BRAZZAVILLE, 13 avril 2009— Identifier les principaux problèmes rencontrés pour le développement du secteur privé en République du Congo, auxquels il n’y a pas encore de réponse adaptée à ce jour, telle est la problématique qui a rassemblé les 16 et 17 mars à Brazzaville, l’administration, les entreprises, les structures d’appui et les bailleurs de fonds.
Au terme de cette concertation sur le thème : « Définition des contraintes prioritaires au développement du secteur privé en République du Congo », une feuille de route a été adoptée. Elle présente 5 contraintes principales, des approches de solution et indique les acteurs appelés à agir pour remédier aux maux constatés.
La tenue de cet atelier était la réponse des partenaires multilatéraux – Commission Européenne, Agence Française de Développement, Banque mondiale – à la demande du gouvernement qui, dans sa volonté de diversification de son économie, veut donner une impulsion nouvelle au secteur privé.
Des différentes études faites, autant par le gouvernement que par les partenaires, il ressort que le tissu entrepreneurial congolais est en général sinistré, si l’on met à part les industries pétrolière, brassicole, sucrière, l’exploitation du bois, le ciment, les télécommunications, la cigarette, la minoterie…. Cependant, des opportunités insoupçonnées existent dans le secteur agricole, agro-alimentaire, les services et la transformation du bois. Plusieurs raisons expliquent ce faible développement du secteur : conflits armés, infrastructures insuffisantes et délabrées, cadre institutionnel peu efficace, insuffisance des capacités ….
A ce constat du reste très éloquent, le gouvernement et ses partenaires voulaient ajouter la perception des acteurs eux-mêmes. C’est ce que tour à tour ont déclaré les représentants de la Banque mondiale, de la Commission Européenne et de l’AFD. « Nous sommes venus pour vous entendre, parlez ! », ont-ils dit, en faisant remarquer qu’à l’échelle internationale, la situation du Congo dans le domaine des affaires n’est pas reluisante. En effet, dans le classement de « Doing Business » de la Banque mondiale, pour l’année 2008, le Congo occupe la 178ème place sur 181 pays répertoriés. En écho, le gouvernement a dit sa disponibilité et sa détermination à recevoir et à mettre en pratique les conclusions de cet atelier. « Nous sommes ouverts à toute initiative », a déclaré Madame Adelaïde Moundellé-Ngollo, ministre des Petites et Moyennes Entreprises chargée de l’Artisanat.
Le mérite de l’atelier de Brazzaville a été d’associer dans un même lieu et au même moment tous les acteurs impliqués dans la conduite, la pratique et la gestion du secteur privé au Congo : ce qui a abouti à l’identification de 5 contraintes prioritaires à résoudre maintenant pour « booster » le secteur privé congolais. Il s’agit de l’accès au financement, de la formation et de l’information des acteurs et de la société, des infrastructures (énergie, transport, eau…), de l’insécurité judiciaire et juridique, de la corruption manifestée par la parafiscalité et toutes sortes de tracasseries administratives.
La soixantaine de participants à cet atelier a soumis aux décideurs, un faisceau de solutions pour juguler ces goulots d’étranglement désignés et a indiqué l’Etat, les collectivités locales, les associations professionnelles et la société civile comme acteurs potentiels pour résorber tous les problèmes. Le message des acteurs du secteur privé est simple et clair : que l’Etat jugule ces problèmes et le secteur privé connaîtra un début de relance au Congo.
Pour engager cette reconstruction de l’édifice « secteur privé » du Congo, chacun a apporté sa pierre. L’Administration a présenté le nouveau dispositif d’appui au secteur privé entrepreneurial ; l’AFD son outil d’accompagnement des banques dans le financement des PME désigné ARIZ (Assurance pour le Risque des Investissements dans la zone AFD) ; la Banque mondiale et la Société Financière Internationale (IFC), leur politique financière en Afrique Centrale ; l’Union Européenne, les instruments de facilitation et d’appui au commerce et au secteur privé ; la BAD, le projet d’appui à la réinsertion des groupes défavorisés.
Les partenaires ont proclamé leur volonté d’accompagner le Congo dans ses efforts de diversifier son économie et notamment dans le développement du secteur privé.
Le plan d’action ainsi élaboré couvre une période de 5 ans et sera renforcé par l’approche des entrepreneurs spécifiques de Pointe-Noire (capitale économique du pays) qui accueillent un atelier identique en juin prochain.