Fiche-pays

Dernière mise à jour :  mars 2009

Mali  

Données de base

  • Le Mali est un vaste pays semi-aride, enclavé et à 60 % désertique, d’une superficie de 1,2 million de kilomètres carrés. Bien que constitué d’une vaste étendue de plaines arrosées par deux grands fleuves, le Sénégal sur sa bordure occidentale et le grand fleuve Niger, il est exposé aux sécheresses et risque de se désertifier plus encore.
  • Ces dernières années, l’économie malienne a affiché une bonne croissance en dépit de fluctuations annuelles dues à des chocs répétés. Sur la période 2003-2006, son taux de croissance moyenne annuelle s’est établi à 5,3 %, du fait principalement des activités d’extraction d’or et des services de transport et de télécommunications. L’année 2007 a été moins bonne en raison de mauvaises conditions climatiques et de difficultés techniques qui ont affecté la production de l’or.
  • Mais, malgré ce niveau de croissance favorable, le Mali reste l’un des pays les plus pauvres au monde : en 2006, il était 175 e sur les 177 pays que compte l’Indice de développement humain du PNUD. Il compte 13,5 millions d’habitants dont la majorité vit en milieu rural, avec un taux de croissance démographique de l’ordre de 3 % par an.
  • Selon les estimations, le pourcentage de population vivant dans la pauvreté est tombé de 55,6 à 47,4 % entre 2001 et 2006. La pauvreté reste un phénomène essentiellement rural.
  • Le pays ne pourra pas atteindre tous les objectifs de développement pour le Millénaire (ODM) d’ici 2015, en particulier dans le domaine de la santé.
  • À l’issue d’élections présidentielles et législatives concluantes, Modibo Sidibé a été nommé Premier ministre le 28 septembre 2007, et un nouveau gouvernement constitué de personnes appartenant à des parties favorables au Président ainsi que de technocrates a été formé en début octobre 2007.
  • Au titre des CPIA (Évaluations de la politique et des institutions nationales), le Mali a reçu la note de  3,7 en 2006.
  • Il est 166 e sur les 181 pays que compte Doing Business 2009.

Évolution politique

 

Le Mali a opéré une remarquable mutation sur le plan politique en instaurant un processus démocratique qui n’a cessé de se consolider tout au long des années 1990, atteignant son point culminant en 2002 avec le transfert pacifique du pouvoir entre deux dirigeants démocratiquement élus. Mai 2004 a vu la formation du troisième gouvernement multipartite depuis l’entrée en fonctions du président Amadou Toumani Touré en juin 2002.

Le pays a tenu au total quatre élections présidentielles dont la dernière en date, celle d’avril 2007, a vu la réélection d’Amadou Toumani Touré pour un second et ― en vertu de la Constitution ― dernier mandat. Les élections parlementaires qui ont suivi ont été remportées à une écrasante majorité par l’Alliance pour le développement et le progrès (ADP), coalition qui soutient le Président. La compétition règne sur la scène politique et la société civile joue un rôle important dans le dialogue national. Ainsi, le Mali se classe au premier rang des pays africains en transition vers un système politique pluraliste et véritablement démocratique.

La stabilisation de la situation sécuritaire au nord reste une priorité pour le gouvernement. Après des mois d’une campagne incessante menée contre les forces armées par des militants touaregs, et l’accord de paix conclu l’été dernier et assorti d’un engagement pour une aide au développement de 2 millions de dollars en faveur du nord du pays, le gouvernement a intensifié ses efforts pour trouver une solution pacifique aux attaques récurrentes des factions minoritaires touaregs. Les rebelles touaregs ont libéré une deuxième vague de soldats maliens capturés en août-septembre 2007. Cette mesure fait suite à un ballet diplomatique qui a duré une semaine à Alger, a contribué à renforcer la collaboration entre l’Algérie et le Mali par la conclusion d’un accord de coopération militaire et la décision de coordonner les patrouilles aux frontières. Les autorités maliennes examinent actuellement les conditions posées par les rebelles pour déposer les armes.

Situation économique

 

La performance de l’économie malienne est tributaire du climat et des variations des termes de l’échange. Elle dépend aussi des ports situés dans les pays voisins, de la concentration de ses exportations sur trois produits du secteur primaire (or, coton et produits de l’élevage) et de la faiblesse de ses capacités sur le plan administratif.

Malgré une série de chocs défavorables, le taux de croissance réelle du PIB s’est établi en moyenne à un solide niveau de 5 % par an depuis 1994, ce qui a permis une progression du revenu national brut (RNB) par habitant de 240 dollars en 1994 à 380 dollars en 2005, soit une moyenne de 4 % par an. Ces résultats favorables peuvent être mis au compte du rétablissement de la stabilité sur les fronts politique et social au début des années 90, et de la mise en œuvre effective des mesures de stabilisation macroéconomique et de libéralisation de l’économie durant la période qui a précédé et suivi la dévaluation du franc CFA (de la Communauté financière africaine) en 1994.

En 2006, la croissance du PIB a atteint 5,3 % sous l’effet conjugué d’une bonne récolte céréalière, conséquence de précipitations favorables, de la hausse de la production d’or et d’un nouvel essor du secteur des services. Des améliorations ont aussi été constatées au niveau d’autres indicateurs macroéconomiques. Le Mali a ainsi vu son taux d’inflation chuter de 6,4 à 1,5 %, et sa position extérieure se renforcer grâce à l’augmentation de ses exportations d’or et à l’amélioration des termes de l’échange. En outre, le niveau de ses réserves internationales brutes reste confortable ― équivalent à six mois d’exportations ― et, suite à l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale, sa dette extérieure est tombée à 20 % du PIB en 2006.

La stabilité macroéconomique a été préservée en 2007, malgré une décélération de la croissance économique réelle à 2,8 % environ. Cette mauvaise performance au plan de la croissance s’explique par l’arrivée tardive et l’excès de pluies qui ont affecté la production agricole, cotonnière en particulier, et les difficultés techniques rencontrées dans la production de l’or. En dépit de l’envolée des cours du pétrole et des produits alimentaires sur les marchés internationaux, l’inflation est restée faible, à 1,8 %. Pour atteindre la deuxième cible de sa stratégie de réduction de la pauvreté, à savoir atteindre un taux de croissance annuelle de 7 %, le Mali devra accélérer la mise en œuvre de réformes et mesures essentielles pour réduire sa vulnérabilité et accroitre sa compétitivité.

Contexte social

 

Selon les estimations, le pourcentage de population vivant dans la pauvreté est tombé de 55,6 à 47,4 % entre 2001 et 2006. Si cela marque une avancée acceptable sur le front de la réduction de la pauvreté, les progrès en question sont irréguliers et les clivages géographiques se creusent. Le niveau de pauvreté dans la région de Sikasso demeure très élevé. À cela s’ajoute le taux de croissance démographique élevé qui rend difficile une réduction rapide de la pauvreté, malgré une progression favorable de l’économie.

Les indicateurs sociaux présentent actuellement un tableau contrasté, et le Mali n’atteindra probablement pas tous ses OMD sans une croissance plus forte et plus largement partagée sur le moyen terme, conjuguée à l’amélioration de l’accès des pauvres aux services.

Le Mali devrait atteindre les objectifs fixés en matière d’accès à l’eau potable et de lutte contre le VIH/SIDA s’il poursuit sur la lancée de ces dernières années. Il pourrait par ailleurs atteindre les cibles concernant l’extrême pauvreté, le taux de scolarisation dans le primaire, l’égalité des sexes dans ce même domaine, et la coordination entre donateurs. Pour cela, le pays et ses partenaires devront consentir un surcroît d’efforts dans tous ces domaines. Le taux brut de scolarisation dans le primaire est passé de 56,6 % en 1999-2000 à 72 % en 2004-2005. Il a aussi progressé pour les filles, passant de 46 à 62 % sur la même période. Cependant, le Mali n’atteindra probablement pas les OMD en matière de santé : en 2006, son taux de mortalité infantile se situait à 96 pour 1 000 naissances vivantes, et son taux de mortalité maternelle à 582 pour 100 000.

Coordination de l’aide

Bénéficiant d’un volume important d’apports d’aide, le Mali accorde une attention particulière au renforcement des processus de coordination et d’harmonisation entre donateurs. Pour mettre en œuvre le processus d’harmonisation, en collaboration avec ses partenaires, le gouvernement a arrêté une approche de coordination par secteurs clés. Ainsi, les interventions des donateurs s’organisent autour de stratégies sectorielles et de cadres de dépenses à moyen terme. En outre, six donateurs, dont la Banque, ont signé en mars 2006 un protocole d’accord avec le Gouvernement malien sur un cadre conjoint d’appui budgétaire, aux termes duquel les signataires s’engagent à adopter une série uniforme de principes généraux pour l’aide budgétaire accordée au Mali.

Le gouvernement a établi un secrétariat pour l’harmonisation de l’aide et adopté à cet égard un plan d’action qui aura pour effet de renforcer son rôle directeur. Les donateurs ont aligné leur aide sur le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté, et le gouvernement discute périodiquement avec eux de l’état d’avancement de cette stratégie.

Les donateurs ont par ailleurs mis en place une cellule d’appui technique qui les aide à harmoniser leurs interventions et à préparer les consultations avec les responsables du pays. Ils tiennent entre eux des réunions mensuelles dont la présidence change tous les six mois, selon un système de rotation alternée entre donateurs bilatéraux et multilatéraux.

Il est possible que les apports d’aide au Mali augmentent avec l’afflux croissant de donateurs. Certains partenaires bilatéraux (Belgique, Canada, Danemark, Pays-Bas et Suède) ont choisi le Mali comme pays-cible de leur aide extérieure pour les années à venir, et des partenaires non traditionnels (à savoir la Chine et l’Inde) sont de plus en plus présents dans le pays. Aussi le Mali fait-il face au défi d’unir les donateurs autour d’une stratégie conjointe et d’utiliser l’aide reçue de manière plus efficace grâce à une coordination et une harmonisation plus étroites des donateurs et une simplification accrue de l’aide.

Programme du Groupe de la Banque mondiale 

Le Mali est devenu membre de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et de l’Association internationale de développement (IDA) en 1963, et la Banque y a établi son bureau-pays en 1976.

La stratégie du Groupe de la Banque mondiale, énoncée dans la Stratégie conjointe d’aide-pays (CAS) IDA-IFC examinée par le Conseil d’administration le 5 février 2008, est destinée à soutenir les principaux axes du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté de 2006. Elle porte sur la période 2008-2011, et vise deux objectifs stratégiques, à savoir : i) promouvoir une croissance rapide et largement partagée et ii) renforcer la performance du secteur public en matière de prestation de services. Dans le cadre des deux axes de la CAS, la Banque se concentrera sur : a) la croissance tirée par le secteur privé en s’attaquant à des contraintes majeures, telles que la productivité, l’énergie, le transport et les finances, et en reliant le pays au reste du monde ; b) la gouvernance et ; c) le renforcement des capacités.

La Banque soutient aussi le Mali dans le cadre de sa Stratégie d’aide à l’intégration régionale (2001), notamment les programmes de raccordement au Pool énergétique d’Afrique de l’Ouest, l’harmonisation des politiques nationales et/ou des cadres réglementaires (télécommunications, agriculture et secteurs financiers), la mise en valeur des ressources en eau des fleuves Sénégal et Niger, le renforcement des corridors de transport routier et la facilitation des échanges, et le renforcement des systèmes régionaux de paiement. L’aide de la Banque au Mali dans le cadre de son programme d’appui à l’intégration régionale sera pleinement alignée sur la Stratégie régionale de réduction de la pauvreté et les priorités du programme économique régional de l’UEMOA.

Pour ce qui est du portefeuille de l’IDA, il comprend actuellement 14 projets (dont la liste est fournie plus loin) pour un engagement net de 549,3 millions de dollars, dont 368,6 millions n’ont pas encore été décaissés. Près de 32 % du portefeuille de l’IDA porte sur le développement rural et plus de 25 % sur le secteur du transport. Depuis 2007, la Banque a accordé une aide budgétaire au Mali sous forme de Crédits d’appui à la réduction de la pauvreté (CARP) sous-tendus par un programme à moyen terme. Eu égard aux montants limités des allocations de l’IDA, la CAS 2008-2011 envisage des opérations annuelles en appui aux politiques de développement et des investissements autonomes dans des projets clés des secteurs énergétique, agricole et urbain.

 

IFC

Le portefeuille de la Société financière internationale (IFC) au Mali se chiffre à 6,77 millions de dollars. Il comprend des intérêts fiduciaires dans une entreprise d’extraction de l’or, la SEMOS, et deux prêts à l’Hôtel Salam et l’entreprise Graphique Industrie.

Dans le cadre de ses interventions, l’IFC poursuit les objectifs ci-après : a) prendre l’initiative de la recherche de possibilités d’investissement dans divers secteurs, y compris financier, agroindustriel, manufacturier, touristique et minier ; b) mettre en place des programmes au titre du Partenariat pour l’entreprise privée en Afrique (PEP-Afrique) pour favoriser l’émergence d’un environnement porteur et développer le secteur touristique ; c) soutenir le développement des PME dans le cadre de l’initiative conjointe IDA/IFC en faveur des MPME, en particulier en améliorant leur accès aux financements ; et d) offrir des services de conseil pour les opérations de privatisation, en cas de besoin.  

MIGA

 

Le portefeuille de la MIGA pour le Mali comprend un projet représentant un engagement brut de 16,2 millions de dollars. L’Agence a émis des garanties pour une société sénégalaise afin de soutenir son investissement dans un projet de fourniture de services de télécommunications au Mali. Ce projet a également pour but de doter le Mali de son premier réseau cellulaire GSM entièrement numérique, qui devrait améliorer la qualité et l’efficacité des téléphones portables. La MIGA a émis d’autres garanties pour un investisseur malien, en vue d’appuyer ses investissements pour la rénovation de deux hôtels publics au Burkina Faso et en Guinée-Bissau. Tous ces projets, qui représentent un engagement brut de 4 millions de dollars, vont aider à faciliter les transactions pour les entreprises locales et étrangères.

Les activités d’assistance technique de la MIGA sont exécutées par l’intermédiaire du Service-conseil pour l’investissement étranger (FIAS), dont le programme de réforme du climat des investissements a été lancé durant l’exercice en cours. L’objectif visé est d’aider les autorités à mettre en œuvre des réformes réglementaires et institutionnelles en vue de stimuler l’investissement privé intérieur et étranger. 

Intitulé du projet

Montant engagé (USD millions)

Programme d’investissement sectoriel de l’éducation, Phase II

50,0

Appui aux services agricoles et aux organisations paysannes (PASAOP)

63,5

Développement du secteur financier (PDSF)

21,0

Centre de formation pour le développement (PCFD)

2,5

Énergie domestique et accès aux services de base en milieu rural (PEDASB)

35,7

Projet multisectoriel de lutte contre le sida (MAP)

25,5

CARP2

42

Amélioration des corridors de transport (PACT)

48,7

Appui à la croissance

55,0

Compétitivité et diversification agricoles (PCDA)

46,4

Appui aux communautés rurales (PACR)

60,0

Second projet sectoriel des transports

90,0

Énergie domestique (financement du FEM)

3,5

Conservation et valorisation de la biodiversité du Gourma (financement du FEM)

5,5

Total

549,3

 

Contacts

Mr. Habib Fetini
Directeur–Pays
Tel: (221) 33 859 41 11
Fax:
Fax: (221) 33 825 15 18
E-mail:
hfetini@worldbank.org

Mr. McDonald Benjamin
Country Program Coordinator
Tel: (202) 473-3749
Fax: (202) 473-5450
E-mail:
mbenjamin1@worldbank.org

Ms. Sybille Crystal
Senior Country Officer
Room J 10-084
Tel: (202) 458-5567
Fax: (202) 473-5450
E-mail:
Scrystal@worldbank.org

Ms. Clara Sousa
Senior Country Economist
Room J 9-135
Tel: (202) 473-2558
Fax: (202) 473-8136
E-mail:
cdesousa@worldbank.org

Bureau de la Banque mondiale au Mali
B.P. 1864
Immeuble SOGEFIH
Centre Commercial rue 321
Quartier du Fleuve
Bamako, Mali
Tel: (223) 222-2283, 222-3201, 222-8869
Fax: (223) 222-6682 / 222-8867

Mr. Alassane Diawara
Représentant Résident

E-mail:
Adiawara@worldbank.org

 

Mme Fily Bouare Sissoko
Chargée des opérations senior
Bamako, Mali
Courriel : Fbouare@worldbank.org

 




Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/H7JHAR8560