Dernière mise à jour : Septembre 2009 Histoire  Le Burundi a connu quatre guerres depuis son accession à l'indépendance en 1962. Avec 8,5 millions d’habitants, ce petit pays enclavé a l'une des plus fortes densités du continent africain, avec environ 300 personnes au kilomètre carré. Son revenu par habitant, de l’ordre de 100 dollars américains en 2007, est l’un des plus bas au monde.
La guerre la plus récente a éclaté en 1993, faisant plus de 300.000 morts et 1,2 million de déplacés, soit 16% de la population. La guerre, à laquelle s’est ajouté un embargo économique régional qui a duré quatre ans, a fini par dévaster l’économie nationale. Résultat : le pays a connu dix ans de déclin économique. En août 2000, 17 organisations politiques ont signé l'Accord de paix d'Arusha, ce qui permit au Burundi d’amorcer une transition réussie vers un système multipartite de 2000 à 2005. Un gouvernement de transition basé sur le partage du pouvoir entre les deux principaux groupes ethniques du pays a vu le jour en janvier 2002 pour une durée de 36 mois. En février 2005, les Burundais ont approuvé par référendum une nouvelle Constitution qui met l'accent sur le partage du pouvoir et la protection des droits des minorités. Les élections communales ont eu lieu en juin 2005 et les législatives en août de la même année. Les progrès sur les plans politique et sécuritaire sont mitigés depuis 2005. En septembre 2006 le gouvernement a signé un accord de cessez-le-feu avec le PALIPEHUTU-FNL, seul mouvement rebelle encore en activité ; toutefois, cet accord n'avait pas été mis en œuvre et des combats sporadiques se sont poursuivis. Suite à des accrochages armés à la mi-avril 2008, la direction du PALIPEHUTU-FNL est rentrée à Bujumbura au début du mois de juin 2008 pour négocier la mise en œuvre de l'accord de cessez-le-feu. Une avancée significative a été réalisée en décembre 2008, lorsque le gouvernement et le PALIPEHUTU-FNL ont signé un accord de partage du pouvoir. En janvier 2009, de grands progrès ont été réalisés sur le plan du processus de paix lorsque le groupe rebelle a retiré toute connotation ethnique à son nom, devenant ainsi le FNL tout court. Il répond désormais aux critères d’éligibilité pour être admis comme parti politique conformément à la Constitution. La démobilisation des combattants du FLN est en cours. Économie Depuis 2000, le gouvernement a mis en œuvre un programme de réformes structurelles et financières destinées à stabiliser l’économie et à relancer l’activité. Les mesures prises à ce titre ont notamment consisté : i) à suivre une politique monétaire prudente, mise en œuvre par une banque centrale dotée d’une plus grande indépendance dans le contexte d’un régime de change libéralisé ; ii) à appliquer en matière budgétaire une politique également prudente, assortie de priorités de dépenses axées sur la lutte contre la pauvreté ; iii) à informatiser la gestion des finances publiques dans un souci de transparence accrue ; et iv) à réformer les secteurs des cultures de rapport (café, thé, coton) et des entreprises publiques. Soutenu par l’IDA et le FMI, ce programme a été mené d’une manière satisfaisante en dépit d’un contexte défavorable, et témoigne de la détermination du gouvernement à assurer le redressement du pays et le processus de réforme. Entre 2001 et 2006, le PIB a progressé à un rythme quelque peu décevant de 2,7 % par an, mais l’inflation a été maintenue à un niveau inférieur à 10 %. En dehors des années 2003 et 2005, durant lesquelles les mauvaises conditions climatiques qui ont prévalu dans le nord du pays ont eu un grave impact sur la production agricole, les taux de croissance de ces dernières années se sont situés entre 2 et 6 %. Mais les réformes entreprises et les progrès accomplis parallèlement au niveau politique se sont traduits par une hausse de la production agricole et de l’activité de construction, dans le même temps où le niveau de confiance du secteur privé se rétablissait et où les bailleurs de fonds reprenaient leurs activités dans le pays. Mais la situation qui a caractérisé les années 2003 et 2005, durant lesquelles le secteur agricole a durement souffert du manque de pluies, a mis en relief la nécessité pour le pays d’assurer une plus grande diversification de son économie et de se doter d’autres sources de croissance. La mise en œuvre concluante de son programme économique bénéficiant de l’appui du FMI et de l’IDA a mis le Burundi en position d’atteindre en août 2005 le point de décision au titre de l’Initiative PPTE. Au total, les allégements consentis au pays dans le cadre de l’Initiative PPTE renforcée se chiffreront aux alentours de 826 millions de dollars en valeur actuelle nette (VAN), ce qui équivaut à 91,5 % de la VAN de la dette du pays une fois épuisés les mécanismes conventionnels. La croissance du PIB réel en 2006 a été de l’ordre de 5 % en dépit des chocs intervenus au niveau de l’offre et des prix pétroliers, ces chocs ayant été en partie compensés par le redressement de la production de café et du secteur des services, ainsi que par les activités de reconstruction. Évolution sur le plan économique Depuis 2000, le gouvernement burundais a mis en œuvre un programme de réformes structurelles et financières destinées à stabiliser l’économie et à relancer l’activité. Les mesures prises à ce titre ont notamment consisté à suivre une politique monétaire prudente, mise en œuvre par une banque centrale dotée d’une plus grande indépendance dans le contexte d’un régime de change libéralisé, à appliquer en matière budgétaire une politique également prudente, assortie de priorités de dépenses axées sur la lutte contre la pauvreté et prendre des mesures visant à renforcer et améliorer la transparence dans la gestion des finances publiques. Les résultats économiques se sont améliorés, mais le taux de croissance du PIB n’a atteint en moyenne qu’environ 3 % entre 2001 et 2008. La croissance économique reste très instable à cause de sa dépendance à l’égard d’un secteur agricole largement fluctuant dont la volatilité s’explique en grande partie par les perturbations climatiques survenues au cours des dernières années. La sécheresse de 2005 a entraîné un taux de croissance du PIB de seulement 0,9 points, suivi en 2006 d’un fort rebond à 5,1 % et d’un léger ralentissement pour s’établir à 3,6 % en 2007. En 2008, en dépit du renchérissement sans précédent des produits pétroliers et des denrées alimentaires, le taux de croissance réelle du PIB est estimé à 4,5 %. Le revenu par habitant a chuté de près de 40 % pendant la guerre, passant de 180 dollars en 1993 à 110 dollars en 2007. Estimé à 3,8 % en 2007, le Burundi a l’un des taux de croissance démographique annuel les plus élevés d’Afrique subsaharienne. Ceci laisse supposer qu’il sera difficile d’accroître les niveaux de vie dans les années à venir sans un ralentissement de la croissance démographique ou une nette accélération du taux de croissance annuel du PIB. Bien que le Burundi ait accompli quelques progrès au cours des dernières années, il devra enregistrer des taux de croissance du PIB de 8 % au cours des quatre prochaines années pour pouvoir atteindre à l’horizon 2012 le niveau de RNB par habitant d’avant la guerre. a mise en œuvre concluante du programme de réforme économique du gouvernement a permis au Burundi d’atteindre en août 2005 le point de décision au titre de l’Initiative PPTE et le point d’achèvement en janvier 2009. Les allégements consentis au pays dans le cadre de l’Initiative PPTE renforcée se chiffreront aux alentours de 832 millions de dollars en valeur actuelle nette (VAN), la contribution de l’IDA représentant plus de la moitié de ce montant (425 millions de dollars). Évolution sur le plan social La dernière guerre a presque doublé le taux de pauvreté dans le pays. Le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté a augmenté de 35% en 1993 à 67% en 2006. Le taux de pauvreté dans les zones rurales est estimé à deux fois plus important que celui des zones urbaines. Le Burundi n'est pas en mesure d'atteindre bon nombre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) d'ici à 2015. Presque tous les indicateurs sociaux se sont nettement détériorés au lendemain de la guerre civile, même si l’on note quelques avancées depuis la fin du conflit. Le Burundi a les taux de mortalité maternelle et de malnutrition infantile les plus élevés du continent africain. Les populations paient un tribut lourd au VIH / SIDA, qui est la deuxième cause de décès chez les adultes. La stratégie de réduction de la pauvreté Le gouvernement burundais a approuvé sa première Stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) en septembre 2006, suite à un vaste processus participatif sans précédent dans l’histoire du pays. Les consultations dans le cadre du DSRP ont eu lieu dans l’ensemble des sept provinces et ont impliqué plus de 145 organisations de la société civile et quatorze groupes sectoriels et thématiques. Le premier Rapport d’étape annuel (REA) sur le DSRP, qui a été préparé selon le même processus de large participation que le DSRP de 2006, a été reçu par la Banque et le FMI en novembre 2008. Le DSRP vise quatre objectifs stratégiques : i) améliorer la gouvernance et la sécurité, ii) promouvoir une croissance économique équitable et durable, iii) valoriser le capital humain, et iv) prévenir et lutter contre le VIH/SIDA. L’assistance de la Banque mondiale En août 2008, le Conseil des Administrateurs de la Banque mondiale a examiné une nouvelle stratégie d’aide-pays (CAS) du Groupe de la Banque mondiale pour le Burundi. La CAS fournit un cadre pour l’appui de la Banque mondiale, dispensé sous forme d’appuis budgétaires, de financement pour des projets d’investissement, d’études et d’assistance technique. La Banque mondiale fournira une aide estimée à 309 millions de dollars sur les ressources de l’IDA au cours des quatre prochaines années (du milieu de l’année 2008 au milieu de l’année 2012). Sur la base du Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP), la CAS vise à favoriser la transition du pays d’une économie sortant d’une situation de conflit à une économie en développement. La CAS vise essentiellement deux objectifs stratégiques : promouvoir une croissance durable et à large assise ; et améliorer l’accès aux services sociaux et consolider la stabilité sociale. La CAS vise aussi surtout à améliorer la gouvernance qui est un objectif transversal. La Banque mondiale octroie actuellement des financements pour 10 projets, ce qui représente des engagements d’une valeur de 337,4 millions de dollars. Ces financements servent à fournir des appuis budgétaires, à aider à la conduite des réformes économiques et à soutenir la modernisation de l’agriculture, le développement communautaire, l’éducation, l’électricité, la santé, la lutte contre le VIH/SIDA, le transport et l’approvisionnement en eau. Il existe également trois projets régionaux financés par l’IDA qui concernent également le Burundi et un projet financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM). En outre, face à la crise alimentaire et pétrolière, la Banque a apporté son concours au Burundi à travers un don d’appui aux politiques de développement de 10 millions de dollars sur les ressources du Fonds fiduciaire d’intervention face à la flambée des prix des denrées alimentaires en août 2008. Parmi les projets approuvés récemment, figurent : - Le Projet d’Appui au Développement du Secteur de la Santé (15 millions USD) ;
- Le Projet d’urgence de Démobilisation et de réintégration transitionnelle (15 millions USD) ;
- Le Projet de Travaux publics et de Gestion urbaine (45 millions USD)
Distribution de l’assistance de la Banque mondiale au Burundi par secteur (septembre 2009)
 Le Burundi est devenu membre de la Banque mondiale en 1963 et a reçu son premier crédit de l'Association internationale de développement (IDA) en 1966 pour le développement de l'approvisionnement en eau. Depuis, la Banque a mis à la disposition du Burundi plus de 995 millions de dollars en prêts et en crédits IDA, ainsi qu’environ 457 millions de dollars en subventions IDA. En outre, la Banque mondiale a fourni une aide de 10 millions de dollars à titre de subvention dans le cadre du Programme d’urgence de réponse à la crise alimentaire mondiale. Pour plus d’informations sur l’assistance que la Banque mondiale fournit au Burundi, veuillez consulter la page des Projets. Contacts Pour les contacts, cliquez ici. |