aide (PANEA). Cette plateforme facilitera également l'alignement de l'aide des donateurs avec les priorités de développement du pays, améliorera la prévisibilité des flux de l'aide et renforcera la coordination de l'aide. Un groupe conjoint composé du Gouvernement, des Partenaires Techniques et Financiers, des Organisations de la Société Civile et du secteur privé a révisé le rapport du PANEA à la lumière des recommandations du Forum de Haut Niveau de Accra/Déclaration de Paris sur l'Efficacité de l'Aide et du Cadre Partenarial du Gouvernement Burkinabé sur l'Efficacité de l'Aide. En outre, les partenaires au développement du Burkina Faso ont concentré leurs consultations internes sur la rationalisation de leur action et évitent les dissonances vis-à-vis du Gouvernement.


Pour conduire le dialogue politique et économique avec le Gouvernement dans plusieurs domaines, la Banque a été membre de la troïka jusqu’au 31 juillet 2012.

Dernière mise à jour: octobre 2012




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