Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP)
Cadre conceptuel
Le Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP) décrit les politiques et programmes qu’un pays entend mettre en œuvre sur le plan macroéconomique, structurel et social afin de promouvoir la croissance et de réduire la pauvreté, ainsi que les besoins de financement extérieur. Il est élaboré par les responsables du pays en faisant appel à un processus participatif auquel prennent part la société civile et les partenaires de développement, dont la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI).
Les Documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté constituent la base des apports d’aide de la Banque mondiale et du FMI, ainsi que des allégements de dette consentis au titre de l’Initiative PPTE (Initiative en faveur des pays pauvres très endettés). Ils sont censés être pilotés par les pays eux-mêmes, exhaustifs, axés sur le partenariat et participatifs. Les pays n’ont à établir un DSRP qu’une fois tous les trois ans, mais ils peuvent en modifier le contenu au moyen d’un rapport de mise en œuvre annuel.
DSRP intérimaire pour la République démocratique du Congo, 2002-2005
Après une longue période marquée par la mauvaise gestion de l’économie, la guerre civile et d’autres troubles internes, les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) se sont résolues à réunifier le pays. Le Document intérimaire de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP intérimaire), présenté en mai 2002, est l’expression de la volonté du Gouvernement congolais d’associer l’ensemble de la population ainsi que les partenaires locaux et étrangers à ce processus de rétablissement de la paix d’une manière participative et durable. En dépit d’un manque de statistiques sur la pauvreté, le document s’est appuyé sur les sources d’information disponibles pour définir les causes de la pauvreté et faire apparaître les différences de niveau des principaux indicateurs de pauvreté d’une période à une autre, d’une région à une autre, ainsi qu’entre les zones urbaines et rurales, et entre les hommes et les femmes.
Trois grands piliers stratégiques sont définis dans le DSRP intérimaire :
- Restauration de la paix et d’une bonne gouvernance ;
- Stabilisation macroéconomique et croissance favorable aux pauvres ;
- Mesures propres à encourager la dynamique communautaire.
Le document définit également des actions spécifiques devant être entreprises sur une période de trois ans. La stratégie ainsi présentée comprend trois phases : (i) stabilisation (2001-02) ; transition et de reconstruction (2002-05), phase consacrée à la mise en place des mesures et réformes préalables à l’effort de lutte contre la pauvreté, et (iii) croissance (à partir de 2005), phase durant laquelle une réduction durable de la pauvreté deviendra possible.
La stratégie comprend en outre un ensemble de mécanismes de suivi et d’évaluation participatifs afin de mesurer les progrès réalisés. La mise en œuvre de ce document intérimaire a ainsi permis à la RDC d’atteindre le point de décision de l’initiative PPTE en juillet 2003.
Ressources à télécharger
Document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté (DSCRP I), 2006-2010
Le DSCRP a été finalisé et approuvé par le gouvernement en juillet 2006, puis transmis aux institutions de Bretton Woods. Il a été présenté aux Conseils d’administration de la Banque mondiale et du Fond monétaire international, respectivement en mars et en avril 2007, avec la note conjointe de ces deux institutions (Joint Staff Advisory Note). Ceci a été fait dès que le gouvernement issu des élections de 2006 ait été mis en place pour confirmer l’engagement de celui-ci envers la stratégie nationale décrite dans le document.
Le DSCRP I a couvert la période 2006-2008, puis a été « glissé » par un Programme d’Actions Prioritaires (PAP, 2009-2010) afin d’en opérationnaliser les objectifs.
La vision sur laquelle ce DSCRP s’est appuyée était une vision claire et partagée d’un développement à long-terme (vision 26/25) de la RDC, qui a émergé des consultations participatives organisées sur l’ensemble du territoire national en 2005. cette vision est fondée sur une « Société d’espoir », capable de hisser la RDC au niveau de développement humain des pays à revenu intermédiaire et de converger vers les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).
C’est le rêve d’un pays bâti sur des valeurs cardinales et d’orientations fondamentales ci-après : (i) une République Démocratique du Congo vivant en paix avec elle-même dans un Etat de droit retrouvé , (ii) un contexte sous régional pacifié et favorable à l’intégration économique, (iii) une pauvreté en voie d’éradication , (iv) une unité nationale et une intégrité territoriale consolidées, (v) une population ayant accès aux services sociaux de base, (vi) une jeunesse bénéficiant d’un niveau d’éducation de qualité et de l’emploi, (vii) un secteur agricole dynamique, diversifié et moderne, (viii) une économie industrialisée, compétitive et pleinement intégrée dans les dynamiques d’échanges régionales et mondiales, (ix)une croissance démographique maîtrisée, et (x) des institutions fondées sur une gestion transparente et décentralisée des provinces et des ressources.
Les 5 piliers retenus, basés sur la vision 26/25, étaient :
- Consolider la paix et promouvoir la bonne gouvernance ;
- Consolider la stabilité macroéconomique et la croissance ;
- Améliorer l’accès aux services sociaux et réduire la vulnérabilité ;
- Lutter contre le VIH/Sida ;
- Appuyer la dynamique communautaire.
La revue de la mise en œuvre du DSCRP effectuée en mars 2010, jugée satisfaisante, a permis au pays d’atteindre en juin de la même année le Point d’achèvement de l’initiative PPTE, avec une annulation de la dette de près de 13 milliards de dollars US.
DSCRP II, 2011-2015
La seconde phase du DSCRP (ou DSCRP II) a été entamée dans la foulée de l’atteinte du Point d’achèvement de l’Initiative PPTE. Le gouvernement a manifesté en effet sa volonté de quitter une logique d’urgence (sur laquelle le DSCRP I est fondé) pour une phase de croissance et de développement. En attendant la préparation d’une nouvelle vision à long terme sur la base du bilan de 50 années d’existence comme Etat indépendant, cette stratégie se fonde sur une vision d’une « Société d’espoir », capable de hisser la RDC au niveau de développement humain des pays à revenu intermédiaire et de converger vers les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Elle s’appuie sur trois grandes lignes directrices pour le développement du pays : (i) un pays en paix, sécurisé et ayant adopté les pratiques d’une gestion des affaires publiques moderne et efficace ; (ii) une économie diversifiée, assise sur des infrastructures performantes, créatrice d’emplois, conduite par un secteur privé dynamique et occupant une position sur le continent africain à la mesure de son potentiel de croissance et (iii) une société gouvernée par des valeurs de solidarité et d’innovation, offrant aux populations un accès aux services de base généralisé et équitable sur l’ensemble du territoire et au sein de laquelle la pauvreté et la vulnérabilité sont en déclin rapide sous le double effet d’une croissance accélérée et de programmes sociaux ciblés.
Pour assurer une stabilité durable et soutenir une croissance forte, la présente stratégie, portée à un horizon temporel de cinq ans, repose sur quatre (4) piliers comportant chacun des axes stratégiques clairs et des actions prioritaires pour leur mise en œuvre :
- Renforcer la gouvernance et la paix ;
- Diversifier l’économie, accélérer la croissance et promouvoir l’emploi ;
- Améliorer l’accès aux services sociaux de base et renforcer le capital humain ;
- Protéger l’environnement et lutter contre les changements climatiques.