La stratégie d'aide-pays

Cadre conceptuel

La stratégie d’aide-pays (CAS) est le plus important des documents consacrés par la Banque mondiale à un pays donné. Elle est adaptée aux besoins et au contexte du pays et énonce les priorités de développement identifiées par le Groupe de la Banque mondiale, ainsi que le niveau et le type d’aide que celui-ci entend fournir sur une période de trois ans.

L’élaboration des CAS donne lieu à un processus participatif. Avant l’adoption de la stratégie, ses éléments clés font l’objet d’échanges de vues avec les instances gouvernementales et, pour assurer la participation la plus large possible, un processus de concertation avec le public est également mis sur pied, des forums sur l’internet étant utilisés pour cela dans beaucoup de pays.

 

La CAS n’en est pas pour autant un document négocié : elle fait ressortir toutes les différences qu’il peut y avoir entre le programme défini par le pays et la stratégie envisagée par la Banque. Un rapport d’avancement annuel est publié durant sa mise en œuvre.

 

 

Présentation de la stratégie d’aide-pays établie pour le Tchad (exercices 04-06)

 

La stratégie d’aide-pays (CAS) définie en faveur du Tchad pour la période couvrant les exercices 04 à 08 a pour objectif primordial d’aider le pays à tirer le meilleur profit possible de ses nouveaux revenus pétroliers (et, plus largement de ses ressources publiques) pour son développement, dans le cadre des efforts qu’il entreprend pour atteindre les Objectifs de développement pour le millénaire (a).

 

Elle comprend deux piliers majeurs :

  1. Renforcer la gouvernance, notamment au niveau des dispositifs institutionnels pour la gestion des ressources publiques et les prestations de services, la primauté du droit, et les principes de sauvegarde environnementale et sociale mis en jeu dans le contexte de l’exploitation pétrolière.
  2. Améliorer les possibilités économiques dans les domaines autres que le pétrole, tout en réduisant les facteurs de vulnérabilité affectant notamment les pauvres, en s’employant en partie à instaurer un cadre macroéconomique porteur et à atténuer les contraintes qui existent au niveau des infrastructures.

 

Ces deux piliers reflètent l’avantage comparatif de la Banque et sont totalement conformes au Cadre stratégique d’aide à l’Afrique ainsi qu’à la Stratégie d’aide à l’intégration régionale (a) (fichier PDF) établie par l’IDA pour la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).

 

La stratégie ainsi définie pour le Tchad spécifie l’aide sous forme de prêts et d’activités hors prêts que prévoit d’apporter le Groupe de la Banque mondiale au cours de la période couvrant ses exercices 04 à 06, y compris le programme de prêt établi comme scénario de référence pour l’IDA, qui se chiffre à quelque 128 millions de dollars EU pour la période de trois ans. Au moyen d'un cadre basé sur les résultats, elle détermine la façon dont les nouvelles activités de prêt et le portefeuille existant contribueront à assurer les réalisations envisagées. Il y a quatre séries d’améliorations tangibles auxquelles on s’attend à l'issue de la période couverte par la CAS :

 

  • Les ressources publiques, et en particulier les revenus pétroliers, seront gérées d’une manière transparente et responsable.
  • Les aspects essentiels de la primauté du droit seront renforcés.
  • Les producteurs seront en mesure d’assurer d’une manière plus rentable l’accès de leurs produits au marché, et le niveau de productivité du secteur agricole aura progressé.
  • Les infrastructures essentielles (routes revêtues, réseau électrique, services d’assainissement urbain, etc.) auront été améliorées. Les communautés et groupes vulnérables seront impliqués dans les initiatives de développement local, et la fourniture d’un nombre donné de services de base (santé, éducation, eau) sera améliorée.

 

Les apports de prêts correspondant au scénario de base seront subordonnés à la mise en œuvre satisfaisante du DSRP (a) (fichier PDF), aux mesures prises en matière de gouvernance et à la qualité du portefeuille de l’IDA. De sérieuses infractions au programme de gestion des revenus pétroliers en particulier déclencheraient l’application d’un scénario de prêt minimal. Par contre, des résultats supérieurs aux attentes en matière de gestion des dépenses donneraient lieu à l’application du scénario de prêt dit de l’hypothèse haute.

 

Pour obtenir des renseignements plus détaillés à cet égard, veuillez vous référer à la stratégie d'aide en faveur du Tchad pour les exercices 04-06 (a) (fichier PDF).

 

 

Stratégie d’aide à l’intégration régionale pour l’Afrique centrale, 2003-08

En plus de la Stratégie d’aide-pays (a) proprement dite, la Stratégie d’aide à l’intégration régionale pour l’Afrique centrale donne également lieu à un appui pour le Tchad. Cette stratégie régionale prévoit le financement par l’IDA de divers projets d’infrastructure et d’assistance technique sur la période allant de juillet 2003 à juin 2008, projets destinés à améliorer les liaisons commerciales et à renforcer l’intégration économique entre six pays d’Afrique centrale. La zone géographique ainsi couverte est désignée formellement sous le nom de Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et englobe, outre le Tchad, le Cameroun, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine et la République du Congo.

S’il est vrai que l’objectif ultime consistant à réduire la pauvreté relève principalement des pays concernés pour sa réalisation, la stratégie suivie à ce niveau par la Banque part du principe selon lequel l’intégration régionale peut contribuer de deux façons à atteindre ce même objectif :

d’une part, en renforçant les liens entre les pays enclavés à plus faible revenu et leurs voisins plus prospères qui ont une façade littorale ;

 

d’autre part, en contribuant à jeter les bases d’une croissance économique plus rapide. 

Les mesures envisagées au titre de cette stratégie consistent notamment à construire de nouvelles routes et à améliorer les axes existants, à moderniser et intégrer le secteur financier, et à réduire les délais de transaction au niveau des ports et des douanes. Le mouvement des marchandises, des personnes et des capitaux s’en trouvera facilité, et les coûts de transaction réduits.

Une stratégie d’aide régionale présente toutefois des risques inhérents, au premier rang desquels figure la possibilité que des tensions politiques dégénèrent et aboutissent à des troubles civils internes ou à un conflit entre pays. Pour plus de renseignements, veuillez vous reporter à la Stratégie d’aide à l’intégration régionale pour l’Afrique centrale (a) (fichier PDF).

 

(a) indique une page en anglais

 




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