Les partenaires au développement apportent leurs contributions à l’amélioration de la stratégie de la Banque mondiale. Les questions relatives à la gouvernance et à la lutte contre la corruption défraient de plus en plus la chronique et requièrent une attention particulière. La corruption n’est pas l’apanage d’une administration, d’une société ou d’un pays donné. C’est un fléau qui gangrène les rapports humains à travers le monde. Mauvaise gouvernance et corruption signifient souvent que des ressources qui auraient dû alimenter la croissance économique et offrir aux pauvres des opportunités d’échapper à la pauvreté sont en fait utilisées pour enrichir des élites corrompues. Dans le monde entier, les pouvoirs publics s’efforcent d’améliorer la gouvernance et de combattre la corruption. Dès 1996, la Banque mondiale, aux côtés des États membres avait décidé de s’attaquer à ce fléau, véritable obstacle au développement au niveau mondial, dont l’impact négatif est encore plus perceptible dans les pays en développement. Des études récentes ont montré que, l’amélioration de la gouvernance et la réduction de la corruption peuvent aider les pays pauvres à échapper à la pauvreté et à atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement. Malgré le fait que les dirigeants de plusieurs pays en développement jouent un rôle de premier plan pour promouvoir la lutte contre la corruption, le constat est que les efforts déployés pour s’attaquer à ces problèmes sont insuffisants et il est nécessaire d’adopter une stratégie renforcée dans ce domaine. Les institutions de développement ont la possibilité et le devoir de les aider et la Banque mondiale reste déterminée à poursuivre son appui aux États membres. À Brazzaville, comme à Pointe-Noire, Messieurs Midou Ibrahima, Représentant de la Banque mondiale au Congo, Obidegwu Chukwuma, Économiste principal ont dans ce cadre organisé des réunions de consultation où « le Renforcement de l’action du Groupe de la Banque mondiale pour promouvoir la bonne gouvernance et lutter contre la corruption » était au cœur des débats. L’objectif était d’échanger des idées afin de recueillir les contributions devant aider à améliorer la gouvernance, formuler et exécuter des programmes sur la base de ces priorités, de manière efficace et durable. Trois séances de consultation ont été organisées respectivement avec l’administration publique ; la société civile, le secteur privé et les autres partenaires bilatéraux et multilatéraux, pour faire l’état des lieux et apporter leur contribution à la définition des priorités dans cette lutte. Chaque séance de discussions était précédée par une brève présentation par la Banque de sa stratégie pour l’amélioration de la gouvernance et la lutte contre la corruption. Ensuite une série de questions/réponses permettait aux participants de faire des commentaires et de donner leurs contributions dans l’objectif de l’amélioration de cette stratégie. En ouvrant les débats avec les cadres de l’administration publique Midou Ibrahima, Représentant résident de la Banque mondiale au Congo a déclaré : «Étant donné le leadership qui incombe aux pouvoirs publics dans la promotion de la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption, il va s’en dire que votre rôle en tant que cadres à différents niveaux de l’administration publique est déterminant dans ce processus ». Cette appropriation, selon le secteur public, passe d’abord par le changement des mentalités. Il s’agit de diminuer les déterminants qui alimentent la corruption. Au Congo, il y a un travail qui se réalise dans le cadre de l’éducation de l’esprit, à travers le Haut Commissariat à l’éducation civique, une priorité exprimée par le Gouvernement. Cette institution gouvernementale mérite d’être renforcée en termes de capacités. Quant à la « petite corruption », les participants pensent qu’elle doit trouver la solution dans l’éducation qui n’est autre que le point de départ de l’éducation civique. Le PRAEBASE (Projet d’appui à l’éducation de base) que le Congo exécute avec l’appui financier de la Banque mondiale constitue un des canaux pour lutter contre la petite corruption. L’impunité extrêmement préoccupante dans les états constitue un défi pour la Justice. On ne peut pas promouvoir la bonne gouvernance et ne pas tenir compte du système judiciaire. C'est pourquoi un accent a été mis sur la place cruciale que devrait occuper cette Institution. La Cour des comptes qui fait partie du dispositif judiciaire présente des insuffisances, mais celles-ci seront prises en compte dans le cadre du renforcement des capacités institutionnelles. Sur ce volet, il est à noter que le PRCTG (Projet de renforcement des capacités, la transparence et la gouvernance) qui est arrivé à son terme, bénéficie d’une rallonge avec plus de ressources que dans sa première phase afin de contribuer au renforcement des capacités. L’appui multiforme de la Banque aux états membres, notamment les pays les moins avancés est salué de tous, mais cette même opinion pense qu’il y a comme une complicité entre l’Institution et les pays au regard de la mauvaise gestion de l'aide. Une certaine orthodoxie dans la gestion des projets financés par la Banque a été reconnue, contrairement à celle de tous les autres projets exécutés dans le pays : manque de transparence dans les processus de passation de marchés, surfacturations, etc. Un autre élément important dans les questions de gouvernance et de lutte contre la corruption, c’est la gestion des finances publiques. Le plan d’action du Gouvernement congolais sur l’amélioration de la gestion des finances publiques est en cours de validation. Le document présenté par la Banque met également l’accent sur l’importance de la communication. C’est la raison pour laquelle les medias ont un rôle capital à jouer. De plus en plus, en particulier, dans les États africains, grâce à la liberté de presse qui mérite d’être renforcée, il y a des comportements que les dirigeants pouvaient se permettre hier, qu’ils ne peuvent plus afficher aujourd’hui. Le plus grand défi pour le Congo et les partenaires qui accompagnent ses efforts de développement est la mise en œuvre d’une stratégie nationale qui permette de lutter de manière efficace contre la corruption et de promouvoir la bonne gouvernance. Par Clementine Maoungou, responsable des communications Avril 2007 |