Sénégal : les espèces exotiques envahissantes pourraient causer de sérieux impacts sur l’écologie, l’environnement et la santé, déclare la Banque mondiale

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DAKAR, le 3 décembre 2007 - Les espèce exotiques envahissantes (EEE) peuvent causer de sérieux impacts écologiques, environnementaux et sanitaires, si elles ne sont pas contrôlées, avertit la Banque mondiale.

Selon le docteur Kathy MacKinnom, Spécaliste en Chef pour la biodiversité à la Banque mondiale, "les effets néfastes des espèces exotiques envahissantes peuvent ralentir la croissance économique, réduire les efforts de lutte contre la pauvreté, et par ailleurs menacer la sécurité alimentaire et la biodiversité".

Dans le monde, le coût des dommages causés par les EEE a été estimé à près de 1 500 milliards  de dollars EU par an, soit l'équivalent de près de 5% du produit intérieur brut (PIB). Dans les pays en développement où l’agriculture contribue à une proportion plus importante dans le PIB, l’impact négatif des espèces envahissantes sur la sécurité alimentaire et le développement économique est encore plus élevé.

À cause du développement international du commerce, du voyage et des transports, le taux et l’aire géographique de progression des espèces exotiques envahissantes augmentent à une vitesse jamais égalée et le changement climatique devrait accentuer ce problème.

Les espèces exotiques envahissantes sont des espèces non originaires – plantes, animaux, micro-organismes – qui sont accidentellement ou volontairement introduites dans un nouveau milieu ou écosystème. "En dépit de leur menace pour la biodiversité et pour le développement économique, ces espèces reçoivent très peu de considération auprès des décideurs politiques, particulièrement en Afrique", selon M. Dennis Rangi, président du Programme mondial pour les espèces exotiques envahissanteset Directeur exécutif de Cab International.

C'est pourquoi plus de 25 parlementaires et experts officiels des ministères de douze pays africains  vont se réunir à Niodor, Sénégal, pour une formation sur la définition des cadres légaux et institutionnels pour la gestion de ces espèces. Ces trois jours de formation, organisée par le Programme mondial sur les EEE se dérouleront du 5 au 7 décembre 2007, avec le soutien financier de la Banque mondiale et du gouvernement danois.

Au Sénégal, les problèmes des espèces envahissantes ne sont pas nouveaux. À titre d’illustration, dans le Delta du fleuve Sénégal, les espèces exotiques envahissantes ont déjà produit des impacts énormes sur l’environnement et la santé. Typhas Autralis, une plante envahissante, est entrée en compétition avec les plantes locales de cette région et a encouragé la prolifération des oiseaux tisserins qui vivent de graines. En plus, elles créent des conditions pour le développement des maladies d’origine hydrique. L’explosion des moustiques et des escargots a engendré la malaria et la bilharziose à des proportions épidémiques dans la région.

Ces effets néfastes des espèces envahissantes ont été similaires dans les autres pays africains. En Tanzanie, il est estimé que Prostephanus truncatus, qui est une foreuse de graines a causé plus de 90 millions de dollars EU de maïs par an. En Afrique du Sud, le poisson babillon et d’autres plantes étrangères sont en train d’envahir les bassins hydrographiques en montagnes, autour de la ville du Cape. Si cette dynamique se poursuit, le ravitaillement de la ville en eau va diminuer de 30%.
 
Plusieurs pays en Afrique ne disposent ni de capacité, ni d’infrastructure pour contrôler correctement et gérer convenablement l’expansion des espèces envahissantes. « Cet atelier est fondamental et est une étape extrêmement importante vers le renforcement des capacités en Afrique pour faire face urgemment à ce défi croissant », a d'aileurs indiqué M. Rangi

La formation de Niodor, dans les îles du Saloum, est spécialement concentrée sur les aspects légaux et institutionnels des espèces envahissantes. Elle introduira le cours aux participants, sur un éventail de questions importantes, allant de l’identification et suivi des voies d’introduction de ces espèces (accidentellement et volontairement), réglementation et contraintes, et moyens de promouvoir la coopération et la collaboration régionale et internationale.

À travers six modules interactifs et un certains nombres d’exercices pratiques, cette formation est destinée à dispenser la connaissance nécessaire et des outils utiles aux experts officiels et politiques, chargés de l’élaboration des documents de politiques pour la prévention et la gestion de l’expansion des espèces allogènes envahissantes dans leurs pays respectifs.

Un cours similaire s’est tenu à Nairobi, au Kenya du 20 au 22 novembre 2007.




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