« Financement du développement en Afrique : Le rôle des bailleurs de fonds non traditionnels » Tel était le titre d’une conférence internationale organisée les 1 et 2 août dernier à Nouakchott, capitale de la Mauritanie. A l’origine de la rencontre, le groupe des 53 gouverneurs africains auprès de la BM et le FMI qui cherchent à attirer l’attention sur un certain nombre de questions avant la tenue des prochaines réunions annuelles de la BM et du FMI à Washington. Il s’agit principalement d’examiner les différents aspects relatifs à la coopération existant entre le groupe des banques centrales africaines des 53 Etats concernés et les institutions internationales de financement traditionnelles, du rôle des bailleurs de fonds non traditionnels dans le financement du développement en Afrique et la prise d'une position africaine commune vis-à-vis des questions liées au développement du continent.
Vers un nouveau mode de financement du développement ?
Cérémonie d'ouverture du caucus africain les 1 & 2 aout dernier à Nouakchott
Le financement du développement en Afrique a été pendant de longues années la chasse gardée des pays les plus industrialisés, en l’occurrence les pays de l’OCDE, mais aussi la Banque mondiale et le Fonds Monétaires International, communément appelées « institutions de Bretton Woods », spécialisées dans l’appui aux programmes sociaux. Or depuis quelques années, à partir de la fin des années 80 précisément et l’échec des politiques dites d’ajustements structurels, les pays africains ont pu découvrir de nouveaux canaux de financement et de partenariat, principalement venant de pays émergents asiatiques. C’est le cas notamment de la Chine, qui jouit d’une présence en Afrique depuis le début des années 70. Kane Ousmane, Gouverneur de la Banque Centrale de Mauritanie et président du caucus de Nouakchott, a fait l’éloge de la coopération sino-africaine et depuis peu, indo-africaine dont il voit un rôle grandissant dans les secteurs des infrastructures. Preuve de son intérêt pour le financement du développement en Afrique, la Chine a été représentée à la conférence de Nouakchott par le Directeur de la Banque de développement de Chine, Chen Yuan, qui a annoncé que le montant actuellement accordé par son institution au développement de l’Afrique est chiffré à 3 milliards de dollars.
Conférence de presse de Dominique Strauss Kahn et Kane Ousmane à Nouakchott le 2 août 2008
Le caucus africain des gouverneurs des banques centrales a aussi rendu public deux documents qui résument la "déclaration de Nouakchott" sur le financement du développement en Afrique: le rôle des bailleurs de fonds non traditionnels et un mémorandum des gouverneurs (voir documents dans la ressource box)
Les gouverneurs ont demandé d'obtenir un 3ème siège au sein du conseil d'administration du Fonds Monétaire International (FMI) en plus de leur demande auprès de ces mêmes bailleurs de fonds d'aide pour les pays africains pour faire face aux défis engendrés par la crise alimentaire mondiale actuelle et ses répercussions sur le continent ayant conduit à la hausse vertigineuse des prix du pétrole et de l'énergie. Sur ce point précis, le projet de mémorandum salue la nouvelle donne de la BM en matière de politique alimentaire mondiale et son mécanisme de réponse aux crises qui met à la disposition des pays africains 1,2 milliard de dollars de financement.