6ème revue du portefeuille de la Banque mondiale en Mauritanie
Crise alimentaire, lutte contre la corruption et gestion de la performance au niveau du portefeuille et de l’Administration dominent les travaux de la 6ème Revue du portefeuille BM de la Mauritanie.
NOUAKCHOTT- le 25 mai 2008 – La 6ème revue conjointe trimestrielle du portefeuille des projets financés par la BM en Mauritanie a eu lieu jeudi 22 et vendredi 23 mai au Centre de Formation et d’Echange à distance de Nouakchott (CFED), en Vidéoconférence avec les équipes de la BM à Washington. La revue, qui survient moins de deux semaines après la mise en place d’une nouvelle équipe gouvernementale en Mauritanie, a le mérite de dépasser les strictes limites du portefeuille financé par la Banque dans la mesure où elle a permit d’aborder des sujets qui font l’actualité ces dernières semaines, comme la crise alimentaire et ses effets sur la situation socio-économique et politique des pays les plus vulnérables, à l’image de la Mauritanie.
La première journée a été essentiellement consacrée au bilan de l’année fiscale 2008 et les initiatives prises des deux côtés pour la gestion de la performance, tant au niveau du portefeuille qu’au niveau du Gouvernement. François Rantrua, Représentant Résident et Mr Abderrahmane Ould Hamma Vezaz, Ministre de l’Economie et des Finances, avaient ouvert les travaux de la revue en se félicitant de la bonne santé du portefeuille dont la courbe de la performance affiche 4.11 points sur une échelle de 5, ce qui confirme la pertinence des outils de mesure mis en place, en dépit de leurs limites et la nécessité de renforcer le dialogue avec le gouvernement. S’agissant des initiatives sur la gestion de la performance, le MEF a salué les efforts de la BM à travers son appui à la réforme de l’Administration et la création d’une Task Force pour le suivi et l’évaluation des projets.
Actualité oblige : les thèmes de la crise alimentaire et la gouvernance ont dominé les travaux de la seconde journée, avec plusieurs contributions, notamment l’équipe de la BM travaillant sur les projets du développement rural et communautaire et la réforme de l’Administration publique (PDRC, PDIAIM, Gouvernance), le Ministre du développement Rural, le commissaire à la sécurité alimentaire, le Directeur Général du Développement et de la Coopération, la Députe et présidente du groupe parlementaire de lutte contre la corruption, les Représentants du Programme Alimentaire Mondial, le Système des Nations Unies en Mauritanie et l’USAID et deux représentants de la société civile.
Sur la crise alimentaire, le constat a été unanimement partagé qu’il s’agit d’un « électrochoc » favorable à une redéfinition globale de la stratégie du secteur rural en Mauritanie et des modes de gestion des crises par le gouvernement et ses partenaires au développement. « La crise actuelle n’est pas conjoncturelle, mais bien structurelle et elle mérite de repenser toute la politique rurale en Mauritanie pour sortir de la gestion de l’urgence » a déclaré Mr Bâ Amadou Abdoulaye, Chargé des programme du développement rural au bureau de la BM à Nouakchott, qui a également expliqué les possibilités d’intervention de la Banque à travers le PDIAIM ( Programme de Développement Intégré de l’Agriculture Irriguée en Mauritanie) et le PDRC (Projet de Développement Rural Communautaire), sans oublier l’aide dont la Mauritanie pourrait bénéficier dans le cadre de la réponse globale que la BM est actuellement en train de préparer au niveau régional lors d’une rencontre avec 16 pays africains à Johannesburg. Cet appui est un complément aux mesures déjà prise au niveau gouvernemental dans le cadre du Programme Spécial d’Intervention (PSI) qui comporte un volet urgence (Approvisionnement et maîtrise des prix ; aide alimentaire et filet de sécurité) et un volet structurel (renforcement de la campagne agricole, du pouvoir d’achat et de l’hydraulique villageoise et Pastorale).
L’intervention de M.Gian Carlo Cirri, pour le PAM, a également mis en relief l’opportunité d’une nouvelle vision de la gestion des crises alimentaires en Afrique et montré, à l’aide de graphiques, l’étendue de la crise en Mauritanie où plus de 400.000 personnes sont touchées par une insécurité alimentaire modérée et 197.000 autres vivent une insécurité alimentaire sévère en milieu rural. Le PSI et l’ensemble des questions liées à la crise alimentaire ont longuement été abordés avec Mr Koréra Issagha et le Colonel Abderrahmane O Boubacar, respectivement Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural et Commissaire à la Protection Sociale et à la Sécurité Alimentaire.
Sur La gouvernance et la lutte contre la corruption, les interventions ont particulièrement été enrichissantes pour les équipes de la BM, le Gouvernement, le Parlement et la Société civile qui collaborent actuellement dans le cadre de l’appui à la mise en place d’une Stratégie Nationale de lutte contre la Corruption qui pourrait, selon le Ministre de l’Economie et des Finances, voir le jour au plus tard en octobre prochain. D’ores et déjà, la Banque a transmis aux autorités mauritaniennes une « Etude sur la lutte contre la corruption » et achevé les conclusions « d’une analyse des parties prenantes » qui inclut aussi la mise en place d’une Coalition Nationale pour la lutte contre la corruption et le démarrage dans les prochaines semaines d’une vaste enquête sur la corruption dans les secteurs des Transports et Travaux Publics.
Notons que le portefeuille de la Mauritanie en 2008 est resté le même, avec 11 projets pour un montant de US $ 362 millions.