Histoire Dernière mise à jour : Septembre 2007 
Au classement de l’Indice de développement humain (IDH) du PNUD, le Tchad figure parmi les dix pays les plus pauvres du monde (171 sur 177 en 2006). Le faible niveau de son revenu par habitant, qui est inférieur à 250 dollars EU par an, se reflète également dans les indicateurs de bien-être, qui frappent eux aussi par le niveau peu élevé auquel ils se situent dans leur ensemble (l’incidence de la pauvreté est de 55%). Plus de la moitié des Tchadiens de plus de 15 ans sont analphabètes, et le pays ne compte qu’un médecin pour 28170 habitants. De plus, trois personnes sur dix seulement ont accès à une source améliorée d’eau potable, 1% seulement de la population dispose de l’électricité, et il n’y a que 1100 kilomètres de routes revêtues sur un territoire deux fois plus grand que celui de la France. Des progrès mitigés ont été enregistrés dans la lutte contre la pauvreté extrême au Tchad. L’accès à l’éducation s’est accru, dépassant les objectifs fixés dans la SNRP, surtout pour les filles, mais les progrès ont été plus lents dans le secteur sanitaire. Si l’accès à l’eau potable et la couverture vaccinale se sont améliorés, les taux de mortalité infantile et juvénile sont restés relativement stables depuis les années 1990. En outre, la mortalité maternelle et la malnutrition des enfants ont augmenté. Même si des efforts ont été entrepris pour accroître le nombre de centres de santé, l’insuffisance de personnel formé et de moyens de fonctionnement demeure un obstacle majeur à l’amélioration des services et le coût des prestations constitue un frein à l’accès à ces services. Plus généralement, si les allocations budgétaires aux secteurs sociaux se sont accrues, de nombreuses institutions sont encore sous financées. Egalement, l’accès à la terre et à l’eau se fait lentement, ce qui pourrait entraver la croissance agricole dans de nombreuses régions du pays. Le bilan accumulé depuis 1994 par le Tchad sur le plan macroéconomique est dans l’ensemble satisfaisant : - Le taux de croissance annuelle de son PIB réel a été de 5,2% en moyenne entre 1994 et 2003. Il a même dépassé les 9% par an depuis 2001 sous l’effet des investissements dans le domaine pétrolier et de leurs retombées. En 2004, cette croissance a atteint même le niveau record de 30% du fait du démarrage de l'exportation du brut et l’on s’attend à ce qu’il s’établisse aux alentours de 30% en 2004 en raison des nouvelles exportations de pétrole. Cette croissance a ralenti, en s’inscrivant en moyenne à 5% en 2005-2006 du fait de la baisse de la production pétrolière et des difficultés de la filière cotonnière .
- La construction de l’oléoduc Tchad-Cameroun a pris fin avec un an d’avance sur le calendrier prévu. La production de pétrole a démarré en juillet 2003, et le Tchad a commencé à en tirer des revenus à la fin du mois de novembre 2003. Apres un pic de 200.000 barils en 2004, la production pétrolière a baissé rapidement à environ 150 000 barils par jour en raison d’un débit d’eau plus élevé que prévu. En revanche, les recettes de l’Etat tirées de la vente du pétrole ont été plus importantes qu’escomptées en 2006 et 2007 du fait de la très bonne tenue des cours internationaux .
- L’inflation, mesurée par la variation de l’indice des prix à la consommation, est restée ces dernières années à un niveau modéré. En effet, l’indice de prix à la consommation s’est établi à 8,1 % en moyenne annuelle en 2006, contre 7,9 % en 2005 à cause du maintien de la tendance haussière des prix des denrées alimentaires et, ce malgré les bonnes perspectives de la campagne agricole 2006/2007.
Le Tchad connaît cependant des problèmes de gestion financière récurrents depuis 2004 en dépit de l’apparition de la manne pétrolière. L’accord précédemment conclu avec le FMI au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) a expiré début 2004 sans qu’ait été achevée la revue du programme restante, ce qui a entraîné un report des appuis budgétaires des autres bailleurs de fonds. L’accord en cours, conclu le 25 février 2005 avec le FMI n’a pas encore permis une reprise des relations ni un seul décaissement au titre de la FRPC depuis lors. Entretemps, le Tchad a du modifier, en décembre 2005, le cadre contractuel conclu avec la Banque pour la gestion de ses revenus pétroliers en vue de faire face aux difficultés rencontrées dans les finances publiques. Le règlement du différend avec la Banque mondiale en juillet 2006 a permis la reprise des discussions en vu de remettre le programme appuyé par la FRCP sur les rails. Le gouvernement s’est aussi doté d’un plan d’action integré pour améliorer la gestion des finances publiques (PAMFIP). Ce plan a été élaboré en étroite collaboration avec la Banque mondiale, le FMI et d’autres partenaires au développement. Défis à venir La stratégie de réduction de la pauvreté du gouvernement reste pour le moment basée sur la SNRP approuvée en 2003. Les objectifs majeurs de cette stratégie sont les suivants: bonne gouvernance, croissance économique forte et durable, investissement dans le capital humain, amélioration des conditions de vie des groupes vulnérables, et réhabilitation et protection des écosystèmes. La stratégie tient compte des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). La révision de la SNRP est en cours et sera achevée vers la fin de l’année 2007. La révision tiendra compte des résultats de l’enquête sur les ménages et l’évaluation de la pauvreté réalisée en 2003, ainsi que des nouvelles perspectives de recettes pétrolières. Le principal défi est de veiller à l’utilisation rationnelle des recettes pétrolières escomptées pour assurer une politique économique soutenable en vue de réduire la pauvreté. Les recettes pétrolières offrent au Tchad une occasion unique de jeter les bases d’une croissance durable et d’une lutte soutenue contre la pauvreté, alors que la population attend ardemment des retombées immédiates. Les effets des interminables conflits inter-tchadiens et de la guerre au Darfour continuent de peser lourdement sur le développement économique et social du pays. En effet, le Tchad abrite 230 000 réfugiés de la région du Darfour au Soudan et 40 000 réfugiés de la République centrafricaine. Par ailleurs, les attaques des groupes rebelles se sont intensifiées depuis la fin 2005, et le maintien de la sécurité dans la zone Est du pays s’est avéré très difficile. Le nombre de déplacés à l’intérieur du pays a considérablement augmenté à plus de 150 000 personnes. Cependant, le gouvernement a conclu un accord avec le principal groupe rebelle en décembre 2006, et s’est engagé dans des discussions en Libye avec d’autres groupes armés d'opposition. Le Président Déby a donné son accord pour le déploiement combiné de la police et des forces armées fournie par l'Union Européenne (un agenda précis n'a pas été encore arrêté), et on espère que ceci aura un impact significatif dans la réduction de la violence. En attendant, les accords du 13 août 2007 avec les partis politiques d'opposition a également donné l'espoir pour un désamorçage des tensions sociales. La Stratégie d’aide-pays (CAS) établie par la Banque et approuvée pour le Tchad en décembre 2003 couvre la période des exercices 04 à 06. Elle se situe dans le droit fil de celle énoncée par le gouvernement dans son Document de stratégie nationale de réduction de la pauvreté (DSRP). Elle définit un certain nombre de défis qui se posent au Tchad pour son développement : Les faiblesses que le pays présente au plan institutionnel et en matière de gouvernance, que l’avènement de l’ère pétrolière n’a fait que renforcer. - Le fait que certains succès obtenus, notamment dans le secteur de l’éducation, sont réversibles a tout moment.
- L’impérieuse nécessité de développer l’activité du secteur privé dans les domaines autres que le pétrole, afin de diversifier les moteurs de la croissance.
- Le fait que le développement du capital humain et des possibilités d’emploi est essentiel pour assurer un meilleur partage des fruits de la croissance et réduire la vulnérabilité des pauvres.
Appui de la Banque mondiale au Tchad La Stratégie d'aide-pays (CAS) de la Banque mondiale s’attache à aider le Tchad à tirer le meilleur profit possible de ses nouveaux revenus pétroliers, ainsi que de ses ressources publiques, afin de réaliser les Objectifs de développement pour le millénaire. La CAS s’articule autour de deux grands axes : - Le premier consiste à renforcer la gouvernance, notamment au niveau des dispositifs institutionnels pour la gestion des ressources publiques, les prestations de services, la primauté du droit, et les principes de sauvegarde environnementale et sociale mis en jeu dans le contexte de l’exploitation pétrolière.
- Le second cherche à améliorer les possibilités économiques dans les domaines autres que le pétrole, tout en réduisant les facteurs de vulnérabilité affectant notamment les pauvres, en s’employant en partie à instaurer un cadre macroéconomique porteur et à atténuer les contraintes qui existent au niveau des infrastructures.
En attendant l’élaboration d’une nouvelle Stratégie d’aide-pays, il est prévu une révision de la stratégie actuelle à une date qui n’a pas encore été précisée. Au mois de septembre 2007, le portefeuille de la Banque mondiale comprenait dix (10) projets en cours, représentant des engagements de 301.8 millions de dollars EU. La ventilation de ces engagements s’établit ainsi : - 22% dans les secteurs sociaux
- 55% dans le domaine des transports et celui de l’énergie
- 19% pour l’agriculture et le développement local
- 03% pour la gouvernance et la gestion des finances publiques
Durant l’année 2 007, le Conseil de la Banque a approuvé le Projet d’appui au développement urbain (15 millions de dollars EU), le Projet d’appui au renforcement des capacités en matière de gestion des finances publiques (10 millions de dollars EU) et le Projet de transport et de facilitation du commerce de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (30 millions de dollars EU pour la partie tchadienne du projet). La Société Financière Internationale (IFC) la filiale du Groupe de la Banque mondiale qui finance les projets du secteur privé a directement a engagé 100 millions de dollars américains de ses propres ressources dans le projet Pétrolier Tchad-Cameron. En plus de cet apport direct, l’IFC a aussi mobilisé 100 millions de dollars américains dans le cadre de syndications en faveur du projet. Pour accompagner cet investissement, l’IFC a lancé un programme d’appui aux petites et moyennes entreprises dont le pilier est le Centre de Développement des Entreprises (CDE) domicilié à la Chambre de Commerce du Tchad. Ce centre est un modèle de partenariat réussi entre l’IFC, le Consortium pétrolier et la Chambre de Commerce du Tchad et vise trois objectifs essentiels : renforcer les capacités des entrepreneurs en matière de gestion d'entreprise, favoriser l’accès au financement auprès des institutions spécialisées dans ce domaine, et promouvoir les liens commerciaux entre les sociétés du Consortium pétrolier et leurs sous-traitants d'une part, et les opérateurs économiques tchadiens d'autre part. En plus du CDE, l’IFC soutient également la mise en place d’un Forum de Dialogue Etat-Secteur Privé (FODEP) en vue d’améliorer l’environnement des affaires pays et accroître le niveau des investissements privés au Tchad. Il existe beaucoup de synergies entre les programmes d’aide mis en place par le Groupe de la Banque et les initiatives des autres bailleurs de fonds (voir à cet égard le cadre axé sur les résultats qui est présenté à l’annexe 1 de la CAS), et notamment un processus d’étroite interaction et collaboration avec le Fonds monétaire international (FMI) au niveau du programme suivi par le pays dans le cadre de la facilité de réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC). Contacts Mme Mary Barton-Dock Directrice des Opérations Banque mondiale 1.792, No.186, Ekoudou-Bastos Yaoundé, Cameroon Tel. (237) 22-20-38-15/ 22-20-16-36 Fax: (237) 22-21-07-22 Email: mbarton@worldbank.org Geoffrey H. Bergen Représentant Résident Quartier Boloro, N’Djaména, Tchad Téléphone : (235) 252.33.60 Télécopie : (235) 252.44.84 Courriel : Gbergen@worldbank.org Mme Marie Francoise Marie-Nelly Coordonnatrice du Projet Pipeline Tchad Cameroun Tel. +1-202 473 6264 Fax: +1-202 473 5452 Email: mmarienelly@worldbank.org M. Gérard Kambou Économiste pays Téléphone : +1-202-473-2386 Télécopie : +1-202-473-8466 Courriel : Gkambou@worldbank.org Mme Katrina M. Sharkey Chargé des opérations Téléphone : +1-202-473-6288 Télécopie : +1-202-473-5452 Courriel : Ksharkey@worldbank.org Mme Nellie Sew Kwan Kan Assistante de programme pour le Tchad Téléphone : +1-202-473-4756 Télécopie : +1-202-473-5452 Courriel : Nsewkwankan@worldbank.org |