Fiche-pays

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Gabon: Fiche-pays

Situation politique

Le Gabon a une population estimée à 1,5 million d’habitants, dont plus de 75 % vit en zone urbaine. C’est un pays jeune, la moitié de la population a moins de 19 ans.

Le Gabon a été une colonie française de 1885 à 1960. Le premier président du Gabon indépendant, M. Léon M’ba, a été remplacé après son décès en 1967 par celui qui était à l’époque le vice-président, M. Omar Bongo Ondimba. Le président Omar Bongo est resté au pouvoir jusqu’à sa mort en juin 2009. Il était alors le chef d’État en exercice le plus ancien du monde, ayant dirigé le Gabon sans interruption pendant 42 ans. Après sa mort, des élections présidentielles ont été organisées le 30 août 2009, à l’issue desquelles Ali Bongo Ondimba, son fils, a été déclaré vainqueur.

De 1968 à 1990, le Gabon a vécu sous le régime du parti unique. Au début de 1990, le mécontentement face à la situation économique et le désir de libéralisation de la vie politique ont provoqué de violentes manifestations et des grèves étudiantes et ouvrières. Ce mouvement a entraîné un certain nombre de réformes politiques, notamment la création d’un Sénat national, la décentralisation du processus budgétaire, la liberté d’association et de presse ainsi que la suppression du visa obligatoire de sortie du territoire. En 1990 se sont tenues les premières élections législatives multipartites depuis près de 30 ans.

Le Gabon a certes bénéficié de la stabilité politique depuis son indépendance, mais la nouvelle ère politique inaugurée par l’élection d’Ali Bongo se caractérise par un certain degré d’incertitudes et de perturbations politiques et sociales. Les candidats malheureux  à l’élection présidentielle ont rejeté les résultats du scrutin d’août 2009 publiés par la Commission électorale, dont l’annonce a été suivie d’importants troubles sociaux. Le recomptage des voix exigé par la Cour constitutionnelle a confirmé la victoire du candidat du parti au pouvoir, et Ali Bongo a prêté serment en qualité de président de la république le 16 octobre 2009 – Il est le troisième Président élu du Gabon. Depuis deux ans la victoire du chef de l’Etat continue à être contestée par l’opposition.

Le parti au pouvoir, le Parti démocratique gabonais (PDG), domine la vie politique du Gabon depuis les années 1960. Alors que l’opposition est fragmentée, un nouveau parti d’opposition, l’Union nationale (UN), a été formé en février 2010 et dissous en janvier 2011 après que son dirigeant, Mba Obame, se soit autoproclamé le véritable président du pays.

Le mandat présidentiel ayant une durée de sept ans, il n’y aura pas de nouvelle élection présidentielle avant 2016, et les élections sénatoriales sont prévues pour janvier 2015. Toutefois des élections législatives ont eu lieu en décembre 2011, une partie de l’opposition a appelé à boycotter ces élections.

Le Gabon a joué un rôle stratégique en faveur de la paix et de la stabilité dans la région. La position de ce pays sur la scène diplomatique mondiale dépendait largement des rapports personnels – forgés au cours de ses longues années au pouvoir – qu’entretenait l’ancien président Omar Bongo avec d’autres chefs d’État africains. Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, s’est rendu au Gabon en juin 2010. Il a exprimé son soutien aux réformes engagées par les nouvelles autorités depuis octobre 2009, en particulier pour encourager la paix et la stabilité.

Situation économique

Le Gabon est un pays riche en ressources et le cinquième plus gros producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne. Il dispose de terres arables, de forêts et de ressources minières en abondance, d’une biodiversité extraordinaire et de riches gisements de magnésium et de minerai de fer.

Malgré la baisse de la production pétrolière et ses tentatives de diversification économique, le Gabon – 40 ans après le début de l’exploitation pétrolière – reste fortement dépendant du pétrole. Au cours des cinq dernières années, le secteur pétrolier a représenté en moyenne 80 % des exportations, 45 % du PIB et 60 % des recettes budgétaires.

Après de longues années de résultats économiques et de gestion budgétaire médiocres, l’économie gabonaise connaît une embellie depuis cinq ans. La hausse des cours du pétrole couplée à la détermination des autorités de mettre en œuvre des réformes structurelles et d’ajustement budgétaire ont considérablement amélioré la gestion économique et financière. Les réformes structurelles, notamment la privatisation, la mise en œuvre de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), l’amélioration de la capacité budgétaire et la promotion d’un climat attractif pour le secteur privé sont en bonne voie. Toutefois le pays a connu en 2009 et 2010 de nouvelles pressions sur les dépenses.

L’activité économique a subi de plein fouet la crise économique mondiale de 2008 - 2009. Toutes les exportations de produits de base (pétrole, manganèse, bois et hévéa) et de services, notamment de transports, ont diminué en valeur. La croissance du PIB a été négative (-1,4 %) pour la première fois depuis 2000.  Depuis 2010, l’économie a  bénéficié de la reprise de la croissance mondiale et de la hausse des cours de ses principaux produits de base d’exportation (pétrole et manganèse), malgré la dépréciation du dollar par rapport au franc CFA. La croissance globale du PIB a atteint 5,6 % en 2012. Ce regain de croissance a été conduit par  la politique budgétaire expansionniste qui a annoncé un plan de développement d’infrastructures estimée à 12 mille milliards de franc CFA sur la période 2012-2016.

À court terme, tout impact négatif devrait être limité, étant donné l'intégration modeste et  marginales d du pays dans le système financier international. Cependant, si la crise devrait se prolonger, elle  pourrait toucher le Gabon à travers une baisse de la demande mondiale de ses ressources minérales, principalement le pétrole et le manganèse. Dans ce cas, ayant une plus faible charge de la dette, le Gabon pourrait  compter sur les financements externes et principalement l’investissement direct étrangers (IDE) et les prêts concessionnels des pays comme la Chine et Singapour qui ont été actifs dans le pays au cours des dernières années.

Développement humain

En dépit de son revenu par habitant relativement élevé, le pays n'a pu surmonter les défis de la réduction de la pauvreté absolue et relative en assurant un niveau élevé de protection sociale de sa population. Le  Gabon est classé 106e sur 187 pays sur l'indice de développement humain 2011 du  Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et est peu susceptible d’atteindre  nombre d'objectifs du millénaire pour le développement (OMD) d'ici 2015, en particulier les indicateurs relatifs à la pauvreté, le pourcentage d'enfants souffrant de malnutrition, l'achèvement de l'école primaire, la mortalité infantile et maternelle, la prévalence du VIH et l'accès à la santé.

Le chômage des jeunes au Gabon est important. L'office National de l'emploi (ONE) estime que le taux de chômage des jeunes (moins de 30 ans) est de 30 %, le taux total de 16 pour cent. Cette situation s'explique principalement par l'inadéquation entre l'offre de l'enseignement et les besoins du secteur productif : 54 % des offres d'emploi enregistrées par l'ONE se rapportent à des profils de techniciens et de techniciens de haut niveau tandis que 64 % des candidats inscrits n'ont pas toute la formation professionnelle.

Le taux de mortalité infantile a baissé, passant de 155 pour 1000 en 1990 à 60 pour 1000 en 2005, mais il sera malgré tout difficile d'atteindre l'objectif de 31,5 pour 1000 d’ici 2015. De même, malgré une réduction de la mortalité maternelle entre 1990 et 2005 (allant de 600 décès pour 100.000 naissances à 420 décès), il est peu probable que l'objectif de 150 décès pour 100.000 naissances puisse être atteint d'ici 2015. Le taux de prévalence du VIH-Sida est aussi un défi social pour le Gabon.

L'amélioration de la gouvernance est l'un des grands défis du Gabon.  Du point  de vue de la Perception internationale, la corruption est encore très répandue. Le pays est  classé 100 sur 182 dans le Global Corruption Report de transparence International 2011 et 27e sur les 53 pays africains dans l'indice Mo Ibrahim gouvernance, en 2011. La récente revue des dépenses publiques faite par la Banque mondiale  dépense publique (PER) fa a mis en évidence des  faiblesses de gestion des finances publiques, faible dépenses sur les besoins prioritaires. (en moyenne 5,6% des dépenses du budget dans le secteur de la santé contre  8,3% en moyenne en Afrique saharienne).

Stratégie du gouvernement

Reconnaissant les défis liés à la diversification économique et la nécessité de réduire les inégalités sociales croissantes et la pauvreté que connaît le pays, le président gabonais a récemment annoncé l'achèvement du Plan stratégique (Plan Stratégique Gabon émergent - PSGE)  Gabon émergeant. Le PSGE a trois piliers: (i) faire du pays un pôle industriel de référence (Gabon Industriel), l'aménagement forestier durable (ii) engager le Gabon comme  chef de file mondial dans la production de bois tropicaux certifiés, le développement de l'agriculture et l’élevage et la pêche afin d'améliorer la sécurité alimentaire  et le développement durable (Gabon Vert) et (iii) transformer le Gabon en un centre d'excellence en affaires et dans l’offre des services à valeur ajoutée, tels que l'enseignement supérieur et recherche, santé, médias et information technologies (Gabon des Services).

Afin de mettre en œuvre ce vaste programme, le gouvernement a décidé d’accroître la part des ressources allouées à l’investissement public, qui passera ainsi de 14 % à 40 % du budget de l’État sur la période 2010-2016.

Aide du groupe de la Banque mondiale

2012-2016, nouveau cadre de partenariat stratégique.

En 20012, la Banque mondiale  a élaboré une nouvelle stratégie de partenariat  pour le Gabon  couvrant la période 2012-2016.La nouvelle  stratégie de partenariat intervient à un moment où la Banque et le Gabon revitalisent leurs relations, et ou le gouvernement s’engage dans des réformes stratégiques  majeures  en vue d’améliorer ces conditions de  développement.  L’apport de la Banque mondiale va consister à déclencher  un processus de changement transformateur qui soutiendra le gouvernement dans la réalisation des fondements en vue d’une croissance économique durable à moyen et long terme en vue de : (i) accroître la compétitivité et l’emploi au Gabon, et (ii)  soutenir la vulnérabilité et la résilience.  Cette approche devrait contribuer à six résultats au cours de la période envisagé : (i) une amélioration de la gouvernance, la transparence et la responsabilisation dans la gestion du budget national, la gestion de la dette et les ressources minières ; (ii) une amélioration de l’accès aux services d’infrastructures ( électricité et télécommunication) ; (iii) une amélioration du climat des  investissement et du développement du secteur privé ; (iv) une amélioration des compétences professionnelles  et des capacités ; (v) une gestion plus transparente et durable des ressources naturelles ; et (vi) une meilleure connaissance des prestations de services de base dans les domaines de la santé et de la protection sociale.

En août 2010, le gouvernement et la Banque ont signé un accord d’assistance technique remboursable de trois ans. Le premier accord de service annuel (d’un montant pouvant atteindre 3 millions de dollars) prévoit la mise à disposition d’une assistance pour (i) la gestion des finances publiques,( ii) l’évaluation des sources potentielles de croissance non pétrolière et (iii) la mise à jour du profil de pauvreté du pays.

En février 2010, la Banque mondiale et le Gouvernement gabonais ont procédé à un examen de la performance du portefeuille du pays (CPPR) à Libreville. Cet examen a permis d’identifier les principales entraves à la mise en œuvre des opérations du portefeuille et à l’obtention des résultats de développement attendus. Le CPPR a conclu que, malgré certaines difficultés, les projets et programmes de la Banque mondiale au Gabon obtiennent des résultats concrets et que nombreux sont ceux qui sont bien placés pour exercer un impact durable.

Le Gabon est devenu membre de l’Agence multilatérale de Garantie des Investissements (MIGA) en mars 2003. La MIGA garantit actuellement son premier investissement au Gabon, un projet d’enseignement professionnel financé par des investisseurs autrichiens et français. Ce projet prévoit la construction et l’exploitation de sept établissements d’enseignement professionnel dans six villes du Gabon.

Les opérations d’investissement récemment entreprises par l’IFC au Gabon comprennent les 30 millions de dollars engagés en 2005 pour soutenir les programmes d’expansion pétrolière et gazière amont de VAALCO, un client existant d’IFC qui figurait dans son portefeuille d’engagements à hauteur de 3 millions de dollars. En 2006, IFC a pris une participation de 25 millions d’euros, accompagnée d’un accord de confirmation d’un montant de 35 millions d’euros, dans Veolia Water AMI, une holding de services publics diversifiés présente dans de nombreuses régions. Une de ses trois activités les plus importantes est la SEEG, la Société d’énergie et d’eau du Gabon qui a été privatisée suite à une mission consultative d’IFC. La SEEG a été la toute première concession de services publics accordée à une entreprise privée en Afrique (1997), et de l’avis général constitue une réussite. IFC fournit aussi assistance et soutien techniques au gouvernement pour améliorer le climat général des affaires au Gabon. Une série d’actions prioritaires dans ce domaine a été identifiée au cours de la mission « Doing Business » de mars 2010. IFC continuera de soutenir le gouvernement dans la mise en œuvre des mesures identifiées.

Des résultats et des progrès significatifs ont été enregistrés dans le cadre de la mise en œuvre du projet de développement de l’infrastructure locale en cours au Gabon financé par la BIRD. Ce projet vise à accroître l’accès des populations vivant dans des habitats pauvres aux services de base et à améliorer l’accès des PME aux contrats de travaux publics et de construction. À ce jour, le projet a permis à 75 000 personnes vivant en milieu urbain d’accéder à des routes praticables en toutes saisons et à 70 000 autres personnes de bénéficier de meilleures conditions d’hygiène. Les méthodes de passation des marchés et des contrats ont aussi été renforcées pour améliorer l’accès des PME aux marchés publics de génie civil et de construction. Un certain nombre d’autres pratiques positives ont été renforcées dans le cadre du projet, notamment la diminution des délais de paiement des contrats, la mise en œuvre de processus qui permettent une prise en compte systématique des normes de protection sociale et environnementale lors de la préparation et de la mise en œuvre des projets, ainsi que le renforcement des mécanismes de contrôle (audits techniques et financiers réguliers).

Le prêt à l’appui de la politique de développement de la gestion des ressources naturelles au Gabon (NRM-DPL) financé par la BIRD a aussi permis d’obtenir d’importants résultats dans un certain nombre de secteurs. Cette opération a soutenu le Gouvernement gabonais dans ses efforts pour améliorer la transparence, la gouvernance et l’application des lois en matière de gestion des ressources naturelles, dans quatre domaines d’action : i) foresterie, ii) biodiversité – environnement ; iii) pêcheries ; et iv) extraction minière et pétrolière. La seconde tranche, d’un montant de 10 millions de dollars, a été décaissée en juin 2011.

Les progrès réalisés dans le cadre du NRM-DPL sont particulièrement frappants dans le secteur de la foresterie où les comportements de recherche de rentes à court terme étaient généralisés. Le NRM-DPL a contribué à la modernisation du secteur forestier du Gabon grâce i) à la création et à l’utilisation d’instruments pour améliorer la gouvernance du secteur et pour la gestion durable des écosystèmes forestiers ; ii) à l’élimination des distorsions des prix et du marché causées par le monopole de la SNBG sur la vente des grumes sur le marché international ; iii) au renforcement des capacités institutionnelles afin d’améliorer le suivi et le contrôle des activités forestières et iv) à un environnement de l’investissement plus ouvert et plus attractif pour les investisseurs qui s’engagent dans des activités de gestion forestière responsable au Gabon. Les deux résultats quantifiables suivants peuvent être, entre autres, attribués à l’opération NRM-DPL : i) une augmentation marquée du pourcentage des zones qui respectent les prescriptions de la gestion durable, qui est passé de 30 % à 77 % sur la période d’activité du NRM-DPL ; une forte augmentation du taux de recouvrement des recettes forestières, qui devrait passer d’un niveau de 40 % en 2005 à 87 % pour les redevances de zone à l’expiration du NRM-DPL.

Le secteur des pêcheries a lui aussi bénéficié du NRM-DPL, qui est le véhicule qui a permis d’engager la Banque mondiale dans ce secteur au Gabon. Les résultats obtenus dans le cadre de ce DPL ont dépassé les objectifs initialement prévus : la publication régulière de la situation des licences de pêche et de la perception des taxes y afférentes dans la presse nationale (semestriellement), ainsi que sur le site du ministère des Finances sur Internet, place le Gabon parmi les pays de tête pour ce qui est de l’accès du public à l’information dans le secteur des pêcheries. En outre des mesures de conservation ont été prises pour protéger et/ou rétablir les populations halieutiques des zones marines surexploitées ou fragiles par la mise en œuvre de technologies GIS et le renforcement des contrôles.

Le NRM-DPL a également soutenu le secteur de l’environnement par des mesures destinées à améliorer la capacité de mesurer les impacts sociaux et environnementaux des programmes de développement notamment grâce à un nouveau code de l’environnement. De ce fait, la DGE a réussi à augmenter considérablement le nombre des missions (quantité) mais aussi à mieux cibler les missions de contrôle, en fonction des risques éventuels de pollution majeure (qualité). La DGE a en outre considérablement amélioré la qualité du processus d’examen des études d’impact environnemental/plans de gestion environnementale (EIE/PGE) qui sont soumis à la DGE (voir para. 45). De plus, ces EIE/PGE sont également mis à la disposition du public dans les bureaux de la DGE. Dans le secteur minier en particulier, une étude stratégique socio-environnementale du secteur minier industriel a été menée en 2008 : l’étude a fourni une solide base analytique qui est actuellement utilisée par le gouvernement dans le cadre de la réforme du secteur minier, en particulier pour la révision du Code des mines.

Grâce au Fonds fiduciaire pour le renforcement des capacités statistiques, la Banque a pu aussi assister techniquement et financièrement le Gabon dans l’élaboration de sa première Stratégie nationale pour le développement et aider à l’amélioration du suivi des ODM grâce à l’expansion de sa base de données socio-économiques.

La Banque mondiale travaille en étroite collaboration avec le Gabon par le truchement de son bureau de Libreville. Les autres grands partenaires du pays sont : l’Union européenne, la Banque africaine de Développement, le PNUD, l’Organisation mondiale de la Santé et la France.

Dernière mise à jour en octobre 2012




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