La Mauritanie poursuit ses efforts d’amélioration de l’éducation

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8 juillet - Entre 1985 et 1999, la Mauritanie a fait de très gros efforts pour améliorer le niveau général d’instruction et de qualification de sa population, en particulier chez les femmes.

 

Les pouvoirs publics ont élargi l’offre d’éducation dans l’enseignement primaire et secondaire et dans la formation professionnelle et technique, notamment grâce à plusieurs projets financés par l’Association internationale de développement dans le domaine de l’éducation, et à l’appui d’autres organismes d’aide au développement.

 

Durant cette période, les taux de scolarisation bruts ont augmenté pour passer de 41 % en 1985 à 85 % en 1999 dans le primaire, de 14 % à 20 % dans le premier cycle du secondaire, et de 11 % à 13 % dans le deuxième cycle du secondaire.

 

La Mauritanie a engagé une réforme de l’éducation dans l’optique d’atteindre les objectifs de développement pour le Millénaire et de maintenir l’élan impulsé. Dans ce cadre, le parlement a adopté en 1999 la Loi portant réforme du système éducatif national, qui visait à améliorer la qualité de l’enseignement et à réorganiser et étendre le système éducatif de manière à pouvoir répondre aux besoins futurs de l’économie.

 

Pour assurer la bonne mise en œuvre de la réforme, le Gouvernement a également préparé un nouveau Programme de développement du secteur de l’éducation (PDSE) sur 10 ans, couvrant à la fois le système formel, depuis le niveau préscolaire jusqu’à l’enseignement tertiaire, et l’enseignement non formel et l’alphabétisation.

Le gouvernement espère réduire le nombre d'élèves par classe de 79 à 50.

Le gouvernement espère réduire le nombre d'élèves par classe de 79 à 50.

 

Les objectifs de ce programme étaient les suivants :

 

i)                    améliorer la pertinence des enseignements en les dispensant en français et en arabe ;

ii)                   permettre à une grande majorité de jeunes Mauritaniens de bénéficier de 10 ans d’études de qualité (éducation de base) en toute équité ;

iii)                 faire en sorte que l’enseignement secondaire, la formation technique et professionnelle et l’enseignement supérieur répondent mieux aux besoins de la société et à la demande du marché de l’emploi.

 

Pendant la préparation du PDSE, de larges consultations ont été organisées avec les bailleurs de fonds multilatéraux et bilatéraux, et le Gouvernement et les principaux donateurs, comprenant l’UNICEF, la Banque mondiale, l’UNESCO et la Banque africaine de développement, ont inscrit leurs interventions dans le cadre du PDSE afin d’éviter qu’elles ne se chevauchent.

 

Actions menées par le Gouvernement

 

Aujourd’hui, l’effort de réforme du secteur éducatif de la Mauritanie se poursuit dans le cadre du PDSE.

 

Le programme vise entre autres à :

 

  • améliorer la qualité et l’efficacité interne du système éducatif ;
  • améliorer la qualité du contenu de l’enseignement (formation initiale et continue des enseignants) ;
  • promouvoir l’accès au secteur éducatif et son équité ;
  • améliorer la gestion administrative, financière et pédagogique du secteur.

 

Dans l’entretien ci-après conduit en mars de cette année,  le ministre mauritanien de l’Education primaire et secondaire, Nebghouha mint Mohamed vall, donnait un aperçu des actions entreprises par le Gouvernement pour améliorer l’éducation en Mauritanie.

 

Quelles sont les mesures prises par le Gouvernement pour faire face à certains problèmes du système éducatif ?

 

NMMV : Actuellement, notre travail s’inscrit dans un programme élaboré en 2001, à savoir le Programme de développement du secteur éducatif national, qui couvre la période 2001-2011 et est divisé en deux phases. Les partenaires impliqués dans sa mise en œuvre sont la Banque mondiale, naturellement, la France à travers la Coopération française et l’Agence française de développement, la Banque africaine de développement, la Banque islamique de développement, le système des Nations unies par le truchement du FNUAP, du PAM, de l’UNICEF et de l’UNESCO, l’Espagne et le Japon.

 

Pouvez-vous nous citer quelques projets importants de ce programme ?

 

NMMV : Nous allons lancer notre plan de travail 2008, qui comprend le Programme d’urgence pour la construction et l’équipement. Nous prévoyons de construire 307 salles de classe à Nouakchott et 300 dans le reste du pays. Ces dernières années, nous avons en effet donné la priorité aux autres régions que Nouakchott. Dans le secondaire, nous allons construire environ 150 salles de classe. Nous ne pouvons pas faire plus, faute de fonds.

 

La taille des classes est-elle un problème ?

 

NMMV : Cette année, le nombre d’élèves par classe a été plus élevé que l’an passé. A Nouakchott et dans les grands centres urbains, on avait en moyenne 79 élèves par classe, avec une amplitude de 60 à 130 élèves. Les mesures mises en place cette année nous ont permis d’affecter 9 632 enseignants dans les classes. Et cette année nous avons 12 250 professeurs, dont les 400 nouveaux diplômés des instituts de formation des enseignants, et d’autres que nous avons pu recruter.

 

Ce que nous avons fait, c’est prendre le nombre d’élèves par classe pour le diviser par deux. Compte tenu des nouvelles salles de classe que nous prévoyons de construire cette année, nous espérons avoir l’année prochaine 50 élèves par classe, au lieu des 65 par classe que nous avons cette année. Le problème se pose dans les zones rurales où les écoles sont petites, c’est-à-dire qu’elles accueillent entre 40 et 100 élèves.

 

Quels programmes ont été ciblés sur les femmes dans le système éducatif ?

 

NMMV : Les programmes élaborés par les différents gouvernements mauritaniens depuis les années 1990 encouragent tous la scolarisation des filles. [Ils comprennent] des actions de sensibilisation dans les écoles et auprès des parents, avec la participation de chefs religieux. Des mesures ont été prises pour améliorer le taux de fréquentation des écoles. Des dispositifs d’incitation ont été mis en place, notamment des fonds pour financer la scolarité des filles, des cantines scolaires, etc. Toutes ces mesures ont permis d’obtenir la parité des sexes au niveau primaire. Dans le secondaire, les filles représentent 46 % des effectifs. Dans l’enseignement supérieur, les chiffres sont inférieurs avec 24 % d’étudiantes.

 

Que faites-vous pour impliquer les différentes parties concernées ?

 

NMMV : Nous arrivons maintenant à la fin de la première phase de ce programme. Pour la deuxième phase, le président de la République est décidé à organiser des consultations nationales sur l’éducation car il estime que l’éducation devrait concerner chacun d’entre nous. Les programmes mis en place doivent donc mobiliser tous les segments de la société mauritanienne. Le but est de réunir les politiciens, les intellectuels et les enseignants pour discuter des enjeux du

Les autorités cherchent à augmenter la scolarité chez les jeunes mauritiennes.

Les autorités cherchent à augmenter la scolarité chez les jeunes mauritiennes.

secteur éducatif, des objectifs du peuple mauritanien et du type de stratégie nécessaire pour atteindre ces objectifs.

 

A la suite de ces consultations nationales, la seconde phase du programme sera élaborée et des fonds seront recherchés pour son financement auprès de nos partenaires de développement, lesquels participeront, bien entendu, aux consultations nationales. Leur contribution devra être de nature aussi bien intellectuelle que financière.

 

Nous donnerons aux populations la possibilité d’exprimer leurs opinions, qui seront toutes examinées par un comité technique. Des débats seront organisés à la télévision et à la radio, et un site web consacré à la réforme de l’éducation sera créé. Toutes les contributions seront les bienvenues, pas seulement des Mauritaniens mais de toutes les parties qui s’intéressent à l’éducation.

 

Quel rôle la Banque mondiale joue-t-elle dans le secteur de l’éducation en Mauritanie ?

 

NMMV : La première intervention de la Banque dans le secteur de l’éducation remonte au milieu des années 80, et les projets se sont succédé sans interruption depuis. Les trois premiers projets portaient sur l’enseignement primaire et secondaire. Le quatrième a concerné la formation technique et professionnelle, et le cinquième était une étude sur la réorganisation de l’enseignement supérieur. Le projet en cours couvre la totalité du système éducatif, y compris les activités préscolaires et l’alphabétisation.

 

La Banque a également joué un rôle majeur en mobilisant d’autres partenaires et en les faisant participer à divers projets en place. Je peux dire que la Banque est notre premier partenaire dans le secteur de l’éducation, mais cela ne veut pas dire que nous n’ayons pas quelques inquiétudes à son sujet. Ces inquiétudes viennent du fait que les fonds publics ont tendance à s’amenuiser. Il y a deux ans, la Mauritanie donnait l’image d’un pays sur le point de devenir producteur de pétrole. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas.

 

En 2006, les fonds consacrés au secteur de l’éducation étaient très inférieurs à ce que nous espérons recevoir à présent de la Banque, et insuffisants par rapport aux besoins qui restent énormes. Par conséquent, nous avons peu d’espoir de pouvoir financer les programmes gouvernementaux, malgré les engagements pris par la communauté internationale et le Club de Paris.

 

La contribution de la Banque à la première phase du programme s’est élevée à 50 millions de dollars, tandis que le financement prévu de la Banque pour la seconde phase est estimé à 15 millions. L’ensemble représente donc 65 millions de dollars d’engagements de l’IDA, mais les besoins du secteur sont encore considérables.




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