Dernière mise à jour : Octobre 2008 Histoire  Au moment de son indépendance le 30 juin 1960, la République démocratique du Congo (RDC) a connu de sérieux bouleversements économiques et politiques. Cinq années plus tard, en 1965, M. Mobutu prenait le pouvoir et allait gouverner pendant 32 ans. Sous son régime, le pays a mis en œuvre un énorme programme d’éducation et développé un véritable sentiment d’unité nationale, mais cette période a aussi été marquée par l’abandon des principes de bonne gouvernance et par une corruption endémique. Avant le début des années 1990, l’économie du pays était proche de l’effondrement à cause d’une mauvaise gestion économique, de la corruption et de l’instabilité politique. Les années 1990 ont été marquées par des épisodes successifs de regain de violence : pillages perpétrés par les forces armées en 1991 et 1993 ; un premier conflit en 1997 (impliquant sept pays étrangers et un certain nombre de milices) ; et un deuxième conflit entre 1998 et 2003 pendant lequel on a rapporté trois millions de décès et bien plus de déplacés. En juillet 1999, un accord de cessez-le-feu était signé à Lusaka par le Gouvernement congolais, les principaux groupes rebelles et les pays étrangers concernés. Immédiatement après, une force de maintien de la paix (MONUC) se déployait dans un contexte de troubles ininterrompus. En 2001, le Président Laurent-Désiré Kabila a été assassiné et son fils, Joseph Kabila, a prêté rapidement serment. Plus tard en 2001, le dialogue inter-congolais a été initié pour poser les bases du processus de démocratisation. Une constitution transitoire a été approuvée en 2003 et un gouvernement d’union nationale créé par la suite. En 2005, une nouvelle constitution a été approuvée par référendum et des élections organisées en juillet 2006 (premier tour de l’élection présidentielle et des législatives) et octobre 2006 (deuxième tour des présidentielles et des élections locales). Ces scrutins ont porté Joseph Kabila à la magistrature suprême et, en février 2007, un nouveau gouvernement a été formé. Toutefois, tout au long de cette période, les provinces de l’Est sont restées instables en raison de conflits prolongés avec les milices, et des affrontements épisodiques entre l’armée régulière et les seigneurs de la guerre. Économie La RDC est le troisième pays d’Afrique subsaharienne en termes de population, et le deuxième en termes de superficie. Elle est dotée d’abondantes ressources humaines et naturelles, parmi lesquelles une forêt tropicale qui est la deuxième au monde par sa superficie, des sols fertiles, des pluies abondantes et des ressources minérales variées et considérables. Traditionnellement, l’exploitation minière (cuivre, cobalt, diamant, or, zinc et autres métaux communs) et pétrolière représente quelque 75 % de ses recettes totales à l’exportation et 25 % environ de son PIB. Mais, en dépit de cette abondance de matières premières, le secteur structuré de son économie s’est pour ainsi dire effondré ces dernières décennies sous l’effet conjugué d’une mauvaise gestion et des conflits. Le PIB par habitant est l’un des plus bas du monde. Dans les années 80, il ne représentait que le tiers de ce qu’il était en 1962, et il a continué à baisser durant les années 90. En effet, il est passé de 380 dollars (en dollars constants) en 1960 à 224 dollars en 1990, puis 139 dollars en 2006. Le conflit a eu un impact énorme. Les infrastructures ont souffert d’un manque d’entretien et de dégâts physiques, de nombreuses institutions étant totalement saccagées. Des millions de personnes ont perdu leurs biens (immeubles, bétail, équipements), et de nombreuses entreprises leurs avoirs, leur personnel et leurs réseaux commerciaux. L’économie toute entière a été transformée et est désormais axée sur l’agriculture de subsistance et l’activité informelle, à cause de l’effondrement des exportations et des activités génératrices de valeur. Depuis 2001 toutefois, avec l’appui des institutions de Bretton Woods, le gouvernement a commencé à mettre en œuvre des réformes économiques, financières et structurelles en vue de stabiliser sa situation macroéconomique et de créer un cadre propice à un développement tiré par le secteur privé. Il a réussi à mettre fin au cycle hyper-inflationniste et à stabiliser le taux de change. Le taux d’inflation qui s’établissait à 511% en 2000 est tombé à 135% en 2001, puis à 18% en 2006. En 2003, il descendait à 4,4%. Les réformes prévoyaient l’adoption de nouveaux codes minier, forestier, d’investissement et du travail, pour attirer l’investissement privé et rétablir la transparence dans les secteurs traditionnellement opaques. En outre, la RDC a atteint le point de Décision de l’Initiative PPTE (avec un allègement total estimé à 6,3 milliards de dollars pour un encours total de dette extérieure estimé à 7,9 milliards de dollars en VAN). Résultat de ces réformes, la croissance économique est revenue en 2003, après une décennie de récession. La croissance était d’environ 6% par an, tirée principalement par la relance post-conflit des activités de base (un environnement typique des pays sortant de conflit), notamment le commerce, les transports, le bâtiment, l’agriculture et des industries et services particuliers. Le taux de croissance du PIB réel devrait augmenter de manière substantielle dans les années à venir, avec une reprise dans les secteurs minier et industriel. L’investissement privé est relativement élevé (environ 2,7 milliards de dollars de nouveaux investissements depuis 2003, donc une part considérable des flux de capitaux privés vers l’Afrique subsaharienne). L’inflation a été contenue, bien que la situation se soit détériorée pendant la période précédant les élections. Le nouveau gouvernement a préparé son programme au début de 2007, y compris un pacte de gouvernance, réaffirmant ainsi sa détermination à renforcer la stabilité macroéconomique, lutter contre la corruption et mettre en œuvre de solides politiques de promotion de la bonne gouvernance en vue de bénéficier d’un nouveau programme soutenu par la FRPC qui devrait l’amener au point d’achèvement de l’initiative PPTE. ans l’ensemble, la situation demeure fragile. Les principaux défis de la RDC pour l’avenir consistent à consolider la récente stabilité macroéconomique et les ambitieuses réformes structurelles, en cohérence avec le document de stratégie de réduction de la pauvreté du gouvernement, à continuer à améliorer la gouvernance et le climat des affaires, et assurer la paix et la sécurité sur toute l’étendue du territoire. Secteurs sociaux La situation sociale du pays reste précaire, avec une pauvreté prévalant sur l’ensemble de son territoire. L’espérance de vie s’établit à 43 ans, la mortalité des moins de 5 ans est supérieure à 200 pour mille naissances vivantes, et l’Indice de développement humain a baissé de plus de 10 pour cent au cours des dix dernières années ; le pays se classe désormais au 167ème rang sur 177 pays. Les chances pour la RDC de réaliser les Objectifs du développement pour le Millénaire (ODM) d’ici 2015 sont sérieusement compromises. Il faudra accroître significativement les dépenses publiques dans les secteurs sociaux clés et continuer à dépendre des partenaires non gouvernementaux pour la prestation des services. Les déplacements à grande échelle, la violence, les violations des droits humains et la paupérisation des populations ont causé d’énormes souffrances psychologiques et la détérioration du tissu social, entraînant l’éclatement des familles et d’autres réseaux de solidarité. Résultat, les filets de sécurité traditionnels ne fonctionnent plus, et les réseaux sociaux, qui sont essentiels pour le redressement de l’économie, ont aussi été sérieusement bouleversés. Coordination de l'action des bailleurs de fonds Les bailleurs de fonds ont maintenu leur engagement en RDC, et les groupes consultatifs se sont réunis chaque année, à cinq reprises, depuis 2001. Depuis lors, la RDC reçoit des flux croissants d’aide économique de l’étranger, avec des décaissements annuels de 800 millions de dollars en 2004 et 2005 (hors coût du maintien de la paix, de l’assistance humanitaire et du soutien pour les récentes élections). Toutefois, ce niveau d’aide, qui représente environ 15 dollars par habitant, est insuffisant en raison de l’ampleur des défis qui interpellent le pays. Rôle de la Banque mondiale La Banque a suspendu son aide financière à la RDC en 1991, en raison de la détérioration de la situation économique et politique. Toutefois, il a maintenu le dialogue avec les autorités pendant toute la durée de la décennie 90, ce qui a permis un réengagement rapide en 2001. Au moment de son réengagement en 2001, la Banque a élaboré une Stratégie d’appui transitoire couvrant la période 2001 à 2003, qui s’attachait à soutenir les réformes économiques, à financer les travaux de reconstruction, à fournir des conseils de politique sectorielle dans un certain nombre de domaines, et à jouer un rôle moteur pour la mobilisation et la coordination des efforts des bailleurs de fonds. La Banque a aidé la RDC à rédiger son Document intérimaire de stratégie de réduction de la pauvreté approuvé en 2002. Une année plus tard, en 2003, l’élaboration du DSRP complet était lancée après la mise en œuvre réussie du DSRP intérimaire. Celui-ci a été approuvé par le gouvernement de transition en juillet 2006, et validé par le nouveau gouvernement en mars 2007, avant d’être entériné par les conseils de la Banque mondiale et du FMI en mars/avril 2007. La Banque a préparé une deuxième Stratégie d’appui transitoire pour la période 2004-2006 axée sur : (a) la stabilité sociale et la sécurité, (b) une croissance économique partagée, (c) la gouvernance et le renforcement institutionnel, et (d) le développement social. La Banque a aussi préparé une Stratégie d’assistance au pays (word) (SAP) pour la période 2007-2010, qui a été examinée par le Conseil au quatrième trimestre 2007. La SAP est basée sur le Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) complet approuvé par le Conseil des ministres en juillet 2006. L’objectif de la nouvelle stratégie est de poser les bases d’une réduction de la pauvreté à moyen terme en renforçant les infrastructures, les institutions et les politiques. L’assistance du Groupe de la Banque mondiale reflètera les cinq piliers du DSRP et soutiendra les efforts visant à : - Promouvoir la bonne gouvernance et consolider la paix.
- Consolider la stabilité macroéconomique et la croissance économique.
- Améliorer l’accès aux services sociaux et réduire la vulnérabilité.
- Combattre la propagation du VIH/SIDA.
- Promouvoir les dynamiques communautaires.
En outre, la SAP met en exergue les programmes renforcés d’information de la Société financière internationale (IFC), de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) et de l'Institut de la Banque mondiale ( WBI) en RDC. Elle a été enrichie par des consultations à grande échelle avec divers acteurs, y compris le gouvernement, la société civile et le secteur privé. La SAP a été préparée en étroite collaboration avec plus de 20 autres bailleurs de fonds (dont la BAD, les organismes de l’ONU, le FMI, la Commission européenne, le Royaume Uni, les États-Unis d’Amérique, l’Allemagne, la France, la Belgique, le Japon, la Suède, etc.), en tenant particulièrement compte de l’harmonisation et de la coordination de ces derniers. Les efforts entrepris visent à réduire les coûts de transaction pour le gouvernement, minimiser les risques de chevauchement des initiatives, en tirant parti des avantages comparatifs de chaque donateur et en veillant à une utilisation rationnelle des ressources. Les bailleurs de fonds ont élaboré une approche stratégique commune pour l’octroi de l’aide, désignée Cadre d’assistance pays (CAP), qui prévoit un diagnostic conjoint, un cadre commun de résultats et une programmation conjointe des activités. Ce cadre a aidé à informer les stratégies individuelles des donateurs, y compris la SAP. Le portefeuille actuel de la Banque en RDC comprend 14 projets actifs, d’un montant total d’environ 2,22 milliards de dollars d’engagements dont près de 1, 21 milliard n’ont pas encore été décaissés. Une liste des projets par secteur et une brève description de ceux-ci est fournie ci-dessous - Projet multisectoriel d’urgence de réhabilitation et de reconstruction (454 millions de dollars, approuvé le 6 août 2002 et entré en vigueur en novembre 2002). Le projet a pour objectif de rétablir les infrastructures essentielles et les prestations de services sociaux.
- Projet compétitivité et développement du secteur privé (120 millions de dollars, approuvé en juillet 2003 et entré en vigueur en décembre 2003). Le projet se propose de restructurer les principales entreprises publiques et fournir des garanties partielles aux investisseurs par le biais de l’Agence pour l’assurance du commerce en Afrique (ACA).
- Projet d’urgence et de soutien au processus de réunification économique et sociale(214 millions de dollars, approuvé en septembre 2003 et entré en vigueur en décembre 2003). Le projet a pour objectif de soutenir la balance des paiements et appuyer le renforcement institutionnel, la remise en état des infrastructures et le processus de développement mené par les communautés.
- Projet multisectoriel de lutte contre le VIH/SIDA (102 millions de dollars, approuvé en mars 2004 et entré en vigueur en octobre 2004). Le projet a pour objectif d'atténuer les incidences négatives de l’épidémie sur la stabilisation, le redressement et le développement du pays.
- Projet d’urgence pour la démobilisation et la réinsertion (100 millions de dollars, approuvé en mai 2004 et entré en vigueur en octobre 2004). Contribuer à consolider la paix et à promouvoir la stabilité économique et le développement durable en RDC et dans la région des Grands Lacs.
- Projet d’action sociale d’urgence (60 millions de dollars, approuvé en août 2004 et entré en vigueur en juillet 2005). L'objectif du projet est d'améliorer l’accès aux services économiques et sociaux pour les pauvres, accroître le volume de ressources disponibles pour le développement à l’échelon communautaire et renforcer la gestion de ces ressources.
- Projet d’urgence d’amélioration des conditions de vie (82 millions de dollars, approuvé en mai 2005, mis en vigueur le 23 septembre 2005). L'objectif du projet est d'accompagner le gouvernement de la RDC dans la recherche d'une solution au moyen d'une intervention multisectorielle en vue d'améliorer les conditions de vie des populations urbaines.
- Projet d’appui à la réhabilitation du secteur de la santé « PARSS » (150 millions de dollars, approuvé le 1er septembre 2005 et mis en vigueur le 17 avril 2006). L'objectif du projet est de s’assurer que la population des zones de santé ciblées a accès à un ensemble de services de santé essentiels de qualité et utilise effectivement ces services.
- Projet de marché d’électricité d’Afrique australe (200,19 millions de dollars, approuvé le 11 novembre 2003 et mis en vigueur le 17 avril 2004). C' est un projet sous-régional qui s’inscrit dans un vaste programme de développement des réseaux électriques interconnectés des différents pays membres du Southern African Power Pool (SAPP).
- Projet d'appui au redressement du secteur de l'éducation (150 millions approuvé le 5 juin 2007et mis en vigueur le 11 janvier 2008). Le projet a pour objectif d’éviter toute détérioration ultérieure de la fourniture des services essentiels dans le domaine de l’enseignement primaire et de préparer le terrain pour le développement et le financement durables de ce secteur.
- Projet de marché d'électricité à la consommation domestique et à l'export (296, 7 million mis en vigueur le 2 avril 2008). Le projet a pour objectif d’améliorer l’efficacité opérationnelle du secteur de l’électricité et de renforcer la capacité de production, de transport et de distribution, afin de mieux satisfaire la demande intérieure en électricité et de favoriser l’intégration du marché régional de l’électricité.
- Projet d'urgence de réhabilitation urbaine et sociale (180 million approuvé le 11 avril 2007 et mis en vigueur le 6 juillet 2007). Le projet a pour objectif d'aider le gouvernement de la RDC à relever les défis post électoraux en fournissant des ressources pour maintenir la stabilité macro économique et financer des dépenses cruciales dans un avenir immédiat .
- Projet de renforcement des capacités et de gouvernance (50 millions approuvé le 22 avril 2008 ) vise à mettre en place des pratiques adéquates de gestion des finances publiques, condition nécessaire au rétablissement de la crédibilité de l’État en tant que prestataire de services de base dans ce contexte de sortie de conflit.
- Projet Pro-routes (50 millions approuvé le 18 mars 2008 et mis en vigueur, le 8 juillet 2008)vise à aider la République démocratique du Congo (RDC) à assurer la réouverture et l’entretien de 1 800 kilomètres de routes. Alors que ce pays effectue son redressement au sortir de dix années de guerre civile, les routes en question sont en effet d’une importance primordiale pour lui permettre d’opérer physiquement sa réunification, de parvenir à un niveau de croissance élevé, soutenu et largement réparti, et de rétablir les mailles de son tissu social.
Points de contact Marie Françoise Marie-Nelly Directrice des opérations 4847, avenue Wagénia Kinshasa/Gombe, RDC Téléphone : (243) 0999949008- mmarienelly@worldbank.org Hinh Truong Dinh Économiste senior 1818 H Street NW Washington, DC 20433, USA Téléphone : (202) 458-0556 Télécopie : (202) 473-8466 hdinh@worldbank.org Retour en haut (a) indique une page en anglais |