| « La première recommandation concerne le niveau de gestion institutionnelle. Nous aimerions voir un Comité de pilotage plus proactif et jouant un rôle de Conseil pour le Comité national de lutte contre le SIDA (CNLS). En second lieu, nous voudrions voir toutes les activités du CNLS décentralisées. Jusqu'ici les activités étaient toutes centralisées, en grande partie à Brazzaville et à Pointe-Noire. Nous pensons maintenant que nous sommes prêts à aller dans chaque département du pays et la phase dans laquelle nous entrons, va être une phase sérieuse de décentralisation. Ceci donnera plus de responsabilités et plus de ressources directement à la région ou au département. Nous voulons ainsi voir beaucoup plus d’activités dans ce secteur. Nous voulons également recommander, un rapide accroissement de la participation du secteur privé, des entreprises privées. Actuellement, il y a environ vingt sociétés qui sont très activement impliquées. Nous voulons doubler ce nombre l’année prochaine. De même nous voudrions voir le nombre de personnes bénéficiant du traitement par les antirétroviraux (ARV) doubler, c’est-à-dire passer de cinq mille actuellement à dix mille. En ce moment environ trois mille deux cent patients, orphelins et enfants vulnérables, sont pris en charge. Nous voudrions voir ce nombre s’accroître rapidement jusqu'à plus de dix mille l’année prochaine. Nous voulons également renforcer le "suivi-évaluation". Par le passé c’était un des maillons faibles des programmes financés par la Banque, mais ici au Congo nous renforçons ce secteur, nous renforçons ce qui a déjà été mis en place dans le domaine pour connaître la prévalence et les tendances. En plus de cela, nous voudrions voir les autres secteurs jouer un rôle très actif. Dans le cadre du programme multisectoriel, l’éducation pourrait faire plus, en termes de programme d'études au sein de l'école et pour la jeunesse extrascolaire. Nous voudrions également voir l'armée qui fait un bon travail faire plus encore. La qualité des soins et la qualité du programme est également un autre secteur à valoriser. Il ne suffit pas seulement d’augmenter encore les services, mais également la qualité. Ainsi, nous allons nous focaliser beaucoup sur la qualité. Un fait bien plus important : le Fonds mondial est disponible. Un accord de don d’une valeur de plus de 45 millions de dollars américains, soit près de 25 milliards de Francs CFA, a été signé le 27 octobre à Brazzaville en faveur de la République du Congo. Avant cela, la Banque mondiale était le plus grand bailleur de fonds pour la lutte contre le VIH/SIDA au Congo, avec actuellement une subvention de 19 milliards de Francs CFA dans le cadre du MAP (Programme multisectoriel de lutte contre le VIH/SIDA). Le Fonds mondial apporte encore plus d'argent et une des attentes-clés est notre capacité à travailler ensemble dans le principe des « 3 uns » ou “3 ones”. En travaillant ensemble, nous avons pu mettre en place un programme commun pour tout le pays, que chaque partenaire, chaque bailleur devrait soutenir. Il ne s’agira plus de tous petits projets, mais d’un programme conjoint pour tout le monde, qui permettra de faire la différence pour le Congo. » |