Le 21 septembre 2007 -- Le monde célébre aujourd'hui la journée Internationale de la Paix, une journée de non-violence et de cessez-le-feu dédiée à la promotion de la paix à travers le monde. Pour la population congolaise, cette année marquera une occasion particulière – le retour de la paix en République du Congo. « Bien sûr, le contexte reste fragile, surtout dans la région du Pool, mais petit à petit, les signes d’une paix durable s’accumulent, et l’espoir en fait de même, » explique Abderrahim Fraiji, Représentant du MDRP (Programme Multi-Pays de Démobilisation et Réintégration) au Congo. Parmi les événements les plus marquants se trouve la récente décision du Pasteur NToumi, chef des rebelles dans le Pool, de déposer les armes, et de rejoindre la Présidence de la République en tant que délégué général chargé de la promotion des valeurs de la paix et de la réparation des séquelles de guerre. 
| Ex-combattants reconvertis dans le maraîchage à Mbounda (près de Dolisie) © Banque mondiale | Pour accompagner ce processus de paix et faciliter le retour des combattants vers la vie civile, le Gouvernement de la République du Congo a mis en place et cofinancé avec la communauté internationale un processus national de désarmement, démobilisation et réintégration. Ce processus comporte traditionnellement trois phases majeures : la démobilisation, l’aide à la réinsertion et le soutien à la réintégration. Ces phases sont généralement précédées par une phase de désarmement. « Le but de ce processus est de permettre aux hommes et femmes ayant participé au conflit d’abandonner leur statut militaire sans crainte, de se réadapter graduellement à la vie civile et petit à petit de redevenir des membres actifs de lacommunauté, » explique Maria Correia, Directrice du MDRP à la Banque mondiale. « La fin d’un conflit armé se montre souvent particulièrement difficile pour les membres des forces et groupes armés, car la perte du statut militaire représente aussi la fin de leur principale, et souvent seule, source de revenu. » Pour faciliter cette transition difficile, le programme leur fournira d’une part une aide à la réinsertion en espèces ou/et en nature pour le retour et l’achat initial des nécessités de base, et d’autre part une série d’opportunités de formation et d’appui socio-économique pour faciliter le processus de réintégration dans la communauté et l’accès à des activités génératrices de revenu. En République du Congo, ce processus est conduit sous la direction de la Commission nationale de démobilisation et réintégration. De façon à répondre aux circonstances particulières du pays, le programme est structuré de façon à inclure deux larges catégories de bénéficiaires, explique Alex McPhail, Responsable de projet MDRP pour le Congo au sein de la Banque, « d’un côté, nous avons les combattants des groupes rebelles actifs jusque très récemment dans le Pool ainsi que les membres des forces armées à démobiliser. De l’autre, les ex combattants ayant volontairement démobilisé à la fin des hostilités en 1999. » Les premiers sont éligibles pour l’ensemble du programme, c'est-à-dire démobilisation, réinsertion et réintégration. Les auto-démobilisés quant à eux sont dirigés directement vers des activités de réintégration, leur retour dans la communauté ayant déjà pris place. Le programme vise à ce jour 19 000 ex-combattants démobilisés et un nombre estimé de 5 000 combattants dans la région du Pool. Le programme national (PNDDR) en République du Congo fait partie d’un vaste effort régional réunissant bailleurs de fonds, institutions internationales et acteurs nationaux sous l’égide du Programme multi-pays de démobilisation et réintégration (MDRP).Administré par la Banque mondiale, le MDRP a pour but de soutenir la démobilisation et réintégration d’environ 400 000 ex-combattants dans sept pays: l’Angola, le Burundi, la République démocratique du Congo, la République du Congo, la République centrafricaine, le Rwanda et l’Ouganda. Cet effort est financé conjointement par la Banque mondiale et un fonds fiduciaire réunissant treize bailleurs de fonds – l’Allemagne, la Belgique, le Canada, le Danemark, la Finlande, la France, l’Italie, l’Irlande, les Pays-Bas, la Norvège, le Royaume-Uni, la Suède et la Commission européenne. Le coût estimé de l’opération pour l’ensemble de la région s’élève à ce jour à 560 millions de dollars, dont $17 millions pour la République du Congo. « Le programme en République du Congo est le dernier programme du MDRP à être entamé. Nous avons donc la chance de profiter des expériences des programmes des pays voisins » explique M. Fraiji. Après une longue phase préparatoire et une vaste campagne de sensibilisation et d’information, les premiers ex-combattants autodémobilisés en 1999 intégreront le programme en septembre. Avec la cessation des hostilités dans la région du Pool, les rebelles ne tarderont pas à se joindre à eux. « Nous espérons profondément que ce processus marquera le début d’une paix durable en République du Congo, » conclut Maria Correia. Muriel Tschopp Programme multi-pays de démobilisation et réintégration Région Afrique, Banque mondiale |