Fiche-pays

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Niger: Fiche-pays

Le Niger est un vaste pays enclavé de quelque 16 millions d’habitants qui, dans leur majorité, vivent autour d’une étroite bande de terres cultivables le long de la frontière Sud du pays. L’économie est dominée par les activités agricoles dont l’élevage du bétail, l’exploitation minière (uranium) et le commerce informel. Depuis 20 ans, les indicateurs sociaux du Niger progressent sensiblement, et cette tendance devrait se poursuivre. Le taux brut de scolarisation en primaire est passé d’environ 29 % au début des années 1990 à 76 % en 2011 et le nombre de filles entrant en primaire par rapport aux garçons a lui aussi augmenté sur la même période, de 25 à 40 %. Le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans a reculé entre 1990 et 2010, de 320 à 130 pour 1 000. La prévalence du VIH/sida se maintient à 0,7 % — l’un des plus faibles taux d’Afrique subsaharienne.

En 2010, le Niger se situait à la 167e place sur 169 pays dans l’indice de développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), avec un produit intérieur brut (PIB) par habitant de 680 dollars (en parité de pouvoir d’achat), soit l’un des plus bas d’Afrique. La pauvreté est aggravée par l’instabilité politique, une vulnérabilité extrême aux chocs exogènes et les inégalités qui pénalisent de manière disproportionnée les filles, les femmes et les enfants. La croissance démographique est l’une des plus rapides du monde (3,3 % pour an) et 47 % des Nigériens ont moins de 15 ans.

Sitaution politique

Relativement stable depuis 2000, la situation politique intérieure se dégrade en  2009 à la suite des tentatives du président Tandja de briguer un troisième mandat alors que la Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels. La crise politique débouche sur un coup d’État militaire et l’arrivée au pouvoir d’une junte en février 2010. L’armée s’engage à assurer la transition dans un délai d’un an, au cours duquel une nouvelle Constitution est adoptée (novembre 2010). Dans la foulée, des élections locales, législatives et présidentielles sont organisées, qui permettent le retour d’institutions démocratiques en avril 2011.

La crise politique de 2009 a entraîné une paralysie générale du pays incitant les bailleurs de fonds à suspendre leur aide au développement. Le coup d’État militaire de février 2010 a conduit la Banque mondiale à appliquer la politique opérationnelle OP/BP 7.30 (« Relations avec les gouvernements de facto ») et à suspendre temporairement ses opérations au Niger. Par ailleurs, les récoltes ayant été mauvaises, une grave crise alimentaire a éclaté en 2010, suivie d’inondations inattendues qui ont touché plus de 3 millions d’habitants vulnérables, en ville comme à la campagne. En 2011, la crise libyenne a perturbé les échanges et les investissements avec ce pays mais, surtout, a créé des problèmes sans précédent pour le Niger en termes de sécurité et d’économie : éparpillement massif des armes dans le Sahel et retour de Libye — et de Côte d’Ivoire — de plus de 240 000 ressortissants, parmi lesquels bon nombre d’anciens combattants. Pour aggraver une situation déjà complexe, la campagne agricole de 2011 a elle aussi entraîné un déficit céréalier de 700 000 tonnes, plongeant à nouveau 20 % de la population dans une situation d’insécurité alimentaire en 2012.

Situation économique

L’Association internationale de développement (IDA) a soutenu les efforts du Niger pour améliorer sa gestion économique, la performance du secteur public, la croissance, les infrastructures ainsi que les services de base dans le secteur de l’énergie, de l’eau, de l’éducation élémentaire et de la santé. Pendant la crise politique de 2009 et après le coup d’État à l’origine de l’application de l’OP 7.30, la Banque mondiale a réagi rapidement à la succession de chocs auxquels le pays était confronté, répondant avec une flexibilité remarquable aux besoins du pays. Consciente du ralentissement des interventions de l’institution pendant l’impasse politique générale et la suspension liée à l’OP 7.30, la direction de la Banque mondiale a conduit la première mission d’évaluation régie par l’OP 7.30 en avril 2010, pour discuter avec le nouveau régime militaire. L’évaluation, plutôt positive, a permis de reprendre les décaissements du portefeuille en cours mais aussi de préparer de nouvelles opérations dont la soumission au Conseil serait soumise aux dérogations au cas par cas de la direction.

En novembre 2010, la Banque mondiale a nommé un responsable pays pour organiser le dialogue avec les autorités, suivre la transition et préparer un réengagement complet. Plusieurs dérogations ont été ensuite accordées pour garantir des avances au titre de la préparation de projet et mettre en place, dans le cadre du Programme d’intervention en réponse à la crise alimentaire mondiale (GFRP), un projet de 15 millions de dollars destiné à atténuer les répercussions de la crise alimentaire et des inondations de 2010. L’action de la Banque mondiale a permis de mobiliser d’autres donateurs qui se sont progressivement rapprochés de la junte autour d’enjeux liés au développement et à la situation humanitaire.

Avec la prise de fonctions du nouveau gouvernement démocratiquement élu, en avril 2011, l’OP 7.30 a été levée et le réengagement complet a repris, ouvrant la voie aux cinq prêts d’investissement restants et à une opération à l’appui des politiques de développement pour un montant total de 280 millions de dollars prévus dans le cadre de la stratégie d’aide-pays en cours (exercices 2008-2011).

Le portefeuille actuel de l’IDA, d’environ 454 millions de dollars, complété par des fonds fiduciaires à hauteur de 32 millions, comprend des prêts d’investissement et des opérations à l’appui des politiques de développement dans le secteur public (33 %), le secteur urbain et l’eau (29 %), le développement rural (22 %), l’éducation et la santé (9 %) et les transports (7 %).

L’exercice 2012 a en réserve un financement additionnel et une série d’opérations à l’appui des politiques de développement, ainsi qu’un programme d’action communautaire pour la protection contre les chocs climatiques (63 millions de dollars), un projet d’appui aux sources de croissance (50 millions) et un programme de développement du barrage de Kandadji (153 millions).

 

À la fin septembre 2009, la valeur des engagements de treize opérations financées par l’IDA totalisait environ 349 millions de dollars EU équivalents, y compris un solde non décaissé de quelque 215,58 millions de dollars EU. Ce portefeuille d’engagements appuie : (i) les investissements en matière d’infrastructures de l’eau ; (ii) le développement rural, la promotion des exportations agricole et l’irrigation ; (iii) la lutte contre le VIH/sida et la mise en place d’un programme d’action communautaire d’échelle nationale pour appuyer les programmes de développement au niveau communautaire ; (iv) l’amélioration de l’accès à l’éducation de base et de la qualité de cette dernière ; (v) la réforme et la restructuration du secteur financier ; (vi) le renforcement du secteur de la santé et des institutions ; et (vii) un Projet d’urgence d’appui à la sécurité alimentaire pour atténuer l’impact de la hausse des prix alimentaires. Des réformes politiques sont en cours pour favoriser une meilleure gestion des dépenses publiques et supprimer les goulets d’étranglement, dans le cadre d’une série d’opérations de prêts pour les politiques de développement, dont la première a été approuvée au cours de l’année financière 2006 (Réforme des politiques rurales et sociales), la seconde approuvée par le Conseil d’administration le 19 juin 2007 et la troisième le 24 mars 2009 (Don pour la réforme des politiques en matière de croissance). Le décaissement de ce Don a été différé en l’absence de parlement pour ratifier les réformes fiscales et dans l’attente d’une évaluation de l’environnement macroéconomique par le FMI.

Une nouvelle Stratégie d’aide-pays (SAP) couvrant les années fiscales AF08-AF11 a reçu l’approbation du Conseil d’administration le 29 mai 2008. Le gouvernement et la Banque collaborent étroitement pour résoudre les problèmes liés à l’exécution, y compris le renforcement des capacités ; la simplification, l’harmonisation et la modernisation des processus de passation de marchés et de gestion financière ; et la résolution des faibles taux de décaissement pour les projets.

La Stratégie de la Société financière internationale (SFI) au Niger consiste à développer des projets dans les secteurs de la santé et de l’éducation, de l’agro-industrie, des infrastructures et des GMS. La SFI envisage aussi un engagement potentiel dans un Partenariat avec les entreprises privées en Afrique (Private Enterprise Partnership Africa) pour la mise en œuvre des réformes du climat de l’investissement.

La Niger a signé la Convention MIGA (Agence multilatérale de garantie des investissements) le 11 avril 1994, mais n’a pas encore rempli tous les critères d’adhésion. Dans ces circonstances, l’Agence ne peut garantir aucun investissement en appui au pays.

Au cours de l’année fiscale 2010, l’Institut de la Banque mondiale (WBI) mettra en œuvre son Renouvellement stratégique qui portera sur sept thèmes transversaux répondant à la fois aux priorités des entreprises et à une forte demande nationale : États fragiles et touchés par les conflits ; crise économique mondiale ; gouvernance ; changement climatique ; systèmes de santé ; développement urbain ; et partenariats publics-privés (fourniture de services). Diverses possibilités d’engager le Niger dans ces activités seront explorées. De plus, un programme sur l’enseignement supérieur a été mis en place au Niger au cours de l’année fiscale 2009. Cependant, les activités proposées dans la sous-région sont disponibles dans plusieurs secteurs.

 

Les réformes du secteur public mises en œuvre ces dernières années ont permis aux allocations budgétaires de répondre aux priorités à moyen terme du gouvernement.

Ces réformes ont également permis d’améliorer l’exécution du budget, de réduire les disparités entre les budgets votés et exécutés, de garantir les dépenses prioritaires et de renforcer les contrôles internes et externes. En outre, un système plus robuste d’informations statistiques nationales a permis d’améliorer le suivi des indicateurs économiques et sociaux et favorisé la transparence et l’efficacité du processus de passation de marchés grâce à la création d’un cadre institutionnel clair et redevable.

L’agence de statistique est aujourd’hui l’une des plus efficaces de la sous-région, après avoir été l’une des moins performantes pendant plusieurs décennies.

En matière de santé, le Niger a réussi à réduire son taux de mortalité infantile de près de 20 pour cent au cours des dix dernières années : de 123 pour 1 000 en 1998 à 81,4 pour 1 000 en 2006. Quant au taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans, il a chuté de 274 pour 1 000 en 1998 à 198 pour 1 000 en 2006.

Enfin, le second projet-pilote de Promotion de l’irrigation privée (PIP2) a permis de développer les systèmes et les technologies d’irrigation de petite échelle dans l’ensemble du pays. Ce projet a prouvé que de tels investissements peuvent être rentables et peuvent améliorer de manière tangible le bien-être des agriculteurs.

La France, l’Allemagne, la Belgique, le Canada, le Japon, la Chine, l’Union européenne, la Banque africaine de développement, la Banque mondiale et le FMI sont les principaux partenaires au développement du Niger.

Les organisations non gouvernementales (ONG) locales et internationales jouent un rôle actif dans le pays. Plusieurs agences de l’ONU fournissent une assistance par le biais de programmes contre la famine et en faveur des réfugiés.

Le PNUD et la Banque mondiale jouent un rôle prépondérant dans la coordination des donateurs au Niger. Le gouvernement a bénéficié d’un appui solide des donateurs lorsqu’il a révisé le DSRP. Celui-ci a été adopté en octobre 2007 par le gouvernement et a reçu l’approbation des donateurs au cours de la Table ronde sur le financement du DSRP II à Bruxelles (les 25 et 26 octobre 2007).

Une Note d’évaluation conjointe Banque mondiale/FMI (JSAN) sur le DSRP II a été examinée le 29 avril 2008 par le Conseil d’administration de la Banque mondiale, puis le 16 mai 2008 par le Conseil d’administration du FMI.

 

Dernière mise à jour en mai 2012