La croissance économique de la Mauritanie a été relativement bonne ces dernières années, atteignant en moyenne 4,8% entre 2001 et 2004, 5,4% en 2005 avant de bondir à 11,4% en 2006 en raison du démarrage de la production pétrolière. Le produit intérieur brut (PIB) hors pétrole a été de l’ordre de 4,1% en 2006 et 5,9% en 2007. Les revenus pétroliers ont récemment été revus à la baisse.
Favoriser la croissance économique. Avec une estimation des revenus dérivés du pétrole nettement en-deçà des projections initiales, il est essentiel pour la Mauritanie de poursuivre une croissance menée par le secteur privé et diversifier son économie, en tirant pleinement parti des ressources naturelles du pays, y compris les ressources halieutiques et les dépôts minéraux.
Renforcer la gestion financière publique. Améliorer les dépenses publiques et la gestion financière est essentiel pour soutenir la prestation améliorée des services publics en Mauritanie. Des mesures à court terme comprennent la limitation des dépenses non budgétisées, le renforcement du processus budgétaire annuel grâce à l'établissement d'un calendrier budgétaire et de la soumission en temps voulu du budget à l'Assemblée nationale, ainsi qu'une mise à niveau du système de gestion de la dette. A moyen terme il s’agira de se concentrer sur la mise en place d’un Cadre de dépenses à moyen terme et d'un budget-programme ainsi que la mise en place d'un système intégré de gestion financière.
Réformer le rôle du gouvernement dans l'économie. Le gouvernement a récemment adopté des mesures visant à augmenter sensiblement le rôle du secteur public dans l'économie. Cela va de la création d'entreprises pour les transports publics et le logement, une banque publique, et l'expansion prévue de la production d'énergie sans la participation du secteur privé. À l'avenir, un examen attentif de ces décisions politiques et leur mise en œuvre est nécessaire afin de minimiser le potentiel d'incidences négatives sur la situation financière de la Mauritanie et le développement tiré par le secteur privé.
Contexte politique
L’instabilité politique et institutionnelle de ces 30 dernières années a particulièrement retardé l’essor économique et social de la Mauritanie, pays en grande partie désertique (les ¾ du 1.030.700 Km² que constitue la superficie du territoire). Pas moins de 7 coups d’Etat militaires depuis la chute du Premier Président civil mauritanien, Moctar Ould Daddah, en juillet 1978. Entre 2005 et 2007, la première transition ayant mis fin à 21 ans de pouvoir de Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya donna lieu à des élections législatives et présidentielles ayant porté au sommet de l’Etat Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui sera lui aussi, au terme d’un an et demi de pouvoir, renversé en Août 2008 par un coup d’Etat militaire. Le Haut Conseil d’Etat place à sa tête le Général Mohamed Ould Abdel Aziz qui, au terme d’une longue crise politique d’un an, remporte l’élection présidentielle du 18 juillet 2009, fruit d’un consensus entre les différents pôles politiques ayant accepté de signer l’accord de Dakar. Autre défi pour la stabilité de la Mauritanie, la vague d’attaques terroristes et prise d’otage qui ont secoué de manière régulière le pays depuis 2005.
Défis en perspective
Diversifier les instruments de financement. Le Groupe de la Banque mondiale est en train d’appuyer la Mauritanie dans ses efforts de financement de ses besoins de développement au moyen d’instruments autres que l’IDA (Association Internationale pour le Développement) , comme les enclaves BIRD, l’Assistance Technique Remboursable et les partenariats Public-Prive. A coté de cela, la Banque mondiale va continuer de mobiliser des ressources sur fonds fiduciaires comme c’est le cas pour les fonds Fast-Track (Education pour tous) et les fonds catalytiques, comme les 20 millions de dollars affectés pour le projet de réhabilitation du corridor de la route Rosso-Nouakchott.
Energie. L’engagement de la BM à aider la Mauritanie à redresser son déficit en matière énergétique a été formalisé au cours de la visite du Président Zoellick en Mauritanie en janvier 2008. La Bm a déjà financé une étude relative à la restructuration de la SOMELEC qui connait beaucoup de difficultés opérationnelles, notamment de fréquents délestages, des problèmes de réseau et une situation financière préoccupante.
Des défis se présentent également dans les domaines ci-après : Justice, lutte contre la corruption, rôle de la société civile, gestion efficace et transparente des biens publics, modernisation de l’administration publique, rôle des communautés locales et décentralisation, secteur privé.
Financement global
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La Banque mondiale a ouvert son bureau de représentation en Mauritanie à Nouakchott en 1986, mais c’est en 1963 que l’institution a mené sa première opération de développement dans le pays, avec un financement à la MIFERMA, une entreprise multinationale qui travaillait dans le domaine minier. Ce partenariat a pris progressivement de l’ampleur depuis 1985 et permis de mobiliser des moyens financiers importants. À l’heure actuelle, le portefeuille de la Banque comprend 17 projets pour un montant global d’environ 385,3 millions de dollars. Bon an mal an, ces opérations ont contribué à améliorer le cadre de vie des populations, mais le chemin reste encore difficile, d’où le besoin d’une étroite collaboration Etat-Partenaires-Secteur privé-Société Civile pour une plus grande efficacité et effectivité dans l’allocation et l’utilisation de l’aide accordée à la Mauritanie.
En juillet 2007, la Banque et la Mauritanie s’accordent sur une nouvelle stratégie de développement (CAS 2008-2011) directement alignée sur le deuxième Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP2), principal outil de politique de développement conçu par et avec les mauritaniens. Le CAS est adossé sur 5 piliers : (i) Accélérer la croissance et maintenir l’équilibre macroéconomique, (ii) Installer la croissance dans l’environnement économique des pauvres, (iii) Développer les ressources humaines et généraliser l’accès aux services sociaux de base, (iv) Améliorer la gouvernance et le renforcement des capacités, (v) Renforcer la supervision stratégique des programmes, le suivi, l’évaluation et la coordination.
Mais le CAS n’est pas statique et le prochain, qui devrait passer devant le Conseil d’Administration de la Banque mondiale en juin 2011, s’est déjà vu baliser le chemin avec la préparation depuis septembre dernier de notes sectorielles, qui prennent en compte le contexte actuel de la Mauritanie et les derniers développements liés à la crise financière mondiale.
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Le Projet de Développement Rural Communautaire : Mettre les communautés au cœur de l’action. Approuvé en avril 2004 pour 45 Millions de dollars, le PDRC se base sur un modèle de développement piloté par les communautés locales qui déterminent-elles mêmes leurs besoins et leur mode d’organisation. Le PDRC a déjà pu réaliser les acquis suivants : 706 nouvelles Associations de Développement Communautaires ont été constituées, ce qui porte leur nombre total à 856, dont 853 dotées de Plans de Développement Communautaires Villageois « PDCV » validés; 10 plans de développement municipaux pour les 10 communes-tests ont été élaborés et validés depuis la revue à mi-parcours. Au total 1606 micro-projets financés dont 1563 réalisés et 43 en cours pour un montant total de 5,3 milliards d’UM, soit une augmentation de 33,8% par rapport à la revue à mi-parcours. Le projet a permis également la réalisation et réception de 21 ouvrages de désenclavement dans deux communes-tests dans les wilayas du Guidimakha et du Gorgol pour un montant total de 350 millions d’UM, ainsi que l’identification de 27 autres ouvrages dans les 8 communes-tests restantes et travaux prêts à être lancés. Mis en œuvre en juillet 2005, le projet devrait clôturer en décembre 2010.
Le succès du Projet Africain de lutte d’urgence contre le criquet pèlerin. La dernière invasion acridienne 2003-2005 a mis en évidence la vulnérabilité de la Mauritanie face à ce fléau majeur: faiblesse des ressources humaines, insuffisances organisationnelles et logistiques, capacités d’interventions et de stockages réduites et capacités financières limitées. Pour palier ces faiblesses et parvenir à contenir cette invasion, la mobilisation au niveau national, régional et international a été nécessaire. C’est ainsi que la Mauritanie a participé activement à l’initiative sous-régionale et à la préparation du Projet Africain de lutte d’urgence contre le criquet pèlerin (Africa Emergency Locust Project, AELP) pour un montant d’un peu plus de 10 Millions USD pour le pays. Ce projet est un projet régional, qui comprend 6 autres pays sahéliens. Le projet AELP est exécuté par le Centre national de lutte antiacridienne (CNLA) en Mauritanie dont les efforts ont particulièrement évité au pays de vivre à nouveau le cauchemar de la résurgence acridienne de 2009 qui a été l’occasion d’expérimenter cette capacité du projet à agir efficacement. En effet, le CNLA s’est appuyé sur le dispositif d’alerte et d’intervention précoce qui a permis, de manière très significative, d’endiguer les premières apparitions de criquets dans l’espace mauritanien.
Programme de Développement Urbain (PDU):priorité au désenclavement et à l’assainissement des zones précaires. Initié en 2002, le Programme de développement urbain est l'un des principaux projets du portefeuille de la Banque mondiale dans le pays, avec environ 70 millions de dollars pour la première phase qui s’achèvera, après l’extension rétroactive accordée en décembre dernier, le 30 juin 2010. Dans le cadre de la préparation du PDU2, le Gouvernement vient tout juste d’obtenir de nouveaux financements additionnels (25 millions USD) grâce à l’entrée en vigueur du CRW (Crisis Response Window).
Le projet a été jugé hautement satisfaisant pour les performances obtenues dans le cadre de l’opération de recasement d’El Mina à Nouakchott, mise en œuvre en 2003, et a pu surmonter les difficultés créés par les retards consécutifs aux difficultés du secteur du BTP. Depuis 2007, Le Gouvernement a entamé un grand programme de restructuration des quartiers précaires avec la réhabilitation de la Gazra d’Arafat, poursuivie par les nouvelles autorités avec la réhabilitation du quartier précaire de Hay Saken( Dar Naim), la relance de la réhabilitation des quartiers précaires de Nouadhibou
Education : Préparer l’école de demain. La Mauritanie a mis en place, en 2000, une stratégie intégrée de développement du secteur éducatif dans un double objectif : i) soutenir la Réforme de 1999 qui unifiait les deux filières du système ; et ii) offrir un cadre de développement harmonieux permettant de couvrir toute les composantes du secteur. La stratégie a été opérationnalisée par un Programme Décennal dénommé Programme National de Développement du Secteur Educatif (PNDSE), dont la première phase (2002-2010, 49.20 millions de dollars ; date de clôture prolongée jusqu’au 31 mars 2011). En dépit de la complexité du secteur éducatif mauritanien, le bilan du PNDSE est positif sur plusieurs points : Le Taux Brut de Scolarisation Nationale au fondamental a connu une nette progression se situant à 98,8% (102,2% pour les filles et 95,5% pour les garçons) en 2008/09, dépassant de 3,8 points la valeur ciblée en 2010. Le taux de redoublement a considérablement baissé, passant de 14,7% en 2001/02, à 2,9% en 2008/09, de 4 points supérieur à la cible de 2010 du PNDSE.
Le PNDSE 1 a permis aussi la mise en place de structures de gestion telles que la direction de l’enseignement privé, la cellule nationale d’évaluation, la direction des examens, la direction des ressources humaines, entre autres. Le projet a aussi rendu possibles l’acquisition et la distribution de plus de 6 millions manuels scolaires, la formation de tous les inspecteurs et tous les enseignants sur l’approche par les compétences, la réalisation d’un vaste programme de reconversion linguistique au profit des enseignants arabophones, le lancement du processus de restructuration de la formation initiale des enseignants sur la base d’un audit organisationnel des écoles normales d’instituteurs et la réécriture, l’expérimentation et la généralisation des programmes d’enseignement.
Industries extractives : Couloir social et EITI. Le PRISM 2 (2003-2010, pour 18 millions de dollars) : avec la découverte du Pétrole et le début de son exploitation en 2006, un financement IDA additionnel de 5 millions de dollars a été octroyé pour le volet assistance au secteur pétrolier. La Norvège va par la suite faire un don de 500.000 dollars en 2007 pour financer les aspects environnementaux, plus connus sous le sigle SESA.
Afin de faire profiter les populations des zones géographiques exploitées, le PRISM2 a développé l’approche dite « couloir social » dont une expérience pilote donne de bons résultats dans des villes et agglomérations situées sur le corridor Nouadhibou-Zouerate, notamment les localités de Choum, Touajil, Zouerate, F’Dérick, Boulenoir, et Tmeimichatt. En mars 2008, 52 microprojets avaient bénéficié d’une enveloppe de 800.000 dollars U.S (200 Millions d’ouguiyas) dans le domaine de la culture, de l’artisanat, de la tannerie, du tourisme, etc.
Lutte contre le SIDA : Mieux gérer les acquis. La République islamique de Mauritanie a inscrit la lutte contre la pandémie du VIH/SIDA dans ses priorités. Le premier cas a été déclaré en 1988. Le taux de prévalence actuel est estimé à 0,8% parmi les femmes enceintes selon la dernière enquête sentinelle conduite par l’Institut National de Recherche en Santé Publique en 2006. La Banque mondiale a octroyé un don de 21 millions de dollars sur cinq ans pour un projet (Multi-sectoral AIDS Program) visant à contribuer à la prévention et à la prise en charge des malades. Récemment le Fonds Mondial a également octroyé un don de 15 millions de dollars sur cinq ans dans le même objectif. Avant le projet, il n’existait aucune possibilité de prise en charge des malades ; depuis le lancement du projet, prise en charge globale et gratuite des malades du Sida en Mauritanie du diagnostic au traitement avec un soutien psychosocial, nutritionnel et économique. Actuellement, plus de 2000 malades sont enregistrés et suivis et leur équivalent reçoivent un traitement spécifique (ARV). Le gouvernement s’est engagé à inscrire des lignes budgétaires encore plus conséquentes. Avant le projet, seul le ministère de la santé était impliqué. Actuellement, 12 ministères clés ont désormais un plan d’action de lutte contre le sida dont neuf disposent de financement à travers le MAP pour la lutte contre le Sida. Des milliers de personnes ont été touchées par la sensibilisation et/ou la formation à travers les différents ministères. Le taux de prévalence est toujours maintenu en dessous de 1 %.
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Principale partenaire extérieure de la Mauritanie, l’Union Européenne a officiellement annoncé en janvier 2010 la reprise totale de sa coopération, gelée depuis le coup d’Etat d’août 2008. Concrètement, cela se traduit par la poursuite de la mise en œuvre de programmes nouveaux, pour 156 millions d'euros, sous le programme indicatif du 10e Fonds européen de développement (FED). Les accords de pêche, nouvellement révisés en avril 2010, constituent un élément majeur de la coopération UE-Mauritanie.
Le 4 mars dernier, la France, premier partenaire bilatéral (devant la Chine, l’Allemagne le, Japon, et l’Espagne notamment) décide d’annuler une dette de 17,4 millions d'euros en faveur de Nouakchott dans le cadre du mécanisme dit de « contrat de désendettement et de développement » (C2D).
Le système des Nations Unies, à travers sept de ses principales agences, est aussi un partenaire privilégié en Mauritanie où il intervient dans le cadre de l’UNDAF (Plan-Cadre des nations Unies pour l’Aide au Développement), sans oublier le partenariat multilatéral et bilatéral avec les pays du Golfe. Le 15 mars 2010, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé un accord triennal portant sur un montant total de 77,28 millions de DTS (environ 118,1 millions de dollars) en faveur de la République islamique de Mauritanie au titre de la facilité élargie de crédit (FEC).