| Histoire | Dernière mise à jour: avril 2006 |
Ancienne colonie française, les Comores sont devenues indépendantes en 1975. Ce petit archipel de l’Océan Indien est composé de trois îles: Anjouan, Grande Comore et Moheli. Une quatrième île de l’archipel, Mayotte, est restée sous souveraineté française. Pendant plusieurs années, la situation des Comores a été marquée par la pauvreté, la malgouvernance, et l’extrême instabilité politique auxquelles se sont ajoutés de nombreux coups d’Etat et tentatives de coups d’Etat. Cette situation a affecté la légitimité et la responsabilité de l’Etat, empêchant l’émergence d’institutions publiques efficaces.
Situation politique En 1997, une tentative de sécession de l’île d’Anjouan a ouvert la voie à une instabilité politique. En février 2001 la signature d’un accord de réconciliation amena un espoir de retour à la stabilité et à la reprise de la croissance économique. Cet accord appelait à la réintégration d’Anjouan dans l’Union. Les efforts de réconciliation n’ont malheureusement pas produit les résultats escomptés. Malgré l’adoption d’une nouvelle Constitution lors d’un référendum organisé en décembre 2001 et l’élection de présidents pour l’Union et les trois îles au début de l’année 2002, le processus politique s’est bloqué. Les élections législatives furent reportées et de profonds désaccords s’ensuivirent entre les partis des trois îles et l’Union au sujet du partage du pouvoir et des ressources financières. Un rebondissement encourageant s’est toutefois produit le 20 décembre 2003. Sous les auspices du Président Thabo Mbeki de l’Afrique du Sud, et avec l’implication des Premiers Ministres malgache et mauricien, ainsi que du Ministre français de la Coopération, le Président de l’Union et les trois présidents des îles signèrent un accord pour mettre fin à la crise institutionnelle. L’accord définit des mesures transitoires pour la répartition des compétences entre l’Union et les îles, en particulier pour l’administration douanière et l’exécution budgétaire et prévoit le renforcement des principales institutions. Depuis la signature de l’accord de réconciliation, les Comores ont enregistré des progrès dans la mise en place d’une structure institutionnelle représentative et d’un environnement politique plus stable, dont notamment: la tenue d’élections parlementaires (avril), l’installation de l’Assemblée Nationale (juin) et de la Court Constitutionnelle (octobre) et la formation d’un nouveau gouvernement d’union (juillet). Au début de l’année 2005, un accord a été conclu sur la répartition des compétences et le partage des revenus entre l’Union et les Îles. Cet accord a conduit à l’adoption d’un budget consolidé pour l’année 2005 et la reprise du programme suivi par les services du FMI (SMP). Sur une note prometteuse, les élections présidentielles sont prévues pour mai 2006. Jusqu’à présent la situation est stable et l’on espère que les élections pourront se dérouler selon le calendrier établi. Les prochaines élections devraient permettre à Anjouan d’assurer la présidence de l’Union. Contexte économique Les conflits politiques ont entravé la mise en œuvre des politiques économiques et ont érodé la confiance des investisseurs. Le PIB réel, 0,37 milliards de dollars EU en 2004, a stagné pendant des années et le PIB réel par habitant a chuté de 0,5% de 1994 à 2004. En 2004, la part du secteur primaire était d’environ 41% du PIB, alors que le secteur des services représentait environ 47% du PIB (dont la moitié correspondait aux services de l’État). Les recettes en devises proviennent des exportations des clous de girofle, de la vanille, des essences de parfum (Ylang-Ylang) et des importants envois de fonds de la diaspora comorienne. Avec un rapport dette/PIB d’environ 70%, la situation de la dette des Comores est insoutenable. Le pays a déjà d’importants arriérés auprès de la Banque africaine de développement et sera confronté à une augmentation significative de ses remboursements de dettes auprès de l’IDA dans les cinq prochaines années, à mesure que la période de grâce des sept projets IDA tirera à sa fin. Les autorités comoriennes avaient requis l'aide du PPTE pour alléger leur dette. Cependant, les antécédents des Comores en termes de programme suivi par les services du FMI (SMP) ne permettent de conclure un accord au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC), un préalable à l'aide aux Comores au titre de l'initiative PPTE. Cette année, le SMP s'est déroulé jusqu'ici comme prévu, ce qui permet d'espérer qu'une fois les élections terminées, le pays pourra commencer les préparatifs pour un allègement de la dette. . Des résultats de l’enquête sur les ménages de 2004 tendent à montrer que la situation de la pauvreté s’est légèrement améliorée entre 1995 et 2004, surtout à Anjouan et Moheli. La proportion des ménages vivant sous le seuil de pauvreté en 2004 était d’environ 37% pour tout le pays (47% en 1995), 35% pour la Grande Comore (34% en 1995), 38% pour Anjouan (61% en 1995) et 38% à Moheli (56% en 1995). Profile du développement /Coordination des donateurs Dans le contexte comorien d’instabilité institutionnelle et de volatilité politique, les bailleurs de fonds ont renforcé leur coopération et leur coordination. Ils considèrent le climat actuel de gouvernance comme le plus gros obstacle au développement des Comores. A cause de la situation qui prévaut et de la crise de dette imminente, les bailleurs de fonds ont décidé de limiter leurs opérations de prêts autant que possible pour mettre l’accent sur l’aide sous forme de subventions et exploiter systématiquement les synergies entre leurs programmes respectifs. Dans le but de soutenir le processus de réconciliation, la communauté des bailleurs de fonds a mis en place un Fond fiduciaire multi-donateur (FFMD) géré par le PNUD. Depuis le 1er janvier 2005, l’Union africaine, l’Union européenne, la France, l’Allemagne, l’Organisation internationale de la Francophonie, la Ligue des États arabes et l’Île Maurice ont apporté une contribution de l’ordre de 3,3 millions de dollars EU au FFMD. Sur une note positive, le Gouvernement comorien a finalisé le document intérimaire de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP-I) en octobre 2005. Le processus du DRSP-I a été lancé en mars 2002 avec l’assistance de la Banque mondiale, du FMI et du Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD). L’avant-projet initial du DRSP a été achevé en juillet 2002, mais n’a pas été validé à cause de l’environnement politique incertain. Le récent dynamisme sur le front politique et la prolongation du SMP jusqu’en juin 2006 ont permis aux bailleurs de fonds internationaux d’aider à la finalisation du Plan d’Action du DSRP actualisé. Une Evaluation conjointe des experts (ECE) du DSRP intérimaire a eu lieu en décembre 2005 et le rapport d’évaluation conjointe devrait être présenté à la Commission en mai 2006. Rôle de la Banque mondiale Le document de stratégie actualisé de la Banque qui a été présenté à la Conseil d’administration en mars 2004 a deux objectifs principaux pour une période de 18 à 24 mois : (i) maintenir les services sociaux de base ; et (ii) appuyer le processus de réconciliation et faciliter la transition vers une structure institutionnelle viable. En vue de soutenir cette stratégie, la Banque appuie la prestation des services sociaux de base à travers sa seule opération de prêt dans le pays, un Projet de soutien aux services globaux (effectif le 29 septembre 2004). Cette opération communautaire permet à la frange la plus pauvre de la société comorienne de continuer à bénéficier de services de base. Elle permet également de satisfaire les besoins les plus urgents dans le secteur de la santé et de l’eau. Le projet reflète l’approche de la Banque aux Comores, fondée sur la participation des communautés à la fourniture de services, une approche qui a démontré son efficacité en termes de développement du pays. Dans le cadre de la réalisation de son deuxième objectif, consistant à faciliter la réconciliation et la transition vers une structure institutionnelle viable, la Banque participe à un effort destiné à assurer le fonctionnement des principales institutions publiques. L’assistance de la Banque comprend aussi plusieurs subventions IDF, LICUS et PCF, et vise à (i) renforcer les capacités institutionnelles en matière de préparation et d’exécution du budget; (ii) harmoniser les procédures douanières ; (iii) harmoniser les nomenclatures et pratiques budgétaires à tous les niveaux du gouvernement; et (iv) mettre en place un programme de réinsertion des milicien(ne)s. La Banque se prépare à mettre à jour son document stratégique pour les deux ans à venir. Les objectifs stratégiques du document existant sont toujours valables, et de nombreuses avancées ont été enregistrées dans le processus de réconciliation nationale. Avec le retour progressif de la stabilité, la Banque appuiera les efforts de mise en œuvre du DSRP-I. La Banque envisage d’apporter une aide supplémentaire à la fourniture de services sociaux communautaires et de renforcer la gestion des affaires du secteur public au titre du financement IDA octroyé aux Comores. La Société financière internationale (SFI) n’a pas encore fait d’investissement aux Comores. Les Comores n’ont pas encore rejoint l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA). Comme les années précédentes, l’Institut de la Banque mondiale (IBM) n’a pas été active aux Comores. Contacts M. Colin Bruce Directeur des opérations Hill Park Building, Upper Hill Nairobi, Kenya Tél (254-20) 3226-441 Fax (254-20) 3226 382 | M. Javier Suarez Économiste 1818 H Street NW Washington DC 20433 Tél (202) 458-2630 | M. Harold Bedoya Chargé de programme senior 1818 H Street NW Washington DC 20433 Tél (202) 473-8733 Fax (202) 473-5453 |
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