La Côte d’Ivoire s’engage à réduire le taux de pauvreté à 16% d’ici 2015

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  • En Côte d’Ivoire, la pauvreté a évolué de manière constante entre 1985 et 2008
  • Les pauvres éprouvent d’énormes difficultés à accéder aux services sociaux de base tels que la santé et l’éducation
  • La mise en œuvre du DSRP permettra de réduire le taux de pauvreté de plus de 30% d'ici 2015

ABIDJAN, 28 janvier 2009 — Dans un élan visant à réduire le taux de pauvreté en Côte d’Ivoire, le gouvernement a élaboré, en collaboration avec la Banque mondiale et d’autres partenaires au développement, un Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP).

Le document établit le cadre stratégique que l’Etat s’engage à adopter pour réduire le taux de pauvreté sur une période de six ans, allant de 48,9% en 2008 à 16,2% en 2015. Il prend en compte tous les aspects du développement et met en exergue les défis majeurs dans les secteurs suivants : (i) paix, sécurité et gouvernance ; (ii) création d’emplois, développement rural et de promotion du secteur privé ; et (iii) accès aux services sociaux de base.

Le DSRP a été présenté les 5 et 6 janvier 2009 à Grand-Bassam, dans la banlieue d’Abidjan, en présence des autorités gouvernementales, des partenaires au développement dont la Banque mondiale, et des représentants de différentes couches socioprofessionnelles et de la société civile.

Selon le gouvernement ivoirien, la mise en œuvre du DSRP coûtera 35,29 milliards de dollars américains (17.645.037 milliards de FCFA), soit 5,06 milliards de dollars (2518,55 milliards de FCFA) par an. L’élaboration du DSRP, dont la relance a eu lieu en décembre 2007 après une interruption due à la crise sociopolitique de septembre 2002, a adopté une approche participative, avec des consultations élargies dans les différentes régions du pays.

La pauvreté en Côte d’Ivoire

Le DSRP définit les populations pauvres comme celles ayant un revenu annuel de moins 480 dollars (241.145 FCFA), soit moins de 1,35 dollar (661 FCFA) par jour. Le ratio de pauvreté ainsi défini est de 48,4% chez les hommes et 49,5% chez les femmes ; et 62,45% des pauvres vivent en milieu rural, contre 29,45% en milieu urbain.

En Côte d’Ivoire, la pauvreté a évolué de 10% en 1985 à 48.9% en 2008. Entre autres conséquences, les populations éprouvent d’énormes difficultés à accéder aux services sociaux de base tels que la santé et l’éducation, indique le DSRP.

12% des pauvres n’ont pas accès à un centre de santé, 26% n’ont pas accès à un hôpital général, et 52% de ceux qui déclarent consulter un praticien traditionnel en premier en cas de maladie sont pauvres.

Pour ce qui est de l’éducation, 34% des enfants issus des ménages pauvres n’ont pas accès à l’école maternelle et primaire ; 26% n’ont pas accès à l’école secondaire ; et 46 % n’ont pas accès aux universités et grandes écoles.

«Cette situation est moralement et socialement insupportable, elle est humainement inacceptable et constitue un réel obstacle au développement économique », a estimé le ministre d’Etat, ministre du Plan et du Développement, Paul Antoine Bohoun Bouabré.

Afin de faire face aux nombreux défis, le DSRP a défini des axes stratégiques d’intervention dont : la consolidation de la paix, la sécurité des biens et des personnes ; la promotion de la bonne gouvernance ; l’assainissement du cadre macro-économique ; la création d’emplois et des richesses par le soutien au monde rural et au secteur privé ; l’amélioration de l’accès à des services sociaux de qualité.

Le DSRP, une étape importante sur la voie vers l’Initiative PPTE

Pour le Directeur des Opérations de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire, Madani M. Tall, le consensus national autour du DRSP indique «la volonté des Ivoiriens dans toute leur diversité de reprendre collectivement le rêve qui avait été interrompu en 2002 par la crise socio-politique qu’ils ont décidé de surmonter ».

La Banque mondiale, a-t-il par ailleurs indiqué, sera engagée aux côtés de la Côte d’Ivoire pour apporter des réponses aux priorités identifiées dans le DRSP afin d’améliorer les conditions de vie des populations.
Mettant en rapport le DSRP et l’Initiative pour les pays pauvres très endettés (PPTE), Tall a déclaré : « l’atteinte du point de décision devrait permettre à la Côte d’Ivoire de réduire le fardeau de la dette, et partant, d’affecter les ressources consacrées au paiement de la dette à la mise en œuvre de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté.»

Tableau 1 : Evolution de la pauvreté en Côte d’Ivoire

1985 1993 1995 1998 2002 2008
10% 32.3% 36.8% 33.6% 38.4% 48.9%

Tableau 2 : Répartition de la pauvreté par région

Régions 2002 2008
Nord (Korhogo) 40.30 77.32
Ouest (Man) 64.40 63.18
Centre Ouest (Daloa) 50.30 62.95
Nord Ouest (Odienné) 51.90 57.86
Centre Nord (Bouaké) 32.00 57.00
Centre (Yamoussoukro) 41.40 56.01
Nord Est (Bondoukou) 56.60 54.73
Centre Est (Abengourou) 44.90 53.69
Sud Ouest (San Pedro) 41.30 45.51
Sud (Abidjan) 30.30 44.63
Abidjan 14.90 21.02



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