Le 18 décembre 2007 — Le « leadership » est le thème retenu en 2007-2008 dans la lutte contre le SIDA. Il s’agit pour le Système des Nations Unies d’inciter les leaders à tous les niveaux à tenir leurs engagements afin de permettre un accès accru et qualitatif aux services de prévention, de traitement, de soin et de soutien. À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA, nous avons rencontré Mme Aoua Paul Diallo-Diawara, Coordonnatrice ONUSIDA/Côte d'Ivoire. Pour elle, la société civile en Côte d’Ivoire est un leader important en matière de lutte contre le SIDA. Mais, face à certaines faiblesses de coordination et de capacité, elle devrait, entre autres actions, inscrire ses actvités dans le cadre du Plan stratégique national, participer aux exercices de planification opérationnelle et renforcer ses capacités. Le thème de la campagne mondiale 2007-2008 est celui du « leadership ». Y a-t-il une explication particulière à ce choix ? Le choix des thèmes des journées et campagnes est fonction de leur pertinence et de l’adaptabilité à différentes régions et problématiques. Ce choix se fait à l’issue d’une large concertation au niveau mondial par le Comité d’orientation mondial appuyé par ONUSIDA. Pour les années 2005 à 2010. L’accent porte sur la responsabilité et le leadership dans le cadre de la mise en œuvre de l’accès universel aux services de prévention, de traitement, de soins et de soutien. Le thème « leadership » retenu pour la période 2007-2008, sous le slogan « Stop SIDA. Tenez la promesse » , s’inscrit dans le cadre de l’engagement pris par les 189 pays, dont la Côte d’Ivoire, à la session spéciale de l’Assemblée générale des Nations Unies tenue en 2001. Il s’agit pour chaque leader de tenir sa promesse afin de permettre un accès accru et qualitatif aux services. En outre, le thème du leadership est proposé comme un véhicule unificateur de toutes les initiatives au sein d'un message mondial commun. Sur quoi ce slogan met-il l’accent ?
Les quatre éléments-clés sont : une réponse nationale plus effective ; un partenariat entre la société civile et le gouvernement élargi contre le SIDA aussi bien au niveau local qu’au niveau national ; le renforcement de la société civile ; et un financement adéquat à la réponse nationale au SIDA. De ce fait, l’objectif fondamental des différentes campagnes de lutte contre le SIDA de 2005 à 2010 est de s’assurer que les leaders et les décisionnaires tiennent leurs promesses en ce qui concerne l’accès universel aux services de prévention, de traitement, de soins et de soutien d’ici 2010. La société civile ivoirienne joue-t-elle un rôle de leader important ? Et comment peut-elle améliorer son rôle ?
Oui, la société civile est un important leader en matière de lutte contre le SIDA. Cette société civile est bien organisée en réseaux répartis sur l’ensemble du territoire national. Mais il y un problème de mapping national qui ne permet pas de connaître la localisation géographique et les interventions des organisations de la société civile. On note aussi un déficit de leur capacité à pouvoir planifier, gérer, budgétiser, etc. Pour être efficace, la société civile devrait inscrire ses actions dans le cadre du Plan stratégique national, participer effectivement aux exercices de planification opérationnelle, renforcer ses capacités au niveau national, régional et international, documenter ses expériences et les partager au niveau national et se professionnaliser en renforçant ses capacités dans un domaine d’action spécifique. À propos de leadership, quel rôle de leader le Système des Nations Unies joue en Côte d’Ivoire dans la lutte contre la pandémie ?
Le Système des Nations Unies (SNU) a pour rôle de renforcer le leadership national (gouvernement, parlement, société civile, secteur privé) en vue d’assurer des orientations politiques et stratégiques adaptées au contexte national. Il travaille également sur l’harmonisation et l’alignement des partenaires au développement sur les priorités nationales et accompagne le pays dans l’atteinte de ces priorités. Dans le cadre de l’équipe conjointe des Nations Unies, le SNU assure un rôle de leadership dans les domaines suivants : planification stratégique, gouvernance et management financier, passage à l’échelle des interventions, suivi et évaluation, information stratégique, partage de connaissance et « accountablity ». Quel appui le Système des Nations Unies apporte à la Côte d’Ivoire pour la mise en œuvre du Plan stratégique national ?
Le plan stratégique en cours couvre la période 2006-2010. Il a été élaboré avec la participation de tous les acteurs de la lutte contre le SIDA en Côte d’Ivoire avec l’appui technique et financier du Système des Nations Unies (SNU) et des autres partenaires. Pour sa mise en œuvre, une table ronde de mobilisation des ressources a été organisée par le pays avec l’appui d'ONUSIDA. Le SNU a déclaré son appui financier d’un montant de 93. 735. 000 de dollars sur les cinq années du Plan stratégique. Un appui technique du SNU a également été indiqué. Interview réalisée par Bakary Sanogo Spécialiste en communication et relations extérieures Banque mondiale, Côte d’Ivoire Défis majeurs de la coordination en Côte d’Ivoire | Il existe une insuffisance de coordination au niveau national pour une réponse coordonnée et en synergie de tous les intervenants. Plusieurs défis sont à relever au cours des deux prochaines années. Ce sont : l’appropriation nationale du Plan stratégique 2006-2010 révisé prenant en compte les cibles de l’accès universel et les populations à risque l’opérationnalisation du Plan stratégique national au niveau décentralisé, déconcentré et de tous les secteurs-clés l’intégration du VIH et du genre dans tous les documents de stratégies, plans et programmes nationaux la décentralisation effective et le renforcement de la coordination nationale le renforcement du leadership national la mobilisation des ressources et l’harmonisation des approches d’appui des partenaires financiers le renforcement de la mise en œuvre des trois principes-clés — un seul cadre de suivi-évaluation, une seule instance de coordination et un seul plan d’action — et plus spécifiquement d’un cadre de suivi-évaluation consensuelle afin de pouvoir disposer des données fiables sur toutes les composantes de lutte contre le SIDA rendre fonctionnel l’accès universel aux services de prévention, de traitement, de soins et de soutien le passage à échelle coordonné des interventions : la prévention, le traitement, les soins et le soutien la mise en place d’une équipe conjointe au niveau décentralisé dans les localités post-crise.
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