Dernière mise à jour : Septembre 2009 Histoire
Le Niger est un pays vaste mais pauvre et enclavé, dont la population, estimée à 14 millions d’habitants, se concentre dans une bande étroite de terres arables le long de sa frontière sud. Ses principales activités économiques sont l’agriculture de subsistance, l’élevage, l’exploitation de l’uranium et le commerce informel. Son secteur primaire (qui contribuait pour environ 46,7 % au PIB en 2006) est dominé par l’agriculture pluviale, mais l’élevage représente environ le tiers de la valeur ajoutée dans ce secteur. En 2008, le Niger se situait au 174e rang sur 179 au classement des pays selon l’Indice de développement humain du PNUD. Quelque 61 % de ses habitants ont moins de 1 dollar par jour pour vivre, et le revenu moyen par habitant était estimé à 280 dollars en 2007. Les indicateurs sociaux sont faibles, que ce soit en termes de mortalité infantile (81 décès pour 1 000 naissances vivantes), d’espérance de vie (56,2 ans), d’alphabétisation (29,8 % en 2006) ou d’estimations préliminaires du taux brut de scolarisation primaire (62,1 % en 2008). La croissance du PIB a été très irrégulière mais faible en moyenne, freinée par le taux de croissance démographique, et estimée à 3,4 % en 2008. D’après les estimations, le PIB du pays a progressé de 9,5 % en 2008 (contre 3,3 % en 2007 et 5,2 % en 2006, après avoir atteint 7,4 % en 2005) grâce à la bonne performance du secteur agricole (qui a enregistré une croissance d’environ 26 % en valeur réelle) qui s’est relevé après la sécheresse de 2004 (le PIB enregistre une croissance négative de -0,8 % cette année). Le Gouvernement nigérien a pris des mesures pour reconstituer les réserves céréalières en 2006 et s’emploie à trouver une solution durable à ce problème structurel avec l’appui de la communauté des bailleurs de fonds. Les estimations préliminaires du PIB réel se chiffrent à environ 1 % en 2009. Situation économique et politique Dans la région du Nord, le conflit qui avait éclaté au début de l’année 2007 s’est estompé, aucune attaque armée n’ayant été signalée depuis juin 2008. Pourtant, le gouvernement considérait encore la région du Nord comme une zone militaire en novembre 2008. Sous les auspices de la Libye, le gouvernement et les rebelles ont récemment signé un accord dont la mise en oeuvre permettra de trouver une solution à la crise. Au plan politique, le président de la République du Niger, Mamadou Tandja a proposé, à travers un referendum, une prorogation de trois ans de son deuxième mandat qui est sensé prendre fin en décembre 2009. Le président a dissout l’Assemblée nationale et le Conseil constitutionnel qui étaient opposés à son projet de modification de la Constitution. Les élections législatives et locales sont programmées respectivement en octobre 2009 et décembre 2009. La crise économique mondiale pourrait avoir de sérieuses répercussions sur la demande au niveau régional pour les produits de l’agriculture et de l’élevage traditionnels, qui pourrait baisser sensiblement, tandis que l’on pourrait assister à une détérioration des termes de l’échange dans les secteurs du pétrole et de l’électricité, affectant ainsi les perspectives de croissance du Niger. Si les importants investissements réalisés récemment dans le secteur minier fourniront des ressources budgétaires supplémentaires au Gouvernement, les activités informelles basées sur le commerce subiront le contrecoup du marasme ambiant. Face à ces menaces, le gouvernement s’est efforcé de renforcer ses capacités de gestion de la dette, de manière à maintenir son endettement à des niveaux tolérables. Le gouvernement est également en train de lancer plusieurs réformes dans le cadre d’une opération de prêt à l’appui des politiques de développement, financée par la Banque. Cette opération a été approuvée en mars 2009 en vue de favoriser la croissance du secteur formel et la diversification de l’économie. La Banque mondiale a collaboré étroitement avec le FMI en vue d’encourager le gouvernement à maîtriser les dépenses et à assurer une gestion transparente des recettes minières. Les mesures fiscales visant à atténuer l’effet immédiat de la crise sur le secteur privé ont été débattues. La Banque fournit actuellement une assistance technique pour aider à renforcer les capacités au plan institutionnel (une opération d’assistance technique d’un montant de dix millions de dollars a été approuvée par le Conseil des Administrateurs le 2 juillet 2009). Dans la perspective d’une diminution possible des flux de ressources, des réflexions sont actuellement en cours concernant l’ampleur des opérations de soutien budgétaire, les opérations de prêts d’investissement et l’engagement des autres bailleurs de fonds à remplir leurs engagements en matière d’aide publique au développement. Au titre des projets, des projets d’appui au secteur agricole et des mesures visant à stimuler la croissance du secteur privé sont en train d’être mis en place en vue de réduire les risques à court et moyen terme liés à la crise. Enfin, la poursuite du programme d’investissement en infrastructure dans le secteur des transports, qui est également financé par la Banque, permettra de faire face à l’impact probable de la crise. Durant la période 2005-2007, le Niger a amorcé une reprise économique, affichant un taux de croissance moyen de 6 %. après le ralentissement de 2004 provoqué par la sécheresse, une invasion de criquets pèlerins et la hausse des prix de l’énergie. En avril 2004, le Niger a atteint le point d’achèvement de l’Initiative PPTE (Initiative en faveur des pays pauvres très endettés) et bénéficié d’un allégement de sa dette auprès de l’IDA, notamment d’un soutien additionnel équivalant à 142 millions de dollars. En outre, le pays a été admis à bénéficier d’un allégement de dette de 300 millions de dollars au titre de l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale (IADM) qui lui permet de bénéficier de ressources additionnelles d’un montant de 30 millions de dollars par an sur dix ans. Dans son deuxième Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP) approuvé par le décret du 10 octobre 2007, le Niger s’est fixé pour objectif de maintenir un taux de croissance réelle du PIB de 7 % par an afin d’atteindre les objectifs de développement pour le Millénaire (ODM), alors que le scénario de base tablait sur une croissance de 4,2 %. En 2006, le PIB a augmenté de 5,2 % selon les estimations, grâce à l’accroissement de la production agricole et à une croissance soutenue dans les autres secteurs de l’économie (uranium et télécommunications). En janvier 2005, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé un programme triennal, pour un montant total de 40 millions de dollars, au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) et cinq revues de ce programme ont été menées à bien. La sixième revue a eu lieu en mars 2008 et a été examinée par le Conseil d’administration du FMI en mai 2008, en même temps qu’un nouveau programme financé par la FRPC. Coordination des bailleurs de fonds Les principaux partenaires de développement du Niger sont la France, l’Allemagne, la Belgique, le Canada, le Japon, la Chine, l’Union européenne, la Banque africaine de développement, la Banque mondiale et le FMI. Diverses organisations non gouvernementales (ONG) étrangères et locales sont également actives dans le pays. Il convient d’ajouter à cela les activités de secours menées par plusieurs organismes des Nations Unies, notamment les programmes d’aide aux réfugiés et de lutte contre la famine, ainsi que le rôle joué par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et la Banque mondiale dans la coordination de l’action des bailleurs de fonds au Niger. Le Gouvernement nigérien a revisé le DSRP avec le soutien actif de la communauté des bailleurs de fonds. Le document final a été adopté par le Niger en octobre 2007 et entériné par la communauté des bailleurs de fonds lors d’une Table ronde sur le financement du deuxième DSRP qui s’est tenue à Bruxelles les 25 et 26 octobre 2007. Les services de la Banque et du Fonds monétaire international ont élaboré une Note d’évaluation conjointe des services (JSAN) sur le deuxième DSRP qui a été examinée le 29 avril 2008 par le Conseil des Administrateurs de la Banque et le 16 mai 2008 par le Conseil d’administration du FMI. Rôle du Groupe de la Banque mondiale Les treize projets en cours avec un financement de l’IDA représentent un engagement total d’environ 349 millions de dollars, le solde non décaissé s’élevant à quelque 215,58 millions de dollars. Le portefeuille actuel se compose de projets à l’appui d’investissements dans les domaines suivants : a) infrastructures hydrauliques ; b) développement rural, promotion des exportations de produits agricoles et irrigation ; c) lutte contre le VIH/SIDA ; d) programme national d’action communautaire destiné à soutenir l’élaboration de programmes de développement de proximité ; e) éducation, en vue d’améliorer l’accès à l’éducation de base et la qualité de cet enseignement ; f) réforme et restructuration du secteur financier ; g) renforcement du secteur de la santé et des institutions connexes ; h) gestion des catastrophes naturelles ; i) un Projet d’urgence d’appui à la sécurité alimentaire pour atténuer l’impact du renchérissement des denrées alimentaires. Des réformes sont actuellement en cours en vue d’améliorer la gestion des dépenses publiques et d’éliminer les goulets d’étranglement dans le cadre d’une série d’opérations de prêts à l’appui des politiques de développement dont la première a été approuvée durant l’exercice 06 (réforme des secteurs rural et social) et la seconde le 19 juin 2007 et la troisième le 24 mars 2009 (Don pour la réforme des politiques de croissance). Les décaissements du Don pour la réforme des politiques de croissance ont été suspendus, le parlement n’ayant pas ratifié les réformes budgétaires et en attendant une évaluation par le FMI de l’environnement macroéconomique. Une nouvelle Stratégie d’assistance-pays couvrant les exercices 08 à 11 a été approuvée par le Conseil le 29 mai 2008. Le Gouvernement nigérien et la Banque collaborent étroitement en vue de prendre en compte les questions relatives à la mise en oeuvre, notamment le renforcement des capacités, la simplification, l’harmonisation et la modernisation des procédures de passation des marchés et de gestion financière, ainsi que la solution au problème des faibles taux de décaissement liés aux projets. La stratégie de la Société financière internationale (IFC) au Niger consiste à élaborer des projets dans les secteurs de la santé et de l’éducation, de l’agro-industrie, de l’infrastructure et des systèmes de gestion sensible aux distinctions hommes-femmes. L’IFC examine également la possibilité d’une implication de l’Afrique en faveur du Partenariat avec les entreprises privées en vue de la mise en oeuvre des réformes du climat de l’investissement. Le Niger a signé la Convention MIGA le 11 avril 1994, mais il ne satisfait pas encore à tous les critères d’adhésion. L’Agence ne peut donc pas fournir de garanties au titre de projets d’investissement dans le pays. Au cours de l’exercice 2010, l’Institut de la Banque mondiale envisage la mise en oeuvre de sa rénovation stratégique en plaçant l’accent sur des thèmes couvrant plusieurs secteurs qui sont influencés aussi bien par les priorités des entreprises que par la demande au niveau national, notamment les États fragiles et affectés par un conflit, la crise économique mondiale, la gouvernance, les changements climatiques, les systèmes de santé, le développement urbain et le partenariat public-privé (prestation de services). Il sera procédé à la recherche d’opportunités permettant au Niger d’exercer ces activités. Un programme concernant l’enseignement supérieur a été élaboré pour le Niger au cours de l’exercice 09. Cependant, les activités proposés dans la sous-région dans de nombreux secteurs existent. Contacts Pour les contacts, cliquez ici. |