| Histoire | Dernière mise à jour : Septembre 2009 |

Après son accession à l’indépendance en 1960, la République centrafricaine (RCA) a connu une période d’instabilité politique ponctuée par des épisodes de conflit armé. En 1993, après trois années d’agitation sociale et politique, un gouvernement de coalition a été formé avec à sa tête le président nouvellement élu Ange-Félix Patassé. Malgré l’engagement pris par le gouvernement de mener à bien la réforme démocratique, le pays a de nouveau été le théâtre d’affrontements sociaux et politiques violents en 1996 et en 1997. Après avoir survécu à un coup d’État en mai 2001, le président Patassé a été renversé en mars 2003 par le général François Bozizé. Bien que Bangui, la capitale, et de nombreuses villes du pays soient largement sous le contrôle des autorités centrafricaines, la situation au plan de la sécurité reste fragile, et le gouvernement, confronté à des besoins sociaux immenses, peine encore à restaurer les fonctions les plus élémentaires de l’État. Situation politique Les élections présidentielles et législatives de mai 2005 ont marqué la fin de la transition qui aura été légèrement plus longue que la période de deux ans initialement prévue. Durant cette période, une nouvelle Constitution a été ratifiée (et adoptée par référendum le 5 décembre 2004), et deux scrutins présidentiel et législatif ont été organisés, dont le déroulement a été jugé satisfaisant par la plupart des observateurs. Le « dialogue politique inclusif » qui a rassemblé tous les protagonistes de la crise centrafricaine (le gouvernement et les différents mouvements armés, l’opposition démocratique et la société civile) en décembre 2008 a ouvert de sérieuses perspectives de paix dans le pays. Une unanimité s’est dégagée entre le Président Bozizé, la rébellion armée et les chefs d'opposition pour former un gouvernement de consensus qui va gérer le pays jusqu'aux élections présidentielles programmées en 2010. Ces accords, signés sous l’égide des Nations Unies après 10 jours des débats à Bangui, ont également recommandé la création d'une commission électorale mixte et le début du processus de démobilisation, de désarmement et de réintégration des rebelles. Un nouveau Code électoral a été adopté par le parlement et servira pour les prochaines élections présidentielles de 2010 et la mise en place de la commission électorale indépendante est attendue. Contexte économique Indépendamment des troubles politiques, plusieurs facteurs font obstacle au développement de l’économie centrafricaine : le pays est enclavé, le système de transport et de communications en mauvais état, la main-d’œuvre généralement non qualifiée, et l’activité bridée par les mauvaises politiques héritées du passé. L’État peine à mobiliser les recettes fiscales, affiche des résultats budgétaires médiocres en comparaison aux pays africains au Sud du Sahara et connaît encore des retards à verser la solde des militaires et les traitements des fonctionnaires. La RCA reste donc un pays pauvre, malgré des ressources naturelles abondantes (diamants, or, uranium, et bois d’œuvre) et des conditions agricoles favorables. La RCA n’en poursuit pas moins le redressement amorcé. Les résultats macroéconomiques s’améliorent et les réformes progressent. La croissance en 2006 a atteint 4,1 %, son plus haut niveau en dix ans, ceci est dû en partie à l'amélioration de la fiscalité résultant d'une meilleure gestion fiscale. Le Ministre des Finances et du Budget prévoie une croissance t estimé à 2.4% le taux de croissance de la RCA en 2009 contre une projection de 5% faite avant la crise. L'impact de la crise financière a affecté l'économie de RCA. La perte de recettes fiscales en raison de la crise est estimée à16 millions USD (dont 14 millions USD dans le commerce à cause de la crise dans les secteurs de forêt et de diamant, et 2 millions USD dans d'autres taxes, y compris les impôts sur les sociétés dans le secteur de forêt). Les recettes fiscales ont été estimées à 8,4% du PIB en 2009 contre une projection d’avant la crise qui était de 9.2%. Le volume des exportations a diminué de 18,2% en 2008 et les projections prévoient encore leur diminution en 2009 (soit – 21%) contre une augmentation projetée avant la crise de 6,9% pour l’année 2009. La situation budgétaire se serait sensiblement améliorée en 2006 du fait essentiellement d’une meilleure gestion des finances publiques. Les bailleurs de fonds ont apporté un soutien financier aux efforts déployés par la RCA pour améliorer la gouvernance et la gestion des finances publiques. La Facilité du FMI pour la réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC) a été approuvée en décembre 2006, et, en septembre 2007, le pays est parvenu au point de décision au titre de l’Initiative en faveur des pays très endettés (PPTE). La RCA a atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE le 30 Juin 2009. Avancées sur le front du développement Les mauvais résultats socioéconomiques s’expliquent en partie par l’instabilité politique. Sur les 177 pays que compte l’indice de développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la RCA était classée 171e en 2007-08. La pauvreté est omniprésente : 67% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté, et l’incidence de la pauvreté dans les zones rurales est encore plus élevée près de 72% de la population. Rares sont les centrafricains ayant même accès aux services d’éducation et de santé de base, et comme les ressources allouées à ces secteurs sont très insuffisantes depuis plusieurs décennies, la situation va en s’aggravant. L’espérance de vie à la naissance serait de 39 ans, et le taux d’alphabétisation des personnes âgées de 15 ans et plus est de 65 %. À défaut de services de santé et de programmes de prévention, l’incidence du VIH/SIDA, estimée à 6,2 %, ne cesse d’augmenter et atteint aujourd’hui un seuil critique. Le gouvernement a terminé la rédaction de son Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP) en septembre 2007 et l’a présenté à la communauté des bailleurs de fonds lors d’une table ronde organisée en octobre 2007. Appui de la Banque mondiale Les conflits récurrents des dix dernières années ont perturbé le déroulement normal de l’assistance régulière l’Association internationale de développement en faveur de la RCA. En novembre 2006, la Banque mondiale a repris ses activités dans le pays dans le cadre d'un Projet d’appui aux politiques de développement (82 millions de dollars) qui a permis d’apurer les arriérés de la RCA envers l’IDA et de fournir au pays des ressources supplémentaires pour assurer le financement du service de la dette et soutenir le budget. L’approbation d’un nouveau Projet d’appui aux politiques de développement (troisième de la série), pourappuyer les réformes des finances publiques et de la Gouvernance (5 millions USD), a eu lieu au printemps 2009. Ce projet a été conçu pour combler à court terme le gap financier causé en partie par la crise financière. Les mesures soutenues par le Projet d’appui aux politiques de développement vont aider à renforcer la gouvernance dans le secteur public couvrant la gestion des finances publiques, des perspectives de la dépense de du revenu, et de la gouvernance économique dans les secteurs-clefs tels que la forêt et la mine. En janvier 2007, la Banque mondiale a adopté une stratégie intérimaire conjointe avec la BAD pour l’exercice budgétaire 07-08 afin d’appuyer : i) le redressement économique et le renforcement de la gouvernance et des capacités techniques du secteur public ; et ii) le développement du capital humain, l’accent étant mis plus particulièrement sur les pauvres. Dans le cadre de cette stratégie, la Banque a approuvé deux projets supplémentaires pour l’exercice 07, qui visent à produire des effets plus concrets pour la population et à renforcer la gouvernance et les capacités techniques. L’un, d’un montant de 18 millions de dollars, porte sur la remise en état d’urgence et l’entretien des infrastructures urbaines ; et l’autre, d’un montant de 24 millions de dollars, vise à faciliter le transit et les échanges régionaux. En outre, un projet de lutte contre le VIH/SIDA (17 millions de dollars) de 2001 a été restructuré en mai 2007 pour couvrir des besoins urgents en matière de santé et d’éducation. Courant 2008, la Banque mondiale a approuvé deux financements en faveur de la RCA : un don IDA de 7,9 millions de dollars EU en appui au Reformes de Gestion Economique et de la Gouvernance (EMGRG) et une convention de financement d'un montant de trois (3) milliards de francs CFA destiné à juguler la crise alimentaire. En août 2008, la RCA a obtenu une assistance d’urgence d’un montant de 7 millions USD dans le cadre du Programme global de la Banque mondiale en réponse à la crise alimentaire, et la Banque mondiale a également approuvé en février 2009 un don de 8 millions USD en urgence pour soutenir les efforts du gouvernement à remettre en état ses infrastructures de distribution d’eau et d’électricité aux clients de la société centrafricaine de distribution d’électricité, ENERCA, dans la capitale (Bangui), y compris les fournisseurs de services essentiels tels que la société d’eau et les hôpitaux, et d'améliorer l'exécution financière et opérationnelle du secteur. En mars 2009, la Banque a approuvé un Don de 8 Millions de dollars EU pour le « Projet d’Appui au Développement Communautaire des Groupes Vulnérables ». L’objectif de ce projet est de réhabiliter la structure sociale et améliorer la capacité locale des parties prenantes pour planifier et gérer le redressement communautaire dans les parties concernées. L’IDA vient d’accorder un don de 150000 dollars US pour les activités de restauration du fait des inondations de Juin et Juillet 2009 à Bangui et, a accepté que sur la base d’une évaluation des besoins, Elle accordera en principe des ressources additionnelles pour aider à réparer les effets de l’inondation à Bangui. Une Stratégie de partenariat pays conjointe (DSPPC) du Groupe de Banque mondiale (IDA, SFI et MIGA) et de la Banque Africaine de Développement pour la période 2009-2012 a été préparée en collaboration avec les autorités et d'autres parties prenantes, a été présentée au Conseil d’Administration de ces institutions en juillet (BAD) et en septembre (IDA). Il est attendu principalement de cette stratégie qu’elle continue de soutenir (i) le rétablissement économique et la gouvernance dans le secteur public, suite à la récente crise alimentaire, financière et du carburant ; et (ii) le rétablissement des infrastructures et services de base aux niveaux urbains et locaux. Le programme de la Banque accordera un soutien à la gouvernance et au renforcement de capacité à travers le «Trust Funds under the State and Peace-building Fund » et d'autres instruments conçus pour soutenir les Etats fragiles. Certains facteurs externes ont un impact négatif sur l'exécution des activités soutenues par la Banque en RCA. La récente faiblesse du dollar américain par rapport au Francs CFA, et le coût élevé de carburant et de marchandises importées ont aggravé l'inflation en RCA. Par conséquent, le budget initialement prévu pour l’exécution des activités se révèle insuffisant dans la plupart des cas. La Banque mondiale, le Fonds monétaire international, La Commission Européenne et la Banque africaine de développement ont mis en place des fonds spéciaux auxquels la RCA reste éligible, de façon à limiter l’impact de la hausse généralisée des prix des biens et services et du pétrole. La récente ouverture du bureau de la Société financière internationale (IFC) à Bangui va aider le développement du secteur privé local et international en RCA. L’Agence multilatérale de garantie des investissements soutien un investissement dans le secteur de la télécommunication et elle reste disposée à développer d’autres activités. Contacts Pour les contacts, cliquez ici. |