Kinshasa double sa capacité de distribution de l’eau potable

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  • Kinshasa, mĂ©galopole de 8 millions d'habitants, souffre d'un dĂ©ficit gĂ©nĂ©ralisĂ© d’eau potable
  • Le Programme Multisectoriel d’Urgence de RĂ©habilitation et de Reconstruction financĂ© par la Banque mondiale a permis de rĂ©habiliter les infrastructures de la Regideso, la compagnie qui dessert la ville en eau
  • La Regideso a pu ainsi doubler capacitĂ© de distribution de l’eau potable, rĂ©sultats encourageants qui pourraient conduire Ă  une extension du projet

KINSHASA, 25 fĂ©vrier 2010--L’an 2009 aura Ă©tĂ© une annĂ©e faste pour la Regideso (RĂ©gie de Distribution de l’Eau) qui vient de voir sa capacitĂ© de distribution de l’eau potable doublĂ©e Ă  la suite des travaux exĂ©cutĂ©s sur son usine de Ndjili, Ă  Kinshasa, dans le cadre du programme PMURR (Programme Multisectoriel d’Urgence de RĂ©habilitation et de Reconstruction), un projet de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo financĂ© par la Banque mondiale. Les travaux ont durĂ© quatre ans dans l’ensemble et coĂ»tĂ© près de 51 millions d’euros.  

Pour les 8 millions d’habitants de la ville de Kinshasa, c’est Ă©videment le grand soulagement. L’accessibilitĂ© Ă  l’eau potable est l’une des prĂ©occupations majeures dans cette mĂ©gapole qui n’arrĂŞte pas de recevoir de nouveaux habitants. Donc de nouveaux consommateurs d’eau potable. Le gouvernement congolais en a fait Ă©galement l’une de ses prioritĂ©s dans le programme des cinq chantiers de la RĂ©publique. 

 L’usine de Ndjili est la plus grande pourvoyeuse d’eau de la ville de Kinshasa. Elle fournit près de 65% de l’eau potable consommĂ©e dans la capitale de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo. C’est loin d’être suffisant. Il se pose un problème non seulement d’obsolescence des infrastructures de production mais aussi celui de la construction de nouvelles infrastructures. Tshama Mavua, l’ingĂ©nieur chargĂ© du contrĂ´le et de la vĂ©rification des projets Ă  la Regideso, explique : « La ville de Kinshasa connaissait un dĂ©ficit gĂ©nĂ©ralisĂ© d’eau potable. Le projet PMURR a permis Ă  la Regideso, non seulement d’augmenter la capacitĂ© de production de l’eau potable passant d’une capacitĂ© de 220 000 m3/jour Ă  330 000 m3/jour mais aussi de rĂ©tablir la desserte en eau potable dans 22 communes de la zone d’influence de l’usine de Ndjili sur les 24 communes de la ville de Kinshasa. Ainsi vont notamment bĂ©nĂ©ficier des rĂ©sultats des travaux sur l’usine de Ndjili,  les communes de Gombe, Kinshasa, Lingwala, Limete, Kalamu, Kasavubu, Bumbu, Ngiri-Ngiri, Selembao, Kintambo, Bandalungwa, Matete, Lemba, Ngaba, Makala et Mont-Ngafula ainsi que celles de Masina, Ndjili et Kimbaseke dont certains quartier manquaient totalement d’eau potable Â».  

Les travaux consistaient principalement en la rĂ©alisation d’un nouveau dĂ©versoir dans la rivière Ndjili en aval du barrage actuel, la rĂ©habilitation des ouvrages existants, la rĂ©habilitation d’un troisième module de dessablage, la pose de 19 300 m de grosse canalisation variant entre 250 et 1000 mm, la construction et l’équipement d’un nouveau rĂ©servoir d’une capacitĂ© de 2300 m3.  Le nouveau rĂ©servoir a Ă©tĂ© installĂ© Ă  Gombele, quartier Righini, en renforcement d’un autre plus ancien et de mĂŞme capacitĂ©. Ce qui a permis de desservir des quartiers aussi Ă©loignĂ©s que les communes de Ngaba ou Mont-Ngafula ou des quartiers comme le campus de Kinshasa ou Kindele, dans le sud de la ville. La plupart de ces quartiers du sud n’existaient pas pendant la pĂ©riode coloniale et n’étaient donc pas prĂ©vus dans la desserte de la ville. Cette rĂ©serve stratĂ©gique d’eau de Gombele a comme avantage supplĂ©mentaire de prĂ©server les consommateurs de cette zone d’une rupture intempestive d’eau en cas de dĂ©faillance d’électricitĂ© ou d’une avarie sur le système. La station de pompage peut continuer la fourniture de l’eau en attendant le rĂ©tablissement de la situation normale.

A la Regideso, c’est avec fiertĂ© que l’on exhibe les rĂ©sultats des travaux d’alimentation en eau potable dans la ville de Kinshasa, travaux financĂ©s par la Banque mondiale. Les ouvrages sont gigantesques et modernisĂ©s. Ils peuvent se rĂ©sumer en deux points majeurs : la rĂ©cupĂ©ration de la capacitĂ© de production de l’eau potable et l’amĂ©lioration de la qualitĂ© de l’eau. L’usine de Ndjili peut dĂ©sormais donner le maximum de sa capacitĂ© avec une eau de qualitĂ©. Avec ses deux anciennes usines rĂ©habilitĂ©es d’une capacitĂ© nominale de 110 000 m3 /jour chacune, elle a rĂ©cupĂ©rĂ© son rendement initial de 220 000 m3 alors que celui-ci Ă©tait descendu jusqu’à 140 000 m3/jour.

Satisfaction dans les ménages

Loin des cliquetis des machines d’usines et des senteurs de chlore et d’autres produits chimiques de purification de l’eau, les populations bĂ©nĂ©ficiaires du projet PMURR-Regideso ont dĂ©jĂ   constatĂ© une amĂ©lioration certaine dans la desserte de l’eau Ă  domicile. La pression est devenue plus forte au robinet et l’eau est permanente alors qu’auparavant, il fallait se rĂ©veiller en pleine nuit, aux petites heures du matin, pour espĂ©rer s’approvisionner en eau. Encore que ce n’était pas Ă©vident tous les jours. Mme Annie Mujinga habite le quartier Makelele, dans la commune de Bandalungwa. Elle s’en souvient : « L’amĂ©lioration de la desserte de l’eau potable est indiscutable dans notre quartier. Je me rappelle qu’il n’y pas longtemps, il fallait chaque nuit dormir d’une oreille, l’autre restant Ă  l’écoute de l’extĂ©rieur car vers les trois heures du matin, dès qu’il y avait de l’eau au robinet, les voisins ameutaient tout le quartier en annonçant l’arrivĂ©e de l’eau Ă  grands cris. Nous devions alors nous rĂ©veiller pour remplir le plus de rĂ©cipients possible de la maison ne sachant pas quand l’eau serait de nouveau de retour au robinet ».  

En effet, l’eau ne restait pas longtemps au robinet. Après deux ou, tout au plus, trois heures, le robinet redevenait sec, et pour longtemps. Mme Christine Bonzene de la commune de Kintambo, voisine à celle de Bandalungwa, s’était déjà résolue à creuser un puits dont elle puisait l’essentiel de ses eaux domestiques, son robinet étant resté sans eau depuis de longs mois. Un jour des agents de la Regideso sont venus lui installer de nouveaux tuyaux et un nouveau robinet dans la parcelle.

Incertitudes à l’horizon

L’usine de Ndjili, la plus importante des quatre qui desservent la capitale congolaise avec une capacitĂ© de production de 330 000 m3/jour, devance celles de Ngaliema qui produit en moyenne 85 000 m3/jour, de Lukunga avec 45 000 m3/jour et celle de la Lukaya, la toute nouvelle usine avec 24 000 m3/jour. Il demeure qu’avec une production totale de 484 000 m3/jour, le dĂ©ficit en eau pour la ville de Kinshasa reste important en regard des besoins estimĂ©s Ă  750 000 mÂł/jour. Ce dĂ©ficit ne pourra ĂŞtre comblĂ© que par un apport plus important en eau potable. Et donc par un appui financier plus important des partenaires au dĂ©veloppement.

Le prĂ©sent projet PMURR qui vient de se terminer Ă  la satisfaction de tout le monde, aussi bien des bĂ©nĂ©ficiaires que de l’entreprise Regideso, appelle bien d’autres travaux additionnels, consĂ©quence justement de l’amĂ©lioration technique de l’infrastructure. La rĂ©habilitation de l’usine de Ndjili appelle forcĂ©ment d’autres travaux dont notamment la rĂ©habilitation de tout le rĂ©seau vieux d’une cinquantaine d’annĂ©es. Les nombreuses fuites observĂ©es dans la canalisation Ă  diffĂ©rents endroits de la ville constituent, Ă  ce sujet, une sonnette d’alarme suffisante pour la Regideso. 

En amont, les conditions de captage de l’eau restent encore tributaires de l’incivisme des populations riveraines de la rivière Ndjili qui polluent abondamment les eaux avant qu’elles n’atteignent le barrage de captage. Les impuretĂ©s dĂ©versĂ©es dans la rivière Ndjili, en amont du barrage de captage empĂŞchent celui-ci de recevoir le maximum de l’eau nĂ©cessaire Ă  envoyer Ă  l’usine pour traitement. Aujourd’hui, deux pirogues submergĂ©es et charriĂ©es par les eaux entravent l’entrĂ©e normale de l’eau brute dans le barrage de captage de la Regideso. L’idĂ©al serait de construire un ouvrage de filtrage de l’eau brute en amont du pont sur la rivière Ndjili afin de dĂ©barrasser l’eau brute d’impuretĂ©s qui pourraient gĂŞner le bon fonctionnement des machines.

Cependant la clôture annoncée du PMURR est de nature à susciter quelques inquiétudes, surtout côté gouvernement congolais, quant à la pérennisation des acquis. Il s’agit de la maintenance des infrastructures existantes et du financement de nouveaux projets de développement. Une chance se profile tout de même à l’horizon, car le chef projet se dit satisfait de la manière dont le PMURR a été mené ainsi que des résultats obtenus.




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