Aperçu
Depuis le cessez-le-feu de 2000 et l'adoption d'une nouvelle Constitution en 2002, la République du Congo vit globalement en paix. Avec la consolidation de cette paix, le Congo pourrait construire une économie forte et robuste et atteindre un niveau de vie élevé pour son peuple. Parmi ses atouts, on compte notamment une population relativement faible (3,8 millions d'habitants), d’importantes réserves de pétrole, des forêts naturelles, les terres arables, une biodiversité d'importance mondiale, des minéraux et un emplacement stratégique en Afrique centrale, autant d’éléments auxquels vient s’ajouter un port en eau profonde à Pointe-Noire, qui peut servir de passerelle pour l’ensemble de la sous-région.
Depuis le retour de la paix, la plupart des indicateurs sociaux se sont améliorés, mais ils sont encore inférieurs à ceux des pays à revenu par habitant comparable. L'incidence de la pauvreté monétaire, qui est passée de 40 % en 1990 à 70 % en 1997, est retombée à 50 % en 2005. Atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement reste un défi, en particulier dans le secteur de la santé.
Aperçu économique
L’économie de la République du Congo est fortement dominée par le secteur pétrolier qui représente environ 58 % du PIB du Congo, plus de 92 % de ses exportations et 85% des recettes publiques. La production pétrolière est estimée à 86.6 millions de barils en 2008 contre 81.7 millions de barils en 2005. Selon les prévisions, la production pétrolière va continuer à s'accroître relativement jusqu'en 2010 avec la mise en exploitation de nouveaux champs pétroliers et décliner ensuite à partir de 2011 avec la déplétion des plus anciens champs pétroliers.
Le Congo a atteint le point d'achèvement du PPTE en Janvier 2010, devenant ainsi le 28e pays à atteindre le point d'achèvement de l'initiative PPTE renforcée.

Contexte politique
Depuis son indépendance, en 1960, le Congo a vu son histoire émaillée par une série de conflits, et a connu notamment trois coups d’État, ainsi que l’assassinat d’un de ses présidents entre 1958 et 1979. En 1968, un régime militaire a accédé au pouvoir et institué par la suite un régime marxiste-léniniste. La Conférence nationale souveraine qui a eu lieu du 25 février au 10 juin 1991a rétabli la démocratie dans le pays, donnant lieu à des élections libres et transparentes. De 1993 à 1999, le pays a été ébranlé par trois guerres civiles.
Avec la poursuite des efforts de renforcement de la paix qui ont conduit à l’installation des institutions démocratiques, les élections législatives ont eu lieu en juin et août 2007. Les élections locales et municipales se sont tenues le 29 juin 2008 et les Sénatoriales le 5 août 2008. La Présidentielle tenue le 12 juillet 2009 a été remportée par le Président sortant Denis Sassou Nguesso pour un nouveau mandat de 7 ans placé sous le sceau du « Chemin d'avenir », son programme de société.
Les conditions pour la paix et le dialogue politique se sont améliorées à la suite du retour à Brazzaville de l’ancien chef rebelle, le Pasteur Ntumi qui a pris son nouveau poste de Ministre délégué, chargé de la paix et des réparations en décembre 2009.
La République du Congo est devenue membre de la Banque mondiale en 1963, et l’appui fourni depuis lors par celle-ci au titre de 42 projets a principalement visé à aider le pays à renforcer les capacités de ses administrations publiques, à promouvoir la croissance économique et à réduire la pauvreté. Après avoir provisoirement suspendu cet appui en 1997 à cause des conflits, la Banque a repris ses activités dans le pays le 15 mai 2001.
Fin mars 2010, le portefeuille de la Banque mondiale en République du Congo compte cinq (5) projets effectifs, représentant des engagements de l’ordre de 141 millions de dollars (sous forme de dons).
Deux projets sont en cours de préparation. Il s’agit de :
- Projet Eau, Electricité et Développement Urbain (PEEDU) pour un montant IDA estimé à 25 millions USD et dont l’approbation de l’Accord de financement a eu lieu le 25 mars 2010
- Projet de diversification de l’Economie pour lequel la mission d’évaluation est programmée en avril 2010. Le portefeuille des opérations est complété par un certain nombre de fonds fiduciaires y compris les Dons de renforcement des capacités statistiques et les Small Grants Program pour lequel 30,000USD ont été alloué pour le Congo en 2010.
Le portefeuille global est complété par les études analytiques dont les principaux sont : l’étude-diagnostic sur les infrastructures publié en février 2010 ; la Revue des Dépenses Publiques dont la dissémination est programmée en mi-mai 2010 en marge de la Revue du Portefeuille.
Diversification de l'économie pour stimuler une croissance à large assise. Il s'agira notamment de soutenir les efforts de réforme du pays dans trois domaines clés: (i) une meilleure gestion des revenus pétroliers eu égard à la forte volatilité des prix et la baisse possible des réserves à long terme, avec pour objectif une utilisation de ces ressources pour promouvoir le programme de diversification et améliorer les services fournis grâce à des investissements dans le domaine des infrastructures clé, (ii) l'adoption et la mise en œuvre d'une stratégie pour le développement des corridors de croissance qui permettront d'améliorer l'exploitation des ressources naturelles, reliant la production aux marchés, et l'intégration régionale - y compris la restauration de l’industrie des services de transit du Congo; (iii) l’élaboration et la mise en œuvre une stratégie pour éliminer les principaux obstacles au développement du secteur privé, et pour la promotion des petites et moyen entreprises (y compris dans l'agro-business), (iv) l'amélioration de son capital humain, et (v) le renforcement de ses institutions publiques.
Améliorer la prestation des services publics pour le peuple du Congo, en particulier les groupes les plus vulnérables. Cela implique l'amélioration des services de base, en particulier la santé et l'éducation, à travers des programmes bien ciblés et de leur mise en œuvre efficace.
Le soutien accordé dans ces deux domaines sera complété par des efforts continus visant à améliorer la gouvernance et le renforcement des capacités institutionnelles. Cette question ne sera pas traitée de manière isolée, mais plutôt, elle sera prise en compte dans les interventions sectorielles. L’appui aux différents aspects des réformes en cours sur le renforcement de la transparence, la responsabilisation et la capacité institutionnelle dans la gestion des ressources publiques demeure une priorité majeure pour la Banque mondiale. La Banque jouera un rôle critique en facilitant la mise en œuvre de la nouvelle législation récemment adoptée et un plan d'action pour remédier aux faiblesses dans le système de gouvernance, y compris sur la commercialisation du pétrole, la gouvernance et la lutte contre la corruption, ainsi que la gestion des investissements publics et les marchés. En traitant de ces questions, la Banque continuera à soutenir à la fois l'offre et la demande de la gouvernance.
L'appui de la Banque sur les thèmes ci-dessus se traduirait par une série de résultats en termes d'efficacité et de croissance. Sous l’agenda de la diversification économique et de la croissance: (i) la gestion des recettes pétrolières et des dépenses publiques sera rendue plus efficace; (ii) la production et la productivité de l'agriculture commerciale seront renforcées; (iii) des outils pour améliorer la gestion des forêts seront mis en place, (iv) les fondements de la croissance des micro-, petites et moyennes entreprises seront posés; (v) les services du programme des infrastructures actuel ou futur seront améliorés, et (vi) le Congo va jeter les bases d'une augmentation de ses part de marché dans les services de transport en commun au niveau sous-régional. En tenant compte de la prestation de services de base, le principal résultat serait l'amélioration de ces services.
La République du Congo ne dispose pas de nombreux partenaires extérieurs. Les partenaires les plus actifs sont l'Agence française de développement, l'Union européenne, la Banque africaine de développement, et, plus récemment, le gouvernement chinois qui, en 2006, a conclu un accord-cadre avec le gouvernement d’une valeur pouvant atteindre un milliard de dollars américains.
La stratégie de la Banque en termes de la collaboration avec les autres partenaires est basée sur le principe de la synergie et de l'avantage comparatif. A titre d’exemple, l'Union européenne prend les devants dans le secteur de la justice. Ce secteur est essentiel pour, entre autres, l'amélioration du climat des affaires (et, par conséquent, la promotion des MPME), en particulier en ce qui concerne le bon fonctionnement des tribunaux du commerce. La Banque va collaborer étroitement avec l'Union européenne à cet égard, mais ne sera pas impliquée directement dans ce secteur. La Banque se concentrera plutôt sur les autres aspects de l'amélioration du climat des affaires dans lesquels d'autres partenaires ne sont pas très présents.
De même, il existe un vaste programme d'infrastructures qui est en cours, avec un financement du gouvernement ainsi que d'autres partenaires comme la Chine. Les ressources limitées de la Banque seront axées sur la maximisation des avantages afin d’assurer la durabilité de ces investissements, en particulier en ce qui concerne l'amélioration de leur gestion. Cette approche est également valable pour tous les autres secteurs.
A l'avenir, certains partenaires ont exprimé le vœu d’élaborer une stratégie d'aide-pays conjointe. L'AFD, la BAD et l'Union européenne ont approuvé l'ensemble de leurs stratégies d'aide au pays en 2008. La fin de la stratégie de partenariat de la Banque coïncidera avec celle de ces stratégies.