Débat sur les Accords de partenariat économique au Cameroun

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YAOUNDE, 23 février 2009—Le 19 février dernier, plus de 100 économistes en herbe venus de cinq lycées de Yaoundé et 13 enseignants ont été invités dans les locaux de la Banque mondiale au Cameroun pour commémorer la fête nationale de la jeunesse célébrée le 11 février de chaque année.

C’était l'occasion pour les élèves de participer à un débat de trois heures sur les Accords de partenariat économique (APE), un traité commercial proposé par l'Union européenne (UE) aux pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique). Avec la signature d’un accord intérimaire le 15 Janvier dernier, le Cameroun est devenu le premier pays d'Afrique centrale à avoir fait le premier pas vers un accord permanent avec l’UE.

L'échange avec les élèves a été mené par Chantal Elombat, coordonnatrice du Comité national de suivi des APE, et Delphine Tommy, représentante du secteur privé au sein de l’UE. Les membres du bureau national du Réseau Jeunesse Développement et Paix ont également pris part à la rencontre.

Les lycéens ont fait l'écho des préoccupations exprimées par les organisations de la société civile et plusieurs syndicats africains sur la structure générale et certaines dispositions de l'APE. En particulier, certains voulaient savoir si les APE accordaient une exonération des tarifs douaniers aux marchandises importées de l'Europe vers le Cameroun ; d’autres s’interrogeaient sur les normes de qualité que l'UE entend mettre en œuvre afin de s’assurer que les produits importés ne constituent pas une menace pour la santé publique. D'autres encore ont exprimé leur scepticisme quant à l'accord, qui de leur point de vue semble être une voie à sens unique bénéficiant l'UE au détriment du Cameroun ; et enfin d'autres ont voulu savoir si la crise économique mondiale aura un impact sur les négociations des APE.

Répondant aux préoccupations des étudiants, Mme Tommy a présenté la structure générale de l'APE, ses objectifs, les mesures qui seront ensuite mises en œuvre et l'état actuel des négociations en vue d'un accord final.

Donnant la perspective du gouvernement camerounais, Mme Elombat a reconnu que l’accord présente certaines lacunes, comme par exemple le manque de financement pour les projets régionaux d'infrastructure visant à favoriser l'intégration. Elle a en outre souligné l'importance de l'intégration régionale et a mis en évidence les opportunités qui existent au sein de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC), qui cependant demeurent mal exploitées. Elle a ajouté que la CEMAC est à la traîne par rapport à d'autres régions d’Afrique subsaharienne, comme la CEDEAO.

« Les entraves à l’intégration constituent un frein à la croissance économique dans la sous-région, notamment au Cameroun, un pays qui était censé montrer le bon exemple », a-t-elle déploré.

Helene Pieume a animé le débat pour le compte de la Banque mondiale.




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