| Éditorial extrait du magazine "Les Échos de la Banque mondiale". Numéro 7 - mars 2007 Au moment de la préparation de ce septième numéro du magazine Échos de la Banque mondiale, le Sénégal se préparait à son scrutin présidentiel avec 15 candidats porteurs de la volonté de diriger le pays. Malgré leur confiance dans le système démocratique qui a déjà fait ses preuves, les Sénégalais, nous a-t-il semblé, étaient quelque peu inquiets quant au déroulement du scrutin. Au final, tous les observateurs indépendants, notamment de la CEDEAO, ont estimé que, mis à part quelques « couacs », ces élections ont été populaires et transparentes. Ainsi, le Sénégal s’ouvre sur une nouvelle ère qui, coïncidence heureuse, arrive au moment où la Banque mondiale élabore une stratégie pour renforcer la Gouvernance et la lutte contre la corruption. Pour ce faire, nous avons consulté des entités représentatives de la société sénégalaise afin de recueillir leurs points de vue sur cette nouvelle stratégie. La conclusion la plus largement partagée est que si des élections transparentes et régulières sont une condition nécessaire à la bonne gouvernance, elles sont loin d’être suffisantes. Il est donc normal, ici et maintenant, que la Banque mondiale s’engage à apporter un soutien vigilant à toute mesure et pratique visant à améliorer la gouvernance au Sénégal et notamment dans la gestion des ressources budgétaires dont la revue annuelle par la Banque mondiale est un exercice toujours instructif sur le chemin restant à parcourir. Cet appui à la bonne gouvernance vaut tout autant pour le secteur privé ; le président du Groupe Bank of Africa décrit dans ce numéro la place qui lui a été accordée par les États et les partenaires au développement depuis 1960. Il ne se contente pas d’une description ; c’est au fil d’un véritable bréviaire, hors du « politiquement correct » que ce banquier assène « ses » vérités à toute personne désireuse de gagner sa vie et de participer à la croissance économique de son pays en investissant dans le secteur privé. Évidemment, ces paroles de banquier, pour appropriées qu’elles soient, ne font pas oublier le difficile chemin qui mène au crédit bancaire. D’où la pertinence de la microfinance qui vient, d’ailleurs, d’être mise à l’honneur avec l’attribution du Prix Nobel à Muhammad Yunus. Le développement de ce secteur en dit long sur le besoin d’un financement alternatif, moins coûteux et surtout plus accessible éprouvé par des entrepreneurs dotés de très faibles ressources propres, comme la plupart de ces 741 000 Sénégalais qui ont déposé 140 millions de dollars dans les institutions de microfinance en 2006 et ont bénéficié de 167 millions de dollars de prêts ! Ces entrepreneurs dynamiques, nous les avons rencontrés récemment dans la région Nord du Sénégal, dans le Matam, où nous avons vu les femmes de Bokidiawé mettre toute leur énergie et leur enthousiasme à produire des cultures à haute valeur ajoutée. Certes pour gagner de l’argent ! Mais, plus important encore, pour retenir leurs enfants dans le terroir. Oui, ces femmes, ont, pour la plupart, vu leur mari émigrer vers l’Europe ou les États-Unis et elles veulent prouver à leur progéniture qu’il est possible d’être gagnant au Sénégal. Ces femmes de Bokidiawé ont un avocat de poids en la personne de Cheick Modibo Diarra qui est l’invité de notre magazine ! Cet astrophysicien de Ségou (Mali), ancien de la NASA, aujourd’hui président de Microsoft en Afrique, porte sa conviction en bandoulière : on peut réussir en Afrique ! Clamée haut et fort, sans louvoiement ni langue de bois. Les premiers à pâtir de cette absence de circonvolutions, devenez qui ? Nous, qui lui avons ouvert la page de notre magazine… puisqu’il taxe la Banque mondiale de « voleuse de cerveaux africains » ! Non, non, ne vous méprenez pas. EBM n’est pas fâché contre le frère malien. Au contraire, nous espérons que vous savourerez les propos de ce navigateur interplanétaire ! Cet article est un extrait du magazine trimestriel, Échos de la Banque mondiale, publié par le Bureau régional de Dakar (Sénégal, Cap-Vert, Gambie, Guinée-Bissau, Niger). Pour consulter le magazine en format PDF, veuillez cliquer ici. Pour en savoir plus sur ce magazine, veuillez contacter mademba@worldbank.org.
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