Fiche-pays

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Niger: Fiche-pays

Le Niger est un vaste pays enclavé avec une population estimée à 15 millions d’habitants, dont la majorité vit le long d’une bande étroite de terres cultivables à la frontière sud du pays. L’économie y est dominée par l’activité agricole, y compris l’élevage de bétail, l’exploitation minière (uranium) et les activités commerciales informelles. Le secteur primaire, qui représentait environ 40,8 pour cent du PIB en 2007, est dominé par l’agriculture non irriguée, tandis que l’élevage de bétail représente environ un tiers de la valeur ajoutée de ce secteur.

En 2009, le Niger a été classé par le PNUD 182e sur 182 pays en matière d’Indice de développement humain. Soixante-et un pour cent de la population du Niger vit dans la pauvreté extrême, avec moins de 1 dollar par jour, tandis que le revenu moyen par habitant était estimé à 330 dollars EU en 2008. Les indicateurs sociaux se situent à un faible niveau : en 2007, le taux de mortalité infantile était de 81 pour 1 000 naissances vivantes, l’espérance de vie de 50,8 ans, le taux d’alphabétisation de 28,7 pour cent, alors que les estimations préliminaires du taux d’inscription brut en école primaire s’élèvent à 67,8 pour cent pour l’année 2008/2009.

La croissance du PIB s’est montrée fortement variable, mais faible en moyenne et inférieure au taux de croissance de la population, estimé à 3,4 pour cent en 2008. En 2008, la croissance du PIB s’élevait à 9,5 pour cent selon les estimations (contre 3,3 pour cent en 2007 et 5,2 pour cent en 2008, après avoir atteint 7,4 pour cent en 2005), reflétant la solide performance du secteur agricole (environ 26 pour cent de croissance en termes réels) suite à son relèvement de la sécheresse de 2004 (le PIB avait décliné de 0,8 pour cent cette année-là).

En 2006, le gouvernement a pris des mesures pour garantir le réapprovisionnement de la réserve de céréales et il travaille actuellement à l’élaboration de solutions durables à ce problème structurel, avec l’appui de la communauté des donateurs. Selon les estimations, le PIB réel n’aurait augmenté que de 1 pour cent en 2009, bien que la croissance du PIB non agricole ait augmenté de 4,1 pour cent en 2008 à 5,4 pour cent en 2009, traduisant la croissance continue dans les secteurs de l’exploitation minière, des transports, de la construction et des télécommunications.

Contexte politique

Le conflit qui avait commencé au début 2007 dans le nord du pays s’est quasiment dissipé. Il n’y a eu aucun signalement d’attaques armées depuis juin 2008, bien que le gouvernement ait continué de considérer la région du nord comme une zone militaire jusqu’en novembre 2008. Sous les auspices de la Lybie, le gouvernement et les rebelles ont récemment signé un accord dont la mise en application contribuerait à résoudre la crise. Sur le front politique, le président nigérien Mamadou Tandja a proposé d’étendre de trois ans, par référendum, son second mandat présidentiel qui devait expirer en décembre 2009. Le président a dissolu l’Assemblée nationale et la Cour constitutionnelle, deux actions qui n’ont pas joué en faveur de son projet de modifier la Constitution.

Mamadou Tandja, alors président, a remporté une grande partie des voix aux élections locales et parlementaires organisées en octobre 2009. C’est dans ce contexte qu’un coup d’État militaire est survenu le 18 février 2010. La junte a alors annoncé la création d’un Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD), présidé par le Major Djibo Salou. La création du CSRD a reçu l’approbation de nombreux Nigériens, dont beaucoup ont exprimé leur soutien au cours de rassemblements à Niamey et à travers le pays. Salou Djibo a engagé une série de consultations avec les partis politiques, les groupes professionnels et sociaux, de même qu’avec les partenaires au développement du Niger. Il affirme que la junte dirigera le pays uniquement au cours d’une période de transition et qu’il ne souhaite aucunement rester au pouvoir. Il a proclamé les trois piliers de la transition : gestion saine, réconciliation, restauration de la démocratie. La junte a aussi affirmé vouloir s’attaquer à la menace imminente d’une crise alimentaire.

Perspectives économiques et performances

La dépendance du Niger envers l’agriculture non irriguée, l’exploitation minière et l’aide publique au développement exacerbe sa vulnérabilité aux variabilités climatiques, aux invasions de criquets pèlerins, aux fluctuations de la demande mondiale et du cours de ses exportations minérales, de même qu’aux variations en matière de financement des donateurs. En plus de ces vulnérabilités spécifiques, le Niger a aussi été sévèrement touché par une série de crises mondiales, y compris les crises alimentaire, financière et du carburant.

Ces vulnérabilités se traduisent dans leur ensemble par des fluctuations, d’une année sur l’autre, de la croissance économique, des exportations et des recettes et dépenses du gouvernement. Comme une grande partie des ménages vivent aux limites ou en-dessous du seuil de pauvreté, ces chocs négatifs se répercutent directement sur les ménages qui ne sont plus capables de couvrir leurs besoins essentiels, les exposant à la faim et à la malnutrition, et sur l’incapacité de construire un capital humain par l’éducation, l’accès à des soins de santé adaptés et la nutrition.

Suite à la sécheresse intense de l’année 2004, des précipitations plus nombreuses ces dernières années ont permis un retour à une activité agricole normale, et même une récolte particulièrement bonne en 2009. Cependant, la Croix-Rouge internationale prévoit une crise alimentaire en 2010 en raison de précipitations insuffisantes au début de cette année et de stocks de graines permettant de ne subvenir qu’à la moitié des besoins de la population.

Alors qu’une crise alimentaire semble imminente, la crise politique prolongée menace le flux continu de l’aide fournie par les donateurs, pourtant si nécessaire. Comme l’aide publique au développement finance environ 45 pour cent du budget nigérien, un déclin contenu de cette aide viendrait menacer l’ensemble des progrès effectués ces dernières années pour améliorer l’accès à la santé et à l’éducation.

Dans le secteur minier, le Niger ne tire que partiellement profit de la tendance haussière du cours de l’uranium, puisqu’une grande partie de ses exportations d’uranium est vendue à prix fixe. Une résolution de la crise politique serait aussi cruciale pour garantir que les IDE destinés au secteur minier suivent le rythme prévu et continuent de soutenir l’emploi dans la construction et autres secteurs associés.

Le second Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP) du gouvernement, approuvé par décret le 10 octobre 2007, s’appuie sur sept piliers : (i) favoriser une croissance solide, diversifiée, durable et créatrice d’emplois ; (ii) garantir un accès équitable à des services sociaux de qualité ; (iii) relever le défi démocratique ; (iv) réduire les inégalités et renforcer la protection sociale pour les groupes vulnérables : (v) développer les infrastructures ; (vi) promouvoir la bonne gouvernance ; et (vii) mettre en œuvre efficacement cette stratégie.

En s’appuyant sur son DSRP, le gouvernement a, depuis quelques années, mis en route une série de réformes critiques qui devront être soutenues et approfondies, s’il doit réaliser des progrès tangibles en matière de réduction de la pauvreté. Ces réformes portent principalement sur la viabilité macro-économique et la soutenabilité de la dette ; le renforcement des dépenses publiques et de la gestion de la dette ; la gestion transparente des recettes minières ; la restructuration et la privatisation des entreprises publiques ; l’étendue de l’accès aux services sociaux ; des mesures pour gérer le taux de croissance de la population ; et l’optimisation de l’environnement pour les activités du secteur privé, en particulier dans le secteur agricole.

En avril 2004, le Niger a atteint le point d’achèvement des Pays pauvres très endettés (PPTE) et l’IDA lui a accordé un allégement de sa dette, y compris de sa dette complémentaire, d’un montant total de 142 millions de dollars EU. Le pays a aussi rempli les critères lui permettant d’obtenir un allégement de sa dette de 300 millions de dollars EU de la part de l’Initiative multilatérale pour l'allégement de la dette (MDRI). De plus, en mai 2008, le Conseil d’administration du FMI a scellé avec le pays un accord avec la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC), étalé sur trois ans, pour un montant total de 23 millions de SDR. Le Conseil d’administration du FMI a complété son troisième examen en février 2010, autorisant un décaissement de quelque 5 millions de dollars EU.

 

À la fin septembre 2009, la valeur des engagements de treize opérations financées par l’IDA totalisait environ 349 millions de dollars EU équivalents, y compris un solde non décaissé de quelque 215,58 millions de dollars EU. Ce portefeuille d’engagements appuie : (i) les investissements en matière d’infrastructures de l’eau ; (ii) le développement rural, la promotion des exportations agricole et l’irrigation ; (iii) la lutte contre le VIH/sida et la mise en place d’un programme d’action communautaire d’échelle nationale pour appuyer les programmes de développement au niveau communautaire ; (iv) l’amélioration de l’accès à l’éducation de base et de la qualité de cette dernière ; (v) la réforme et la restructuration du secteur financier ; (vi) le renforcement du secteur de la santé et des institutions ; et (vii) un Projet d’urgence d’appui à la sécurité alimentaire pour atténuer l’impact de la hausse des prix alimentaires. Des réformes politiques sont en cours pour favoriser une meilleure gestion des dépenses publiques et supprimer les goulets d’étranglement, dans le cadre d’une série d’opérations de prêts pour les politiques de développement, dont la première a été approuvée au cours de l’année financière 2006 (Réforme des politiques rurales et sociales), la seconde approuvée par le Conseil d’administration le 19 juin 2007 et la troisième le 24 mars 2009 (Don pour la réforme des politiques en matière de croissance). Le décaissement de ce Don a été différé en l’absence de parlement pour ratifier les réformes fiscales et dans l’attente d’une évaluation de l’environnement macroéconomique par le FMI.

Une nouvelle Stratégie d’aide-pays (SAP) couvrant les années fiscales AF08-AF11 a reçu l’approbation du Conseil d’administration le 29 mai 2008. Le gouvernement et la Banque collaborent étroitement pour résoudre les problèmes liés à l’exécution, y compris le renforcement des capacités ; la simplification, l’harmonisation et la modernisation des processus de passation de marchés et de gestion financière ; et la résolution des faibles taux de décaissement pour les projets.

La Stratégie de la Société financière internationale (SFI) au Niger consiste à développer des projets dans les secteurs de la santé et de l’éducation, de l’agro-industrie, des infrastructures et des GMS. La SFI envisage aussi un engagement potentiel dans un Partenariat avec les entreprises privées en Afrique (Private Enterprise Partnership Africa) pour la mise en œuvre des réformes du climat de l’investissement.

La Niger a signé la Convention MIGA (Agence multilatérale de garantie des investissements) le 11 avril 1994, mais n’a pas encore rempli tous les critères d’adhésion. Dans ces circonstances, l’Agence ne peut garantir aucun investissement en appui au pays.

Au cours de l’année fiscale 2010, l’Institut de la Banque mondiale (WBI) mettra en œuvre son Renouvellement stratégique qui portera sur sept thèmes transversaux répondant à la fois aux priorités des entreprises et à une forte demande nationale : États fragiles et touchés par les conflits ; crise économique mondiale ; gouvernance ; changement climatique ; systèmes de santé ; développement urbain ; et partenariats publics-privés (fourniture de services). Diverses possibilités d’engager le Niger dans ces activités seront explorées. De plus, un programme sur l’enseignement supérieur a été mis en place au Niger au cours de l’année fiscale 2009. Cependant, les activités proposées dans la sous-région sont disponibles dans plusieurs secteurs.

 

Les réformes du secteur public mises en œuvre ces dernières années ont permis aux allocations budgétaires de répondre aux priorités à moyen terme du gouvernement.

Ces réformes ont également permis d’améliorer l’exécution du budget, de réduire les disparités entre les budgets votés et exécutés, de garantir les dépenses prioritaires et de renforcer les contrôles internes et externes. En outre, un système plus robuste d’informations statistiques nationales a permis d’améliorer le suivi des indicateurs économiques et sociaux et favorisé la transparence et l’efficacité du processus de passation de marchés grâce à la création d’un cadre institutionnel clair et redevable.

L’agence de statistique est aujourd’hui l’une des plus efficaces de la sous-région, après avoir été l’une des moins performantes pendant plusieurs décennies.

En matière de santé, le Niger a réussi à réduire son taux de mortalité infantile de près de 20 pour cent au cours des dix dernières années : de 123 pour 1 000 en 1998 à 81,4 pour 1 000 en 2006. Quant au taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans, il a chuté de 274 pour 1 000 en 1998 à 198 pour 1 000 en 2006.

Enfin, le second projet-pilote de Promotion de l’irrigation privée (PIP2) a permis de développer les systèmes et les technologies d’irrigation de petite échelle dans l’ensemble du pays. Ce projet a prouvé que de tels investissements peuvent être rentables et peuvent améliorer de manière tangible le bien-être des agriculteurs.

La France, l’Allemagne, la Belgique, le Canada, le Japon, la Chine, l’Union européenne, la Banque africaine de développement, la Banque mondiale et le FMI sont les principaux partenaires au développement du Niger.

Les organisations non gouvernementales (ONG) locales et internationales jouent un rôle actif dans le pays. Plusieurs agences de l’ONU fournissent une assistance par le biais de programmes contre la famine et en faveur des réfugiés.

Le PNUD et la Banque mondiale jouent un rôle prépondérant dans la coordination des donateurs au Niger. Le gouvernement a bénéficié d’un appui solide des donateurs lorsqu’il a révisé le DSRP. Celui-ci a été adopté en octobre 2007 par le gouvernement et a reçu l’approbation des donateurs au cours de la Table ronde sur le financement du DSRP II à Bruxelles (les 25 et 26 octobre 2007).

Une Note d’évaluation conjointe Banque mondiale/FMI (JSAN) sur le DSRP II a été examinée le 29 avril 2008 par le Conseil d’administration de la Banque mondiale, puis le 16 mai 2008 par le Conseil d’administration du FMI.

 

Dernière mise à jour en avril 2010




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