Le 4 septembre 2007— « Tout a commencé par ma rencontre avec un artiste camerounais, Max Lyonga », a déclaré Markus Repnik, l'ancien Chef-pays au Cameroun. « Nous lui avons demandé de créer un tableau représentatif de la Banque mondiale, en mettant en lumière sa mission fondamentale de lutte contre la pauvreté et son rôle de catalyseur, de trait d’union entre les hommes et les idées. »
Le personnel du bureau-pays a reçu bien plus qu’un tableau représentatif : la Banque a ouvert dans le bureau-même une exposition permanente d’art contemporain camerounais. Avec treize artistes et une centaine d’œuvres à l’affiche, c’est la plus grande exposition d’art de Yaoundé. « C’est remarquable. Je suis un grand amateur d’art africain et j’ai toujours soutenu les artistes locaux », a indiqué Hart Schafer, Directeur des opérations pour l’Afrique. « C’est une excellente idée et vous devriez également en faire profiter les autres bureaux-pays. J’aimerais venir voir cette exposition en personne. » Comment tout a commencé Il y a plusieurs mois, Repnik a rencontré des artistes au cours d’un voyage de plusieurs jours dans le pays : « Cette visite en tant que Chef-pays au Cameroun a été passionnante ». Il a ensuite invité l’artiste Max Lyonga à participer à la réunion de l’équipe-pays organisée en juillet 2006, pour aider l’équipe à visualiser sa « mission commune » au Cameroun. Le résultat, un tableau exposé au milieu du hall de réception et affiché sur le site en anglais de l’équipe. L’exposition est devenue le projet commun du bureau. Tous les membres y ont travaillé. L’effort était dirigé par Mamma Alim Ahmed, assistant exécutif, qui a coordonné, organisé et monté l’exposition. Tout le monde y a mis du sien, depuis les chauffeurs qui ont apporté les œuvres d’art au personnel administratif et de soutien aux clients chargés d’organiser le vernissage jusqu’à l’économiste-pays qui a aidé à préparer le catalogue. Vernissage Cent cinquante personnes ont été invitées au vernissage, parmi lesquelles des membres de la communauté diplomatique et des représentants de la société civile et du secteur privé, ainsi que les artistes. Le vernissage a été un grand succès : une vingtaine de tableaux ont été vendus. Repnik a présidé la cérémonie et noté que « l’art contemporain n’est pas apprécié à sa juste valeur et est mal connu au Cameroun. Et pourtant, tous les artistes ont déjà participé à des expositions en Europe, aux États-Unis et au Japon. Par exemple, j’ai découvert l’œuvre de Goddy Leye à Paris au Centre Pompidou lors de l’exposition « Africa Remix » et non pas au Cameroun. Nous voulons créer un lien entre les artistes et le public camerounais—les nombreux visiteurs que reçoit notre bureau, mais aussi avec le public international –– grâce à notre site web, et avec leurs propres communautés ». Les artistes, comme Salifou Lindou, ont apprécié les efforts déployés pour présenter leurs œuvres sous un jour très professionnel. Il a déclaré « La Banque mondiale nous a offert un cadre agréable dans lequel nos œuvres ont été mises en valeur. L’accrochage et l’éclairage des tableaux étaient excellents ». D’autres artistes ont fait observer que l’art peut aider à visualiser le concept du développement et ont exprimé l’espoir que d’autres institutions suivraient cet exemple : « J’espère que cette initiative sera suivie par d’autres institutions et qu’elle a permis aux gens de comprendre que la notion de développement peut aussi passer par l’art », a indiqué Mboko Lagriffe. L’exposition n’était pas seulement une manifestation culturelle : les artistes se sont engagés à verser 15% de leurs recettes à des projets sociaux de proximité, tels que des orphelinats et des organisations d’aide aux enfants des rues. Qui plus est, les tableaux créent un cadre de travail stimulant et enrichissant. « Tous les artistes sont très attachés au développement de leur pays, et ils utilisent leur talent pour exprimer leur vision de l’avenir », a conclu Repnik. « Ils sont enthousiasmés par le fait que la Banque mondiale utilisent ses moyens institutionnels pour promouvoir leurs œuvres. L’exposition permanente aidera également à transformer l’image encore très traditionnelle de la Banque au Cameroun, comme l’a montré l’enquête réalisée auprès des clients en 2005. » Ce n’est qu’un début Marina Galvani, commissaire de la collection de la Banque mondiale, espère que ce succès inspirera d’autres bureaux-pays à organiser des événements de ce genre. « L’Afrique est en marche », a-t-elle dit. « La majorité des pays africains ont aujourd’hui un régime démocratique. Leur économie progresse. La vitalité culturelle et artistique en est le plus bel exemple. » « La peinture, le design, la photographie, la sculpture et les arts du spectacle en Afrique témoignent d’une confiance et d’un d’espoir nouveaux. » Son équipe prépare une exposition complète sur les grands maîtres et les étoiles montantes de l’art africain traditionnel et contemporain pour l’hiver prochain ou le printemps 2008, au bureau de Washington. Article de Janique Racine, Banque mondiale.
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