| Par Saliou Samb - 12 juin 2007 Depuis le début des années 60, avec le financement des infrastructures de l'Office d'aménagement des bauxites de Boké (OFAB), la Banque mondiale intervient dans le secteur des mines en Guinée. Aussi, de 1986 à 1989, la Banque mondiale a financé pour 4,5 millions de dollars EU le projet de développement minier, et plus tard de 1996 à 2006, le programme de promotion de l'investissement dans le secteur minier, pour un montant de 12,2 millions de dollars EU. C'est sur la base de ces projets que la Guinée a pu concevoir un code minier en 1995 ainsi que certains textes d'application, la couverture géologique du Nord-Est et du Sud Est de la Guinée, complétant ainsi la totalité du pays au 1/200000è. La Banque mondiale est également intervenue pour la restructuration des entreprises minières, la création d'un système d'information géologique et minière, pour un appui institutionnel aux services de l'administration minière, etc., fait remarquer le ministère des Mines. Mieux, la Société financière internationale (SFI) qui est la branche de la Banque mondiale qui s'occupe du secteur privé, a également contribué dans le capital de certains projets miniers tels que la SAG, et envisage, selon nos sources du ministère des mines, de prendre des actions dans le projet de Rio Tinto pour la mise en valeur des gisements de fer du Simandou. Outre ces actions ciblées, la Banque mondiale cherche à accompagner la Guinée dans sa volonté de rendre beaucoup moins opaque la gestion des revenus issus du secteur des mines. Dans ce cadre, assure le ministre des Mines, plusieurs dons ont été accordés par l'institution de Bretton Woods : 477000 dollars EU pour le renforcement des capacités de transparence et de gestion des revenus miniers (cet appui devrait permettre l'élaboration d'une convention minière type qui garantit ultérieurement des conventions et des négociations stables et équilibrées pour toutes les parties) ; 569000 dollars EU pour la mise en œuvre de l'Initiative de transparence dans les industries extractives ; 345000 dollars EU pour une étude relative à la fourniture d'eau et d'électricité dans la région de Boké (Public Private Infrastructure Advisory Facility, PPIAF) ; et enfin une étude dont le montant n'a pas encore été précisé pour favoriser le développement de l'activité minière avec le moins d'impact possible sur l'environnement. « Nous devons assurer une meilleure retombée des richesses sur les populations locales et servir ainsi de catalyseur à une dynamique de développement durable », affirme Dr Sylla. Le volet environnement n'est pas en reste dans le champ d'intervention de la Banque mondiale. Si le ministère des Mines n'a pas bénéficié d'un projet spécifique, la Direction nationale des mines, dans le cadre du projet PISM, a été appuyé par la Banque. « Cette action a permis de procéder au diagnostic environnemental du secteur minier, en aidant à la préparation d'un guide de suivi environnement incluant l'étude d'impact environnemental, l'audit environnemental, et le plan d'administration environnemental », précise le ministre des Mines. Sous-exploitées selon le ministère des Mines, manquant cruellement d'infrastructures de base pour leur exploitation (chemin de fer, énergie, port, etc.), les ressources minières de la Guinée pourraient donc connaître des jours meilleurs avec la politique d'ouverture prônée par le gouvernement. Pour leur part, les autorités, lasses de traverser des villages abritant des populations aux mines déconfites, semblent prêtes à sauter sur toutes les occasions dans le but de les mettre en valeur, puisque c'est l'un des passages obligés pour réduire la pauvreté. C'est à ce niveau que réside essentiellement l'intérêt d'abriter dans son sous-sol les mines de l'espoir...
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