En juin 2005, le Projet Sectoriel « Eau » (PSE) a été clôturé. L’impact de ce projet a été considérable : grâce à lui, un million de personnes ont aujourd'hui accès à l’eau potable, une victoire importante dans la lutte contre la pauvreté. En 1996, la Banque mondiale approuvait un crédit de 118,1 milliards de francs CFA pour le financement du projet sectoriel « Eau » au Sénégal (PSE), un projet aux objectifs ambitieux. Il s’agissait principalement de restaurer la viabilité financière du secteur en finançant deux trains de mesures : des mesures visant à améliorer la gestion, la tarification et le recouvrement des coûts, et des mesures visant à réduire les subventions étatiques de la consommation en eau des industries, des ménages et des schémas d’irrigation. Le second volet du projet visait à augmenter de façon significative l’accès des populations urbaines les moins favorisées à l’eau potable et à l’assainissement, et donc de contribuer à des objectifs sociaux stratégiques du Sénégal : réduire la pauvreté et améliorer l’état de santé des populations. Finalement il allait servir de véhicule à la mise en œuvre d’un engagement du Sénégal et de la Banque, à savoir donner au secteur privé une place prépondérante dans la gestion de l’approvisionnement en eau des populations urbaines. Dix ans plus tard, à l’heure du bilan, le succès de ce projet est considérable, et s’illustre par un partenariat exemplaire mis en place entre le secteur public et le secteur privé. Les résultats du projet ont largement dépassé les objectifs initiaux. Au total, ce projet a permis à 970 000 personnes, au lieu des 450 000 personnes initialement prévues, de bénéficier d’une nette amélioration de leur accès à l’eau potable, grâce aux 89.000 (34.000 prévus au départ) branchements sociaux. Le coût de ces branchements, qui s’élève à 200.000 F CFA, a été entièrement supporté par l’Etat du Sénégal sur le crédit de la Banque mondiale. Dans les quartiers défavorisés de Dakar, 400 bornes fontaines ont été construites, la réhabilitation de l’usine de Ngnith (+ 24.000 m3/j), et la réalisation de 11 forages dans le littoral nord (+35 000 m3/j), ont permis une augmentation de 25% de la production d’eau pur à Dakar depuis octobre 1999. Grâce à la réhabilitation par la Société Nationale d’Exploitation des Eaux du Sénégal et par la Sénégalaise des Eaux de 315 Kms de réseau, de 74 000 branchements privés d’eau potable et de 120.000 compteurs d’eau, les 12 points de rendement de réseau réalisent une économie de 12 millions de m3 par an. Dans le secteur de l'assainissement urbain, 13.000 branchements sociaux ont été réalisés permettant à 30.000 dakarois supplémentaires d’avoir un branchement à l’égout. La ville de Saint-Louis (située à 270 kms au nord de Dakar) a aussi bénéficié de nouvelles infrastructures de traitement des eaux pluviales et la ville de Rufisque (située à 40 km de Dakar), a bénéficié d’infrastructures de traitement des eaux usées. 17 autres villes ont pu réaliser leur plan directeur d’assainissement. Le Projet en quelques chiffres | - 9 juin 1995 : La Banque accorde un crédit de 290 millions de dollars au Sénégal pour réaliser son PSE.
- 7 décembre 1996 : Démarrage effectif du PSE
- 8,5 milliards de Francs CFA de subvention pour les populations les plus pauvres en 2002.
- 11 forages réalisés pour une production supplémentaire de 35.000 m3 par jour.
- 24.000 m3 d’eau par jour supplémentaire avec la réhabilitation de l’usine de Ngnith.
- 89.000 branchements sociaux.
- 400 nouvelles bornes fontaines, faisant passer leur nombre de 940 en 1995 à 1.424 en 2004.
- 120.557 nouveaux abonnés pour la SDE entre sa création en 1996 et 2003, soit une hausse de 50%.
- 970.000 personnes supplémentaires bénéficiant du réseau d'adduction d’eau en zone urbaine.
- 13.000 branchements sociaux à l’égoût.
- 46.410 nouveaux branchements d’eau privés à Dakar, soit une hausse de 35 % entre 1995 et 2004.
- 55 kilomètres de plus sur le réseau d’adduction d’eau.
- 142,3 milliards de francs CFA: coût prévu du projet.
- 118,1 milliards de Francs CFA : coût final du PSE (réduction due notamment à une bonne gestion des marchés).
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| Le Projet Sectoriel « Eau » du Sénégal sert aujourd’hui de référence, et plusieurs leçons peuvent en être tirées : - La volonté politique est un facteur de réussite. Le gouvernement du Sénégal a respecté tous ses engagements. De 1996 à 2000, le gouvernement sénégalais a payé, sans retard, toutes les factures de consommation en eau des établissements publics (écoles, universités, ministères, etc.), et a mis en place tous les mécanismes, prévus dans l’accord de crédit, en faveur des populations les plus pauvres dans le secteur de l’eau et de l’assainissement.
- Un projet réussi est un projet suivi : La Banque mondiale a constamment suivi l’exécution du projet. Toutes les tâches sous la responsabilité de la Banque ont été exécutées sans retard, notamment les avis de non objections pour les décaissements, et la réaffectation rapide des reliquats du projet sur d’autres composantes, ce qui a permis de dépasser les objectifs initiaux.
- Investissements et réformes doivent aller de pair : Le financement du PSE par plusieurs bailleurs de fonds pour maîtriser le programme d’investissement a permis la mise en œuvre réussie des réformes institutionnelles
- Une stratégie de communication efficace a permis d’expliquer au public les enjeux de la réforme et d’obtenir un large consensus auprès des populations et des partenaires sociaux (parlements, syndicats, associations de consommateurs, collectivités locales).
Véritable modèle, les excellents résultats de ce projet, ont motivé, dès 1998, l’engagement des bailleurs de fonds dont la Banque mondiale de financer un autre projet encore plus ambitieux : le Projet Eau à Long Terme (PLT). Déjà sur de bons vagues pour atteindre les Objectifs de développement du millénaire en 2015 dans le secteur de l’eau. |