Une entreprise locale réalise des bénéfices en alimentant en eau un village de Madagascar

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  • Seuls 30 % des résidents d’une petite communauté de Madagascar ont accès à de l’eau potable
  • Grâce à l’Association internationale de développement (IDA), une entreprise privée améliore leur accès à l’eau et, ainsi, rehausse leur niveau de vie
  • Les progrès enregistrés en matière d’accès à l’eau potable permettront aussi de booster l’activité économique

AMBOHIJANAKA, 20 août 2009 – À Madagascar, où seulement 36 % de la population rurale ont accès à de l’eau potable, il incombe souvent aux femmes et aux enfants d’aller chercher de l’eau. Il faut souvent faire une heure de marche au moins pour trouver de l’eau propre, et la quantité est limitée. 

« Avant que Sandandrano n’arrive dans notre village, nous avions quinze minutes de marche jusqu’au point d’eau, et autant pour revenir à la maison », explique Lila, jeune adolescente vivant à Ambohijanaka, petit village rural proche de la capitale de Madagascar, Antananarivo. « Nous ne pouvions rapporter à la maison que deux seaux d’eau, parce qu’il était difficile de parcourir la vallée en les portant ».  

À 17 kilomètres à peine de la capitale, la situation des habitants d’Ambohijanaka est chose courante dans cette nation insulaire. Seuls 124 722 foyers sur une population totale de 19 millions d’habitants ont accès à l’eau courante, alimentée par l’État.  

« Sur les 15 803 personnes qui vivent là, 30 % des foyers seulement sont raccordés au réseau commercial de JIRAMA, la société nationale de distribution d’eau », explique Alain Ratsimbazafy, maire d’Ambohijanaka.  

Une entreprise bâtie sur des fondements solides 

En 2004, un ingénieur de 50 ans, spécialisé dans l’eau, a décidé de changer la vie à Ambohijanaka. Grâce au Projet pilote d’alimentation en eau potable et d’assainissement en milieu rural de la Banque mondiale, mis en œuvre par le Gouvernement malgache entre 1998 et 2005, Gerald Razafinjato a perçu une subvention de 53 000 euros (64 130 dollars) pour améliorer le réseau de distribution d’eau à Ambohijanaka et dans d’autres zones rurales situées autour de la capitale de Madagascar. Cette subvention a permis à sa société Sandandrano de financer l’installation de 14 kilomètres de canalisations, soit 80 % du réseau total du village.  

Aujourd’hui, selon son fondateur, Sandandrano a investi à Ambohijanaka 140 000 euros (181 000 dollars) prélevés sur ses propres deniers, les opérations sont rentables et 200 raccordements individuels ont été établis, desservant au moins 4 000 personnes. Et, comme les foyers revendent l’eau à d’autres foyers, on estime à encore 2 000 le nombre de personnes qui en profitent.  

D’après Razafinjato, le but de sa société est de fournir de l’eau de qualité et en quantité suffisante pour satisfaire les besoins de la population. L’eau qu’il distribue est tenue aux normes internationales en termes de santé et de potabilité par un laboratoire indépendant et les autorités du village envisagent maintenant l’expansion des réseaux gérés par JIRAMA et Sandandrano afin d’élargir l’accès de la population du village à de l’eau propre et salubre. 

« Sandandrano a changé la vie à Ambohijanaka », estime Hery Andriamahefarivo, président du conseil municipal du village. « Les gens, mais aussi les activités économiques, profitent de ce service. » 

Outre la distribution d’eau potable dans les foyers, la société fait aussi fonction de catalyseur pour l’activité économique dans le village. 

« Certaines personnes ont investi dans l’élevage de poulets et des planteurs sont devenus fournisseurs pour les exportations de légumes [du fait de leur accès à l’eau potable] », indique le maire Ratsimbazafy.  

Julie Ana Heriniaina est l’une des chefs d’entreprise qui a tiré profit de l’alimentation du village en eau. En 2007, Heriniaina a bénéficié d’un raccordement individuel au réseau d’eau et a entrepris de planter des fleurs. Aujourd’hui, ses fleurs sont vendues sur les marchés d’Antananarivo ou achetées par des institutions pour agrémenter des manifestations publiques. Elle s’est aussi lancée dans l’élevage de porcs et la pisciculture et est sur le point d’acheter une vache laitière. 

« Tout cela a été possible uniquement par l’alimentation en eau assurée par Sandandrano », se félicite Heriniaina. « Ma consommation journalière est actuellement de 1 500 litres environ. Vous imaginez, si nous devions à chaque fois faire une heure de marche pour ne rapporter que deux seaux d’eau, comme nous le faisons autrefois… ». 

La participation de la Banque mondiale 

Le Projet d’alimentation en eau potable et d’assainissement en milieu rural a été le premier d’une série de projets soutenus par la Banque mondiale à Madagascar pour améliorer la qualité de l’eau et l’assainissement. Le Projet de l’IGP en cours vise à financer les infrastructures requises pour améliorer l’alimentation en eau potable des foyers de deux grandes villes : Tolagnaro et Nosy Be. Un projet alimentaire distinct, le Programme de nutrition de la communauté nationale, comporte un volet sur l’éducation et l’assainissement.  

D’après des responsables officiels, Sandandrano constitue un bon exemple de partenariat public-privé réussi, qui améliore le niveau de vie des populations. 

« Le développement est avant tout l’affaire des gens qui voient leur niveau de vie progresser dans des domaines comme l’éducation, la santé ou les revenus », fait observer Ruth Kagia, Directrice de la Banque mondiale pour Madagascar. « L’exemple de Sandandrano montre qu’il est possible de faire des affaires rentables dans les zones rurales tout en assurant un service essentiel à la population. J’invite le secteur privé à saisir cette opportunité pour payer son tribut au développement du pays ». 




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