L’Abidjan, 10 aout 2008 -- La Banque mondiale, l’Alliance des Villes et le gouvernement de Norvège organisent depuis 2004 un concours international d’essais qui offre une opportunité aux jeunes du monde entier d’écrire sur des sujets de développement. Le concours 2008 avait pour thème « Comment façonner une ville à l’image de vos rêves ». Au nombre des meilleurs essais, celui de l’Ivoirien Hermann Hokou, étudiant en Maîtrise de Droit à l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO) à Abidjan en Côte d’Ivoire. Hokou se dit honoré d’avoir été sélectionné parmi les huit finalistes. Ici, il parle de son œuvre, « L’Abidjan de mes rêves ». Abidjan, une ville de couleurs, d’amis mais aussi de difficultés. Pour l’auteur, il faut faire preuve de solidarité vis-à-vis des autres pour espérer une vie meilleure et un développement harmonieux. 
| Le finaliste Hermann Hokou | De quoi parle votre essai et quels en sont les points saillants? J’y raconte mes rêves quotidiens et mes aspirations pour une ville que j’aime beaucoup. L’essai a pour titre « L’Abidjan de mes rêves ! », avec différentes parties. La première ‘La mégapole aux mille couleurs’ présente la ville et ses contrastes ; la deuxième ‘Tous les rêves ne sont pas des chimères’ propose des solutions et des idées concrètes comme l’exigeait le concours ; et enfin, la troisième partie ‘Quand nos rêves deviennent réalité’, évoque les activités de deux ONG auxquelles je suis affilié. Alors quel est cette Abidjan de vos rêves ? Abidjan est une grande ville qui peut être plus moderne parce qu’ayant d’énormes potentialités. Elle a l’avantage de sa jeunesse, sa situation géographique, ses plans d’eau, etc. Mais le préalable et qu’il faut travailler à améliorer les conditions de vie des populations en réduisant la pauvreté. Car il y a une frange importante de la population qui n’a pas le minimum pour vivre décemment. On a beaucoup de bidonvilles. Le chemin pour arriver à Abidjan de mes rêves, c’est également lutter contre l’analphabétisme, donner accès aux infrastructures sociales comme l’eau, l’assainissement et la santé. Je donne également des exemples d’actes concrets de solidarité que les uns et les autres peuvent poser pour améliorer le quotidien des habitants. Un exemple précis : des amis étudiants et moi donnons des cours d’alphabétisation gratuits aux enfants des bidonvilles. D’autres couches socioprofessionnelles pourraient faire pareil. Des infirmiers et médecins pourraient faire des consultations gratuites. Qu’est-ce qui a pu retenir l’attention du jury dans votre essai ? Je ne saurais le dire, mais je pense que c’est peut-être le mélange d’idéalisme et de pragmatisme. Mon texte regorge à la fois d’idées folles et d’activités concrètes promues et réalisées par des jeunes. 
| Le finaliste Hermann Hokou | Comment avez-vous été informé de la compétition ? C’était au Centre de Documentation de la Délégation de la Commission Européenne en Côte d’Ivoire, à Abidjan où je faisais des recherches. J’y étais depuis deux heures, quand au moment de partir que mon regard s’est posé sur une grande affiche en face de moi. Elle semblait avoir surgi du mur. C’était incroyable, mais j’avais par le passé déjà réfléchi au sujet du concours, en construisant dans ma tête une autre ville d’Abidjan. Et voilà qu’on me demandait comment façonner une ville à l’image de mes rêves ! Vous étiez à Cape Town en Afrique du Sud pour la finale de ce concours. Quelles ont été vos impressions et que retenez-vous de la compétition ? À Cape Town, nous étions huit finalistes. Le Premier Prix est revenu à Pal Saptarshi de l’Inde, le Deuxième Prix à Mengting Wang de la Chine et la troisième place à Maria Rodriguez de la Colombie. Les autres, dont moi-même, ont été 4è ex aequo. Ce sont Jonah Obajeun du Nigeria, Marsha Nugroho de l’Indonésie, Ashis Himali du Népal, Sarah Abreu du Brésil et moi-même. Même si je n’ai pas été distingué, ce fut pour moi une grande fierté d’avoir été retenu parmi les huit finalistes sur plus de 2000 participants. En outre, à l’occasion de cette finale, nous avons pu échanger avec plusieurs personnalités de la Banque mondiale et de diverses autres institutions sur des questions de développement. Ce fut une grande joie d’avoir été pendant quelques jours ambassadeur de mon pays. Je voudrais en remercier la Banque mondiale et tous les partenaires du concours. C’ est une initiative louable à perenniser. Cape Town a été pour moi un encouragement à continuer à écrire, mais surtout à continuer à œuvrer davantage pour réaliser l’Abidjan de mes rêves. 
| Les finalistes du concours | Des perspectives et des vœux à l’issu de ce concours ? Je souhaite que les initiatives des jeunes soient de plus en plus encouragées par les pouvoirs publics. Et que les activités telles que celles des centres culturels Comoé et Niéré dont je fais partie fassent tache d’huile, avec des jeunes qui donnent généreusement de leur temps pour apprendre à lire et à écrire à des enfants illettrés d’un bidonville d’Abidjan. La reconstruction post-crise de la Côte d’ Ivoire ne devrait pas se limiter à bâtir des édifices de verre et d’acier. Il faut également, et peut-être avant tout, bâtir de nouvelles valeurs comme l’entraide et la solidarité pour un développement harmonieux. Interview réalisée par Tongrongou Agouna Grace |