WASHINGTON, le 24 avril 2008 - La Banque mondiale et ses partenaires dans la lutte planétaire contre le paludisme demandent un regain intensif d'efforts pour éliminer le problème majeur de santé publique qu'est le paludisme et empêcher que cette maladie qui sévit depuis si longtemps ne fasse d'autres morts.
Cette semaine, la Banque a invité la vedette mondiale de musique Youssou N'Dour à jouer devant un public d'ambassadeurs africains, de partenaires du projet Faire reculer le paludisme, de membres du personnel de la Banque et d'autres invités de marque, à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme – appelant ainsi l'attention sur le problème et les possibilités que présente le paludisme pour ceux qui sont le plus directement touchés et ceux qui sont en mesure d'intervenir dans cette lutte.
Youssou N'Dour dans le bâtiment de la Banque mondiale à Washington.
Mettant à profit le rang élevé qu'il occupe dans le palmarès de la musique, Youssou fait sa part en établissant le contact avec tous, des jeunes Africains qui aiment sa musique et ont de jeunes frères et sœurs menacés par la maladie aux dirigeants mondiaux qui peuvent consacrer de vastes ressources à ce problème.
« Le monde a lancé une guerre contre le paludisme, une guerre que nous pouvons tous gagner. Nous disposons d'une vaste alliance, qui s'appelle Faire reculer le paludisme, dont des membres comme la Banque mondiale, le Fonds mondial, les États-Unis d'Amérique et l'ONU en font toujours plus. Et en cette première Journée mondiale de lutte contre le paludisme, nous bénéficions de la participation de présidents et même de joueurs de basketball. Cette forte attention portée au paludisme est exactement ce que nous avions en vue lorsqu'en 2005 nous avions organisé le concert Africa Live pour aider dans la lutte contre le paludisme, mais cela ne suffit toujours pas. Les moustiques se soucient peu de visas - il nous faut des efforts transfrontières comme ceux proposés dans la région du Zambèze. Avec de tels efforts, nou réussirons à éliminer le paludisme », a-t-il déclaré.
L'engagement de l'Afrique et des partenaires actuels se trouve à un niveau record. Youssou, la Banque mondiale et les partenaires à travers le monde appellent d'autres à se joindre à cette lutte que nous pouvons gagner.
Le paludisme est une maladie évitable, et qui se soigne, mais un million ou plus de gens - pour la plupart des enfants africains - continuent d'en mourir tous les ans.
« Ce qui est encourgeant, toutefois, c'est que de plus en plus de pays africains montrent qu'il est en fait possible d'endiguer le paludisme », fait observer la Vice-Présidente de la Banque mondiale pour l'Afrique, Obiageli Ezekwesili. « Malgré des conditions difficiles et un pessimisme initial, des pays comme le Bénin, l'Éthiopie, le Rwanda et la Zambie réussissent à intensifier les efforts de lutte contre le paludisme en fournissant des moustiquaires et des médicaments efficaces. Davantage de pays peuvent certainement suivre une voie similaire s'ils ont suffisamment de resources et d'appui technique ».
La capacité d'intensifier rapidement les efforts de lutte contre le paludisme et de soutenir le niveau d'effort assez longtemps pour réduire considérablement le nombre de personnes et de moustiques porteurs du parasite qui cause le paludisme est essentielle au succès de ces pays. Étant donné l'immense intérêt que suscite actuellement le paludisme dans le monde, c'est le moment ou jamais de ce faire, et un partenariat efficace est ici un élément essentiel.
« La communauté de lutte contre le paludisme est en meilleure position que jamais auparavant. Le Partenariat Faire reculer le paludisme travaille à susciter une collaboration sans précédent. La perspective de mettre fin aux décès causés par le paludisme enthousiasme les gens sur place et au niveau mondial » dit Ray Chambers, l'Envoyé spécial des Nations Unies pour le paludisme. « Nous savons ce qu'il faut faire; il ne nous reste plus qu'à nous y mettre. » Un financement supplémentaire est essentiel.
Depuis le lancement en 2005 du Programme renforcé de lutte contre le paludisme en Afrique, la Banque mondiale a consacré 467 millions de dollars des États-Unis à la prévention et au traitement du paludisme en Afrique, ce qui fait d'elle l'une des trois entités de financement de la lutte contre le paludisme les plus importantes.
Ce sont les pays Africains qui ont demandé ces fonds pour acheter des moustiquaires imprégnées d'insecticides de longue durée, des médicaments efficaces, et des fournitures pour traiter les murs des maisons aux insecticides.
Certains de ces fonds doivent permettre de renforcer les systèmes de soins de santé, afin qu'ils puissent mieux traiter les cas de paludisme potentiellement mortels, qui peuvent absorber jusqu'à 40 % des ressources des services de santé publique dans les pays gravement touchés.
Ce financement provient de l'Association internationale de développement de la Banque mondiale, mieux connue sous son sigle, l'IDA. Il s'agit d'un mécanisme qui permet aux pays les plus pauvres de recevoir des prêts sans intérêt ou des subventions de la part des pays plus riches. Tous les trois ans, les pays donateurs se réunissent pour décider du montant de la contribution de chacun d'entre eux.
Les annonces de contributions faites par les pays donateurs en décembre 2007 signifient qu'IDA-15 (la 15e reconstitution des ressources de l'Association) recueillera un montant record de 41 milliards de dollars des États-Unis.
Cela peut certes sembler vouloir dire que cela permettra d'acheter plus qu'il ne faut de moustiquaires, de médicaments et d'insecticides pour stopper le paludisme, mais en fait les ressources de l'IDA servent à l'assistance à toute la gamme de problèmes de développement - routes, éducation, agriculture, santé et bien d'autres encore.
Même sous la « simple » rubrique de la santé, un grand nombre de maladies et de problèmes entrent en jeu. Et ce sont les pays qui empruntent l'argent qui décident de la façon de le dépenser.
La Banque a pu consacrer 467 millions de dollars à la lutte contre le paludisme uniquement parce que 18 pays africains ont décidé que cette maladie était assez importante pour qu'ils lui allouent une forte proportion de leurs crédits IDA.
À partir du prochain cycle de financement, la Banque prévoit que les pays consacreront une partie considérablement plus importante de leurs crédits IDA au paludisme pour tirer parti de la dynamique actuelle en faveur de l'élimination du paludisme en tant que menace à la santé publique. Cela ferait beaucoup pour que cette maladie ne constitue plus une entrave majeure à la croissance économique de l'Afrique.
« Vaincre le paludisme est essentiel au développement de l'Afrique » a souligné le professeur Awa Marie Coll-Seck, Directrice exécutive du Partenariat Faire reculer le paludisme. « Outre qu'il met les gens dans un état physique épouvantable, le paludisme réduit la productivité. Lorsque des adultes - ou leurs enfants - sont atteints de paludisme, ils perdent du temps de travail, ce qui signifie qu'ils ne peuvent pas produire la nourriture, l'argent ou les autres choses dont eux et leurs pays ont besoin ».
Elle a ajouté « À moins que l'on ne s'attaque au paludisme en Afrique, peu de pays de ce continent seront en mesure de réaliser CINQ des objectifs de développement pour le Millénaire les plus essentiels (santé infantile, santé maternelle, maladies infectieuses, éducation primaire pour tous et élimination de la pauvreté). Il faut stopper le paludisme, et le monde est aujourd'hui au seuil de l'accomplissement de cet objectif. »
Le Groupe de la Banque mondiale est une source cruciale d'assistance financière et technique aux pays en développement dans le monde entier. Elle utilise ses ressources financières, son personnel et sa vaste expérience pour aider les pays à réduire la pauvreté, à stimuler la croissance économique et à améliorer la qualité de vie.
L'impact du paludisme s'étend bien au-delà du domaine de la santé publique et entrave considérablement le développement. De ce fait, cette maladie est au centre du programme de développement de la Banque.
En 2005, elle a lancé le Programme renforcé de lutte contre le paludisme en Afrique; il s'agit d'un programme décennal visant à aider les nations d'Afrique à atteindre des objectifs cruciaux dans la lutte contre le paludisme et à réduire la mortalité infantile et maternelle.