Le fardeau du paludisme en Afrique

Article de l’Unité de coordination et d'appui au Programme de lutte contre le Paludisme. Article extrait du magazine "Les Échos de la Banque mondiale". Numéro 5 - Juillet 2006. .

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Chaque année, le paludisme entraîne la mort de plus de 1,1 million de personnes, la majorité d’entre elles étant des enfants de moins de cinq ans (1) (2). Plus de 80 % de ces décès se produisent en Afrique subsaharienne. Le paludisme est la principale cause de mortalité d’enfants africains et ces décès pourraient être réduits de moitié si on disposait de diagnostics et de médicaments à un prix abordable (3). Les femmes enceintes et les enfants qu’elles portent sont particulièrement vulnérables à cette maladie ayant une large part dans la mortalité périnatale, le poids insuffisant à la naissance et l’anémie.

 

Comme le souligne l’OMS, l’impact du  paludisme sur la santé publique est encore aggravé par des coûts économiques élevés (4). Rien qu’en Afrique, le poids économique  annuel du paludisme est estimé à quelque 12 milliards de dollars. Une simple comparaison statistique permet de mettre en lumière combien le paludisme peut entraver le développement économique. Entre 1965 et 1990, le taux de croissance économique annuel était en moyenne d’un modeste 0,4 % dans les pays affectés par le paludisme, soit moins du cinquième des 2,3 %  atteints en moyenne, pendant la même période, par les pays non affectés par la maladie (Sachs and Malaney, 2002).

 

Alors qu’il est parfaitement possible de prévenir et de guérir le paludisme avec les technologies actuellement disponibles, le taux de couverture des interventions efficaces est resté tragiquement bas, surtout auprès  des populations rurales et des populations les plus pauvres.

 

Le paludisme a aussi un impact considérable lorsqu’il s’agit d’atteindre certains des objectifs clés de développement du millénaire (ODM) dans les différents pays. 

 

  • Éducation : le paludisme est la cause principale de troubles de santé et d’absentéisme chez les enfants en âge scolaire et chez les enseignants.
  • Mortalité infantile : le paludisme est la cause principale de mortalité dans les régions affectées par l’endémie.
  • Santé maternelle: le paludisme provoque l’anémie chez les femmes enceintes et entraîne une insuffisance de poids chez les nouveau-nés.
  • Nutrition : environ la moitié des décès attribués au  paludisme chez les enfants provient de l’effet combiné du paludisme et de la malnutrition. 

L'espoir est pourtant permis. De récentes expériences dans des pays tels que l’Érythrée et la Zambie rappellent au monde qu’il est possible de faire de gros progrès pour peu que ceux-ci montent suffisamment en puissance, grâce aux efforts conjoints des partenaires et des pays.

 



(1) Roll Back Malaria. OMS et UNICEF, 2005. Rapport mondial sur le paludisme. Genève, HOMS, 2005.

 

(2) Le paludisme est une maladie potentiellement mortelle résultant d’une infection par le parasite Plasmodium. Le Plasmodium est transmis aux humains par la piqûre des moustiques Anophèles. Quatre sortes de parasites peuvent infecter les humains : le Plasmodium falciparum, le plus dangereux et le plus commun en Afrique subsaharienne, le P. vivax, le P. malaria et le P. ovale. Les conditions climatiques en Afrique subsaharienne sont malheureusement favorables à des vecteurs très efficaces comme les A. gambiae et les A. funestus. Plus de details sur   : www.who.int

 

(3) Sylvia Meek. 2005. Tackle Malaria Today Give Tomorrow a Chance.  Royaume Uni, House of Commons. All-Parliamentary Group on Malaria.

 

(4)OMS/AFRO, Unité de contrôle du paludisme (Malaria Control Unit), rapport annuel, 2004.

 

 

Cet article est un extrait du magazine trimestriel, Échos de la Banque mondiale, publié par le Bureau régional de Dakar (Sénégal, Cap-Vert, Gambie, Guinée-Bissau, Niger). Pour consulter le magazine en format PDF, veuillez cliquer ici.
Pour en savoir plus sur ce magazine, veuillez contacter  worldbank-senegal@worldbank.org.

 




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