Faire des affaires au Niger : Ali Moussa Dogo

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Le 29 octobre 2007 -- Nanti d’un diplôme de troisième cycle en Science appliquée aux polyesters, de l’Université de Halle-Saale en Allemagne, rien ne prédestinait au départ Ali Moussa Dogo à trouver sa voie dans les…ordures. Mais voilà, à l’issue des ses brillantes études, le jeune diplômé s’est souvenu qu’il était originaire d’une des régions les plus déshéritées du Niger, de surcroît constamment en but à des problèmes de crises alimentaires. Alors le désir de venir en aide aux siens a été plus fort que tout. Il a alors décidé de faire en sorte que le savoir acquis devait avant tout lui permettre d’apporter sa modeste contribution dans la lutte contre la pauvreté ambiante. En d’autres termes, pallier aux contraintes imposées par   l’insuffisance des ressources naturelles et les programmes de politiques nutritionnelles inadéquates. C’est ainsi que lui est venue l’idée d’un projet pouvant améliorer le cadre de vie des populations tout en leur permettant d’avoir accès à des revenus.

 

En 2005, Ali Dogo, confronté au caractère modeste de ses propres moyens, a décidé de s’associer à un petit groupe de partenaires avec lequel il a créé une société anonyme : Gestion et valorisation des déchets (GVD). L’entreprise s’est très rapidement spécialisée dans la consultation, la recherche et le développement de technologies de récupération et de gestion des déchets solides et liquides. Elle s’est également investie dans la formation des ouvriers des municipalités et des organisations non gouvernementales, des élèves des écoles primaires et secondaires, sur la gestion des déchets et leur recyclage.

 

ALIDOGO

Ali Moussa Dogo, de la recupération des déchets à la lutte contre la pauvrété.
© Banque mondiale

Selon Ali Dogo, grâce à cette formation les communautés rurales sont moins enclines à   laisser à l’abandon les résidus agricoles et forestiers autour d’eux et peuvent trouver une source de revenus dans l’activité de ramassage et le recyclage de ses déchets. Par ailleurs, cette formation leur permet d’augmenter leur connaissance et de se doter d’outils pour devenir de véritables professionnels de l’assainissement.

 

Pour en arriver là, Ali Dogo a passé une dizaine d’années à étudier la gestion des déchets et la technologie la plus appropriée au contexte socio-économique particulier du Niger et le climat environnemental. « De simple profane, puis étudiant, et pour aider dans les Universités, je suis devenu aujourd’hui le principal gestionnaire d’une grande corporation de traitement des déchets, » remarque-t-il.

 

Défis à relever au démarrage des activités

 

À l’issu des différentes étapes techniques relatives à la faisabilité du projet, le défi majeur auquel a fait face AI Dogo Moussa, a consisté à trouver les voies et moyens pour rendre l’entreprise opérationnelle.

 

« Le matériel utilisé n’est pas ordinaire. Et dans certaines situations nous devons nous adapter à l’équipement existant et dans d’autres cas nous devons en concevoir de nouveaux ! »

 

Trouver le financement n’a pas été facile. Au début, Ali Dogo a réalisé qu’il était indispensable d’avoir la confiance des institutions financières pour réussir à devenir le premier consultant local dans la gestion et la récupération des déchets.

 

Quand la réussite est venue

 

Aujourd’hui, devenu un consultant international, Ali Dogo propose ses services à différents pays y compris la Mauritanie et le Cameroun ; ainsi qu’à des organismes de coopération multilatérale et bilatérale comme l’Union européenne, la Banque mondiale, l’Organisation hollandaise pour le développement (SNV), le Service allemand pour le développement (DED), Espagne lutte contre la faim, etc.

 

La consécration est venue lorsqu’en novembre 2006, sur 2000 projets en compétition pendant la Foire régionale de développement (une initiative de la Banque mondiale), son projet a été   retenu comme l’un des meilleurs. Il a reçu un prix de soutient de 30 0000 dollars. Ce montant ne représentant que 17% des investissements nécessaires à la réalisation de son projet, Ali Dogo a décidé d’utiliser cet argent pour mettre en œuvre un projet expérimental qui a l’avantage de lui apprendre à   maitriser tous les paramètres.

 

Ce prix a eu l’effet de lui ouvrir les portes d’autres institutions financières de crédits, pendant que de son côté il s’efforçait de mobiliser par ses propres moyens le reliquat du financement. C’est dans cette perspective qu’Ali Dogo a organisé deux séminaires de formation sur la récupération et la gestion des déchets, formations auxquelles ont participé des travailleurs des mairies et des organisations internationales.

 

Il admet que « si les formations n’ont pas généré d’apport financier substantiel, elles ont permis de créer autour de moi un climat de confiance, de renforcer ma crédibilité et de donner de moi l’image d’un partenaire fiable. Cette considération est très importante pour toute nouvelle entreprise qui s’installe. »

 

L’implication de la Banque mondiale

 

La Banque mondiale au Niger apporte un appui au pays à travers plusieurs programmes pour améliorer l’environnement du secteur privé, notamment :

  1. Un projet de privatisation et de réformes règlementaires (clos en décembre 2006) dont le but était d’accroître l’opérationnalité et les performances financières des entreprises du secteur public.
  2. Un projet d’assistance technique et de développement du secteur financier dont l’objectif global est d’améliorer l’efficacité du système financier du Niger afin  qu’il puisse remplir son rôle important de contributeur de la croissance économique et de la lutte contre la pauvreté.
  3. Un projet d’irrigation privée ayant pour objectif l’augmentation de la production et de la rentabilité des cultures irriguées à haute valeur ajoutée par les petits producteurs grâce à l’utilisation des technologies simples à faible coût.
  4. Un projet en gestation pour développer  les exportations agro-pastorales et les marchés agricoles.

 

Ibrahim Cheick Diop

Chargé de communication




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