Mali : Revue à mi-parcours du financement de l’éducation dans le cadre de l’initiative Fast-Track

 

BAMAKO, 1er septembre 2009—Il est nécessaire d’accélérer le rythme des réalisations des activités financées par la Banque mondiale et l’initiative Fast-Track (FTI) pour la seconde phase du Programme d'investissement dans le secteur de l'Education (PISE2). Tel est le constat fait par la revue à mi-parcours du financement de la Banque mondiale du PISE2, organisée conjointement par le gouvernement du Mali et la Banque.

Le programme est financé par la Banque mondiale et l’initiative Fast-Track (FTI), un partenariat mondial entre les pays en développement et les bailleurs de fonds qui finance les investissements dans l'éducation dans les pays en développement.

Le PISE2 entre dans le cadre de la stratégie d'assistance de la Banque mondiale pour le Mali, qui compte parmi ses objectifs le développement des ressources humaines.

Les résultats escomptés à l’issue du programme sont des taux de scolarisation plus élevés — notamment par la construction de nouvelles écoles —, une augmentation de l'offre de manuels scolaires de façon à les mettre à la portée de tous les enfants et une réduction des frais de scolarité, qui constituent encore une barrière pour les enfants vivant dans les zones rurales.

Cette revue a recommandé la dynamisation des organes impliqués dans la mise en œuvre des activités, notamment le Conseil de Cabinet élargi et le Comité de Pilotage mais aussi la nécessité d’améliorer la collaboration et la communication entre toutes les structures concernées.

« Il s’agit de ne pas compromettre les investissements futurs de la Banque mondiale dans le secteur de l’éducation ni les chances du Mali à bénéficier de prochains financements FTI », a indiqué le chargé de projet de la Banque mondiale, Moukim Temourov, économiste principal en développement humain.

Pour permettre cette accélération du rythme des réalisations, elle estime crucial que la Cellule de planification et de statistiques (CPS) améliore son rôle de coordonnateur du programme et assure un suivi régulier de l’ensemble des composantes avec chacune des structures impliquées dans la mise en œuvre.

A l’issue de cette mission, la partie malienne et la mission ont élaboré des recommandations concrètes pour accélérer la mise en œuvre des activités financées par la Banque mondiale et le FTI.

Après le constat du retard dans les constructions scolaires et l’inégalité de la qualité de ces dernières, la mission recommande au Ministère de l’Education de base, de l’alphabétisation et des langues nationales (MEBALN) et à l’Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales (ANICT) de mettre en place un mécanisme qui permettrait d’accélérer le niveau de réalisation des constructions d’écoles.

Ces visites ont été l’occasion pour les membres de la mission et de l’équipe nationale de prendre contact avec des acteurs sur le terrain, de discuter avec des bénéficiaires du PISE-II dans les régions, de mieux comprendre les difficultés de mise en œuvre afin de proposer des mesures qui garantiraient une bonne exécution du programme.

Tous reconnaissent néanmoins que beaucoup a été fait depuis le début du Programme décennal de l’Education (PRODEC), bien que les efforts engagés ne couvrent pas les besoins d’un secteur éducatif grandissant à près de 9% par an.

« Les principaux manques concernent le nombre de maîtres formés sur le terrain, l’approvisionnement et le stockage des livres scolaires et l’adaptation des élèves au curriculum en langue national et en français », a déclaré un chef d’établissement de Ségou.

Au cours de ses mêmes visites de terrain, la mission a constaté que même si les fonds d’Appui direct à l’amélioration des rendements scolaires (ADARS) sont distribués dans les écoles, ces fonds ADARS ne sont pas toujours distribués à temps ni dans leur intégralité par certaines structures déconcentrées. .

Ces fonds contribuent « largement à assurer un bon fonctionnement des établissements, donnant ainsi l’occasion pour les membres des Comités de gestion scolaire (CGS), les Collectivités territoriales et les services déconcentrés de l’Education » de travailler étroitement ensemble, selon l’Aide- mémoire de fin de mission.

Cependant, force est de constater que ces fonds ADARS ne sont pas toujours distribués à temps ni dans leur intégralité par certaines structures déconcentrées. A cet effet, la mission recommande de mettre en place un système de suivi de la gestion de ces fonds par la Cellule d’appui à la déconcentration et la décentralisation de l’Education (CADDE), la Direction administrative et financière (DAF) et les structures déconcentrées de l’Education, ainsi que de renforcer les capacités de gestion des CGS.

L’insuffisance de formation des enseignants dans les écoles communautaires demeure au rang des principales préoccupations. Il a donc été recommandé de programmer la formation continue des maîtres des écoles communautaires pour 2009-2010.

Dans le cadre de la préparation de cette mission, le gouvernement a réalisé un rapport global d’évaluation à mi-parcours du PISE2. Ce rapport a été mis à la disposition de l’équipe de la Banque mondiale et tous les autres Partenaires techniques et financiers (PTF) qui participent au financement du PISE2. Il formule de nombreuses recommandations permettant d’améliorer la mise en œuvre du PISE2 et présente des éléments de discussion et des perspectives pour l’élaboration du PISE3.

En plus de la conduite de la revue à mi-parcours des crédits de la Banque mondiale qui financent le PISE2, la mission avait pour objectifs de s'assurer du bon déroulement de la mise en œuvre du Fonds catalytique de l'initiative de mise en œuvre accélérée (IMOA) du programme Education pour tous, de discuter avec les autorités maliennes du soutien que pourrait apporter par la Banque mondiale à la mise en œuvre des recommandations du Forum National sur l’Education.

Au cours de cette même mission, des discussions ont été conduites à la faveur d’un atelier, en partenariat avec le Ministère l’emploi et de la formation professionnelle (MEFP) sur le rapport préliminaire de l'étude sur le développement des compétences avec les acteurs du secteur de la formation professionnel au Mali.

L'éducation constitue la part la plus élevée des dépenses publiques au Mali, représentant plus de 17% du budget en 2007. Le financement de l'Initiative Fast-Track est assuré par une subvention de 8,7 millions de dollars octroyée en 2007.

 




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