Grâce à la Banque mondiale, des milliers d’Africains ont accès à l’énergie moderne

Les projets financés par la Banque mondiale dans le secteur de l’énergie en Afrique donnent des résultats concrets

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WASHINGTON, le 11 avril 2008 --  En avril, le portefeuille de la Banque compte 48 projets représentant un montant total de 3 milliards de dollars.

Éthiopie  |  Guinée  |  Guinée-Bissau  |  Kenya  | 
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Éthiopie

En Éthiopie, seulement 5 à 7 % de la population a accès à l’électricité et la majorité des habitants utilisent le bois comme source d’énergie pour les activités domestiques. La pollution intérieure occasionnée par la combustion du bois est l’une des principales causes de maladies respiratoires, d’insuffisance pondérale à la naissance et même du cancer du poumon. L’utilisation du bois comme combustible a également accéléré le déboisement dans le pays.

Dans le cadre du projet d’expansion de l’accès à l’énergie en Éthiopie (exercice 03, 132,7 millions de dollars), la Banque mondiale a financé l’achat, la distribution et l’installation d’un million de fourneaux à bon rendement énergétique dans les foyers éthiopiens qui utilisaient auparavant le bois pour la préparation des repas.

En plus de donner accès à l’électricité à quelque 3,5 millions de personnes (700 000 ménages), les projets en cours ont permis de se pencher sur des questions telles que l’utilisation rationnelle de l’énergie, l’accessibilité financière de l’électricité pour les populations rurales, la fourniture de services énergétiques modernes dans les régions isolées et les moyens de faire en sorte que le raccordement au réseau électrique accroisse la productivité et la richesse.

Pour les ménages qui ont déjà l’électricité, la Banque mondiale finance le remplacement des ampoules incandescentes par des ampoules fluocompactes à basse consommation, ce qui réduit d’au moins 55 % la note d’électricité des ménages pauvres tout en réduisant considérablement leur « empreinte carbone ».

La Banque mondiale aide l’Éthiopie à installer des mini-centrales hydroélectriques et des générateurs photovoltaïques pour les institutions publiques, les services sociaux et les ménages non raccordés au réseau électrique, et à mettre en place l'initiative « Lighting Africa » (Éclairer l’Afrique) dans les régions isolées, qui vise à remplacer les lanternes et autres moyens d’éclairage à base de combustibles par des dispositifs modernes, transportables et plus sûrs qui fonctionnent manuellement ou à l’énergie solaire.

Grâce au Programme mondial de soutien en fonction de la production, la Banque mondiale réduit le coût de raccordement individuel aux pylônes électriques, qui était trop élevé pour permettre aux pauvres de se brancher sur le réseau électrique même si leur village avait été raccordé.

D’autre part, une équipe commune Énergie-Agriculture collabore à un projet pilote d’amélioration de la productivité agricole post-récolte dans les régions raccordées au réseau électrique pour faire en sorte que l’électricité soit utilisée non seulement pour l’éclairage mais aussi pour la production.

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Guinée

En Guinée, les services d’électricité se limitent essentiellement à la capitale, où les coupures de courant sont fréquentes. Afin d’améliorer la performance du secteur, la compagnie d’électricité EDG a été mise en concession en 1994 mais l’État a repris la gestion en 2001 après la rupture du contrat de concession. Le secteur est resté dans un état critique pendant des années et était sur le point de s’effondrer, face à l’incapacité d’EDG de recouvrer les impayés.

En partenariat avec le Gouvernement guinéen, la Banque mondiale a pris les mesures nécessaires pour faire face à la crise sans plus tarder. Le Projet d’électrification rurale décentralisée en Guinée (exercice 03, apport de 5 millions de dollars de l’IDA et de 2 millions de dollars du FEM) a donné des résultats prometteurs dans le secteur de l’électricité en développant l’électrification rurale. Il a également permis à 4 000 ménages ruraux d’avoir accès à l’électricité et il est prévu de raccorder 15 000 ménages supplémentaires.

Le projet a produit d’autres résultats, notamment :

  • Quatorze cabinets-conseil ont reçu une formation
  • Le mécanisme de financement de l’électrification décentralisée fonctionne bien, grâce à un financement régulier par les autorités publiques et à l’appui financier des bailleurs de fonds (14 prêts consentis, 16 projets à l’étude)
  • Quelque 800 millions de francs guinéens ont été mobilisés en faveur de l’électrification rurale auprès du secteur privé
  • Deux projets d’énergie solaire et deux projets de mini-centrale hydroélectrique sont en préparation

Le projet a facilité neuf sous-projets déjà en place et cinq sous-projets en cours de construction, et l’appui du secteur privé a été confirmé pour seize sous-projets supplémentaires dans le cadre d’une initiative novatrice et à faible coût faisait appel aux petites en moyennes entreprises (PME).

Les projets ont été mis en œuvre dans les quatre régions du pays, couvrant un large éventail démographique et socio-économique puisqu’ils touchent aussi bien les petits villages que les villes rurales plus importantes. Les PME locales ont indiqué qu’elles étaient intéressées par une participation au programme même au-delà du financement disponible.

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Guinée-Bissau

Le projet multisectoriel de réhabilitation des infrastructures en Guinée-Bissau (exercice 06, 15 millions de dollars) a fourni des services d’électricité d’appoint en janvier 2008, lorsque la distribution d’électricité, déjà insuffisante avec une capacité de seulement 1,2 mégawatts, a été interrompue.

Le projet a permis au pays d’échapper à l’obscurité totale en installant en février des groupes électrogènes loués d’une capacité de 2,3 mégawatts et il est prévu de fournir 5 mégawatts supplémentaires en mai 2008, en attendant la mise en place du projet régional de distribution d’électricité à plus grande échelle.

Dans un pays où seulement 2,6 % de la population, principalement dans la capitale Bissau, a accès à l’électricité, les générateurs thermiques d’appoint ont assuré le relais nécessaire pour améliorer la situation économique et les conditions de vie.

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Kenya

Le projet de redressement du secteur énergétique du Kenya (exercice 05, 80 millions de dollars) a permis de moderniser, de renforcer et d’étendre le réseau national de distribution d’électricité, tout en fournissant des compteurs pour raccorder 400 000 nouveaux usagers.

En 2007, la société nationale d’électricité, KPLC, a relié 122 000 nouveaux clients au réseau électrique. Le nombre de personnes desservies a augmenté de 600 000 à 1 000 000 en janvier 2008 et les pertes de réseau ont diminué de 18,7 % en 2004 à 17,6 % environ en juin 2007.  La Banque européenne d’investissement, l’Agence française de développement et le Fonds nordique de développement cofinancent le projet.

Le Kenya compte également tirer parti des ressources du projet pour créer une compagnie de développement géothermique qui reprendra à son compte les opérations de prospection géothermique de KenGen et vendra la vapeur géothermique utilisée par les groupes électrogènes publics et privés. Cela permettra d’accroître la capacité géothermique déjà installée, qui s’établit à 128 mégawatts.

Le projet finance par ailleurs la construction d’un troisième générateur, d’une capacité de 35 mégawatts, dans la centrale géothermique Olkaria II. L’accroissement de capacité d’Olkaria II ouvre également droit à des financements pour la réduction des émissions de carbone du fait que l’énergie géothermique est renouvelable.

Parallèlement, le secteur privé va augmenter sa capacité de production géothermique en construisant un générateur de 35 mégawatts avec l’appui d’une garantie de la MIGA.

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Mali

Au Mali, 8 % à peine de la population ont accès à l’électricité. La plupart des ménages ruraux utilisent du kérosène, des piles sèches ou des batteries de voiture pour l’éclairage et les autres besoins d’énergie domestique. Environ la moitié des 5 700 villages maliens ont une école et/ou un dispensaire, mais la plupart ne disposent d’aucune source d’énergie pour l’éclairage ou le fonctionnement du matériel.

Dans le cadre du projet Énergie domestique et accès universel aux services de base, la nouvelle Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et de l’électrification rurale, AMADER, a approuvé une quarantaine de plans d’électrification rurale qui permettront le raccordement de 30 000 ménages au réseau d’ici à décembre 2008.

Les entreprises privées locales sont l’élément moteur de ce projet. Elles ont fourni un cofinancement de contrepartie à hauteur de 25 % des programmes financés.

AMADER a fait œuvre de pionner en ajoutant un réseau d’éclairage public aux plates-formes multifonctionnelles. Au total, 3 400 éclairages publics et 690 institutions et centres publics et communautaires sont raccordés au réseau, y compris 82 écoles et 45 centres de santé. Ces plates-formes multifonctionnelles sont gérées par des associations féminines qui reçoivent une formation aux règles comptables de base dispensée dans la langue locale dans le cadre du projet.

En remplaçant les foyers ouverts et les bougies par des services énergétiques plus modernes, les enfants peuvent faire leurs devoirs le soir, les mères peuvent s’occuper de leurs enfants la nuit dans de meilleures conditions de sécurité, les habitants ont de nouvelles sources de revenu telles que la fabrication de glace, la transformation alimentaire et la téléphonie rurale, et les marchés sont ouverts en soirée. Les activités de loisirs, les mariages, les cérémonies traditionnelles et les séances de prière peuvent avoir lieu après la tombée du jour, pour le plus grand plaisir des villageois.

La composante Énergie domestique du projet a financé la distribution de 421 000 fourneaux améliorés au bois et au charbon de bois et de 30 000 ampoules fluocompactes qui consomment moins d’énergie et réduisent les émissions de carbone. L’accès à un matériel amélioré de préparation des repas réduit les risques occasionnés par la pollution intérieure pour la santé, tels que les maladies respiratoires aiguës, le cancer du poumon et l’insuffisance pondérale à la naissance.

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Ouganda

En Ouganda, cinq à huit pour cent de la population ont accès à l’électricité, les ménages raccordés étant concentrés dans la capitale Kampala et ses environs. En l’absence de services d’électricité suffisants et réguliers, les ménages raccordés au réseau ont dû faire face au cours des dernières années à des pannes de courant répétitives qui ont pratiquement enrayé l’expansion économique du pays.

Tandis que de nouvelles sources d’énergie sont mises en valeur, les autorités cherchent d’autres moyens de réduire le facteur de charge du réseau électrique.  Le projet Ouganda IV mené par la Banque mondiale (exercice 02, 62 millions de dollars) a soutenu cet effort en finançant la distribution de 800 000 ampoules fluocompactes longue durée à faible consommation d’énergie et faible émission de carbone aux ménages, aux entreprises et aux services sociaux.

Par ailleurs, le projet énergétique pour la transformation des zones rurales (exercice 02, 49,2 millions de dollars) va entamer la deuxième de ses trois phases après avoir élaboré et mis en place un cadre institutionnel qui facilite l’expansion de l’électrification rurale. Dans le cadre du projet, les communautés rurales exploitent des sources d’énergie telles que l’énergie solaire et l’hydroélectricité pour permettre aux ménages, aux centres de santé et aux services sociaux d’avoir accès à l’électricité. Certaines communautés font une mise de fonds initiale équivalant à 20 ou 30 % du coût du projet et le solde est subventionné par l’agence d’électrification rurale. Les centrales sont exploitées par des entreprises privées sur une base commerciale.

Le projet a également permis d’élaborer un accord type d’achat d’électricité qui a joué un rôle majeur en encourageant le secteur privé à financer les projets de mini-centrale hydroélectrique. Le projet continuera à financer l’achat et l’installation des lignes de transport d’électricité entre ces centrales et les usagers nouvellement raccordés.

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Rwanda

Le réseau électrique du Rwanda a été presque entièrement détruit par la guerre civile de 1994 et aucun entretien n’avait été assuré depuis. L’alimentation électrique était irrégulière, dangereuse et limitée par les pertes de réseau ou le vol.

Dans le cadre du projet de réhabilitation urgente du secteur de l’électricité (exercice 05, 29,9 millions de dollars), la Banque mondiale a aidé le Rwanda à entreprendre la réparation de son réseau électrique et la compagnie nationale d’électricité à rétablir ses opérations et sa situation financière. 

Pour gérer la demande d’électricité en période de pointe, la Banque a financé la distribution à 50 000 ménages d’ampoules fluocompactes qui consomment moins d’énergie, émettent moins de carbone et durent plus longtemps que les ampoules traditionnelles. Le programme distribuera 400 000 ampoules fluocompactes d’ici la fin du projet et représente le premier projet rwandais de financement pour la réduction des émissions de carbone.

Bien que le Rwanda utilise encore des groupes électrogènes diesel d’urgence jusqu’à ce que d’autres sources d’énergie soient mises au point, ces mesures aideront le pays à jeter les bases du programme d’élargissement de l’accès à l’électricité, qui prévoit de raccorder jusqu’à 200 000 ménages au cours des prochaines années, contre 85 000 aujourd’hui.

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Sénégal

Grâce au projet de diffusion de l’accès aux services électriques ruraux (exercice 05, apport de 29,9 millions de dollars de l’IDA et de 5 millions de dollars du FEM), 20 000 familles, entreprises et services sociaux en milieu rural ont aujourd’hui accès à l’électricité.

Ce projet a permis au secteur privé de soumettre des offres pour raccorder de nouveaux clients ruraux et accroître ainsi leur accès aux services énergétiques modernes.

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Tanzanie

Avant 2001, la Tanzanie devait importer du fuel lourd et du diesel pour produire à grand prix l’énergie thermique nécessaire, en plus de l’électricité produite par les centrales hydroélectriques du pays, afin d’alimenter le réseau électrique national.

Aujourd’hui, le pays utilise essentiellement ses propres réserves de gaz naturel (en complément de l’hydroélectricité) pour la production d’électricité, grâce au projet d’exploitation de gaz et de production d’électricité de Songo Songo financé par la Banque (exercice 02, 220 millions de dollars). Ce projet a financé l’acquisition et l’installation d’un gazoduc entre l’île de Songo Songo et la centrale d’Ubungo près de Dar es Salaam. 

La Banque mondiale a également financé les logements et les infrastructures nécessaires pour la réinstallation des populations déplacées, conformément aux règles internationales de sauvegarde sociale.

Outre l’installation du gazoduc, le projet a financé la conversion de la centrale d’Ubungo du fuel au gaz, qui revient moins cher et porte moins atteinte à l’environnement. L’utilisation des ressources nationales en gaz pour la production d’électricité a permis d’économiser un milliard de dollars au cours des sept dernières années selon les estimations, ce qui a réduit le coût de l’électricité pour les usagers.

Le projet offre un bel exemple de producteur d’électricité indépendant (Independent Power Producer - IPP) capable de fonctionner de manière efficace et rentable en Tanzanie, tout en améliorant la discipline contractuelle dans le secteur.

La Banque mondiale a également fourni une assistance technique au Gouvernement tanzanien pour élaborer un plan global d’expansion du secteur énergétique au moindre coût et une politique relative aux producteurs d’électricité indépendants, et a fourni des conseils juridiques et financiers pour la mise en place du prochain IPP.

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