Durant sa visite au Sénégal du 26-27 octobre 2006, le Directeur général de la Banque mondiale a visité cinq projets : 1. DANS LES RUE DU VILLAGE DE NGOR : CONTACT AVEC UNE POPULATION « BRANCHÉE » 2. VISITE AU PCCI : PARI SUR LES TIC 3. VILLAGE PILOTE DE PIKINE : DIALOGUE AVEC LES ENFANTS VULNÉRABLES 4. SANGALKAM : QUAND UN DIRECTEUR GÉNÉRAL PARLE DE MANGUES 5. GORÉE : CITOYEN D’HONNEUR
Dans les rue du village de Ngor : contact avec une population « branchée » C’est dans les rues du quartier de Ngor, un village traditionnel de douze mille habitants dans la ville de Dakar que M. Juan José Daboub, Directeur général de la Banque mondiale a eu son premier contact direct avec les populations sénégalaises. Sous le soleil de ce jeudi 26 octobre, M. Daboub est entré dans les maisons privées tout naturellement et sans protocole. Il a serré des dizaines de mains d’hommes et de femmes et même échangé des mots avec des enfants rencontrés dans les étroites ruelles de ce quartier de pécheurs adossé sur l’Océan Atlantique. Cette marche improvisée a été aussi l’occasion pour le Directeur général de constater l’impact que le projet d’assainissement financé par la Banque mondiale a eu dans ce village. Dans le cadre du « Projet eau à long terme », Ngor bénéficie désormais d’un système alternatif d’assainissement qui a permis à 518 familles de disposer de sanitaires et de fosses septiques dans les maisons. Il y aussi une nouvelle adduction au système d’évacuation des déchets liquides, préservant ainsi l’environnement terrestre et maritime qui étaient, pendant des années, les réceptacles des eaux usées et des matières fécales produites par les familles. C’est symboliquement dans la cour de la mosquée que la population a tenu à recevoir M. Daboub pour saluer l’impact du projet dont elle «avait rêvé pendant des années », selon Papa Diop, qui fait office à la fois d’Imam (leader religieux) et de Président du comité local de pilotage du Projet d’assainissement semi-collectif de Ngor. D’ailleurs pour montrer leur adhésion au projet, les populations ont rappelé que chaque famille a pris en charge une partie du financement de ce réseau en déboursant environ 45 dollars EU pour bénéficier d’un embranchement individuel au système. Il a été conçu avec une technologie qui a fait passer le coût d’un embranchement familial de 800 à 400 dollars EU. Il faut souligner que la mairie avait également accepté de prendre en charge une partie des coûts en utilisant les fonds collectés par les taxes. Avec émotion et fierté, Mme Fatou Guèye, une dame de plus 70 ans, et M. Mamadou Samb ont successivement reçu M. Daboub dans leur maison pour lui montrer les installations familiales sanitaires et d’assainissement. Entourés de leur progénitures et voisins, Mme Guèye et M. Samb ont traduit leurs remerciements à la Banque mondiale en des termes simples et chaleureux. Le Directeur général a pu constater l’entretien parfait des sanitaires et autres petites infrastructures réalisées par l’Office national d’assainissement du Sénégal. Le Directeur général a rappelé que la lutte pour le développement revient aux populations, la Banque mondiale n’intervenant que comme appoint. Il a singulièrement noté la participation financière des populations qui traduit leur adhésion au projet, « ce qui est un encouragement pour la Banque a continué son assistance au Sénégal ». Sans doute inspiré par le lieu, le Directeur général a déclenché l’enthousiasme des populations en prononçant quelques mots en arabe. Retour en haut Visite au PCCI : pari sur les TIC Autre visite, autre atmosphère le vendredi 27 octobre. Au PCCI, le plus grand centre d’appel du Sénégal, le Directeur général a pu prendre la mesure de la capacité d’innovation de jeunes sénégalais qui ont créé une société entièrement basée sur l’usage des technologies de l’information pour gagner des parts du marché mondial du télétravail. Après les applaudissements d’une partie des 1.200 jeunes travailleurs du PCCI, dont l’écrasante majorité sont des étudiants, M. Daboub a été conduit dans les dédales de la société par M. Mass Thiam et Abdoulaye Sarre respectivement Directeur et Administrateur de PCCI. Ils étaient en compagnie de Babacar Sall, Directeur des réseaux de la Société nationale de télécommunications (SONATEL) dont les performances techniques ont justifié l’implantation de la société au Sénégal. M. Daboub a vivement félicité les responsables de PCCI pour leur capacité d’innovation et de diversification. Il les a également encouragés à continuer pour gagner des parts du marché interne, pour enrichir leur portefeuille de clients où l’on retrouve de grandes sociétés comme Wanadoo et Canal Plus. Lors de la conférence de presse tenue vendredi, le Directeur général a relevé avoir vu «une société privée qui donne des emplois à des jeunes et qui offre à des membres de groupes vulnérables comme les handicapés moteurs des conditions décentes de travail ». Retour en haut Village pilote de Pikine : dialogue avec les enfants vulnérables Cependant, le véritable contact avec les groupes vulnérables a eu lieu vendredi à Pikine, à une vingtaine de kilomètres de Dakar où le Directeur général de la Banque mondiale a visité un « Village pilote » qui abrite des enfants de la rue pour leur apprendre à lire et à écrire tout en les formant à un métier (maraichage, artisans, etc.) avant de favoriser leur retour vers leur famille d’origine. Le Directeur général de la banque s’est parfaitement entendu avec les enfants, des garçons entre 9 et 15 ans. Cette visite se situait dans le cadre du Partenariat pour le retrait et la réinsertion des enfants de la rue, dans lequel la Banque mondiale est engagé avec l’UNICEF, des organisations de la société civile et le gouvernement du Sénégal. D’ailleurs, le 10 octobre le président Abdoulaye Wade avait convoqué un conseil présidentiel intégralement consacré à ce partenariat. Retour en haut Sangalkam : quand un Directeur général parle de mangues La sortie la plus lointaine de Dakar a conduit Juan José Daboub à Notto Gouye Diama et Sangalkam situées respectivement à 50 et à 70 kilomètres de Dakar. Apparemment, le Directeur général qui vient d’un pays équatorial n’a pas été dépaysé dans les champs de mangues. Il a discuté avec Ousmane Sall qui, à 81, maintient intacte sa passion pour ce fruit que sa société, SANEPRO (Sall Negoce Production), exporte sur le marché européen. SANEPRO fait partie des utilisateurs intensifs du Feltiplex, un centre de conditionnement flexible qui permet au secteur privé sénégalais de respecter les normes imposées par l’Union européenne pour l’exportation de fruits et légumes. Les autres utilisateurs réputés sont l’Organisation nationale des producteurs et exportateurs de fruits et légumes du Sénégal (ONAPES) et la Sénégalaise de production et d’exportation de produits agricoles et de services (SEPAS). M. Cheikh Ngane, président de l’ONAPES a expliqué au Directeur général de la Banque mondiale l’impact de ce centre, c’est-à-dire l’augmentation des volumes des exportations de fruits et légumes « Origine Sénégal » sur le marche européen. Les installations du Feltiplex financées par la Banque mondiale sont aujourd’hui soutenues également par l’USAID dans le cadre du SAGIC (Support for Accelerated Growth and Increased Competitiveness) dont la directrice, Mme Regina Brown, a rencontré M. Daboub sur le site du Feltiplex. Évidemment, les utilisateurs du Feltiplex, qui paient environ 7.000 dollars par an pour bénéficier de ses installations techniques fonctionnelles, n’ont pas manqué de souligner auprès de M. Daboub les difficultés du secteur des fruits et légumes dont la principale est l’accès aux financements. Retour en haut Gorée : citoyen d’honneur La note émotionnelle a eu lieu à Gorée où le Directeur de la Banque mondiale a visité la « Maison des Esclaves » qui était le lieu de passages de milliers d’Africains déportés dans les plantations d’Amérique pendant la Traite négrière. Sur cette île située à 4 kilomètres au large de Dakar, M. Daboub a été fait « Citoyen d’Honneur » de la commune par les autorités municipales. Une façon sans doute de remercier la Banque mondiale qui a appuyé, entre autre, la réhabilitation du centre de santé de l’île. Mademba Ndiaye mademba@worldbank.org Retour en haut |