Atelier à Bamako sur les défis posés par les crises alimentaire, pétrolière et financière au niveau local

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BAMAKO, 26 mars 2009— La hausse du prix du riz pourrait conduire à une augmentation de l’incidence de la pauvreté d’un à trois points de pourcentage par rapport au niveau initial, selon un atelier tenu récemment au Mali sur l’impact des chocs exogènes et les politiques de réponse à la crise alimentaire.

L’atelier, conjointement organisé par la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et le gouvernement malien, a eu lieu le 26 janvier à Bamako. On comptait parmi les participants des représentants de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), des universitaires, ainsi que des acteurs de la société civile et des représentants des médias. L’objectif visé par l’atelier était d’établir l’impact de la hausse des prix des denrées alimentaires occasionnée par la crise alimentaire et énergétique sur les populations pauvres.

L’impact sur le Mali

Il est établi que l’économie du Mali est vulnérable aux chocs exogènes résultant de la crise alimentaire et de la hausse des prix des hydrocarbures. Les céréales constituent plus du tiers du panier alimentaire et comptent pour près de 50% des dépenses de consommation de la plupart des ménages.

« La hausse des prix alimentaires contribue à une augmentation de la part de la population en pauvreté au Mali, mais elle affecte surtout les ménages déjà pauvres qui ont du mal à survivre au jour le jour », selon Quentin Wodon, Conseiller et responsable de l’unité du Development Dialogue on Values and Ethics à la Banque Mondiale qui a réalisé l’étude présentée à Bamako.

Pour tenir devant les impacts combinés des chocs sur les prix des hydrocarbures et de la crise alimentaire, le gouvernement a travaillé avec les partenaires techniques et financiers pour préparer une réponse coordonnée. Cette réponse a consisté à : réduire le poids de la fiscalité sur les importations de riz et la production intérieure en exonérant une quantité limitée de riz, le lait en poudre, l’huile de cuisine de droits et taxes à l’importation jusqu’à septembre 2008 ; réduire de manière temporaire la taxation des produits pétroliers et en particulier le gasoil ; et interdire temporairement les exportations de riz, maïs, mil et sorgho (mesure supprimée en décembre 2008).

La réponse du gouvernement malien

« Afin de répondre efficacement à la flambée des prix des denrées alimentaires qui plaçait un véritable fardeau sur les ménages, le gouvernement malien a accordé des exonérations de Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les importations de lait, de produits laitiers et d’huile, sur l’importation du riz », a déclaré le Secrétaire général du ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, Mamadou Traoré.

Le gouvernement a aussi renforcé les programmes ciblés pour protéger les groupes les plus vulnérables en utilisant les céréales des banques de céréales villageoises et en mettant en place un nouveau programme de cantines scolaires dans les zones les plus pauvres.

Il a enfin relancé la production intérieure de riz en fournissant un soutien financier et technique à travers des subventions sur les intrants et les machines agricoles et le renforcement du conseil agricole.

La réponse a permis de contenir les tensions sociales, mais la réduction des taxes indirectes sur le riz a eu un effet limité sur les prix, la production et la pauvreté. Ces dégrèvements fiscaux comportent des coûts budgétaires élevés et sont mal ciblés, selon l’une des conclusions de l’atelier.

En effet, la part de la consommation de riz pour les 40 % de la tranche la plus pauvre de la population est de 11 % au Mali. Ainsi, pour chaque franc CFA de réduction de taxes, les plus démunis gagneraient seulement environ 11 cents. En outre, les réductions de taxes pourraient ne pas être pleinement répercutées sur les consommateurs, si les marchés sont dominés par quelques commerçants.

« Si la réduction des taxes à l’importation n’a pas été une mesure pro-pauvre, les efforts du gouvernement pour augmenter la production alimentaire locale à travers l’initiative riz sont beaucoup plus prometteurs », a affirmé Quentin Wodon.

La bonne campagne agricole de 2008-2009 suite à des conditions climatiques favorables a permis de contenir l’impact négatif de la crise au Mali. Ceci dit, la situation demeure fragile et sujette à des évolutions en fonction des développements au niveau mondial.

La baisse des cours des produits pétroliers et des prix alimentaires au niveau mondial conduisent à un ralentissement de l’inflation. Les projections indiquent une augmentation du déficit budgétaire global d’environ 0.6% du PIB en 2009 et ceci demeure une préoccupation.

La réponse du Gouvernement comprenait une surveillance accrue et une transmission partielle de la chute des cours du pétrole aux prix domestiques, ce qui a rétabli les niveaux de taxation sur les produits pétroliers. La Banque Mondiale et le FMI continueront leur dialogue avec les autorités, y compris sur la politique budgétaire à mettre en œuvre dans un contexte de risques significatifs, afin d’assurer la durabilité de la situation budgétaire et de la dette et une reprise des réformes structurelles favorables à l’accélération de la croissance.

Plusieurs des travaux présentés lors de l’atelier sont disponibles sur le site web de l’unité Development Dialogue on Values and Ethics de la Banque Mondiale (www.worldbank.org/developmentdialogue).




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