Fiche-pays

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Comoros: Fiche-pays

L’Union des Comores est un petit archipel de 734 750 habitants (chiffres de 2010), couvrant un territoire de quelque 1 800 km2. Environ 52 % de la population vit dans l’île la plus vaste, la Grande Comore (Ngazidja) où se trouve Moroni, la capitale et le siège du gouvernement de l’Union. L’île d’Anjouan (Nzwani), deuxième en importance, abrite 42 % de la population et la plus petite île, Mohéli (Mwali), 6 % — une quatrième île, Mayotte (Maoré), a voté contre l’indépendance vis-à-vis de la France lors du référendum organisé sur l’ensemble de l’archipel en 1974. Les Comores ont une forte densité de population, avec environ 390 habitants au km2. Le taux d’accroissement démographique est estimé à 2,4 %, et 53 % de la population serait âgée de moins de 20 ans.

Avec un produit intérieur brut (PIB) estimé à 540 millions de dollars en 2010, le revenu national brut par habitant tourne autour de 750 dollars. Près de 45 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, mais l’incidence de la pauvreté varie considérablement d’une île à une autre : elle est généralement plus élevée dans les zones rurales et à Anjouan. En 2011, les Comores se situaient au 163e rang (sur 187) du classement de l’indice de développement humain des Nations Unies.

L’Union des Comores est un État fragile avec une longue histoire d’instabilité politique et institutionnelle. Le pays a connu pas moins de 21 coups d’État ou tentatives de coup d’État depuis qu’il a déclaré son indépendance vis-à-vis de la France en juillet 1975. À la suite de la signature, en 2001, d’un accord de réconciliation à Fomboni (la capitale de Mohéli), une nouvelle Constitution a été adoptée en décembre 2001, portant création de l’Union des Comores et accordant une autonomie considérable à chacune des trois îles. Si ces avancées ont permis l’établissement d’une structure institutionnelle plus représentative et d’un environnement politique plus stable, l’organisation administrative qui en a résulté s’est révélée pesante et coûteuse. Après une période d’incertitude en 2010, provoquée par la volonté du président Sambi de prolonger son mandat au-delà des limites constitutionnelles, les principaux partis politiques comoriens se sont accordés sur la gestion d’une période intérimaire. Le scrutin présidentiel et les élections des gouverneurs qui ont eu lieu à la fin de l’année 2010 ont été jugés libres et équitables. Pour la deuxième fois seulement de l’histoire du pays, le transfert du pouvoir s’est effectué sans heurt, avec la prise de fonctions du président élu Ikililou Dhoinine le 26 mai 2011. Cette élection marque une rupture avec le cercle vicieux de l’instabilité.

Économie

L’économie comorienne se caractérise par des ressources naturelles limitées, un marché intérieur restreint, de faibles capacités institutionnelles et une base d’exportations étroite, ce qui la rend particulièrement vulnérable aux chocs extérieurs. L’économie repose sur le secteur primaire et les services de détail, qui représentent respectivement environ 51 et 18 % du PIB. Le secteur primaire est tourné vers la production de trois cultures de grande valeur commerciale — la vanille, les clous de girofle et l’ylang-ylang — qui procurent au pays l’essentiel de ses revenus d’exportation (autour de 95 %). La production vivrière, principalement les bananes, le coprah et les tubercules, ainsi que la pêche destinée à la consommation locale restent sous-développées.

Depuis quelques années, l’économie comorienne amorce un redressement, dû principalement aux niveaux élevés des envois de fonds des migrants, à l’accroissement de l’aide extérieure et à l’amélioration de l’intermédiation financière et de l’offre de crédit au secteur privé. Estimé à 2,2 % pour 2011, le taux de croissance du PIB en volume est en hausse par rapport à la moyenne de 1,4 % enregistrée sur la période 2008-2009. Ce niveau demeure toutefois insuffisant pour réaliser une avancée tangible en termes de réduction de la pauvreté, compte tenu de la croissance démographique rapide observée concomitamment. Le niveau soutenu des prix pétroliers et alimentaires sur les marchés internationaux continue de pénaliser une économie fortement tributaire des importations. Dans l’avenir, la capacité des Comores à soutenir la croissance dépendra de leur faculté à capitaliser sur un certain nombre de grands projets d’investissement direct étranger, notamment dans le secteur du tourisme, et d’orienter les ressources provenant de l’allégement de leur dette vers des investissements dans le renforcement du capital humain et physique en appui à la croissance.

Défis de développement

Les crises politiques à répétition ainsi que l’état de fragilité de l’économie, des institutions et de l’environnement continuent de saper le potentiel de développement des Comores. Les chocs économiques, les déséquilibres microéconomiques et la charge de la dette ont aussi un impact négatif sur la croissance et la réduction de la pauvreté. Dans le cadre de l’Initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE), les Administrateurs de la Banque mondiale ont examiné, le 29 juin 2010, un Document relatif au point de décision élaboré par les équipes de la Banque et du Fonds monétaire international (FMI), et conclu que l’Union des Comores remplissait les critères pour bénéficier d’une aide. Cette évaluation constitue un pas vers l’effacement de l’essentiel de la dette extérieure du pays et pourrait conduire à l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE dès la fin de l’année 2012.

L’effacement de la dette, conjugué à des réformes du secteur public plus vigoureuses, notamment dans les domaines de la gestion budgétaire et de la gouvernance, devrait améliorer les perspectives de croissance économique et de réduction de la pauvreté aux Comores.

La pauvreté reste généralisée aux Comores. Selon les dernières statistiques de 2004, environ 45 % de la population (ou 37 % des ménages) vivait en dessous du seuil de pauvreté d’environ 700 dollars par habitant et par an. L’incidence de la pauvreté varie cependant d’une île à l’autre. La pauvreté est plus élevée dans les zones rurales (environ 41 %) où vivent les deux tiers de la population, alors que dans les zones urbaines, elle n’est que de 27 %.

Des progrès notables ont été enregistrés dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Les Comores sont en voie de réaliser les objectifs relatifs à l’éducation primaire universelle (OMD 2) et au VIH/sida (OMD 6) et ont fait des progrès en matière de pauvreté (OMD 1) et d’accès à l’eau (OMD 7). Le pays a également obtenu des résultats sur le front de la mortalité infantile (OMD 4) et de la santé maternelle (OMD 5), qui suscitent pourtant de graves problèmes dans de nombreux autres pays. Mais l’un des objectifs les plus difficiles à atteindre, surtout en raison de la crise des prix alimentaires, sera de réduire de moitié la part de la population qui souffre de la faim.

Les Comores ont finalisé en 2009 leur Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP). Ce document, élaboré à l’issue d’un large processus participatif, est centré autour de trois objectifs principaux : une croissance économique soutenue, le renforcement du capital humain et l’amélioration de la gouvernance et de la stabilité politique. Le DSRP a été avalisé par le Conseil des Administrateurs de la Banque mondiale le 8 avril 2010. La réalisation de ses objectifs demandera des efforts résolus pour améliorer la gestion des finances publiques et poursuivre la coopération entre l’Union et les îles. Elle exigera également une hausse de l’aide financière internationale, tant sous la forme d’un appui immédiat pour financer les besoins urgents des services sociaux, de l’investissement public et de l’aide technique, qu’à travers un allégement global de la dette.

La nouvelle note de stratégie intérimaire de la Banque, présentée au Conseil en mai 2010, se concentre sur deux objectifs : réduire la vulnérabilité sociale et renforcer les capacités et la responsabilisation de l’État.

La Banque mondiale soutient la réalisation du premier objectif à travers un projet d’urgence en réponse aux crises, financé par l’Association internationale de développement (IDA) à hauteur de 5,6 millions de dollars et destiné à apporter un filet de protection sociale aux segments de la population touchés par la crise économique mondiale et à leur assurer l’accès aux services économiques et sociaux de base. Le projet d’appui au secteur des pêches dans le sud-ouest de l’océan Indien continuera de soutenir l’activité et la viabilité écologique. Enfin, un projet de cogestion des ressources côtières pour promouvoir des moyens d’existence durables aidera les communautés de pêcheurs à optimiser l’utilisation des ressources et la gestion des pêcheries.

Afin de contribuer à la réalisation du second objectif, les Administrateurs de la Banque ont approuvé en mai 2010 une opération à l’appui des politiques de développement de 3 millions de dollars destinée à apporter un soutien budgétaire direct au gouvernement pour l’adoption de réformes clés dans les secteurs de la gestion des finances publiques et de l’efficacité et de la responsabilisation du secteur public. Cet appui s’accompagne d’un don d’assistance technique, approuvé en janvier 2011 et portant sur la gestion des finances publiques et la réforme des administrations publiques. Toutes ces opérations visent avant tout l’atteinte des seuils de déclenchement du point d’achèvement de l’initiative PPTE d’ici à 2012-2013 (les Comores étant parvenues au point de décision en juillet 2010).

Depuis 2011, la Banque mondiale s’efforce de combler le déficit de connaissances du pays, à travers deux études sur l’économie politique (réformes de la fonction publique et réformes du secteur de l’énergie) — en plus de l’élaboration de notes sectorielles, conjointement avec les autorités comoriennes, sur l’énergie, les télécommunications, l’agriculture, le tourisme, la pêche, le transport, la connectivité et les sources intermédiaires de croissance. Avec la Banque africaine de développement (BAD), la Banque mondiale prévoit de mener une revue des dépenses publiques axée sur l’investissement. Elle apporte également une assistance technique pour améliorer la gestion de la dette et intégrer la gestion du risque de catastrophes dans les politiques nationales. Enfin, elle appuie le développement de la réforme du secteur de l’énergie ainsi que la Feuille de route stratégique pour le secteur des télécommunications.

À travers son assistance technique au projet d’appui à la gouvernance économique, la Banque mondiale a contribué aux réformes récentes de la gestion des finances publiques et au renforcement des services de l’État. Cela a permis de finaliser le recensement des fonctionnaires et d’engager plusieurs réformes sur la gestion des finances publiques (dont la réorganisation du Trésor). La Banque mondiale poursuit son appui au projet de développement communautaire qui vise à réduire la pauvreté en milieu rural par le biais de programmes « argent contre travail » et de développement local. Cette aide a permis de monter des interventions importantes auprès des populations défavorisées et des groupes vulnérables, notamment les femmes et les jeunes. Elle a également contribué à l’élargissement de l’accès à l’éducation de base et permis aux habitants des Comores de s’impliquer dans le processus de développement local.

Engagée auprès des pouvoirs publics et de la population, ainsi que d’autres partenaires du développement, la Banque mondiale s’attache également à favoriser le partage des connaissances et le dialogue sur des questions cruciales telles que l’allégement de la dette, les réformes du secteur public et le changement climatique, dans le but de permettre au pays de jeter les bases de son développement durable.

Dans un environnement caractérisé par des capacités extrêmement limitées, la coordination des bailleurs de fonds est fondamentale pour minimiser les transactions au niveau du gouvernement comorien et optimiser les résultats du développement.

Afin de parvenir à mettre en place un mécanisme de développement communautaire ou local intégré, le projet de soutien au secteur des services œuvre en étroite coordination avec la Commission européenne à la promotion du dialogue sur la décentralisation, au renforcement de la démocratie et de la bonne gouvernance et à l’appui d’initiatives de développement locales. L’Agence française de développement (AFD) et la Banque mondiale contribuent en outre au renforcement des capacités de communautés visées par de petits projets financés par l’AFD dans le secteur de l’eau.

En ce qui concerne le programme de réformes du secteur public et de la gouvernance, la Banque mondiale travaille en étroite collaboration avec la Commission européenne, la France, le FMI et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ainsi qu’avec la BAD. Le FMI assure le contrôle du cadre macroéconomique, notamment sur le plan de l’analyse du degré d’endettement tolérable et des solutions envisageables pour alléger la dette.

La décision du FMI de renouer sa coopération avec les Comores après la conclusion en 2009 d’un accord triennal de facilité élargie de crédit a donné le signal d’un engagement renouvelé des partenaires de développement, en particulier de l’Union européenne, de la BAD, mais aussi, de plus en plus, de bailleurs de fonds « non traditionnels » comme la Chine et les États du Golfe.

Dernière mise à jour en novembre 2012




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