Les premiers succès du Plan d’action pour les pays africains à revenu intermédiaire

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  • Un nouveau Plan d'action a été élaboré pour orienter les activités de la Banque mondiale dans les pays à revenu intermédiaire
  • Malgré des taux de croissance élevés, ces pays restent confrontés au défi de la pauvreté
  • Le nouveau Plan d’action préconise sept points concrets qui seront mis en œuvre sur une période de trois ans
 

Washington, le 17 novembre 2008— C'est dans le contexte d'un environnement mondial en mutation que la Région Afrique a mis au point sa toute première stratégie pour les pays à revenu intermédiaire, dans le but de répondre aux besoins de cette catégorie de pays africains. La stratégie, autrement appelée Plan d’action pour les pays africains à revenu intermédiaire, a été adoptée en juin 2008 et présentée aux délégations des pays africains à revenu intermédiaire à l’occasion des Assemblées annuelles, au cours d’un petit déjeuner présidé par la Vice-présidente de la Région Afrique, Madame Obiageli Ezekwesili.

Le Plan d’action pour les pays africains à revenu intermédiaire vise à donner un contenu concret à l’engagement du Président Zoellick à l’égard des pays à revenu intermédiaire comme étant l’une des priorités institutionnelles de la Banque. Cet engagement repose sur l’importance de cette catégorie de pays comme source d’enseignements pour les pays IDA de toutes les régions et sur le fait que les pays à revenu intermédiaire deviennent des partenaires de plus en plus importants dans le travail abattu par la Banque pour répondre à des questions transfrontalières et mondiales sensibles telles que les énergies non polluantes, l’intégration commerciale, la protection de l’environnement, la stabilité financière internationale et la lutte contre les maladies infectieuses.

Dans le cas des neuf pays africains à revenu intermédiaire, le Botswana, le Cap-Vert, le Gabon, la Guinée équatoriale, l’Île Maurice, la Namibie, les Seychelles, l’Afrique du Sud et le Swaziland, les taux de croissance plus élevés qu’ils enregistrent et le succès relatif dont ils jouissent dans la lutte contre la pauvreté ont d’importants effets d’entraînement sur d'autres pays de la région. Les pays à revenu intermédiaire servent aussi de modèles au groupe de pays dits « à revenu intermédiaire émergents », à savoir l’Angola, le Ghana, le Lesotho et le Nigéria, tous en voie de se classer dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire .

Les pays africains à revenu intermédiaire empruntant à la BIRD sont pour l’essentiel des pays solvables qui accèdent aux marchés financiers à des degrés divers. Il reste cependant que ces pays ont encore du pain sur la planche, notamment sur le plan des programmes économiques et sociaux. En plus de la pauvreté qui demeure profondément enracinée et très répandue dans nombre d’entre eux, les pays africains à revenu intermédiaire ont du mal à mobiliser des investissements pour l’infrastructure et les services essentiels, à s’intégrer pleinement dans l'économie mondiale et à s'attaquer à des problèmes tels que l’inégalité, la prestation efficace de services sociaux, la corruption et la dégradation de l’environnement. Une enquête menée en 2007 par le Groupe indépendant d’évaluation (IEG) indique que ces pays ont attribué la mention « insatisfaisant » à la Banque pour sa performance dans les domaines présentant le plus grand intérêt pour eux : l'investissement, le renforcement des capacités, le transfert des savoirs, la productivité agricole, le financement de l’électricité, des télécommunications et des infrastructures de transport à l’échelle régionale. Par ailleurs, comme les ministres l’ont exprimé à Madame Obiageli Ezekwesili, ils attendent de la Banque l'aide qui leur permettra d'intensifier la croissance, de bâtir des économies plus fortes et de faire face aux effets secondaires de la crise financière .

Le Plan d’action pour les pays africains à revenu intermédiaire permet de répondre à ces attentes au moyen des nouveaux schémas d'engagement que ce plan offre l'occasion de mettre à l'essai, lesquels reflètent bien le stade avancé du développement et le niveau de complexité élevé qui caractérisent ces pays. Il permet également aux pays à revenu intermédiaire d’avoir accès à la gamme complète des services disponibles auprès de la BIRD, de l’IFC et de la MIGA.

Le Plan d’action prévoit sept actions concrètes à mener au cours des trois prochaines années :

Action 1. Lancer un projet budgétaire pilote de trois ans destiné à examiner le système budgétaire interne de la Banque, la dotation en personnel et les procédures opérationnelles, et les modifier ainsi que de besoin pour insuffler plus de souplesse et favoriser un temps de réaction plus rapide. Ces mesures permettront à la Banque de donner la preuve de ce qu’elle peut faire en tant que partenaire de développement.

Action 2. Lancer un projet pilote triennal de structure de gestion intégrée reliant toutes les institutions du Groupe de la Banque mondiale. La BIRD, l’IFC et la MIGA coopéreront en équipe grâce à un meilleur flux de l'information, à la coordination des stratégies et à une meilleure identification des opportunités d’entreprendre des programmes et projets conjoints.

Action 3. Fournir des services de transfert du savoir, qui soient séparés des activités de prêts. Le Groupe de la Banque mondiale étudiera les possibilités de mettre en place un fonds régional affecté aux services de transfert de connaissances au bénéfice des pays à revenu intermédiaire, collaborera avec d’autres partenaires de développement pour créer des fonds fiduciaires pour des pays spécifiques et des fonds fiduciaires multi-pays destinés au financement des services de transfert du savoir et encouragera la mise en place de dispositifs de prestation de services payants.

Action 4. Mettre à l’essai une nouvelle méthode d’approche de financement des biens publics régionaux, en insistant particulièrement sur le problème que pose le VIH/SIDA en termes de biens publics.

Action 5. Accroître l’appui aux programmes régionaux en vue de tirer parti des possibilités offertes par la coopération régionale, en formulant des suggestions pratiques sur les moyens de créer une base de connaissances plus solides au service de l’intégration régionale, sur la manière de coopérer avec l'IDA et la BIRD sur les projets d’infrastructure régionale et d’autres projets, et sur la meilleure façon de travailler en partenariat avec l'Afrique du Sud dans les domaines des savoirs et du renforcement des capacités dans la région.

Action 6. Mettre sur pied une équipe sectorielle (équipe SWAT) dotée de connaissances spécialisées sur les instruments de la Banque, pour former les équipes des pays à revenu intermédiaire sur les produits financiers, à mesure que la Banque met au point des produits et instruments financiers plus spécialisés et plus complexes pour ses clients du groupe des pays à revenu intermédiaire.

Action 7. Accroître l’impact des activités de communication et de vulgarisation, en créant un groupe consultatif composé de spécialistes en communication, en intensifiant et réorganisant, comme de besoin, la communication et la vulgarisation au moyen du web, et en assurant la disponibilité de ressources humaines et financières supplémentaires pour appuyer le programme de communication et de vulgarisation.

« En dépit de son caractère récent, » a déclaré la vice-présidente en s’adressant aux délégations participant au petit déjeuner organisé à leur intention, « le Plan d’action a déjà enregistré des progrès notables dans plusieurs domaines ». Et de citer les exemples ci-après :

  • Concernant la mise à l’essai de nouvelles méthodes d’approche de financement des biens publics régionaux, l’achat par l’Union européenne (UE) d’une réduction d’intérêt, au Botswana, a permis à la Banque d'aider à financer la lutte menée par ce pays contre le VIH/SIDA. Un dispositif similaire concernant le Swaziland fait l’objet de discussions avec l'UE.
  • Concernant la prestation de services de transfert du savoir séparés des activités de prêts, la Banque a récemment signé un accord de prestation de services payants avec le Botswana dans le domaine de la réforme du secteur de l’eau.
  • Concernant l’amélioration de ses activités en tant que Groupe de la Banque mondiale au Botswana, la Banque œuvre de concert avec l’IFC et les services du Département de la trésorerie de l’institution sur plusieurs projets d’investissement particulièrement importants dans le secteur de l’énergie électrique. La BIRD et l’IFC travaillent en collaboration à Maurice sur un projet de PME.
  • Concernant la formulation de suggestions pratiques pour soutenir la coopération régionale, la Région Afrique de la Banque a lancé une série d’études spécifiques axées sur les mesures stratégiques, conjointement avec les pays à revenu intermédiaire d’Afrique australe, notamment sur les questions régionales de grande importance telles que le VIH/SIDA, le commerce, la main d’œuvre et la migration. La Région Afrique apporte également son appui au renforcement des capacités d’organisations régionales telles que la SADC et le COMESA.

Le succès des pays africains à revenu intermédiaire est absolument déterminant pour la croissance et le recul de la pauvreté en Afrique subsaharienne ; le Plan d’action pour les pays africains à revenu intermédiaire donne au Groupe de la Banque mondiale l'occasion de faire montre d’un engagement plus adapté et plus diversifié aux côtés de cet ensemble de pays appelé à grandir.




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