Bamako, le 18 Septembre, 2008 –Le secteur des transports en Afrique de l’Ouest joue un rôle essentiel dans le développement économique de la sous-région et génère approximativement 6 % de son Produit intérieur brut (PIB). C’est pourquoi le Conseil d’administration de la Banque mondiale a approuvé le 19 juin 2008 une opération régionale de 190 millions de dollars destinée à financer des améliorations du transport et du transit routier au Burkina Faso, au Ghana et au Mali.
Il s’agit de trois crédits de l’Association internationale de développement (IDA) d’un montant de 70 millions de dollars au Burkina Faso, 80 millions de dollars à la République du Ghana et 40 millions de dollars à la République du Mali pour financer le Projet de facilitation du transport et du transit routier en Afrique de l’Ouest.
Ce projet qui s’étend sur trois pays appuie le programme de transport du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique(NEPAD) qui prévoit des couloirs commerciaux sans frontières ni barrières pour faciliter le commerce et promouvoir l’intégration économique dans la sous-région.
Le ministre malien des Finances, Abou-Bakar Traoré, et le Représentant résident de la Banque mondiale au Mali, Alassane Diawara, ont signé le 17 juillet à Bamako l’accord de financement pour 40 millions de dollars du Projet de facilitation du transport et du transit routier en Afrique de l’Ouest.
Les coûts du transport de marchandises sont beacucoup plus élevés pour les pays sans accès à un port maritime.
Pays enclavés : chers, chers le transit et le transport
Les coûts de transport et de transit routier pour les pays enclavés comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger sont jusqu’à 50 % plus élevés que pour les pays qui ont directement accès à la mer. Ces coûts de transport et de transit routier supérieurs se traduisent par des prix de marchandises élevés pour les consommateurs et la perte de la compétitivité externe.
Ces coûts sont aussi augmentés par des comportements des acteurs de la chaîne de transport lors du transit et du transport routiers sur les axes inter-états que l'Observatoire des pratiques anormales (OPA) suit régulièrement.
Selon les résultats des enquêtes de l’OPA menées du 1 er janvier au 15 juin 2008, le corridor Tema (Ghana)-Ouagadougou (Burkina Faso) a la plus forte densité de barrières. Soit au total 25, avec un ratio de 2,4 arrêts aux 100 km pour ce 1 er semestre, tandis que Ie corridor Ouagadougou-Bamako (Mali) s'est illustré par la plus faible concentration (2,1) et plus particulièrement dans sa partie burkinabè avec un ratio de 1,3 aux 100 km. II est à noter que les arrêts intempestifs sont dus en grande partie à la douane au Ghana et au Burkina Faso, à la gendarmerie au Mali et à la police au Togo.
Pour ce qui concerne les prélèvements illicites, le corridor Ouagadougou-Bamako bat le record avec 40 448 FCFA par voyage. En ce sens il est moins praticable que Lomé (Togo)-Ouagadougou qui est à 22 368 FCFA. Tema-Ouagadougou reste « praticable », avec 18306 FCFA prélevés par voyage.
Perceptions illicites et pratiques anormales
Les corps les plus incriminés sont : la douane au Burkina Faso et au Ghana, la gendarmerie au Mali puis la police au Togo. Avec un volume moyen de trafic de 40 camions par jour, les perceptions illicites s'élèvent à :
1 617 920 F.CFA / jour, 48 537 600 F.CFA/mois et 291 225 600 Fcfa/ce semestre sur le Corridor Bamako-Ouagadougou ;
894 720 F.CFA / jour, 26 841 600 F.CFA/mois et 161 049 600 Fcfa/ce semestre sur le corridor Lomé-Ouagadougou ;
728 240 F.CFA / jour, 21 847 200 F.CFA/mois et 131 083 200 Fcfa/ce semestre sur le corridor Tema-Ouagadougou et ;
sur l’ensemble des trois corridors, 3 240 880 F.CFA / jour, 97 226 400 F.CFA/mois et 583 358 400 Fcfa/ce semestre
Dans l'année, plus de 1 166 millions FCFA sont extorqués sur les trois corridors. Montant qui pourra évoluer en hausse si rien n'est fait, selon l’OPA.
Ces pratiques anormales sur les routes induisent des temps de contrôle plus longs et des retards par corridor.
Conclusion de l’enquête de l’OPA ? Certes les pratiques anormales ont sensiblement baissé pour le semestre considéré, mais l'Observatoire invite les Etats à plus d'initiative.
Le lien de causalité entre le nombre de barrières, les retards induits et les prélèvements illicites reste si étroit que toute action visant à améliorer la gouvernance routière devra considérer et traiter ces faits comme un tout.